Porque Sarkozy deixo de ser popular

sarko_fillon_inside.jpg
Sarkozy e seu Primeiro Ministro, Fillon: a lógica do presidêncialismo francês foi invertida

O artigo a seguir aborda uma ponto essencial sobre a função presidencial na França. Deixando de lado às questões de índole privada, divorcio-Carla Bruni-casamento, com grande repercussão na mídia, a analise do editorialista do Le Monde vai a temas centrais. No sistema institucional francês, um presidencialismo temperado de parlamentarismo, o Primeiro-Ministro governa e o presidente arbitra e decide. Reinando com seus poderes, mas preservado do desgaste do governo e seu dia-a-dia. Sarkozy tentou inverter está lógica e hoje é ele que serve de anteparo ao seu Primeiro-Ministro. É o presidente que se desgasta e concentra contra ele a frustração da população perante os impasses econômicos e das promessas volatilizadas.

par Jérôme Jaffré – Le Monde

La vertigineuse baisse de popularité de Nicolas Sarkozy est d’autant plus préoccupante pour lui qu’elle touche non seulement ceux qui n’ont pas voté pour lui mais aussi une part croissante de l’électorat de droite et qu’elle s’accompagne d’une hausse concomitante de son premier ministre, François Fillon. C’est donc bien le président lui-même qui est en cause.

On a justement avancé comme cause de ce phénomène l’affichage excessif de la vie privée ou les relations trop visibles avec des amis milliardaires. Mais sa chute s’explique aussi par un grave désaccord avec l’opinion publique sur la conception même de la fonction présidentielle.

Les Français sont attachés à un idéal type du rôle du président de la République tel que le général de Gaulle l’a forgé dans les dix premières années de la Ve République et tel que son adversaire principal François Mitterrand l’a repris à son compte deux septennats durant. C’est parce qu’il s’écarte trop de ce modèle de référence que Nicolas Sarkozy décontenance une part importante des électeurs, y compris à droite.

Dans cet idéal type, trois fonctions sont associées au président classique de la Ve République. La première est d’être un arbitre. Non au sens que certains avaient voulu y voir de l’arbitre-spectateur se contentant de compter les points. Mais au sens de l’arbitre-acteur qui, après débats et discussions, tranche et fixe la ligne ou, en cas de crise, trouve les voies de l’apaisement ou les solutions.

Or Nicolas Sarkozy pratique tout autrement. Il lance des idées, présentées comme des décisions, avant, au vu des réactions, de les moduler, de les corriger, voire de les abandonner. Mais en court-circuitant les intermédiaires dans ce face-à-face constant entre le président et les Français, la parole présidentielle perd de son poids. Et le chef de l’Etat n’est plus dans la position d’un arbitre, puisqu’il a lui-même fixé la ligne au départ et est amené trop souvent à se déjuger. Sans problème quand Nicolas Sarkozy était président de l’UMP, candidat ou même ministre, cette façon d’agir désoriente quand elle émane du premier personnage du pays.

La deuxième fonction du président classique de la Ve République est celle de rassembleur. Celui qui dépasse les frontières du parti politique qui a contribué à le porter au pouvoir, et respecte l’adage selon lequel le roi de France oublie les querelles du duc d’Orléans. Il y avait certes de l’hypocrisie dans cette posture, et aucun président ne s’est désintéressé du jeu des partis ni n’a abandonné de lui-même son influence sur celui dont il était issu.

Mais Nicolas Sarkozy va beaucoup plus loin en restant le leader de fait de l’UMP. Pis : fidèle à lui-même, il ne s’en cache pas. Ne réunit-il pas chaque semaine l’ensemble des dirigeants de l’UMP à l’Elysée et, dit-on, horresco referens, dans la salle même où se tient le conseil des ministres ? Ne prend-il pas la parole dans les conseils nationaux du parti ? N’intervient-il pas de bout en bout dans la bataille de Neuilly à laquelle son propre fils se trouve mêlé ? Dans ces conditions, et tout naturellement, le taux de soutien à Nicolas Sarkozy tend à s’aligner sur le niveau de l’UMP, minoritaire, forcément minoritaire.

La troisième fonction du président classique de la Ve République est de se consacrer à l’essentiel. Dans ses Mémoires d’espoir (Plon, 1970), le général de Gaulle définit le président comme “l’homme en charge de l’essentiel“. Avec Nicolas Sarkozy, on peut ajouter : “et de l’accessoire” ! Quand, en deux jours, le président reçoit les syndicats de chauffeurs de taxis et les représentants des buralistes, puis descend sur le perron de l’Elysée pour annoncer une avance de 200 euros aux titulaires du minimum vieillesse, la fonction change, au risque du clientélisme et de l’électoralisme. Or les Français, et singulièrement les électeurs de droite, l’ont élu pour réformer le pays en sachant résister aux corporatismes et pour fixer des priorités claires plutôt que pour lancer un nouveau débat par jour.

“ARBITRE ET GARANT DES INSTITUTIONS”

Dans la popularité nouvelle de François Fillon, il y a moins, semble-t-il, la reconnaissance de ses mérites que le désir très profond que soit réhabilitée la fonction de chef de gouvernement. Les Français ont intégré une répartition des tâches qui vient de loin dans notre histoire. Pour que le président puisse joue son rôle d’arbitre, de rassembleur et en charge de l’essentiel, il doit s’appuyer sur un premier ministre qui dirige au jour le jour l’action gouvernementale dans les priorités qui lui sont fixées, affronte la critique, assure la tâche de chef politique de son camp et, enfin, protège le président. Dans un sondage du Cevipof de juin 2007 sur le rôle attendu du président de la République, 34 % seulement des personnes interrogées répondaient “diriger lui-même le pays” et 66 % “exercer une fonction d’arbitre et de garant des institutions”.

Avec le quinquennat, et aussi avec son tempérament, Nicolas Sarkozy estime cette conception de son rôle dépassée, mais il n’est pas compris du plus grand nombre. Ce qui aboutit à cette situation cocasse où le premier ministre ne protégeant plus le président, c’est ce dernier qui très efficacement protège son second.

On peut penser que le modèle de Nicolas Sarkozy n’est pas le général de Gaulle mais bien davantage un leader comme Tony Blair. Le chef à la fois du pays et de son parti, le face-à-face direct avec l’opinion, le brillant orateur venant défendre chaque semaine sa politique aux Communes… Mais en France, le sacre du président oint par le suffrage universel, l’étendue de ses pouvoirs sans contrepoids rendent la transposition des pratiques anglaises dans les habits de la Ve République excessive et parfois insupportable.

L’impopularité de Nicolas Sarkozy trouve une part de son explication dans la façon dont il exerce la fonction présidentielle où, pour beaucoup, il sort du cadre de la photo laissée par ses prédécesseurs. Il y a là une question majeure pour la réussite du quinquennat Sarkozy. Acceptera-t-il de changer pour revenir progressivement vers le triptyque de la Ve République : arbitre-rassembleur-en charge de l’essentiel, mais en abandonnant une partie de lui-même ? Ou bien choisira-t-il de persévérer en attendant que les Français acceptent son changement du paradigme institutionnel, avec comme seul bouclier d’ici à 2012 les mots de René Char : “Serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder ils s’habitueront.”


Courriel : cecop.sondages@wanadoo.fr

Jérôme Jaffré, éditorialiste associé
Tags: , , , ,
 

DEIXE SEU COMENTÁRIO: