20/11/2007 - 13:30h Plusieurs milliers de fonctionnaires, de cheminots et d’étudiants défilent à Paris


Le Monde

MARDI 20 NOVEMBRE

15 heures : Plusieurs milliers de fonctionnaires, de cheminots et d’étudiants à Paris
Plusieurs milliers de fonctionnaires, en majorité des enseignants, mais aussi des cheminots et des étudiants, défilent sous la pluie, de la place d’Italie aux Invalides, à Paris. Sur la banderole à la tête de la manifestation intersyndicale, organisée par huit organisations (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires), on peut lire : “Ensemble pour les salaires, l’emploi et les services publics”. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui a pris la tête du cortège, demande au gouvernement de “crée[r] des conditions pour les négociations” salariales dans la fonction publique, ainsi que dans les entreprises.

14 h 36 : François Chérèque chahuté pendant la manifestation parisienne
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, cible de huées dans la manifestation parisienne, appelle le gouvernement à sortir de sa“torpeur”, jugeant que tout réformer en même temps “expose à des blocages”.

14 h 27 : Gérard Aschieri (FSU) salue une mobilisation “importante”.
“On est bien au-delà des 30 %, mais déjà en soit 30 % est un chiffre important, c’est une grève bien suivie, elle marque un vrai saut quantitatif et qualitatif”, déclare le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, peu avant le départ du défilé parisien des fonctionnaires.

14 h 15 : le PS pour des négociations salariales “sans délai”.
Dans un communiqué, le Parti socialiste “demande au gouvernement d’ouvrir sans délai des négociations salariales dans la fonction publique, de geler les suppressions d’emplois prévues dans le budget 2008, et d’engager avec tous les acteurs concernés une réflexion en profondeur sur les contours et l’avenir de la fonction publique”.

13 h 34 : De 14 500 à 25 000 manifestants à Bordeaux.
Entre 14 500 selon la police et 25 000 personnes, selon les syndicats, défilent dans les rues de Bordeaux.

13 h 20 : Entre 12 000 et 15 000 manifestants à Lyon.
Entre 15 000 personnes, selon les syndicats, et 12 000 selon la police, défilent dans les rues de Lyon.

13 h 13 : Une grève peu suivie, selon M. Santini.
André Santini, sécrétaire d’Etat à la fonction publique, estime sur RTL que 30 % de grévistes dans la fonction publique d’Etat, “c’est une grève moyenne”, affirmant que le mouvement est “moins suivi qu’annoncé”.

13 h 13 : Le gouvernement doit reculer, pour le PCF.
Le Parti communiste français affirme que face à l’ampleur des mobilisations sociales le“gouvernement doit reculer” et engager “immédiatement et sans préalable” les négociations qui s’imposent.“Face à l’ampleur du mouvement social, le gouvernement n’a plus les moyens du blocage et des manoeuvres : il doit reculer”.

12 h 46 : De 12 000 à 60 000 manifestants à Marseille.
12 000 personnes selon la police, 60 000 selon les syndicats manifestent dans le centre de Marseille.

12 h 45 : Débrayages chez Yoplait.
Les salariés des trois sites de production de Yoplait France, au Mans (Sarthe), à Monéteau (Yonne) et à Vienne (Isère), débrayent massivement, à l’appel de la CGT, pour réclamer la réouverture des négociations salariales 2007 et une amélioration de leur pouvoir d’achat.

12 h 15 : Regain de mobilisation à la SNCF.
Le taux de grévistes à la SNCF contre la réforme était en très légère hausse à 11 heures, à 27 %, contre 26,2 % lundi.

12 h : Un tiers des fonctionnaires d’Etat en grève.
La grève pour les salaires et les effectifs dans la fonction publique mobilise 30,12 % des fonctionnaires d’Etat mardi à la mi-journée, selon le ministère de la fonction publique.

11 h 36 : Près de 39 % de grévistes dans l’enseignement, selon le ministère.
Une moyenne de 38,98 % des enseignants du primaire et du secondaire sont en grève dans le cadre de la journée d’action des fonctionnaires, annonce le ministère de l’éducation qui “dément formellement les chiffres de la FSU”.

11 h 05 : Grève bien suivie dans l’éducation nationale, selon les syndicats.
Près de six enseignants sur dix dans les collèges et les lycées étaient en grève dans le cadre de la journée de mobilisation de la fonction publique. “On a un taux global de grévistes de 58 % dans les collèges et les lycées. La mobilisation est particulièrement forte dans les collèges, avec des taux de 60 % et des pics à 80 %”, a déclaré une porte-parole du SNES. Ces chiffres sont collectés par le syndicat auprès d’un échantillon de 200 “établissements-tests”. La FSU indique qu’une moyenne de 65 % des enseignants du primaire et de 58 % des enseignants des collèges et lycées étaient en grève.

10 h 55 : L’exaspération des PME.
La CGPME exprime“l’exaspération” des patrons de PME face aux mouvements sociaux, appelant“les acteurs du conflit à la responsabilité”. L’organisation patronale souligne dans un communiqué“les difficultés auxquelles se heurtent les salariés pour parvenir sur leur lieu de travail et s’interroge sur le système d’organisation des transports en commun pouvant être bloqués par une minorité”.

