LE MONDE
De Chirico
” Picasso et les maîtres” n’est pas encore terminée au Grand Palais que la question est déjà posée : le printemps 2009 sera-t-il, en matière d’expositions, aussi nourri que l’automne 2008 ? Premier élément de réponse, le 12 février, à l’ouverture de la rétrospective “Giorgio De Chirico – La Fabrique des rêves” au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Elle est attendue avec d’autant plus de curiosité que cet artiste italien d’origine grecque n’a pas été montré en France depuis longtemps et que l’exposition s’annonce complète : paysages et natures mortes étranges, période dite “métaphysique” des intérieurs peuplés de mannequins, retour à l’Antiquité des années 1920, pastiches de Titien ou de Courbet des années 1950. Postmodernité ironique ou reprises laborieuses ? On pourra juger sur pièces jusqu’au 24 mai.
Jackie Kennedy de Andy Warhol
Warhol aimait De Chirico. Verra-t-on au Grand Palais les sérigraphies qu’il lui dédie ? Du 18 mars au 13 juillet “Le Grand Monde d’Andy Warhol“ y sera présenté, centré sur les relations de Warhol avec les célébrités de son temps. Dès le 20 février, la Maison rouge lui consacre une exposition plus précise, “Warhol 70″, qui montrera jusqu’au 3 mai les programmes télévisuels réalisés par l’artiste de 1971 à 1987, date de sa mort. Au Grand Palais encore, du 6 avril au 6 juin, “La Double Image – D’Arcimboldo à Dali” : Jean-Hubert Martin, commissaire de l’exposition, revient sur un sujet qu’il avait traité à Düsseldorf en 2003 sous le titre “L’Enigme sans fin” : les images cryptées dans d’autres, les falaises à profil de vieillards, tous les jeux et équivoques de la perception visuelle.
Kandinsky
Moins de surprises au Centre Pompidou, qui célèbre deux artistes majeurs du XXe siècle. Du 18 mars au 20 juillet, c’est “Alexandre Calder – Les Années parisiennes 1925- 1930″ : une introduction à ce qui devrait être enfin, un jour, la grande rétrospective Calder. Cette cérémonie en majesté, c’est Kandinsky qui en bénéficiera, du 8 avril au 17 août avec “Kandinsky – Absolut, Abstrakt”, un parcours complet en une centaine de toiles, de Munich vers 1905 à la mort à Neuilly-sur-Seine en 1944.
Calder
L’abstraction serait-elle justement de nouveau à la mode ? Charles Pollock, frère aîné de Jackson, est à découvrir du 16 janvier au 24 mai à Saint Louis alors que le Musée Matisse du Cateau-Cambrésis montre, du 15 mars au 14 juin, “Ils ont regardé Matisse, une réception abstraite”, avec Pollock – Jackson cette fois -, Rothko, Newman, Hantaï, Viallat ou Rouan. Quelquefois abstrait, quelquefois figuratif, Gerhardt Richter est au Musée de Grenoble du 7 mars au 1er juin, pour une réunion de ses oeuvres conservées dans les collections françaises.
Jackson Pollock Blue – Moby Dick, ca.1943

Du côté des plus jeunes, Jean-Luc Moulène prend possession du Carré d’art de Nîmes du 28 janvier au 3 mai pour une rétrospective qui ne se limite pas à la photographie. Du 10 janvier au 20 mars, Franck Scurti présente ses récents travaux de céramique au Musée Picasso de Vallauris. A Nice, la Villa Arson accueille “Trivial Abstract” du 21 février au 24 mai : toujours l’abstraction donc, telle que la voit aujourd’hui l’artiste Pascal Pinault, commissaire de la manifestation. Pour juger des tendances actuelles de la création française, la deuxième édition de la “Force de l’art”, une quarantaine de créateurs actuels, dans la nef du Grand Palais du 24 avril au 1er juin.
A Paris, un bouquet d’expositions à caractère archéologique et historique : au Musée Guimet du 11 février au 25 mai, “Dvâravatî : aux sources de l’art bouddhique en Thaïlande” ou l’art méconnu du royaume de Dvâravatî, au centre de la Thaïlande, du VIe au XIIe siècles ; au Louvre, du 6 mars au 29 juin, “Les Portes du ciel : visions du monde dans l’Egypte ancienne” ; et, au Musée du quai Branly, “Recettes des dieux – Esthétique du fétiche” du 3 février au 10 mai et du 17 mars au 28 juin “Le Siècle du jazz”, concoctée par le critique Daniel Soutif.
Et un nouvel “anti-musée” proposé par Daniel Cordier : l’ancien résistant, secrétaire de Jean Moulin, devenu un des grands marchands des années 1960, a déjà donné en 1989 une collection exceptionnelle au Centre Pompidou. Plus de 500 oeuvres qui proposaient un regard différent sur l’art contemporain de celui auquel les conservateurs nous avaient habitués. Il recommence, avec près de 120 autres oeuvres, pour la plupart issues de civilisations “non occidentales”, à Beaubourg et aux Abattoirs de Toulouse, du 24 janvier au 19 avril.
Enfin, si vous n’avez pas pu voir Picasso au Grand Palais, tentez votre chance à Londres : la version anglaise de l’exposition, “Picasso, Challenging the Past”, sera à la National Gallery du 25 février au 7 juillet.