Prefeito de Paris entra na disputa pela liderança do PS contra Ségolène Royal

Bertrand Delanoë s’engage à son tour dans la course à la succession de François Hollande

Le maire de Paris Bertrand Delanoë à l'université d'été de La Rochelle, le 1er septembre.
AFP/PIERRE ANDRIEU

Le PS a besoin d’un “véritable leader” qui “ne soit pas un simple point d’équilibre interne”, qui “ait l’expérience et le sens du travail collectif” et qui “aime le Parti socialiste”, écrivent les signataires du texte.

Christine Garin et Jean-Michel Normand – Le Monde

Un mois tout juste après le lancement de la “consultation participative” de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë s’engage à son tour dans la course pour le congrès socialiste de novembre. Les amis du maire de Paris ont publié, mardi 6 mai, un texte destiné à servir de base à une contribution puis à une motion soumise au vote des adhérents.

Ce texte de onze feuillets “pour un grand congrès socialiste” est de facture très classique. Un quasi contre-pied à la méthode de Mme Royal. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle est taclée dès la troisième page. Après un long survol de ” l’Etat de la France” – sans “modèle”, sans “repères” et “en quête d’un nouvel espoir” -, une autre démarche est proposée. ” Le rôle d’un parti, insiste-t-il, est (de) débattre avec le pays bien avant les élections. Car la démocratie participative, pour être authentique et réellement féconde, doit se nourrir d’une mise en débat des projets et non de simples questions.”

Sur la nécessité de renouer avec une “ambition” pour la formation, sur l’environnement – “un enjeu vital” -, sur le travail comme sur les retraites, sur l’Europe ou encore la nécessité d’une “grande réforme de la fiscalité locale”, le document défend des orientations qui font largement consensus au sein du PS, hormis dans son aile la plus à gauche.

Le chapitre consacré à “la reconstruction du PS” conduit implicitement à l’hypothèse d’une candidature de Bertrand Delanoë – jamais nommé – au poste de premier secrétaire. Là encore, Mme Royal, dont le nom n’apparaît pas non plus, en prend pour son grade.

Les signataires veulent retrouver “le goût et la pratique du travail collectif” alors que, estiment-ils, “ce sont malheureusement les initiatives d’extériorisation et de contournement des lieux de débats et de décision collective qui se sont développés, particulièrement pendant et après l’élection présidentielle”. S’agissant des alliances, le congrès devra – “cette fois” – trancher sur le fond. Foin des cafouillages improvisés de l’entre-deux tours de la présidentielle : les lignes doivent bouger “mais pour susciter un élan identifié, à gauche”.

Reste la question “du leadership” et donc de la succession de François Hollande à la tête du PS. L’hypothèse d’un “premier secrétaire de transition et d’attente”, évoquée par les tenants du “ni Bertrand ni Ségolène”, est écartée : c’est non. Ce serait “la stagnation assurée et le gel de la rénovation”. Le PS a besoin d’un “véritable leader” qui “ne soit pas un simple point d’équilibre interne”, qui “ait l’expérience et le sens du travail collectif” et qui “aime le Parti socialiste”. Qui mieux que M. Delanoë, au PS depuis trente-six ans, qui en a gravi et occupé tous les échelons, correspond à ce portrait ?

Outre la volonté de faire valoir les “différences politiques non négligeables” qui séparent sa démarche de celle engagée par Mme Royal, M. Delanoë entend démontrer qu’il peut rassembler au-delà de son fief parisien et des “jospinistes” historiques, sa famille d’origine. La liste des 93 signataires compte 17 élus de la capitale mais aussi quelques premiers secrétaires fédéraux de province. On note la présence du strauss-kahnien Michel Destot, maire de Grenoble, mais aussi du maire de Strasbourg, Roland Ries, qui avait soutenu Mme Royal. La moisson n’est pas négligeable mais elle n’élargit pas fondamentalement la sphère d’influence de M. Delanoë au sein du parti. Alors que les rapports de force internes sont difficilement lisibles, la plupart des responsables de fédération issus de la majorité constituée autour de M. Hollande au congrès du Mans hésitent visiblement à s’engager dès maintenant.

D’ici au congrès, les partisans du maire de Paris vont tenter de convaincre d’autres signataires, en faisant notamment pression sur le courant strauss-kahnien – composé de nombreux anciens jospiniens et rocardiens – engagé dans une tentative de rapprochement avec les fabiusiens. M. Delanoë compte rester sur le pont. Il publiera le 22 mai un livre d’entretiens, avant de rassembler ses partisans, le 24 mai à Paris.

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