10 h 52 : Faible mobilisation à La Poste.
La grève à La Poste, lancée à l’appel des six fédérations des télécommunications (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO et SUD), était suivie mardi matin à 15,18 %, selon les premières estimations communiquées par la direction.

10 h 21 : Pour la suite du conflit, la CGT “s’en remettra aux assemblées générales” de cheminots.
“Nous allons entrer mercredi dans un cycle de négociations tripartites à la SNCF qui va durer certainement plus d’un mois”, explique le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste. Selon lui, “des assemblées générales ont déjà appelé à la suspension de la grève, d’autres à sa poursuite pour peser sur ces négociations”.

10 h 21 : Le PS réclame une conférence sur les salaires.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, assure sur i-Télé que les socialistes seront “nombreux” dans les manifestations pour la défense du pouvoir d’achat des fonctionnaires et réclame la réunion d’une “conférence sur les salaires”.

9 h 51 : Le conflit des régimes spéciaux “cannibalise toutes les autres revendications” selon l’UNSA.
Le mouvement contre la réforme des régimes spéciaux de retraite “cannibalise toutes les autres revendications”, rendant notamment “inaudible”celle des fonctionnaires sur le pouvoir d’achat, estime Alain Olive, le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) sur la radio BFM.

9 h 03 : Pour Guillaume Pépy (SNCF), il y a du “grain à moudre”.
Interrogé sur RMC, le directeur général exécutif de la SNCF, Guillaume Pépy, affirme qu’il y aura“du grain à moudre” de la part de la direction pour la négociation qui doit démarrer mercredi après-midi. “Il n’y a aucune raison que l’on n’ait pas demain une négociation positive, mais pour ça, il faut qu’il y ait des signes de reprise du trafic”, ajoute M. Pepy. La SNCF a prévu une série de “mécanismes d’accompagnement” de la réforme du régime spécial de retraite de cheminots représentant entre 80 et 100 millions d’euros, précise-t-il sur BFM.

8 h 54 : Fonctionnaires et cheminots “ont le pouvoir d’achat en commun” , selon Jacques Voisin (CFTC).
Le président de la CFTC, Jacques Voisin, estime sur Canal+ que la revendication d’un meilleur pouvoir d’achat est “commune” aux manifestations de fonctionnaires et de cheminots qui se retrouvent cet après-midi dans la rue.

8 h 20 : Annonce d’une intervention “légitime” du chef de l’Etat.
“Après un conflit tel qu’on vient de le vivre (…), il est évidemment légitime que le président de la République puisse intervenir et on peut s’y attendre”, indique le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, sur RTL. Le ministre du budget et de la fonction publique, Eric Woerth, est lui l’invité de France-Inter : “C’est vrai, les fonctionnaires ne gagnent pas très bien leur vie. Il y a une échelle de salaires qui est très courte mais en même temps, pour gagner mieux leur vie, il faut accepter de prendre plus de responsabilités, il faut accepter de faire plus d’heures supplémentaires”, explique-t-il.

6 h 45 : Le trafic RATP “un peu mieux que prévu”.
Le trafic se présente “un peu mieux que prévu”, avec en moyenne 1 métro sur 3 à 1 métro sur 4, et 40 % des bus. Le trafic reste nul sur la ligne B du RER et limité à 15 % sur la ligne A. A la SNCF, la circulation des trains est “conforme aux prévisions” avec 350 TGV sur 700, 85 Corail sur 300, des fréquences de Transiliens supérieures en Ile-de-France, 50 % des TER et un trafic Thalys “proche de la normale”.

20/11/2007 - 06:41h Servidores protestam e segue greve dos transportes na França

 


Ferroviários decidem manter paralisação e aumentam o caos previsto para hoje, que terá passeatas de funcionários públicos e de estudantes

AP E REUTERS

Paris – A França deve enfrentar hoje mais um dia de intensos protestos após os ferroviários terem decidido manter a greve, que completa uma semana. As manifestações de hoje dos maquinistas irão coincidir com as passeatas dos funcionários do setor público e dos estudantes.

Os protestos em conjunto contra as reformas do governo serão um dos maiores testes do presidente Nicolas Sarkozy e colocarão em xeque suas propostas para aprimorar a economia francesa. Os ferroviários são contra os planos do governo de cortar as aposentadorias especiais da categoria, que garante a 500 mil funcionários públicos 2,5 anos a menos de trabalho que o restante da população.

O primeiro-ministro François Fillon disse que as reformas irão continuar, apesar dos protestos. No entanto, há temores de que Sarkozy recue nos seus planos. Foi o que ocorreu em 1995, quando uma greve de três semanas dos transportes, também motivada pelas aposentadorias especiais, acabou obrigando o governo a retirar o projeto de lei. Uma nova rodada de negociações entre líderes sindicais e representantes do governo deve ocorrer amanhã.

A marcha conjunta contra o governo irá reunir trabalhadores dos correios e de empresas distribuidores de jornais e revistas, professores e estudantes. Apesar de a manifestação ser conjunta, cada categoria protesta por um motivo diferente. Os funcionários dos correios criticam os planos do governo de reduzir o setor público, os distribuidores não entregarão o jornal para protestar contra as reformas no setor e os estudantes e professores querem mais autonomia nas universidades. Os empregados do setor energético e os controladores aéreos do Aeroporto de Orly, em Paris, programaram uma greve de 24 horas para apoiar o movimento.

