07/05/2008 - 22:43h Prefeito de Paris entra na disputa pela liderança do PS contra Ségolène Royal

Bertrand Delanoë s’engage à son tour dans la course à la succession de François Hollande

Le maire de Paris Bertrand Delanoë à l'université d'été de La Rochelle, le 1er septembre.
AFP/PIERRE ANDRIEU

Le PS a besoin d’un “véritable leader” qui “ne soit pas un simple point d’équilibre interne”, qui “ait l’expérience et le sens du travail collectif” et qui “aime le Parti socialiste”, écrivent les signataires du texte.

Christine Garin et Jean-Michel Normand – Le Monde

Un mois tout juste après le lancement de la “consultation participative” de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë s’engage à son tour dans la course pour le congrès socialiste de novembre. Les amis du maire de Paris ont publié, mardi 6 mai, un texte destiné à servir de base à une contribution puis à une motion soumise au vote des adhérents.

Ce texte de onze feuillets “pour un grand congrès socialiste” est de facture très classique. Un quasi contre-pied à la méthode de Mme Royal. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle est taclée dès la troisième page. Après un long survol de ” l’Etat de la France” – sans “modèle”, sans “repères” et “en quête d’un nouvel espoir” -, une autre démarche est proposée. ” Le rôle d’un parti, insiste-t-il, est (de) débattre avec le pays bien avant les élections. Car la démocratie participative, pour être authentique et réellement féconde, doit se nourrir d’une mise en débat des projets et non de simples questions.”

Sur la nécessité de renouer avec une “ambition” pour la formation, sur l’environnement – “un enjeu vital” -, sur le travail comme sur les retraites, sur l’Europe ou encore la nécessité d’une “grande réforme de la fiscalité locale”, le document défend des orientations qui font largement consensus au sein du PS, hormis dans son aile la plus à gauche.

Le chapitre consacré à “la reconstruction du PS” conduit implicitement à l’hypothèse d’une candidature de Bertrand Delanoë – jamais nommé – au poste de premier secrétaire. Là encore, Mme Royal, dont le nom n’apparaît pas non plus, en prend pour son grade.

Les signataires veulent retrouver “le goût et la pratique du travail collectif” alors que, estiment-ils, “ce sont malheureusement les initiatives d’extériorisation et de contournement des lieux de débats et de décision collective qui se sont développés, particulièrement pendant et après l’élection présidentielle”. S’agissant des alliances, le congrès devra – “cette fois” – trancher sur le fond. Foin des cafouillages improvisés de l’entre-deux tours de la présidentielle : les lignes doivent bouger “mais pour susciter un élan identifié, à gauche”.

Reste la question “du leadership” et donc de la succession de François Hollande à la tête du PS. L’hypothèse d’un “premier secrétaire de transition et d’attente”, évoquée par les tenants du “ni Bertrand ni Ségolène”, est écartée : c’est non. Ce serait “la stagnation assurée et le gel de la rénovation”. Le PS a besoin d’un “véritable leader” qui “ne soit pas un simple point d’équilibre interne”, qui “ait l’expérience et le sens du travail collectif” et qui “aime le Parti socialiste”. Qui mieux que M. Delanoë, au PS depuis trente-six ans, qui en a gravi et occupé tous les échelons, correspond à ce portrait ?

Outre la volonté de faire valoir les “différences politiques non négligeables” qui séparent sa démarche de celle engagée par Mme Royal, M. Delanoë entend démontrer qu’il peut rassembler au-delà de son fief parisien et des “jospinistes” historiques, sa famille d’origine. La liste des 93 signataires compte 17 élus de la capitale mais aussi quelques premiers secrétaires fédéraux de province. On note la présence du strauss-kahnien Michel Destot, maire de Grenoble, mais aussi du maire de Strasbourg, Roland Ries, qui avait soutenu Mme Royal. La moisson n’est pas négligeable mais elle n’élargit pas fondamentalement la sphère d’influence de M. Delanoë au sein du parti. Alors que les rapports de force internes sont difficilement lisibles, la plupart des responsables de fédération issus de la majorité constituée autour de M. Hollande au congrès du Mans hésitent visiblement à s’engager dès maintenant.

