14/06/2009 - 19:45h Benvenuto Cellini

Annick Massis
Hector Berlioz – Benvenuto Cellini – “Ah! Le ciel, cher epoux” Patrizia Ciofi e Gregory Kunde

TERESA
(seule. Parmi les fleurs qu’on vient
de lui jeter elle ramasse un bouquet)
Les belles fleurs!… Un billet… Cellini!
Quelle imprudence…

(Elle lit)

Eh quoi! venir ici?
Ce soir même…
Ah! grand Dieu! mais mon père
Est bien loin, et l’instant est propice… Que faire?

Romance

Ah! que l’amour une fois dans le cœur
A de peine à quitter son asile!
Comme il y tient! et qu’il est difficile
D’en déloger cet obstiné vainqueur!
En vain les jeux, la danse, la parure,
Pour le chasser combattent follement;
L’amour lui-même, oubliant sa capture,
En vain s’envole et s’éloigne un moment!
Ah! ce n’est qu’un moment,
Non, ce n’est qu’un moment!
Comme l’oiseau retourne à la douce verdure,
Amour revient toujours au cœur aimant!
Heureuse celle à qui jamais l’amour
N’a fait sentir les ardeurs de sa flamme.
Simple et naïve, elle ignore le blâme,
Et ce qu’on paye une ivresse d’un jour!
Souvent la main du devoir est bien dure,
Il ferme l’âme au tendre sentiment.
Et devant lui l’amour fuit sans murmure,
Mais le devoir, s’il triomphe un moment,
Ah! ce n’est qu’un moment, etc.

Ah que l’amour! Maija Kovalevska

13/06/2009 - 22:00h Boa noite

Susan Graham canta a ária d’amour l’ardente flamme, da ópera La damnation de Faust de Berlioz. Regente James Levine

Loves ardent flame consumes all my days.
Ah, the peace of my being has left me for ever.
His departure, his absence are like a tomb for me
and far from his presence everything appears in mourning.
Now my poor head is soon going crazy,
my feeble heart stops, then immediately turns to ice.
His walk that I so admire, his gracious demeanour,
his mouth, smiling sweetly, the charm of his eyes,
his enchanting voice, which he uses to arouse me,

the caress of his hand, alas, and his kiss,
the flame of love, consuming all my days!
Ah, the peace of my being has left me for ever.
I am at my window, or outside all daylong
in order to see him appear, or hastern his return.
My heart beats and throbs when it thinks he is coming.
Through my tenderness, let me bring him back!
O flaming caresses! How I wish one day
to see my soul expire in his kisses of love!
Translation: Miki Swann © 2007

11/06/2009 - 22:00h Boa noite

Berlioz: O corsário abertura Op. 21 – Regente Sir John Barbirolli e a orquestra Halle

11/06/2009 - 20:02h Noite ardente e de êxtase infinito!

Nuit d’ivresse et d’extase infinie !
Blonde Phoebé, grands astres de sa cour,
Versez sur nous votre lueur bénie;
Fleur des cieux, souriez à l’immortel amour !

Les Troyens, de Berlioz. Dueto d’amor de Didone e Enea; Susan Graham e Gregory Kunde . Regente Sir John Eliot Gardiner

01/02/2009 - 18:49h La damnation de Faust

A Staatskapelle Berlin e a Tölzer Knabenchor na ópera de Berlioz A danação de Fausto. Solista Ludwig Mittelhammer
D’amour l’ardente flamme na voz de Susan Graham ária da Ópera La damnation de Faust
“Voici des roses”, área de La damnation de Faust na voz do barítono Jose van Dam

25/01/2009 - 20:19h Absence

Nuits d’été de Berlioz, Janet Baker canta Absence.