“O povo francês está começando a perder a paciência”, disse o ministro do Orçamento, Eric Woerth, em referência ao caos que a greve dos trens está causando, especialmente em Paris. A ministra da Economia, Christine Lagarde, afirmou que as paralisações estão custando à França cerca de 350 milhões (R$ 900 milhões) por dia.

18/11/2007 - 18:52h SNCF : les syndicats appellent à reconduire la grève, premières négociations mercredi

Des trains à l'arrêt en gare de Marseille, le 18 novembre 2007. | REUTERS/JEAN-PAUL PELISSIER

REUTERS/JEAN-PAUL PELISSIER

Des trains à l’arrêt en gare de Marseille, le 18 novembre 2007

Les six fédérations de cheminots CGT, FO, CFTC, Unsa, CFE-CGC et SUD ont appelé, dimanche 18 novembre, à reconduire pour 24 heures la grève à la SNCF contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.Les syndicats ont décidé d’appeler “à la reconduite du mouvement pour 24 heures”, et “iront à la table des négociations avec l’Etat et la direction où elles apporteront leur plateforme revendicative”, a annoncé Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots, premier syndicat de l’entreprise, à l’issue d’une réunion interfédérale à Montreuil. Avec cette annonce, une jonction avec le mouvement de grève dans la fonction publique semble inévitable.

La SNCF a annoncé, dimanche, la tenue mercredi d’une première table ronde sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, mais la présence d’un représentant de l’Etat est conditionnée au “niveau de service assuré” dans les transports et à l’état du trafic.

“UN PREMIER PAS”

Le ministre du travail Xavier Bertrand a accueilli favorablement, dimanche, la décision des fédérations syndicales de cheminots de participer mercredi à la “table ronde” organisée par la SNCF. “C’est un premier pas, c’est un pas qui est attendu, mais je crois que les usagers attendent davantage encore. Ils attendent surtout que la dynamique de reprise de travail commence dès demain”, a-t-il dit sur Europe 1 et TV5.

Prié de dire si l’Etat serait représenté à cette réunion, comme l’exigent les syndicats, il a répondu : “Il y aura un représentant de l’Etat s’il y a bien une dynamique de reprise du travail (…) qu’il y ait aussi davantage de trains, de métros qui reprennent”. Il n’a toutefois pas fixé de seuil à cette reprise, estimant que les conflits sociaux sont “de l’humain”, pas des statistiques. “Nous le voyons en ce moment, il y a quand même des choses qui bougent, qui se débloquent”, a-t-il ajouté.

Didier Le Reste a précisé que la plateforme de revendications serait soumise lundi matin aux cheminots. Il a souligné que les fédérations syndicales demandaient aux cheminots de faire preuve de “responsabilité” et de ne pas se livrer à des opérations “qui nuiraient à leurs propres intérêts”.

Lundi, le trafic devrait donc être toujours perturbé, même si la SNCF et la RATP annoncent une légère amélioration par rapport au week-end.

La direction de la SNCF estime qu’il y aura 300 TGV sur 650, 76 Corail sur 300, un à quatre Transiliens et RER aux heures de pointe en Ile-de-France et près d’un millier de TER, mais seulement 3 Thalys sur 4. La RATP prévoit un métro sur cinq “en moyenne” lundi, 40% de bus et un trafic “très fortement perturbé ou quasi-nul” sur les lignes A et B du RER.

16/11/2007 - 14:58h Vers la reconduction de la grève à la SNCF et la RATP pour ce week-end

Dans une assemblée générale de cheminots à Strasbourg, le 16 novembre 2007. | REUTERS/VINCENT KESSLER

 

REUTERS/VINCENT KESSLER

Dans une assemblée générale de cheminots à Strasbourg, le 16 novembre 2007.


Le Monde

La poursuite de la grève dans les transports publics était suspendue, vendredi 16 novembre, aux votes des salariés réunis en assemblées générales (AG). A la SNCF comme à la RATP, la tendance était, en milieu de journée, à la reconduction du mouvement pour samedi, voire, dans certaines AG de la RATP, pour le week-end entier.

A Marseille, Amiens, Bordeaux, ainsi qu’en Normandie, les AG de cheminots ont choisi de poursuivre le mouvement pour 24 heures. “Toutes celles qui se tiennent reconduisent pour 24 heures”, a indiqué Laurent Russeil, secrétaire général adjoint de la CGT cheminots. “Nous avons envoyé une lettre au ministre, nous attendons une réponse et, dans cette attente, nous poursuivons la grève”, a-t-il ajouté. A Nantes, environ 450 cheminots ont voté pour la poursuite de la grève jusqu’à lundi.

32,2 % D’AGENTS EN GRÈVE À LA SNCF

A la SNCF, le mouvement donnait pourtant vendredi, selon la direction, des signes d’essoufflement avec 32,2 % d’agents en grève, contre 42,8 % la veille et 61,5 % mercredi. A l’issue d’une réunion commune, jeudi après-midi, sept des huit fédérations syndicales de cheminots (CGT, SUD-Rail, CFDT, CFTC, FO, UNSA, CFE-CGC) ont demandé aux assemblées générales de “reconduire le mouvement de grève pour 24 heures”, jusqu’à samedi.