D’ici au congrès, les partisans du maire de Paris vont tenter de convaincre d’autres signataires, en faisant notamment pression sur le courant strauss-kahnien – composé de nombreux anciens jospiniens et rocardiens – engagé dans une tentative de rapprochement avec les fabiusiens. M. Delanoë compte rester sur le pont. Il publiera le 22 mai un livre d’entretiens, avant de rassembler ses partisans, le 24 mai à Paris.

10/01/2008 - 19:37h Lider do Partido Socialista francês ataca o narcissismo de Sarkozy


François Hollande tire à boulets rouges sur “le président moi je”

LE MONDE

François Hollande lors de ses vœux à la presse le 10 janvier 2008. | AFP/PATRICK KOVARIK
AFP/PATRICK KOVARIK

François Hollande lors de ses vœux à la presse le 10 janvier 2008.

Lors de ses vœux à la presse, jeudi 10 janvier, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a vivement raillé “le président ‘moi je’” Nicolas Sarkozy, décrit comme un chef de l’Etat “m’as-tu-vu” menant une politique du “coup d’éclat permanent”. A deux mois des élections municipales, le chef des socialistes a dénoncé la “posture personnelle” du président, qu’il accuse de vouloir “changer la Constitution pour s’inviter en permanence à l’Assemblée nationale et au Sénat”.Deux jours après la conférence de presse de rentrée du chef de l’Etat, François Hollande a estimé que la France était entrée dans le “régime du verbe”, sans avancées concrètes pour les Français. “Il nous fait l’aveu : les caisses sont vides. Qui a donc vidé les caisses depuis huit mois et peut-être davantage si ce n’est une majorité qui a voté 15 milliards de cadeaux fiscaux et d’exonérations de cotisations sociales ?, s’est-il interrogé. Il nous dit qu’il veut aller chercher la croissance avec les dents. Je ne sais pas combien il lui en reste.”

 

(mais…)

22/12/2007 - 15:57h Sarkozy reaviva a querela religiosa contra a França laica

LE MONDE


AFP/ERIC FEFERBERG

“Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes”,
a déclaré Nicolas Sarkozy, jeudi 20 décembre, lors d’un discours à la basilique du Latran.

Le “discours du Latran” laissera plus de traces que la visite officielle de Nicolas Sarkozy, jeudi matin 20 décembre au Vatican, au pape Benoît XVI. Les deux hommes ont constaté leur proximité de vues sur la place de la religion dans la vie publique et, à l’étranger, sur le Liban, le Proche-Orient, l’Afrique, et la libération des otages de Colombie.

Le discours prononcé jeudi soir par le président français à la basilique du Latran, lors de la prise de possession – toute symbolique– de son siège de “chanoine d’honneur”, est un acte politique d’une autre ampleur, une tentative d’enterrer la “guerre des deux France” (cléricale et révolutionnaire) et de réconcilier, pour de bon, la République laïque et l’Eglise catholique. (mais…)

05/12/2007 - 17:27h Ségolène Royal, une femme politique pas comme les hommes

 

Rue89

Il y a quelque chose d’incongru à lire aujourd’hui le livre de Ségolène Royal, “Ma plus belle histoire, c’est vous” (Grasset). A-t-elle délibérément choisi ce titre en référence aux dix ans de la mort de la chanteuse Barbara? Voulait-elle montrer qu’elle aussi était une femme qui avait souffert? (mais…)

05/12/2007 - 17:23h Ségolène Royal, une femme politique pas comme les hommes

'Ma plus belle histoire, c'est vous' (Grasset)

Il y a quelque chose d’incongru à lire aujourd’hui le livre de Ségolène Royal, “Ma plus belle histoire, c’est vous” (Grasset). A-t-elle délibérément choisi ce titre en référence aux dix ans de la mort de la chanteuse Barbara? Voulait-elle montrer qu’elle aussi était une femme qui avait souffert?

