10/12/2008 - 18:17h Exposição em Paris mostra Picasso e os grandes mestres da pintura

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Qu’allez-vous y découvrir ?- Une exposition, trois lieux- L’exposition salle par salle aux Galeries nationales du Grand Palais- Une exposition, trois lieuxCette exposition, dont le sujet avoué est de transgresser les frontières historiques et institutionnelles, se tient dans trois lieux majeurs de la culture muséale française :- Le Grand Palais où Picasso expose lors de l’inauguration du bâtiment dans le cadre de l’Exposition Universelle de 1900. Âgé de 19 ans, il figure dans la sélection officielle Espagnole et découvre lors du voyage effectué alors à Paris, au sein des expositions décennales et centennales qui sont organisées au Grand palais, les oeuvres anciennes et modernes représentatives de tous les grands courants artistiques européens contemporains.- Le musée du Louvre où Picasso, dès ce premier voyage, étudie notamment l’art des écoles française, flamande, italienne, et découvre l’art ibérique à l’hiver 1905, grâce à l’exposition des fouilles d’Osuna qui déclencha la recherche le conduisant vers le Cubisme.C’est là aussi, en 1947, qu’il accrochera aux côtés des oeuvres de Zurbaran, Delacroix et Courbet, les sept toiles qu’il destinait au nouveau Musée d’art moderne pour vérifier si sa peinture « tenait » à côté de celle des grands maîtres. En un hommage exceptionnel organisé en 1971 pour son quatre vingt dixième anniversaire, son Arlequin de 1923 fut accroché dans la Grande galerie du Louvre en relation avec le Gilles de Watteau, le consacrant maître parmi les maîtres.- Le musée d’Orsay, enfin, qui s’il n’existait pas du temps de Picasso, conserve aujourd’hui les oeuvres de Manet, des impressionnistes et postimpressionnistes dont l’oeuvre bouleversa ses conceptions picturales et ses convictions en 1900 lors de ce voyage inaugural.Contact presse : > Amélie Hardivillier

Pablo Picasso se forme très tôt aux règles strictes de la pratique académique auprès de son père, José Ruiz-Blasco, professeur à l’Ecole des Beaux Arts et directeur du musée de Málaga, comme durant son cursus (1893-1899) à l’Ecole des Beaux-Arts de la Corùna, à la Lonja (Barcelone), puis à l’Académie San Fernando (Madrid).Dessins d’après l’Antique, statuaire et architectonique, copies de toiles des grands maîtres espagnols, étude de l’histoire de l’art européen sont au cœur de cette formation, enracinée dans la tradition picturale humaniste qui nous rappelle que Picasso est un peintre né au XIXe siècle (1881). Académies, peinture d’histoire, scène de genres, compositions épiques ou religieuses, rendu bitumeux, grandes machines, concours, peinture officielle, galerie de peinture, forment le quotidien, la référence et la perspective de son apprentissage.

Nu de Picasso e a Maja desnuda de Goya, ambos lado a lado na exposição
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L’oppression ressentie par Picasso, jeune artiste virtuose, qui ne dessina jamais comme un enfant mais eut immédiatement à se confronter à Michel-Ange et Raphaël, nourrira pour longtemps un désir de subversion qui le conduisit à la plus radicale des innovations formelles, le Cubisme, comme à la fondation de l’art moderne.A la fois jeune maître académique (médaillé dès l’âge de 19 ans) et acharné destructeur des formes établies, Picasso mena sans discontinuer un dialogue tendu avec la grande tradition de la peinture.Sa posture n’est pas – comme chez d’autres artistes de sa génération – le simple reflet d’une époque en pleine mutation, mais un élément moteur, constitutif de son projet pictural. Il opère depuis sa première grande composition à sujet allégorique, Derniers Moments (1896), jusqu’aux dernières toiles d’après Vélasquez, Titien et Rembrandt, où règnent sous les masques de mousquetaires, musiciens et matadors, le motif d’un autoportrait obsessionnel. La période des « variations » d’après Delacroix, Vélasquez ou Manet (1950-1962), forme l’épisode le plus connu et explicite de cette démarche de relecture critique qui traverse l’ensemble de son œuvre.L’exposition Picasso et les maîtres présentée aux Galeries nationales du Grand Palais se veut un premier bilan. Quelque 210 œuvres se trouvent rassemblées pour l’occasion, issues des collections les plus prestigieuses, publiques et privées, nationales et internationales.Confrontant passé et présent, au-delà des ruptures stylistiques et des innovations formelles, l’exposition présente dans un parcours croisant approches thématique et chronologique, au gré de la peinture de Picasso et en la prenant pour seul guide : Greco, Vélasquez, Goya, Zurbarán, Ribera, Melendez, Poussin, Le Nain, Dubois, Chardin, David, Ingres, Delacroix, Manet, Courbet, Lautrec, Degas, Puvis de Chavannes, Cézanne, Renoir, Gauguin, Douanier Rousseau, Titien, Cranach, Rembrandt, Van Gogh. Espagnols, Français, Italiens, Allemands, ces peintres forment la trame plurielle d’un motif serré où la peinture apprend de la peinture.Un cannibalisme pictural sans précédent est à l’œuvre dans la démarche de Picasso qui érige en système, la peinture de la peinture.En rupture avec les procédés académiques de transmission et de reproduction de la tradition – copie, paraphrase, citation – cette méthodologie nouvelle place la peinture au cœur de la connaissance du monde. Transposition, mimétisme, détournement, dénaturation forment quelques unes des figures de la stratégie déployée par Picasso à l’égard de ses peintres deprédilection. Il aura ainsi fécondé le modus operandi de la création moderne et contemporaine, la tirant aussi parfois du côté de la duplication perverse, de l’ironie et du pastiche.Anne Baldassari, Extrait de l’introduction au catalogue de l’exposition Pablo Picasso et les maitres