Du côté de la RATP, les premières assemblées générales ont également voté la grève jusqu’à samedi ou lundi. Selon la CGT, “la reconduite a été actée” tant pour les bus que le métro ou les lignes de RER, et 40 % des AG ont choisi de rester en grève jusqu’à lundi. Didier Larrigaldie, secrétaire général de FO-RATP, se voulait un peu plus prudent en début d’après-midi, dans l’attente de chiffres précis.

LES DIRIGEANTS DES ENTREPRISES CONCERNÉES REÇUS À L’ÉLYSÉE

Gouvernement et syndicats se livrent à un dialogue de sourds au troisième jour du mouvement, alors qu’une issue rapide semblait pourtant se dessiner mercredi. Les fédérations de cheminots demandent au ministre du travail, Xavier Bertrand, la tenue “dès vendredi” d’une réunion tripartite “pour fixer le cadre” des négociations dans les entreprises. Le ministre conditionne de son côté l’ouverture “immédiate” de négociations à “un appel à la reprise du travail” de la part des organisations dans les entreprises.

Nicolas Sarkozy recevra, vendredi en fin d’après-midi, à l’Elysée, les dirigeants des quatre entreprises (SNCF, RATP, EDF et GDF) concernées par la réforme pour faire avec eux “un point sur la situation”, après avoir reçu le premier ministre François Fillon, le ministre du travail Xavier Bertrand et le secrétaire d’Etat aux transports Dominique Bussereau.

16/11/2007 - 14:54h La gauche radicale veut déborder les directions syndicales en généralisant le mouvement

ous ensemble, tous ensemble !” Dès la rentrée de septembre, le slogan du mouvement social de décembre 1995 était dans les têtes de la gauche radicale. Qu’ils soient dirigeants syndicaux, simples délégués d’entreprise, leader étudiant ou militant politique, voilà des semaines qu’ils rêvent d’un grand mouvement social et s’y préparaient. SUD, minoritaires de la FSU ou de la CGT, cadres du PCF, activistes de la LCR, de LO ou du Parti des travailleurs, ils ont tout fait pour pousser les feux de la grève.

Le scénario leur paraissait presque trop beau : un gouvernement enfin ébranlé par des sondages en baisse, un mécontentement latent sensible depuis la rentrée dans les entreprises sur le pouvoir d’achat et une réforme des régimes spéciaux touchant des bastions syndicaux combatifs.

Le succès de la grève du 18 octobre semble confirmer les pronostics. “Le mouvement social a démarré”, s’enthousiasme Arlette Laguiller (LO) sur les trottoirs parisiens tandis que son alter ego de la LCR, Olivier Besancenot, explique “attendre la poursuite du mouvement”. Marie-George Buffet, elle, y voit “une journée test”.

L’entrée dans la danse des universités les a ravis. Les jeunes militants de la LCR, de Sud ou de la CNT (anarcho-syndicaliste) n’ont de cesse d’étendre le mouvement d’occupation et de chercher les liens avec les cheminots ou les gaziers. Comme en 1995. “Ca passe très bien dans les AG”, assure Tristan Pablo, étudiant à Tolbiac. Même constat pour Adrien Bonzard responsable de Sud à Nanterre.

Pour cette gauche radicale, seul un “mouvement général” allant du secteur public aux entreprises privées pourrait faire reculer le gouvernement qu’ils accusent, derrière la remise en cause des régimes spéciaux, de préparer une nouvelle réforme générale du système des retraites.

“Si on veut gagner, on n’a pas intérêt à rester dans des luttes catégorielles”, prétend Gérard Mazet, délégué CGT à la gare d’Austerlitz, membre du PCF. “Face aux attaques du gouvernement, il faut construire des convergences”, renchérit Annick Coupé, porte-parole de Solidaires.

Mais derrière cette stratégie affichée, ces cadres syndicaux savent que la réalité du terrain est plus complexe. La grève “presse-bouton” ne marche pas, répètent-ils. “La convergence des luttes est compliquée car il faut trouver un mot d’ordre unificateur”, analyse Jean-Michel Drevon, secrétaire national de la FSU pour la tendance École émancipée. “Dans les AG, le débat n’est pas sur la grève générale interprofessionnelle mais d’élargir la grève sur les retraites”, reconnaît Christian Mahieux, secrétaire général de SUD-Rail.

Le ton reste prudent. D’autant que les premiers “reculs” des confédérations syndicales acceptant les négociations entreprise par entreprise auraient désorienté les troupes. “Après le coup de poignard dans le dos du mouvement de la CGT et les appels à la reprise de la CFDT, les salariés sont dans l’attente”, estime Dominique Mezzi, dirigeant de la LCR.

“Le front syndical s’est divisé”, constate-t-on à Solidaires. “C’est vrai qu’on a beaucoup attendu après le 18 octobre. L’attitude de Thibault a été vécue comme une trahison”, soutient Tony Fraquelli, délégué CGT au dépôt d’Austerlitz et militant LCR.