Au-delà du titre, l’ex-candidate adepte de Barbara quelques piques et pleurs. Une force aussi. Cette façon de diriger son public d’une voix qui mélange ordres et protection (rappelons-nous Barbara ordonnant à son public d’applaudir l’auteur d’un texte qu’elle venait d’adapter en live lors de son concert au Châtelet, en 1993). Etrangement, c’est en écoutant Barbara qu’on lira le plus opportunément le livre.

La force

Mais fi de tout angélisme. Fi du fait que, in fine, ce livre ne contient pas de révélations dignes de ce nom, autres que le refus de François Bayrou d’honorer ce rendez-vous que Ségolène Royal prétend avoir reçu de lui. Ce que la candidate tente de montrer ici, c’est bien une force. Une force de femme/candidate.

Elle a “hésité longuement à parler” d’un autre François. Hollande, évidemment. Et puis elle se lance. Deux pages très intimes. Trop intimes d’ailleurs pour être écrites entièrement à la première personne.

La vie politique -”Pendant la campagne, la candidate se disait: demain c’est le bon jour, il va basculer vers moi. (…) Et ce jour n’est jamais venu.”- se mêle à la vie privée -”une humiliation secrète, une douleur parfois aiguë”.

L’humeur est également aux règlements de compte: “Quand François Hollande récemment a parlé de revenir, je lui ai dit que ce n’était pas une bonne idée.” Mais elle ne peut clore ce chapitre, comme tous les points du livre, sans parler d’espoir, de 2012… et de sa condition de femme:

“Oui, pour gagner la prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d’un compagnon amoureux, à fond avec la candidate.”

En attendant, contrairement à ce qu’elle dit ici, contrairement à ce qu’a écrit Claude Bartolone dans “Une élection imperdable” (L’Archipel), il apparaît clairement qu’elle ne pouvait pas gagner cette élection. L’appareil du PS était contre elle. DSK et Laurent Fabius étaient contre elle, ou au mieux levaient les yeux au ciel durant les meetings (”Et pourtant je ne lévite pas”, ironise-t-elle). Lionel Jospin aura été lui “un procureur impitoyable”.

Elle pense aussi avoir été rejetée “comme on rejette la différence: moi et mes lectures, Anselm Grün et la poésie, Jack Kerouac. Moi et mon goût des paradoxes”.

Face à la machine de guerre UMP, Ségolène Royal ne pouvait pas non plus gagner:

“D’une certaine manière, Sarkozy a tout mis sur la table. J’ai incarné la nouveauté, mais il a incarné la force.”

Et pourtant, elle sait faire la guerre. Et elle en a, de la force. Ce livre le montre. Ségolène Royal sait faire la guerre parce que Ségolène Royal est une mitterrandienne. C’est pourquoi, et c’est là tout le but de son ouvrage, elle sait qu’elle reviendra. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand après 1965, saura-t-elle mieux faire la guerre. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand, parviendra-t-elle à achever l’implosion du PS pour mieux le reconstruire.

L’humour

“J’étais sorcière, tu me voulais câline.” Cette simple phrase de la chanteuse défunte semble désigner la Ségolène Royal qui se lance dans les primaires socialistes en 2006. Pas d’information capitale donc, mais une analyse de l’intérieur de la campagne qui recèle quelque indication sur l’appareil d’un parti.

“Ma plus belle histoire, c’est vous” est un plat livré avec sa sauce piquante. Evénement inattendu, incroyable: Ségolène Royal a de l’humour. Un humour pincé, mais qui contient sa dose de sagesse. Une autodérision qui semble avoir généré cet ouvrage. Une sagesse qu’elle semble avoir acquise en déviant les frappes des éléphants du PS. Quand Michel Rocard vient exiger, sûr de son fait, qu’elle se désiste en sa faveur, elle amortit:

“Je me suis inventé, dans ces circonstances, un regard d’ethnologue. Je me mets en situation d’observation, comme si j’étais face à une tribu étrange, ou en voie de disparition, et donc passionnante à observer.”