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07/12/2008 - 18:40h L’absinthe – O absinto

Verlaine au café Procope, d'après Cesare BACCHI.

Verlaine au café Procope, d’après Cesare BACCHI.

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Dans un café, dit aussi L’Absinthe.
Edgar DEGAS.

Analyse des images

Le tableau de Degas et l’eau forte d’après Cesare Bacchi offrent plusieurs points communs.
Les deux œuvres représentent des artistes célèbres dans les années 1870, le graveur sur cuivre Marcellin Desboutin et l’actrice Ellen Andrée dans le premier cas, le poète et romancier Verlaine dans le second. Elles montrent également des personnages que les amateurs d’exposition ont pu voir, peu de temps auparavant, dans des poses et sous des apparences bien différentes.
Marcellin Desboutin est, en 1876, L’Artiste de Manet. Il apparaît sur cette toile, debout au centre du cadre et « en majesté », fixant le spectateur. Svelte et très droit dans son costume en velours bleu brillant, la cravate blanche bien nouée, il se détache du fond du champ, de couleur ocre. Quelques mois plus tard, dans L’Absinthe, l’homme est moins fringant et tout, dans sa posture, signifie le relâchement. Voûté et la cravate mal nouée sur un habit ouvert, il est assis sur le bord droit du cadre. Désœuvré et les yeux dans le vide, il ne regarde pas sa compagne qui semble hébétée. Les deux artistes font corps avec la brasserie. Non seulement leurs cheveux, leurs vêtements et leurs souliers sont du même marron que la banquette mais le reflet sombre de leur nuque est peint sur la glace qui se trouve derrière eux et paraît les happer.
En apparence, Cesare Bacchi repart de la photographie « Verlaine au Procope ». Pourtant, les deux images sont loin d’être identiques. Si l’aquafortiste copie scrupuleusement le décor du café et les ustensiles chargés d’exprimer le rituel de l’absinthe, en revanche, il vieillit considérablement le poète, dont les traits ne sont plus lisses mais burinés, dont les épaules ne sont plus droites mais tombantes, dont la barbe n’est plus bien taillée mais en bataille.
Interprétation