Ces partisans de la grève dure continuent donc leur travail de fourmi. “Il y a de nombreuses fédérations départementales qui appellent à la reconduction”, assure M. Mahieux. “On n’est qu’au début d’un mouvement pas à la fin. Les formes qu’il va prendre, personne ne les connaît”, prévient M. Mazet. Le constat est partagé par les militants de LO.

L’objectif est de “tenir” jusqu’au 20 novembre, jour de la grève de la fonction publique. “Si la mobilisation passe le week-end, on pourra faire la jonction ave le 20″, espère M. Fraquelli.

Dans les AG des cheminots, mercredi, les radicaux se sont sentis “en phase” avec la grogne générale qui poussait à la reconduction et exprimait clairement la méfiance à l’égard des directions syndicales. Plusieurs dépôts ont exigé “d’être consultés pour toute décision qui engagerait l’avenir et informés du contenu des discussions à chaque étape”.

La LCR a proposé à l’ensemble des partis de gauche d’organiser une initiative de soutien aux grévistes. Et se dit même prête à mettre sur pieds des comités d’usagers pro-grève.

Sylvia Zappi

15/11/2007 - 17:51h Au piquet de grève de la gare de Lyon, le trouble discret des "conducteurs" irréductibles

AG de cheminots à la gare de Lyon, le 14 novembre 2007. | AP/JACQUES BRINON

AP/JACQUES BRINON

AG de cheminots à la gare de Lyon, le 14 novembre 2007.

A la “feuille”, le local où les cheminots ont l’habitude de passer avant de prendre leur service, sur le bout du quai N, il y a de la mortadelle, du taboulé, un sac de petits pains en promo, et même, vers 22 h 30, de la pizza hallal toute chaude, apportée par Chérif. Il y a aussi, hélas, la mauvaise nouvelle de la sécession de la CFDT tout juste annoncée par François Chérèque, et une drôle d’interrogation sur l’ouverture des négociations dans les entreprises demandée par le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, et acceptée par l’Elysée.

Gare de Lyon, mercredi, le deuxième piquet de grève des conducteurs de train s’organise dans la plus pure tradition du mouvement ouvrier (on tient la nuit jusqu’à l’AG quotidienne du lendemain matin 11 heures, celle où on commence par brûler les palettes de bois pour se réchauffer), mais dans un tempo d’ensemble aussi troublant qu’inédit.

Malgré les nouvelles du jour, la dizaine de cheminots qui tient le piquet refuse de se laisser intimider. Ils sont plutôt de la graine de “durs” : pas de ces conducteurs de Thalys ou d’Eurostar qui portent “un uniforme Christian Lacroix” et ne font jamais grève ; pas de ces conducteurs de TGV en fin de carrière. Eux travaillent sur la D, la ligne qui joint Creil à Melun, la plus fréquentée de la SNCF - “3 000 personnes aux heures de pointe”, l’une des plus longues aussi, sans aide-conducteur mais avec des horaires calculés à la “déca-seconde” pour chacun des “50 ou 60″ arrêts. “La ligne où on croise la France qui bosse, les femmes de ménage, les employés des centres de tri postaux qui se lèvent à quatre heures et demi du matin, se félicite Fabien. Le train qui ouvre les yeux sur la vraie société, pas celle de TF1.”

La plupart ici adhèrent à Sud-Rail, qui fut créé là, “gare de Lyon, chez les conducteurs”, lors des grandes grèves de l’hiver 1995. “Pour nous, cheminots, c’est le dernier combat, assure Aziz. On sait exactement ce qu’on perd avec la réforme, 600 euros par mois, les calculs sont faciles grâce aux tableaux proposés par la direction pour les comptes de pension. Donc on peut y aller. On attendra de voir comment on va nous manger, à la sauce ketchup, béarnaise ou moutarde, mais on ne cédera pas.” Qu’”ils” viennent les croquer ! “On va leur laisser un mauvais goût”, prévient Sébastien.

“ON NOUS CRIMINALISE”

Tous ont voté en 2005 non à la Constitution européenne, le “TCE” comme disent les vrais connaisseurs. Tous pestent contre le nouveau “mini-traité” européen. Tous rient bien fort quand on évoque le PS ou Ségolène Royal - “Qui ?”. Autres têtes de turc, les médias. Jamais dénoncés, les “mensonges” d’un Nicolas Sarkozy quand, le 19 octobre, il explique que les jours de grève ne seront plus payés – “mais ils ne l’ont jamais été !”. Mal choisis, les mots qu’ils entendent ou qu’ils lisent tous les jours : “On parle de sabotage, de prises d’otages. On nous criminalise. Bientôt, on dira “terroristes” !

S’ils ont trouvé leurs ennemis, on devine aussi qu’ils cherchent leur héros.Le cheminot qui refuse de serrer la main du président de la République, le 26 octobre, à Saint-Denis : très bien. “Mais plus fort que lui, il y a le pêcheur” du Guilvinec, qui s’était “payé” Nicolas Sarkozy le 6 novembre : “Ah les barbares ! Derrière, il aura un contrôle fiscal et il va perd la garde de ses enfants, mais il a assuré grave !” Plus sérieusement, le “piquet” espère simplement que le Bernard Thibault du mois à venir ne sera pas le “perdant de 2003″, qui avait dû négocier la libéralisation du fret et les retraites, mais bien le “vainqueur” de 1995, le tombeur d’Alain Juppé, le patron des cheminots aux cheveux longs et aux braseros : “On était fiers.”