L’identification

“Depuis le 6 mai 2007, j’y ai souvent repensé, je me suis souvent interrogée: être une femme dans cette élection majeure, est-ce que ça a pesé?” Ségolène Royal est une femme et s’interroge tout le long de son livre-bilan. Rien n’y échappe. Aucun fait de campagne n’est éclairé à un moment ou à un autre par le prisme de la féminité. Derrière chaque coup bas, un soupçon de machisme. A tort ou à raison? La réponse est laissée à l’appréciation des (é)lecteurs.

L’ex-candidate socialiste à la présidentielle y consacre même la totalité de l’une des cinq parties de l’ouvrage. Au titre évocateur: “L’autre moitié du ciel: candidate mais femme.” Encore une histoire de titre. Après celui du livre, celui qui recense les attaques sur son sexe chante également et parle de lui-même: “Etre une femme candidate, c’est pas si facile…”

Ces attaques, elle les a retenues et les retiendra longtemps. Elle ne résiste pas à les rappeler, à les donner en pâture aux lecteurs. Elle les appelle de simples “écarts de langage” pour mieux souligner leur gravité:

“Qui va garder les enfants?”
“Et pan dans le popotin, comme la mère Merkel”
La présidentielle “n’est pas un concours de beauté”…
… ou “une question de mensurations”

Elle revient sans cesse à la charge: “Je le maintiens: le fait d’être une femme, ça a compté.” Ça compte en tout cas pour elle. Elle a consacré à ces femmes une part majeure de sa campagne, elle leur réserve moult développements de son livre. Aux “caissières assujetties à des horaires irréguliers et à une amplitude journalière qui excède leur temps de travail faiblement rémunéré”. A toutes les “travailleuses pauvres”: “Sur 8,4 millions de salariés qui n’atteignent pas le smic, 80% sont des femmes.”

Aussi politiques soient-ils, les faits de campagne deviennent sexués. Quand Michel Rocard déboule dans son bureau, elle ne peut s’empêcher de penser:

“L’ancien Premier ministre aurait-il fait la même incroyable démarche face à un candidat homme?”

Quand elle se fait éconduire par le président du MoDem, elle écrit:

“Au dernier moment, François Bayrou refuse de me recevoir. Comme un amoureux qui craint la panne.”

On est, nous aussi, en droit de s’interroger: quelles n’auraient pas été les réactions féministes, si un homme avait couché noir sur blanc: “Comme une amoureuse qui craint un manque de libido”?

L’objectif

“Dis, quand reviendras-tu?”, chantait la dame en noir. L’ex-candidate, elle, le sait. Du moins, elle le veut. L’objectif est clair. Il n’a jamais été secret: 2012.

C’est la seconde partie du livre, très intéressante. Celle où elle sort de son personnage. Pour invoquer une véritable politique à visage féminin. Une politique où les femmes n’oublient pas les femmes (Miss Thatcher en prend alors pour son grade, elle qui les avait oubliées). Une politique à la Olympe de Gouges, à la Michelle Bachelet, à la Maria Teresa de la Vega (numéro deux du gouvernement Zapatero), à la Tarja Halonen (présidente finlandaise). Une politique où “le jour se lève encore”.

Par ses vues, par son humour (citer le poète Henri Michaux pour excuser et cautionner le coup de la “bravitude”), par ses références littéraires, l’ex-candidate montre un aplomb peu vu dans la campagne.

Ce livre a quelque chose d’incongru: auto-centré et altruiste, auto-ironique et snob. On ne sait toujours pas exactement où Ségolène Royal se situe politiquement, mais on sait qu’elle veut avoir une vision du futur politique. Ce qui est sûr, quoiqu’on pense de son auteur, c’est qu’il ne s’agit pas d’un objet de luxe, qu’elle a souffert pour l’écrire, qu’elle tenait à l’écrire.

