França: Os candidatos de direita nas municipais não querem Sarkozy por perto
Sarkozy e seu Primeiro-Ministro Fillon
“Les candidats de droite aux municipales ne souhaitent pas la visite de Nicolas Sarkozy”
O jornal Le Monde organizou um bate-papo com seus leitores, como faz as vezes aqui a Folha de São Paulo, para debater as eleições municipais do mês próximo na França. Como convidado para animar o debate o professor D. Reynié. Para os que querem entrar no debate francês do momento e leem a lingua de Molière, uma discussão muito interessante.
Chat modéré par Raphaëlle Besse Desmoulières
Dominique Reynié, professeur à l’IEP de Paris, estime dans un “chat” sur Le Monde.fr que “s’il devait y avoir une vraie défaite aux municipales, l’UMP demanderait des comptes à Nicolas Sarkozy”.
gr : Dans quelle mesure l’impopularité de Nicolas Sarkozy au niveau national peut-elle ressurgir sur des choix électoraux locaux comme cela est le cas lors des municipales ?
Dominique Reynié : Le fait d’aller voter aux élections municipales est d’abord déterminé par les enjeux locaux. Ces élections sont particulièrement localisées par les électeurs. Donc il y a une dimension locale qui est sans doute la part principale dans le choix électoral. En même temps, évidemment, une élection n’est jamais indépendante du climat dans lequel elle se déroule, et là, nous sommes dans une situation inédite.
Ce n’est pas l’impopularité qui est inédite, c’est le fait qu’il y a impopularité en raison de la personnalité du chef de l’Etat et de son style. Et non pas en raison d’une réforme particulière, qui aurait par exemple mobilisé les Français. J’insiste sur ce point, car pour les électeurs de droite mécontents, c’est une chose de ne pas être satisfaits de la manière dont Nicolas Sarkozy est président, c’en est une autre d’aller voter socialiste… Comme il n’y a pas de grandes réformes en cours, les Français ne sont pas affectés dans un intérêt particulier.
Adrien : Les élections municipales et cantonales arrivent-elles au mauvais moment pour la droite ?
Ces élections seraient arrivées au bon moment pour la droite s’il n’y avait pas le cas Nicolas Sarkozy. La gauche aujourd’hui n’est pas populaire dans l’opinion, le PS n’apparaît pas comme étant une force alternative crédible, pas encore, en tous cas. L’opposition reste divisée, contradictoire, et finalement assez faible. Donc, c’est théoriquement un bon moment pour la droite. Mais malgré la faiblesse de l’opposition, le style Sarkozy peut favoriser la gauche en démobilisant l’électorat de droite.
Lucio : Avec une impopularité croissante du président de la République, la dimension nationale pourrait-elle prendre le dessus avec un vote sanction contre le pouvoir en place ?
La logique des élections municipales s’est échappée pour partie du climat national, mais compte tenu de cette impopularité de Nicolas Sarkozy, plus le temps passe, plus la situation est défavorable à la droite. On peut même faire une hypothèse : certaines villes vont passer à gauche, ou ont plus de chances de passer à gauche, depuis l’incident du Salon de l’agriculture. Il y a une fragilité de l’électorat : le vote de droite est à la merci de ce type d’incident.
fred75 : En quelques semaines, les sigles UMP ont presque tous disparu sur les tracts… Est-ce une stratégie voulue nationalement, ou un réflexe de précaution plus ou moins réfléchi ?
Selon moi, c’est d’abord un réflexe local, “un réflexe de précaution” pour reprendre votre terme, visant à montrer de façon ostentatoire qu’il s’agit d’une compétition locale, afin de limiter le coût que représente aujourd’hui l’appartenance à l’UMP. Mais j’imagine que c’est aussi bien vu sur le plan national, puisque ce qui compte pour l’UMP aujourd’hui, c’est de pouvoir dire au soir du second tour : “Vous nous annonciez de grandes défaites, mais ce n’est pas si terrible que cela !”
gb : Dans cette tourmente pour l’UMP, un homme semble tirer son épingle du jeu : Alain Juppé à Bordeaux. Il a même plutôt bonne presse en ce moment ! Comment l’expliquez-vous ?
C’est une bonne question. Alain Juppé représente aujourd’hui l’une des figures les plus importantes de la droite française. Il a été premier ministre, il a fondé l’UMP (en 2002). Et sa défaite aux législatives a semblé mettre fin à sa carrière politique, dans un premier temps, puisqu’il a quitté le gouvernement. Mais, finalement, il apparaît préservé de l’impopularité qui pèse sur l’équipe de Nicolas Sarkozy. Il apparaît donc comme un homme de droite qui n’est pas affecté par le sarkozysme. Et qui, dans sa ville, a passé un accord avec François Bayrou lui-même, ce qui préserve M. Juppé de la critique de M. Bayrou. Et pendant la campagne des municipales, il a montré qu’il incarnait une droite finalement ouverte à l’égard des sensibilités politiques locales.
Pour la gauche locale, il est un adversaire politique, mais on sent bien que le clivage n’est pas très profond. Il a réussi à construire une relation politique compétitive avec Alain Rousset mais pas conflictuelle. La situation de M. Juppé fait penser à celle de François Fillon. Il représente pour la droite une figure rassurante plus classique après la déception à l’égard de M. Sarkozy, et les ruptures dans le style présidentiel.
electrods : Les candidats de droite aux municipales attendent-ils encore un soutien de la part de Nicolas Sarkozy dans leur ville ?