05/11/2008 - 20:12h Este amor


Este amor

Tão violento
Tão frágil
Tão terno
Tão desesperado
Este amor
Belo como o dia
E mau como o tempo
Quando há mau tempo
Este amor tão sincero
Este amor tão calmo e sereno
Tão feliz
Tão jovial
E tão pobre
Trêmulo como uma fagulha na escuridão
E tão seguro de si mesmo
Como um homem tranqüilo no mais fundo da noite
Este amor que assusta os demais
Que os faz falar
Que os faz empalidecer
Este amor vigiado
Porque nós o vigiamos
Acossado ferido pisoteado destroçado negado olvidado
Porque nós o acossamos ferimos pisoteamos destroçamos negamos olvidamos
Este amor íntegro
Tão vivo até agora
E pleno de sol
É o teu
É o meu
Esse que foi
Este algo sempre novo
E que não mudou
Tão verdadeiro como uma planta
Tão trêmulo como um pássaro
Tão cálido tão vivo como o verão
Ambos podemos juntos
Nos distanciar e retornar
Esquecê-lo
E depois dormirmos
Despertarmos padecer envelhecer
Dormirmos de novo
Sonhar com a morte
Despertarmos sorrir e rir
E rejuvenescer
Nosso amor segue ali
Obstinado como uma mula
Vivente como o desejo
Cruel como a memória
Absurdo como o arrependimento
Terno como as recordações
Frio como o mármore
Belo como o dia
Frágil como um menino
Nosso amor nos olha sorrindo
E nos fala sem dizer nada
E eu o escuto trêmulo
E grito
Grito por ti
Grito por mim
E te suplico
Por ti por mim por todos os que se amam
E os que se amaram
Sim lhe grito
Por ti por mim e por todos
Os que não conheço
Fica
Não te mexa
Não vá
Nós os que somos amados
Te esquecemos
Mas não nos esqueça tu
Só tínhamos a ti no mundo
Não permitas que nos tornemos indiferentes
Cada vez mais longe
E desde onde sejas
Dai-nos sinais de vida
Muito mais tarde desde o recanto de um bosque
Na selva da memória
Surge de repente
Estenda-nos a mão
E salva-nos.

Jacques Prévert

(Palavras)

rafal_olbinsky.jpg
Pintura de  Rafal Olbinsky

Cet amour

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au millieu de la nuit
Cet amour qu faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n’a pas changé
Aussi vrai qu’une plante
Aussi tremblante qu’un oiseau
Aussi chaude aussi vivant que l’été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort,
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marble
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi je l’écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Lá où tu es
Lá où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t’en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t’avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n’avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n’importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d’un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.

Jacques Prévert

(Paroles)

Susan Graham – D’amour l’ardente flamme, ária da Ópera La damnation de Faust de Berlioz

03/11/2008 - 19:39h Nuit d’ivresse

“Nuit d’ivresse”, ária da Ópera Les Troyens de Berlioz

Gregory Kunde tenor
Susan Graham soprano

11/06/2008 - 19:14h A morte de Sardanapal

estudos de Delacroix para sua pintura “A morte de Sardanapal”
A morte de Sardanapal de Eugène Delacroix
delacroix_mortdesardanapale.JPG


Sardanapale, mythe romantique
Barthélémy Jobert
Professeur à l’université de Grenoble II

La Mort de Sardanapale est peut-être la toile la plus romantique de Delacroix. Sur ce thème, sujet du prix de Rome, Berlioz écrivit une cantate qui lui valut son premier succès officiel.

« Les révoltés l’assiégèrent dans son palais… Couché sur un lit superbe, au sommet d’un immense bûcher, Sardanapale donne l’ordre à ses eunuques et aux officiers du palais d’égorger ses femmes, ses pages, jusqu’à ses chevaux et ses chiens favoris ; aucun des objets qui avaient servi à ses plaisirs ne devait lui survivre. » C’est en ces termes que Delacroix explicita aux visiteurs du Salon de 1827-1828 le sujet de l’immense toile aujourd’hui conservée au musée du Louvre, qui fit aussitôt scandale tout en devenant l’une des œuvres emblématiques du romantisme pictural.
Un tableau aux multiples sources
Ces visiteurs n’avaient pas forcément besoin de ces indications, pour peu qu’ils aient été familiers de la littérature la plus contemporaine. Delacroix prit en effet son sujet chez un des auteurs phare du romantisme, Byron, dont le drame, Sardanapale, publié en Angleterre en 1821 et traduit en France dès 1822, raconte la fin tragique de ce roi légendaire d’Assyrie, perdant le pouvoir à la suite d’une conspiration et choisissant, sa défaite consommée, de se jeter en compagnie de sa maîtresse, Myrrha, une esclave ionienne, dans les flammes d’un gigantesque bûcher.
Delacroix a repris la trame générale du drame de Byron (on reconnaît Myrrha dans la femme à demi allongée sur le lit aux pieds du monarque), mais semble en revanche avoir emprunté l’holocauste des femmes, des chevaux et du trésor à un autre auteur, antique cette fois, Diodore de Sicile, qui, dans sa Bibliothèque historique, raconte une scène analogue : « Pour ne pas se retrouver prisonnier de l’ennemi, il fit installer dans son palais un gigantesque bûcher sur lequel il plaça son or, son argent et tous ses habits de monarque ; s’enfermant avec ses femmes et ses eunuques dans un espace aménagé au milieu du bûcher, il se laissa ainsi brûler avec ses gens et son palais. »