Ainsi, par des procédés purement picturaux, Degas comme Bacchi traduisent-ils les dégâts irrémédiables causés par la « fée verte ». Mais cette boisson, dont la consommation augmente brutalement durant les années 1870 en raison d’une crise viticole passagère due au phylloxera et au mildiou, a été la victime émissaire idéale au moins pour trois raisons. Avant tout, elle gêne les vignerons. Comme le prouvent les manchettes du Matin, « À bas l’absinthe ! » (20 novembre 1906) puis « Pour le vin contre l’absinthe » (15 juin 1907) la presse a relayé non seulement les ligues anti-alcooliques mais les viticulteurs qui n’arrivaient plus à écouler leur production. Le Petit Parisien, L’Intransigeant, Le Petit Journal, L’Aurore… ont tous publié les opinions d’éminents médecins mais aussi du monde inquiet de la vigne qui a réagi avec virulence. Ensuite, contrairement à la plupart des autres boissons distillées, la « fée verte » n’est pas bue par les couches les plus déshéritées de la société française mais par les militaires, les étudiants… et les femmes qui la dégustent, au vu de tous, dans des établissements publics et démontrent ainsi qu’elles ne sont pas uniquement des martyres de l’alcoolisme masculin. L’absinthe est enfin spécialement appréciée d’auteurs contestataires comme Musset, Poe, Baudelaire, Verlaine… ce qui déplaît à des dessinateurs et romanciers conservateurs comme Léon Daudet ou Adolphe Willette, lesquels partent en croisade « pour les boissons fermentées, contre l’absinthe ; pour la tradition contre la révolution ». Peut-être ont-ils pressenti que ces images d’artiste maudit toxicomane allaient devenir un topos car elles accréditent l’idée romantique d’une inspiration venue d’ailleurs. Et si ces clichés sont bien évidemment sans fondement scientifique, si rien ne prouve que la « muse verte » a favorisé le talent, ils ont néanmoins eu d’inévitables répercussions sur le réel. Pour preuve la récente photographie du chanteur Renaud — ex-grand buveur de pastis — insérée sur la pochette de l’album Boucan d’enfer est la copie conforme de Verlaine au Procope.

Interprétation

Ainsi, par des procédés purement picturaux, Degas comme Bacchi traduisent-ils les dégâts irrémédiables causés par la « fée verte ». Mais cette boisson, dont la consommation augmente brutalement durant les années 1870 en raison d’une crise viticole passagère due au phylloxera et au mildiou, a été la victime émissaire idéale au moins pour trois raisons. Avant tout, elle gêne les vignerons. Comme le prouvent les manchettes du Matin, « À bas l’absinthe ! » (20 novembre 1906) puis « Pour le vin contre l’absinthe » (15 juin 1907) la presse a relayé non seulement les ligues anti-alcooliques mais les viticulteurs qui n’arrivaient plus à écouler leur production. Le Petit Parisien, L’Intransigeant, Le Petit Journal, L’Aurore… ont tous publié les opinions d’éminents médecins mais aussi du monde inquiet de la vigne qui a réagi avec virulence. Ensuite, contrairement à la plupart des autres boissons distillées, la « fée verte » n’est pas bue par les couches les plus déshéritées de la société française mais par les militaires, les étudiants… et les femmes qui la dégustent, au vu de tous, dans des établissements publics et démontrent ainsi qu’elles ne sont pas uniquement des martyres de l’alcoolisme masculin. L’absinthe est enfin spécialement appréciée d’auteurs contestataires comme Musset, Poe, Baudelaire, Verlaine… ce qui déplaît à des dessinateurs et romanciers conservateurs comme Léon Daudet ou Adolphe Willette, lesquels partent en croisade « pour les boissons fermentées, contre l’absinthe ; pour la tradition contre la révolution ». Peut-être ont-ils pressenti que ces images d’artiste maudit toxicomane allaient devenir un topos car elles accréditent l’idée romantique d’une inspiration venue d’ailleurs. Et si ces clichés sont bien évidemment sans fondement scientifique, si rien ne prouve que la « muse verte » a favorisé le talent, ils ont néanmoins eu d’inévitables répercussions sur le réel. Pour preuve la récente photographie du chanteur Renaud — ex-grand buveur de pastis — insérée sur la pochette de l’album Boucan d’enfer est la copie conforme de Verlaine au Procope.

Contexte historique

Jusqu’à la fin des années 1870, les hygiénistes français véhiculent l’idée que l’alcoolisme est l’apanage des « classes ouvrières ». Durant la décennie suivante, face à la forte augmentation de la consommation d’absinthe, dégustée de façon voyante aux terrasses des cafés chics, les médecins sont obligés d’admettre que l’on boit dans toutes les couches de la société. Dès lors, la « fée verte » est accusée, en raison de son fort titrage alcoolique (70°) et de ses essences nocives, de tous les maux. On lui reproche non seulement de détériorer les organes digestifs et de provoquer des insomnies, mais de conduire à l’aliénation mentale, voire au crime et, dans le prolongement des théories de l’hérédo-dégénérescence, de ne pas disparaître avec l’individu absinthique mais de se transmettre à sa descendance.
Pourtant, la prohibition de l’absinthe, le 16 mars 1915, en pleine guerre, est purement symbolique puisque les alcooliers mettent rapidement sur le marché des similaires anisés.

Auteur : Myriam TSIKOUNAS

22/12/2007 - 10:52h Impressiona os sentidos e a alma, impressiona mesmo

Edgar Degas (França, 1834- 1917), um dos maiores expoentes do impressionismo. Ode a intimidade feminina.