Décembre 1995 demeure leur mythe fondateur. A 36 ans, Aziz est pourtant le seul à avoir connu le mouvement d’il y a douze ans : les autres sont entrés bien après à la SNCF. Ensemble, ils se désolent, lucides, sur le temps qui passe et le fond de l’air qui change. “La société a évolué. Les gens sont dans leur bulle de plasma, avec leurs crédits et tout le bidule“, dit l’un. “ C’est moins tabou aujourd’hui de dire qu’on vote à droite qu’en 1995″, ajoute l’autre. “Je sais pas si c’est Sarko qui est très fort, où si ce sont les syndicats qui sont nuls…”, laisse échapper Fabien. “Aujourd’hui, il y a la droite bling-bling et la gauche caviar”, résume Daniel. Sébastien se lève et sourit tristement : “Le bling-bling, le caviar, et nous : la gauche saucisson…”

Ariane Chemin – Le Monde

14/11/2007 - 16:21h Des assemblées générales à la RATP et à la SNCF ont reconduit la grève jeudi

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, lors du défilé contre la réforme des régimes spéciaux, le 174 novembre à Paris. | AFP/PATRICK KOVARIK

AFP/PATRICK KOVARIK

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, lors du défilé contre la réforme des régimes spéciaux, le 174 novembre à Paris.

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Le départ de la manifestation  parisienne, place du 18 juin 1940, contre la réforme des régimes spéciaux, mercredi 14 novembre. | Le Monde.fr

Le Monde.fr

Le départ de la manifestation parisienne, place du 18 juin 1940, contre la réforme des régimes spéciaux, mercredi 14 novembre.

17h30. Le gouvernement “obligé de reculer”, juge François Hollande
Fustigeant un gouvernement et un président qui “veulent agir avec autoritarisme et en force”, François Hollande a estimé que, sur la question des régimes spéciaux, “ils sont obligés de reculer”. “Il a fallu attendre que les Français souffrent dans leurs conditions de transports pour que l’Etat daigne dire qu’il serait présent dans des réunions dans chacune des entreprises. On n’aurait pas pu y penser plus tôt ?”, s’est-il demandé. “Je demande au président de la République, au gouvernement, de ne pas perdre une minute de plus et d’ouvrir la négociation de manière à ce qu’on sorte de ce conflit dignement avec une réforme qui sera consentie”, a-t-il ajouté.

17 h 20. Possible remboursement des usagers de TER et Transilien

Anticipant l’entrée en vigueur de la loi sur le service minimum, la direction de la SNCF annonce vouloir rembourser les usagers des TER et Transilien selon les modalités prévues par celle-ci. “Si l’information est mal faite ou si le trafic promis n’est pas assuré, il y aura remboursement”, explique la direction. Une “décision définitive” sur l’ensemble de ces remboursements sera prise “quand la situation sera redevenue proche de la normale”, a-t-on ajouté.

17 heures. Coupures d’électricité ciblées à Rouen

La direction et des syndicats d’EDF affirment que des coupures ciblées d’électricité ont été pratiquées à Rouen. Ces actions ont notamment visé le technopôle du Madrillet où sont regroupées des entreprises de pointe. “De telles coupures ont pour but de démontrer que les grévistes peuvent intervenir où ils veulent et quand ils veulent sans mettre en péril personne”, a affirmé la CGT au nom de l’intersyndicale. Entre 700 et 800 électriciens et gaziers ont participé à la manifestation qui a réuni, mercredi matin, de 2 700 à 4 000 personnes à Rouen.

16 h 30. Trafic “très perturbé” à la SNCF jeudi

La direction de la SNCF annonce que le trafic restera “très perturbé” jeudi, mais fait état de quelques “améliorations”, avec notamment 150 TGV sur 700 en circulation, 50 trains Corail sur 300, deux à quatre trains par heure sur le Transilien ou encore davantage de TER. Ces améliorations par rapport aux prévisions initiales sont possibles “grâce aux reprises [de service] individuelles des conducteurs”, souligne la direction. Par ailleurs, Guillaume Pépy, directeur général exécutif, fait état “de contacts de plus en plus fréquents” avec trois syndicats (CFDT, CFE-CGC et CFTC). “Nous les avons rencontrés, ça a bougé et ça va bouger dans les heures qui viennent” a-t-il déclaré.

16 h 15. Grève reconduite pour 24 heures à la RATP

Le mouvement social est reconduit à la RATP pour 24 heures, dans l’attente de nouvelles propositions gouvernementales, selon les syndicats. “Les salariés réunis en assemblées générales dans les dépôts de bus et dans les terminus de métro et de RER ont reconduit majoritairement la grève”, a affirmé Philippe Touzet, délégué central SUD-RATP. “Demain, il faut s’attendre encore à des perturbations. De quel ordre, je ne sais rien. Il va peut-être se passer des choses d’ici là (…) le ministre [Xavier Bertrand] doit s’exprimer ce soir et on verra s’il y a des avancées et si ça peut modifier ou pas la mobilisation demain”, a-t-il précisé.