Pour le dire simplement : les candidats de droite ne souhaitent pas la visite de Nicolas Sarkozy. Il n’y a pas un candidat UMP qui peut penser augmenter ses chances en invitant le chef de l’Etat. Surtout dans des villes où la droite se sent menacée.
Crocell : L’impopularité de Nicolas Sarkozy risque-t-elle de faire apparaître des dissensions au sein de l’UMP ?
L’impopularité de Sarkozy ne va devenir un problème pour l’UMP que lorsqu’elle se transformera en défaite électorale. Tant que c’est de l’opinion, ça va encore. Mais quand le mécontentement d’opinion se transforme en protestation électorale, les élus en sont victimes. Or l’UMP est un parti d’élus, et s’il devait y avoir une vraie défaite aux municipales, le parti demanderait des comptes à Nicolas Sarkozy. D’autant plus que le chef de l’Etat a décidé, quand il est arrivé au pouvoir, de ne pas se faire remplacer à la tête de l’UMP. C’est une première, de la part d’un président élu. Si bien qu’il reste, de fait, le chef de l’UMP… et donc le responsable de l’échec, si échec il y a.
fred75 : Le MoDem pourrait-il récupérer les mécontents de l’UMP ?
Le MoDem pourrait récupérer non pas les, mais des déçus de l’UMP, en fonction de la situation locale. En observant les listes et leurs compositions, le MoDem a introduit le plus de variations dans son système d’alliances : tout seul ici, avec l’UMP ailleurs, avec le PS ailleurs, parfois avec les deux, parfois même avec le PS au niveau municipal et au niveau cantonal avec l’UMP dans le même département…
Cet espèce de multi-positionnement du MoDem rendra très difficile la lecture des résultats pour le MoDem. Il est possible que quand le MoDem se présente seul, il y ait des électeurs UMP pour le rejoindre, mais ce sera plus difficile quand le MoDem sera associé au PS. On peut comparer la situation à Dijon, où le MoDem est associé au PS, avec la situation à Bordeaux, où il est associé à l’UMP. Ou encore à Lyon où il s’est dispersé entre toutes les listes présentes (PS, UMP, liste autonome).
electrods : Les difficultés actuelles de l’UMP peuvent-elles servir les ambitions du Font national aux municipales ?
Oui. Le Front national est en difficulté depuis 2007, notamment sur le plan financier. Il présente moins de candidats dans moins de villes. Et donc, il recueillera moins de suffrages au niveau national. Mais le FN, ici ou là, dans telle ou telle ville, en particulier dans l’est de la France, ou à Hénin-Beaumont, peut réaliser de bons scores qui seraient le signe que le vote frontiste n’a pas disparu en 2007. Cet électorat peut donc se mobiliser à nouveau, plus tard, peut-être avec un nouveau parti, un nouveau chef.
gb : Quelles seraient les conséquences nationales d’une déroute de l’UMP aux municipales ?
La difficulté pour répondre à cette question nous ramène au sujet qu’on aborde sans cesse : ce n’est pas une réforme qui fait que le pouvoir est impopulaire, c’est le style du président. Ce n’est pas que tel ou tel ministre a fait une énorme bêtise, c’est le style du président qui est en cause. François Fillon lui-même, on le voit dans les sondages, est plutôt populaire. S’il y a une vraie défaite aux municipales, ce sera difficile pour Nicolas Sarkozy, de dire : “Nous avons perdu les municipales, je change mon gouvernement.” Pour la première fois dans notre histoire politique récente, un exécutif, une majorité, sont en difficulté par le fait principal du chef de l’Etat. Et Nicolas Sarkozy se trouve dans la situation d’un homme qui doit trouver une solution à un problème dont il est lui-même la cause.
Ex Nihilo : Dans le cas d’une large défaite des candidats de la majorité présidentielle, pourrait-on voir se développer une réelle opposition ?
C’est une très bonne question. On a bien vu que les difficultés de M. Sarkozy et de la majorité ne sont pas liées au crédit de l’opposition. C’est l’opinion qui prend en charge l’opposition. Et le Parti socialiste paraît tout aussi souvent opposé à lui-même qu’à la majorité UMP… On a l’impression que c’est moitié/moitié, en temps de parole. Il y a même eu encore des récriminations de Laurent Fabius reprochant à des candidats socialistes leurs alliances avec le MoDem… Or le PS peut être allié à Dijon avec le MoDem et à Villejuif avec Lutte ouvrière ! Il y a donc un désaccord radical sur le système d’alliances.
On sait qu’il y a un désaccord sur le fond (comme on l’a vu sur l’Europe), on sait qu’il y a aussi une querelle de chefs. Les Français feront peut-être gagner le PS aux municipales, mais ce n’est pas le PS qui va emporter les municipales ! En remportant quelques villes supplémentaires, le PS peut même avoir le sentiment qu’il est en train de reprendre le pouvoir, que Nicolas Sarkozy fait son travail à sa place, et donc ne pas poser les questions fondamentales sur ce qui constitue un parti politique : pourquoi sommes nous ensemble ? que voulons-nous faire ? avec qui ? Sur ces trois questions, on n’a pas d’accord au sein du PS.
Quant au MoDem, c’est un parti de semi-opposition qu’il est difficile de situer. Opposé à Nicolas Sarkozy au plan national, associé à M. Sarkozy et à son parti ici ou là sur le plan municipal ou départemental, le MoDem fait penser à ceux qui jouent tous les chiffres pour être sûrs de remporter la mise. Il gagnera ici ou là, il perdra ici ou là, mais il restera comme aujourd’hui une organisation peu structurée, fragmentée, avec un chef, François Bayrou, dont le sort est quand même suspendu à sa propre situation électorale dans la ville de Pau.
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