16/11/2007 - 15:04h Près de la moitié des facs en grève en France

Une quarantaine d’universités sont touchées par la grève à divers niveaux, malgré des évacuations.

La contestation étudiante de la loi Pécresse s’est accentuée hier, jeudi, perturbant une grosse quarantaine de sites universitaires, alors que le mouvement pourrait encore gagner en puissance. Ce vendredi, selon le gouvernement, 32 universités sont touchées, mais uniquement 2 sont bloquées. Pour l’UNEF, 46 sites sont perturbés.  Des étudiants de l'université Toulouse-Le Mirail passent devant une banderolle alors que plus d'un millier d'entre eux sont réunis en assemblée générale, le 08 novembre 2007, pour décider de la reconduction des piquets de grève et dénoncer la loi Pécresse sur l'autonomie des universités.|AFP/ERIC CABANIS

Des étudiants de l’université Toulouse-Le Mirail passent devant une banderolle alors que plus d’un millier d’entre eux sont réunis en assemblée générale, le 08 novembre 2007, pour décider de la reconduction des piquets de grève et dénoncer la loi Pécresse sur l’autonomie des universités.

AFP/ERIC CABANIS

Forte mobilisation
L’Unef, par la voix de son président appelle à amplifier la mobilisation.

Rencontre jeudi soir avec la ministre
Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, a reçu jeudi les
cinq organisations étudiantes représentatives (Unef, Fage, UNI, Cé, PDE), ainsi que la conférence des présidents d’universités (CPU), pour “faire le point” sur le mouvement étudiant.

Evacuations
Une demi-douzaine de sites universitaires ont été évacués dans la nuit du 15 au 16 novembre, notamment à Nantes, à la Sorbonne et à Strasbourg.

Rassemblement vendredi
Un rassemblement est prévu ce vendredi devant l’assemblée nationale, à l’appel d’une intersyndicale de l’Enseignement supérieur et la Recherche, au moment du vote du budget 2008.

Par La rédaction du Post ,

13/11/2007 - 14:43h Facs bloquées: mais que veulent les étudiants?

 

Les étudiants qui mettent leur fac en grève sont contre la loi pour l’autonomie des universités et pour une augmentation des moyens. Oui, mais encore ?

C’est qui cette loi ? Son surnom : loi LRU, son nom “loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Sa date de naissance : le 10 août dernier, car elle est déjà votée. Sa maman : Valérie Pécresse, la ministre de l’enseignement supérieur. AG à la fac d'Aix-en-Provence, mercredi 7 novembre.|AP/CLAUDE PARIS

AG à la fac d’Aix-en-Provence, mercredi 7 novembre.

AP/CLAUDE PARIS

Argument 1: la loi introduit une “logique marchande”. C’est un risque à terme, nous explique le syndicat étudiant Unef, car la loi donne plus de pouvoir au président de l’université, notamment pour gérer les bâtiments et le recrutement. L’Etat pourrait donc se désengager, croit l’Unef. Et à la place s’installerait une concurrence entre les universités, qui va avantager les grosses contre les petites, moins aptes à assurer des rénovations de bâtiment, ou un désamiantage massif comme à Jussieu, par exemple.

Argument 2: la loi va rendre les personnels précaires.
Elle permet aux présidents de recruter des contrats “précaires” comme des CDD, qui vont remplacer petit à petit les fonctionnaires qui partent à la retraite. Il s’agit d’être “solidaire” avec ces employés administratifs des universités, dit l’Unef.

Argument 3: la loi va faire reculer la démocratie à l’université. C’est mathématique, argumente l’Unef : avant la loi, les étudiants avaient 12 représentants sur les 30 à 60 membres du conseil d’administration d’une université. Maintenant, ils en ont 3 à 5, sur 30 ou 30 membres. Logique que ça embête les syndicats comme l’Unef, qui a beaucoup d’élus dans ces conseils.

Mais l’université manque surtout d’argent, en fait. C’est l’argument principal de l’Unef, qui ne fait pas du retrait de la loi sa priorité, contrairement au Collectif contre l’autonomie des universités (CCAU), qui rassemble des syndicats minoritaires, SUD-Etudiant, la Fédération syndicale étudiante (FSE), la CNT, des dissident de l’Unef…

Ils demandent quoi alors que le budget est déjà en hausse? Il y a embrouille, dit l’Unef : sur les 1,8 milliards d’euros de plus alloués en 2008, très peu va aux étudiants, quand on enlève les éxonérations de charge accordées aux entreprises qui financent la recherche, où les retards de budget pour payer les retraites. Pour la licence, priorité des priorités, il ne resterait que 40 millions d’euros, soir 20 minutes de cours en plus par étudiant et par an, seulement…

Et c’est tout ? Non, l’Unef réclame en plus des hausses sociales : plus de logements étudiants (qui n’accueilleraient que 6 % des étudiants) et des meilleures bourses, car elles ne sont payées que 9 mois pour 10 mois de cours et que un étudiant sur deux doit travailler pour se payer ses études, sans compter les 100 000 étudiants sous le seuil de pauvreté.

Dernière question: ne veulent-ils pas juste foutre le bordel avec les autres grévistes ? Oui et non… Faut-il “converger” avec d’autres luttes ? Le vieux débat existe toujours mais en tout cas, l’Unef appelle officiellement les étudiants à se joindre le 20 novembre aux fonctionnaires et aux enseignants pour la journée d’action pour le service public. D’autres iront clairement mardi 13 novembre se joindre aux cheminots et autres défenseurs des régimes spéciaux.

Ajout : Le Monde.fr publie un récapitulatif qui répond à quelques autres questions, pour ceux qui en veulent.

Par La rédaction du Post , le 07/11/2007