16 heures. Bernard Thibault pour la reconduction du mouvement en attendant “une réaction officielle du gouvernement”

Le secrétaire général de la CGT, qui avait proposé au gouvernement l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations tripartites mardi, a annoncé qu’il était favorable à “la poursuite du mouvement” dans l’attente d’une “réaction officielle du gouvernement” à ses propositions. “On devrait recevoir un courrier matérialisant la position du gouvernement (…) nous verrons ce qu’il y a dans ce courrier”, a-t-il indiqué. “Je ne sais pas si les négociations vont commencer (…). Je ne peux pas dire à ce stade si le conflit va s’arrêter”, a ajouté le leader cégétiste jugeant qu’il fallait “bien changer à la fois le cadre, la procédure et le contenu de ce qui fait conflit”.

15 h 45. Des milliers de personnes manifestent à Paris, entre 1 600 et 3 200 à Lille

La manifestation qui s’est déroulée entre la gare Montparnasse et la gare d’Austerlitz, mercredi, a rassemblé plusieurs milliers de participants, selon la CGT. Des étudiants qui protestent contre la réforme des universités se sont joints au défilé. A Lille, une manifestation réunissant des cheminots, des employés d’EDF et GDF et des étudiants s’est dirigée de la mairie à la préfecture. Ils étaient 3 200, selon la CGT, et 1 600, selon la police.

15 h 40. La lettre du gouvernement aux syndicats envoyée dans “les prochaines heures”

Xavier Bertrand assure que “la lettre de méthode” commandée par Nicolas Sarkozy sera envoyée aux syndicats dans “les prochaines heures”. “Chacun peut avoir l’assurance que ces négociations d’entreprises vont pouvoir progresser”, a ajouté le ministre, notant que la participation à la grève dans les transports et l’énergie était “élevée même si elle est en baisse par rapport” au mouvement social précédent.

15 h 35. Moins de grévistes à la RATP que le 18 octobre
Selon la direction de la RATP, la grève à l’appel de six des huit syndicats était suivie à 44 %, contre 58 % lors du mouvement social du 18 octobre.

15 h 30. François Fillon veut mettre un terme à un grève “qui n’aboutira pas”
Lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée, François Fillon appelle à la fin d’une grève “qui n’est pas utile, qui n’aboutira pas à des résultats pour qui que ce soit, et qui gêne des millions de Français”. “Nous avons décidé ce matin (…) d’envoyer une lettre qui fixe le cadre des négociations d’entreprise”, a-t-il rappelé. Outre mettre un terme à la grève, cette démarche a un deuxième but, selon M. Fillon : “développer dans les entreprises la négociation qui est désormais souhaitée par tous les salariés”. Le premier ministre a également précisé les points négociables : “les revenus, les salaires en particulier en fin de carrière, les conditions de travail, la pénibilité, le régime additionnel, l’aménagement des fins de carrière”.

13/11/2007 - 13:22h SNCF: les cheminots ont-ils la vie duraille?

Les cheminots sont-ils des privilégiés? A la veille de la grève, Rue89 a demandé à trois d’entre eux de raconter leur métier.


Aux ateliers SNCF de Noisy-le-Sec (Meyer/Tendance floue).

Conditions de travail, sens du service public, “esprit cheminot”: David Gobé, de Lille, Bruno Picque, de Boulogne, et Daniel Tourlan, de Marseille, se sont livrés à Rue89. Tous trois syndiqués CGT, ils décrivent leur quotidien et expliquent les raisons de leur mobilisation contre le projet de réforme de leur régime spécial.

Les débuts

Aucun de nos trois témoins n’est issu d’une famille de cheminots. Après sa terminale, Bruno Picque, a choisi de rejoindre la SNCF. C’était en 1972:

“Les trains, comme tous les gosses de l’époque, ça m’a fait rêver. A 17 ans, j’y suis allé. C’est vrai, ce n’était pas une vocation, mais ça l’est devenu. J’aimais mon travail, mais plus maintenant. Le service public que j’ai connu -on aurait tout fait pour satisfaire les usagers- n’existe plus.”

Selon ce quinquagénaire, la SNCF est désormais là “pour faire du fric”.

A 33 ans, David Gobé fait partie, lui, de la génération qui a d’abord goûté au privé avant de se dire que “la sécurité de l’emploi, c’était mieux”. Après avoir travaillé dans le BTP et en grande surface, l’agent de réserve a rejoint la SNCF en 1997, pour “partir à la retraite à 55 ans, et avoir un travail peut-être moins bien payé, mais stable”.

Depuis 1979, Daniel Tourlan contrôle les passagers dans les trains. A peine majeur, il fait son entrée “par accident” chez les cheminots. S’il n’est pas issu “du sérail, des familles de cheminots”, le Marseillais fait depuis vingt-huit ans partie de ces hommes qui dorment trois jours par semaine loin de leur famille.

“C’était un choix. Je n’ai pas beaucoup vu mes enfants”, confie-t-il. Ils sont grands, désormais, les enfants de ce quadragénaire, qui a vu les conditions de travail des cheminots s’améliorer :

“Quand je suis arrivé, le Code du travail ne voulait rien dire à la SNCF. Depuis, les repos de rattrapage ont été instaurés.”