Aucune phrase ne semble mieux définir l’ex-candidate que ces paroles de… Barbara:

“Pour qui comment et pourquoi? Contre qui comment et pourquoi? S’il faut absolument qu’on soit pour quelqu’un ou quelque chose…”

Hubert Artus et Julien Martin

“Ma plus belle histoire, c’est vous” de Ségolène Royal, Grasset, 335 pages, 19,50 euros.

05/12/2007 - 16:22h Les histoires d’amour finissent mal en générale…



François Hollande reproche à Ségolène Royal d’”imputer aux autres une responsabilité” dans la défaite de mai

Le Monde

François Hollande, invité mercredi 5 décembre à commenter le livre de Ségolène Royal, a estimé qu’il “ne sert à rien de vouloir imputer aux autres une responsabilité” dans la défaite à l’élection présidentielle. “Il faut regarder, selon le rôle et la place qu’on a occupés, ce qu’on aurait pu faire de mieux”, a ajouté le premier secrétaire du PS devant l’Association des journalistes parlementaires, tout en estimant que ‘”s’il y a une leçon à tirer pour l’avenir, c’est ce devoir de cohérence idéologique, programmatique et de cohésion humaine et personnelle”. (mais…)

05/12/2007 - 16:13h Les histoires d’amour finissent mal en générale…


François Hollande reproche à Ségolène Royal d’”imputer aux autres une responsabilité” dans la défaite de mai

Le Monde

François Hollande, invité mercredi 5 décembre à commenter le livre de Ségolène Royal, a estimé qu’il “ne sert à rien de vouloir imputer aux autres une responsabilité” dans la défaite à l’élection présidentielle. “Il faut regarder, selon le rôle et la place qu’on a occupés, ce qu’on aurait pu faire de mieux”, a ajouté le premier secrétaire du PS devant l’Association des journalistes parlementaires, tout en estimant que ‘”s’il y a une leçon à tirer pour l’avenir, c’est ce devoir de cohérence idéologique, programmatique et de cohésion humaine et personnelle”.

Le député-maire de Tulle a aussi critiqué l’initiative, qui a tourné court, de la candidate du PS de rencontrer François Bayrou chez lui entre les deux tours de l’élection présidentielle.“On n’improvise pas une stratégie d’alliance dans une élection, on la prépare et on la construit avant, a-t-il lancé. François Bayrou, et c’est encore vrai aujourd’hui, n’est pas dans la démarche de vouloir négocier un contrat (…), il s’inscrit dans une démarche présidentielle, c’est un concurrent, ce n’est pas un partenaire.”

“LE PS NE FAIT PAS LA MENDICITÉ”

Selon M. Hollande, “nos alliés doivent d’abord être ceux qui partagent notre projet et s’il faut s’ouvrir, ça ne peut se faire que dans la clarté”. “Les socialistes doivent être eux-mêmes (…) sûrs de leur ligne, le réformisme assumé.” “Du côté de la radicalité, l’extrême gauche, Besancenot [LCR] ne veut pas travailler avec nous. C’est bien son droit (…). Je constate que Bayrou ne veut pas travailler avec le PS. C’est bien son droit (…), j’en prends acte”, a-t-il ajouté, alors que son ancienne compagne avait appelé, ces derniers jours, à“prendre ce qu’il y a de plus utile dans chaque courant”, citant les leaders de la LCR et du MoDem et la possibilité de “coalitions”. François Hollande a lui martelé que “le PS ne doit pas être en position de quémandeur, il ne fait pas la mendicité”.

A-t-il appris quelque chose dans le livre de l’ex-candidate sorti mardi ?“On apprend toujours quelque chose dans les livres, c’est pour ça que les bibliothèques sont bien garnies”, a-t-il répondu.