Une synthèse originale
Le plus probable est que Delacroix, selon son habitude, ait été mis en mouvement par un texte – celui de Byron – ou par son adaptation scénique, ait complété son information de base par la lecture de sources historiques (Diodore, mais aussi, à propos d’autres morts ou suicides de souverains perses et orientaux de l’Antiquité, Quinte-Curce et Hérodote), puis ait élaboré une synthèse personnelle de ces différents éléments. Celle-ci s’est imposée sans mal auprès des contemporains, prenant même la place du drame de Byron, qu’on identifie désormais à son illustration par Delacroix.
Delacroix a également intégré de nombreuses sources visuelles, dans un travail qui s’apparente à celui d’un metteur en scène. Il a probablement utilisé, en particulier pour le lit et ses têtes d’éléphants, des vues des Indes dessinées et gravées à la fin du xviiie siècle par Thomas et William Danniell, deux Anglais dont les ouvrages connaissaient alors un grand succès. Il s’est aussi, pour certains détails, souvenu de miniatures persanes et même de publications décrivant des antiquités étrusques.
Pour les figures, la marque de Rubens est la plus évidente : Delacroix, qui admirait beaucoup le peintre hollandais, avait copié, quelques années plus tôt, les néréides de L’Arrivée de Marie de Médicis à Marseille, l’un des fleurons du Louvre. Celles-ci se retrouvent directement dans la femme nue, égorgée au premier plan. Quant à la composition, si on y retrouve le souvenir des grands tableaux de Charles Le Brun dans la Vie d’Alexandre, largement diffusés eux aussi par l’estampe mais que Delacroix avait pu étudier directement dans les collections publiques, elle évoque plutôt les grandes œuvres romantiques contemporaines, celles de Louis Boulanger ou de l’Anglais John Martin, dont les gravures en « manière noire » connaissaient au même moment une extraordinaire popularité.

Réception houleuse d’une œuvre déconcertante

Le tableau suscita une réprobation unanime, tant de la part des adversaires du romantisme naissant – ce qui n’était pas étonnant –, que, de façon plus surprenante, de celle des partisans du peintre. Comme en témoigne un compte rendu rédigé à la fin du Salon : « Le Sardanapale de M. Delacroix n’a trouvé grâce ni devant le public, ni devant les artistes. Vainement on a cherché à faire ressortir les idées spirituelles que l’auteur a eues en composant son tableau ; l’intelligence du spectateur n’a pu pénétrer dans un sujet dont tous les éléments sont isolés, où il ne peut débrouiller de la confusion des lignes et des couleurs, où les premières règles de l’art semblent avoir été violées de parti pris. »
Aussi bien la composition, faite de groupes juxtaposés sans véritable perspective (« Où sommes-nous ? Sur quel sol la scène est-elle assise ? » demandait un autre critique), que le traitement de la couleur (à l’origine sans doute plus violente et aujourd’hui assombrie et jaunie par les vernis), accentuant l’impression de tourbillonnement, déroutèrent les contemporains, habitués, même chez la jeune école romantique, à plus d’ordre et d’organisation.
De fait, le tableau ne trouva pas d’acheteur pendant plus de vingt ans, et mit un siècle avant d’entrer au Louvre. S’il n’est sans doute pas la toile la plus populaire de Delacroix, il reste pourtant son œuvre la plus romantique, la plus audacieuse, la plus incomprise.