Le métier

Cheminot, ce n’est pas que conducteur de train. A la SNCF, plus de 250 métiers existent, dont une trentaine sont consacrés au fret.

David Gobé fait partie de ces 25 000 agents de réserve de la SNCF. Cette dénomination recouvre une foultitude d’activités: tirer un wagon, aiguiller, enrayer… Les agents de réserve servent de renforts: d’un jour à l’autre, leur activité change, leurs horaires se modulent selon les besoins: “Ici, on ne sait pas quarante-huit heures à l’avance ce qu’on va faire. On a des compensations financières.”

Sa journée type, David Gobé la passe au triage. Un peu comme à la Poste, sauf qu’il s’agit de wagons. Les détacher les uns des autres, les faire reculer sur une bosse, les laisser redescendre sur une pente depuis laquelle ils sont freinés par des sabots. Comme dans le tri postal, sauf que c’est plus lourd: la barre d’attelage peut peser jusqu’à 20 kilos.

David est dit “sédentaire”. Parfois, son grade le lui permet, il effectue des saisies pour savoir où vont ses wagons. Il peut également être affecté à toute sorte de d’activités administratives.

Gare de Marquise, dans le Pas-de-Calais. Bruno Picque aiguille les trains. Il s’occupe de contrôler les départs et les arrivées, les “incidents ou accidents”, les caténaires (ces câbles électriques qui alimentent les motrices)… Travaillant en “deux huit”, Bruno Picque commence parfois à 5h35 ou à 16h35, et alterne jours de travail et relâche:

“Le décalage horaire est pénible mais le stress, la fatigue sont surtout causés par la responsabilité. Le cheminot est responsable de son train.”

L’homme seul face à la machine: cet argument revient souvent. Contrôleur, Daniel Tourlan, tient le même discours sur la responsabilité :

Dans un TGV double rame, il y a 500 passagers. Si elle est doublée, vous avez 1 000 passagers. 1 000 à faire en trois heures! C’est impossible! Mais vous le faites parce que vous êtes le seul responsable de votre train.”

Souvent raillés, ces propos sur la responsabilité sont souvent affaire d’honneur pour les cheminots. Selon eux, quoi qu’il arrive ils répondent présents. Ce qui rend la réforme prévue par le gouvernement encore plus difficile à accepter. Daniel Tourlan fulmine :

“On nous impose la double peine: gagner moins que les autres, partir en même temps que les autres. Et on a plus de responsabilités que les autres.”

Le salaire

David Goubé, dix ans à la SNCF:

“1 400 euros nets. Deux enfants. Ma femme est dans l’Education nationale. Elle fera grève le 20 novembre contre les suppressions d’emploi.”

Bruno Picque, trente-cinq ans à la SNCF:

“1 900 euros bruts par mois. Ne m’appelez pas nanti.”

Daniel Tourlan, vingt-huit ans à la SNCF:

“1 700 euros. Je ne suis pas au salaire du Président. Il gagne quinze fois plus que moi.”

22/10/2007 - 21:12h France: Sept syndicats de la fonction publique appellent à la grève

Sept fédérations de fonctionnaires – CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires et CFTC – ont appelé à la grève dans la fonction publique le 20 novembre 2007, a indiqué la FSU, à l’issue d’une intersyndicale à laquelle la CFE-CGC ne participait pas.

Cette journée d’action – le 20 novembre est aussi le jour du vote du budget 2008 à l’Assemblée nationale – porte sur l’“exigence [des sept fédérations de fonctionnaires] en matière de salaire, d’emploi public, de défense du service public, de ses missions et du statut de la fonction publique”, a ajouté la FSU, dans un communiqué. Motivant leur choix pour la grève, les organisations signataires “ont constaté que leurs deux revendications prioritaires, le pouvoir d’achat et l’emploi public, ne sont toujours pas prises en compte par le gouvernement”.

A plusieurs reprises depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, les huit fédérations de la fonction publique – CGT, CFDT, FO, FSU, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires – ont unanimement réclamé l’ouverture de négociations salariales, dénonçant l’absence de revalorisation des traitements en 2007. L’annonce, au cours de l’été, de la suppression de 22 900 postes de fonctionnaires au budget 2008 est venue alimenter leur colère.

LES CHEMINOTS DONNENT UNE CHANCE À LA NÉGOCIATION

Par ailleurs, à l’issue d’une réunion de plus de trois heures au siège de la CGT, à Montreuil-sous-Bois, les huit fédérations syndicales de cheminots ont fait savoir qu’elles décideront le 31 octobre si elles appellent ou non à une grève reconductible à la mi-novembre. Les syndicats donnent donc une chance à la négociation avec le gouvernement, puisque la grève dépendra des réponses de ce dernier sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, ont-ils annoncé lundi 22 octobre.

Lors de la déclaration commune lue par le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, ce dernier a souligné que le mouvement de grève du jeudi 18 octobre, “exceptionnel”, avait été possible “grâce à l’unité” des syndicats. “Aujourd’hui, le gouvernement a plus de responsabilités qu’il n’en avait le 17 octobre”, a-t-il ajouté, soulignant qu’“il a été contraint d’une certaine façon de se remettre autour de la table” cette semaine.

Le Monde