28/09/2007 - 14:42h Lionel Jospin égal à lui-même, par Patrick Jarreau

Marta Suplicy e Lionel Jospin em casa, maio 2004

A-t-il décidé d’accompagner la campagne du gouvernement pour l’emploi des “seniors”, voire pour l’allongement de la durée de cotisation nécessaire avant de liquider sa retraite ? A 70 ans, le pas alerte et l’esprit clair, Lionel Jospin vient expliquer aux socialistes ce qui leur arrive et à la moitié des Français comment ils ont perdu l’élection présidentielle. C’est un événement.

Chez les socialistes, pour qui l’analyse est aussi importante que l’action, il ne manque pas d’intelligences affûtées. Les réflexions d’un Laurent Fabius, d’un Dominique Strauss-Kahn, d’un Jean-Christophe Cambadélis, d’un François Hollande sont toujours, ou presque toujours, éclairantes et instructives. Aucun pourtant n’atteint la précision, la concision, l’efficacité de l’ancien premier secrétaire. Affaire de goût ? Peut-être, mais pas seulement. Il y va d’une juste appréciation des composantes d’une situation politique. Dans celle que connaît aujourd’hui la gauche et, au-delà, le pays, le livre de Lionel Jospin, intitulé L’Impasse (Flammarion, 142 p., 12 €), pèse.

Ce n’était pas gagné d’avance. Il ne suffit pas de s’appeler Lionel Jospin pour produire un ouvrage qui touche juste et qui aide ses lecteurs à s’orienter. La question est alors de savoir pourquoi il y réussit mieux que d’autres. Et l’on retrouve cette donnée mystérieuse qui fait qu’un responsable politique ne peut dire ce qu’il dit que parce qu’il est là où il est. Sa situation singulière ne limite ni l’authenticité ni la portée de son propos. Elle en est au contraire la condition. Parce qu’il adhère à la position où lui-même et l’histoire l’ont mis, il peut proposer une analyse qui n’est pas seulement ni d’abord un discours de justification.

L’ancien premier ministre revient donc, invariablement, à l’échec – son échec – de 2002 quand il cherche à expliquer celui de 2007. Mais, loin de produire une répétition lassante des reproches qu’il adressa alors à ses alliés, aux socialistes et finalement aux électeurs, il trouve dans ce retour la source d’un renouveau : au lieu de renier ce qu’elle avait fait au gouvernement pendant cinq ans, la gauche aurait dû s’en prévaloir pour démontrer la nullité du bilan de la droite ; les bases d’un socialisme d’aujourd’hui se trouvent dans ce que les socialistes ont accompli de 1997 à 2002. Tout aussi invariablement, le point aveugle de cette démonstration reste la responsabilité personnelle de l’auteur dans la dévalorisation de son action au pouvoir.

S’agit-il d’un règlement de comptes avec Ségolène Royal ? La réponse est oui et non. Même s’il peint, au total, un portrait implacable de la candidate à l’élection présidentielle, ce n’est pas la personne qui est en cause. Lionel Jospin a avec elle un différend politique, et plus encore un différend sur la politique. Les pages consacrées à la campagne électorale explicitent cette opposition davantage qu’elles ne s’attardent sur la conduite ou le caractère de celle qui portait les couleurs du PS.

Le livre est bien plus cruel pour François Hollande, que Lionel Jospin avait choisi, en 1997, pour lui succéder à la tête du parti et qui l’a dirigé pendant dix ans sans parvenir à s’imposer comme un vrai dirigeant. “Le premier dirigeant d’un parti prépondérant dans un régime présidentiel devait, au bout de dix ans, devenir le candidat de son parti – sauf s’il n’était pas devenu vraiment son leader, comme ce fut le cas”, résume l’ancien “leader”, à la page 118, comme s’il avait hésité longtemps avant de formuler ce constat accablant pour tous les socialistes et pour lui-même.

C’est au fond cette défaillance qui a ouvert l’espace du livre publié aujourd’hui. C’est elle, aussi, qui amène à se demander si Lionel Jospin entend se borner à constater l’absence de leadership au PS, et donc à gauche, ou s’il se propose d’y pourvoir, et dans ce cas comment.