La cantate de Berlioz, une œuvre de circonstance
Dans sa correspondance de 1830 et plus tard dans ses Mémoires, Berlioz associe la cantate Sardanapale – cette œuvre, sur un texte de Jean-François Gail, lui vaut le grand prix de Rome en 1830 – à la révolution de Juillet : « Je terminais ma cantate quand la révolution éclata. [...] Et j’écrivais, j’écrivais rapidement les dernières pages de mon orchestre, au bruit sec et mat des balles perdues, qui, décrivant une parabole au-dessus des toits, venaient s’aplatir près de mes fenêtres. » (chapitre xxix).
Berlioz n’évoque pas le tableau de Delacroix : mais sa connaissance de l’œuvre de Byron et ses liens avec le mouvement romantique ne pouvaient lui avoir laissé ignorer la vogue de ce thème, si grande que l’Institut l’avait repris pour le texte de la cantate du Grand Prix.
La partition que Berlioz remit au jury est aujourd’hui en partie perdue. Mais on sait qu’il s’efforça de donner à son œuvre une forme que l’Académie pouvait recevoir, attendant prudemment que le Prix lui soit décerné, le 21 août 1830, pour ajouter une dernière partie à la cantate. Cet ajout – une « description musicale » de l’incendie – porte la marque de l’interprétation romantique du thème de Sardanapale. Berlioz le décrit lui-même dans une lettre adressée à son père le 31 octobre 1830, le lendemain du concert où fut donnée la cantate intégrale : « Depuis que le prix m’a été décerné, j’ai ajouté un grand morceau de musique descriptive, pour l’incendie de Sardanapale ; je ne craignais plus les académiciens et j’ai laissé agir mon imagination. J’ai fait revenir au milieu du tumulte de cet incendie tous les motifs de la scène, amoncelés les uns sur les autres : d’un côté le chant des Bayadères de la première partie changé (en le modifiant mélodiquement) en cris d’effroi féminins, de l’autre, le morceau de fierté dans lequel Sardanapale refuse d’abdiquer la couronne ; puis tout cet effroyable amalgame d’accents de douleur, de cris de désespoir, ce langage orgueilleux dont la mort même ne peut effrayer l’audace, ce bruissement de flammes, aboutissant à un écroulement du palais qui fait taire toutes les plaintes et éteint toutes les flammes. J’AI EU UN SUCCÈS ÉPOUVANTABLE. Je ne puis pas vous donner d’autre expression. »

12/05/2008 - 21:48h Susan Graham – D’amour l’ardente flamme

21/02/2008 - 12:45h “D’amour l’ardente flamme”

Hector Berlioz – La damnation de Faust “D’amour l’ardente flamme” – Regine Crespin 1965

D’amour l’ardente flamme,
Consume mes beaux jours.
Ah! la paix de mon âme
A donc fui pour toujours!
Son départ, son absence
Sont pour moi le cercueil,
Et, loin de sa présence
Tout me paraît en deuil.
Alors ma pauvre tête
Se dérange bientôt,
Mon faible cœur s’arrête,
Puis se glace aussitôt.
Sa marche que j’admire,
Son port si gracieux,
Sa bouche au doux sourire,
Le charme de ses yeux,
Sa voix enchanteresse,
Dont il sait m’embraser,
De sa main la caresse,
Hélas! et son baiser,
D’une amoureuse flamme,
Consument mes beaux jours!
Ah! le paix de mon âme
A donc fui pour toujours!
Je suis à ma fenêtre,
Ou dehors, tout le jour,
C’est pour le voir paraître,
Ou hâter son retour.
Mon cœur bat et se presse
Dès qu’il le sent venir,
Au gré de ma tendresse
Puis-je le retenir!
Ô caresses de flamme!
Que je voudrais un jour
Voir s’exhaler mon âme
Dans ses baisers d’amour!

La damnation de Faust
Paroles de Hector Berlioz, Almire Gandonnière et Gérard de Nerval*
d’après le Faust de Johann Wolfgang von Goethe