Patrick Jarreau – Le Monde

17/09/2007 - 15:59h France: Le subtil passage de témoin de Lionel Jospin à Bertrand Delanoë


Il était venu disserter sur le thème “les socialistes et la mondialisation”. Mais devant ses fidèles, à la tribune de la salle des Cordeliers, dimanche 16 septembre, Lionel Jospin a abordé un sujet plus délicat encore : les socialistes et le congrès de 2008.

“Le PS a grand besoin d’être au clair dans son rapport au monde, à la réalité française et à lui-même”, a professé Lionel Jospin, excluant l’idée d’un “congrès transitoire”. “Il ne serait pas sage de le concevoir comme tel, car c’est maintenant que le Parti socialiste a des difficultés, et c’est maintenant qu’il doit y répondre“, a insisté l’ancien premier ministre.

Il s’agit d’une pierre lancée dans le jardin de François Hollande. Celui-ci suggère que son successeur assure une transition et s’efface devant le ou la candidate socialiste pour 2012.

Pour M. Jospin, ce n’est qu’un début. Le 24 septembre, il publiera chez Flammarion un ouvrage au titre éloquent (L’Impasse) dans lequel il s’en prend de manière véhémente au premier secrétaire et, plus encore, à Ségolène Royal, “candidate qui était la moins capable de gagner”. M. Jospin relègue cette dernière au rang de “figure seconde de la vie politique”, considérant qu’elle “n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques” pour prendre la tête du PS.

Ce retour de Lionel Jospin devant les siens avait aussi des allures de passage de témoin à Bertrand Delanoë. Porté par les sondages, le maire de Paris fait figure de candidat possible à la succession de l’actuel premier secrétaire.

“NOUS N’AVONS PAS DE LEADER”

Une évidence que les jospinistes se sont efforcés d’atténuer. “Bertrand Delanoë est l’un de ceux qui, demain, peut s’imposer mais à la condition qu’ait été définie une ligne majoritaire dans le parti”, insistait Daniel Vaillant, député de Paris et fidèle de Lionel Jospin. “Nous n’avons pas de leader : nous sommes un collectif qui souhaite proposer des débats de fond”, renchérissait Annick Lepetit, elle aussi députée de Paris, en marge des discussions.

Evoquer la question du leadership aurait gâché cette journée destinée à marquer la volonté d’un courant d’explorer les terrains de convergence avec d’autres sensibilités, elles aussi en quête d’alliances. Nombre de dirigeants strauss-kahniens, fabiusiens, mais aussi “hollandais” ou rénovateurs et quelques partisans de Ségolène Royal étaient présents dans la salle des Cordeliers, archicomble.

Invité à tirer les conclusions de cette studieuse journée, Bertrand Delanoë a rendu hommage à son mentor mais choisi d’adresser des piques moins acérées contre l’actuel patron du PS et l’ancienne candidate. “La confusion idéologique et le fait de faire plaisir à tout le monde, on a déjà essayé ; ça n’a pas marché”, a-t-il dit.

Jean-Michel Normand pour Le Monde

17/09/2007 - 15:38h France: Le PS aligne Jospin

Hollande, Montebourg, Ayrault ont déploré la charge anti-Royal de l’ancien Premier ministre, estimant que l’échec de mai était collectif. Libération a publié des extraits de son livre l’Impasse, où il dénonce les insuffisances réelles de l’ex-candidate.

Par REUTERS, AFP
LIBERATION.FR : lundi 17 septembre 2007

Les vives attaques de Lionel Jospin contre l’illusion Ségolène Royal ont semé le trouble lundi chez les socialistes. Le premier d’entre eux, François hollande, a appelé à en finir avec les règlements de compte. Le débat sur la campagne peut avoir lieu, toujours. Mais je pense que les socialistes doivent regarder vers l’avenir pour tirer toutes les leçons de ce qui n’a pas marché. Cela ne se réduit pas à des questions de personnes, a déclaré le premier secrétaire du PS à son arrivée à la Maison de la Chimie, à Paris, où les socialistes tiennent leur journée parlementaire.

Dans son livre L’impasse, dont nous avons publié des extraits, Lionel Jospin estime que la candidate socialiste défaite à la présidentielle n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et espérer gagner la prochaine présidentielle.

Pour François Hollande, l’échec face à Nicolas Sarkozy, troisième défaite présidentielle socialiste consécutive, est collectif. Si nous n’avons pas été compris des Français, c’est parce que nous n’avons pas été suffisamment précis, concrets, rectifie l’ancien compagnon de Ségolène Royal. Nous n’avons pas saisi ce qui était attendu de nous, nous n’avons pas été suffisamment convaincants les uns et les autres. Et de tenter d’apaiser le climat : Je suis déterminé avec tous les socialistes dans un esprit d’unité à faire en sorte que nous ne passions pas toujours notre temps tournés vers le passé.

02/09/2007 - 21:07h El diván del socialismo francés

Royal y Hollande, que han evitado aparecer juntos, protagonizan la universidad de verano de La Rochelle, que discute el futuro del PS

J. M. MARTÍ FONT - La Rochelle – 02/09/2007 El País

La universidad de verano del Partido Socialista francés (PS), en el puerto atlántico de La Rochelle, ha batido este año todos los récords de asistencia. La derrota electoral de la pasada primavera ha convertido la cita en un gran diván de psicoanalista. “¿Quiénes somos, de dónde venimos y adónde vamos?”, se preguntan los militantes. ¿Dónde está la izquierda? era precisamente el título de una de las sesiones de debate de ayer en la que participaron, entre otros, Arnaud Montebourg, Julien Dray, Michel Rocard y Bertrand Delanoë, dispuestos a proporcionar respuestas de prêt-à-porter.

Los protagonistas de este psicodrama, sin embargo, no son otros que Ségolène Royal y François Hollande, la pareja rota en lo sentimental y en lo político, presentes en todo momento, pero que han conseguido no cruzarse ni una sola vez durante el fin de semana, al menos en público.

Los dos repiten el mismo mensaje a las bases: la necesidad de “trabajar juntos”. El pasado jueves, incluso cenaron en el mismo restaurante del puerto: ella, en un reservado del primer piso con los presidentes de regiones; él, en la planta baja con un grupo de periodistas. Pero se cuenta que sus respectivos equipos están en constante comunicación pactando recorridos, avisando de los movimientos de sus jefes, no sea que en una de éstas, por simple casualidad, sus pasos se encuentren para regocijo de las cámaras.

Ella se deja ver más que él. Sus entradas y salidas del centro de convenciones son espectaculares. Bella, elegante, recién maquillada, segura de sí misma, vistiendo conjuntos que revelan la meticulosidad de cada elección, se deja envolver por el remolino de las cámaras. Sus declaraciones son vagas, carentes de densidad. La ex candidata se limita a defenderse con desdén de los muchos ataques que recibe estos días a través de varios libros.

Él, por el contrario, prefiere el contacto directo, los foros de debate, especialmente con los jóvenes. Bronceado, Hollande se quita las gafas una y otra vez, dando pábulo a quienes aseguran que ha decidido ponerse lentillas. Armado con su habitual sentido del humor y su agilidad intelectual, deja claro en todo momento que hay que contar con él para el futuro. “Estaré listo en 2010″, la fecha en la que se elegirá al candidato socialista para las presidenciales de 2012.

Los secundarios, por su parte, se colocan para salir en la foto. El ex primer ministro Rocard, que ha aceptado el puesto que le ha ofrecido el presidente Nicolas Sarkozy en la comisión para la reforma de la educación, ha sido el único de todos los socialistas que ha aceptado colaborar con el inquilino del Elíseo en dar la cara frente a la militancia. Recuperado de un accidente vascular, fue recibido con división de opiniones, pero los pitos y abucheos acabaron apagados por un largo aplauso. “Ya basta de este debate sobre cambiar el nombre del partido”, dijo; “la derecha lo cambia cada tres o cuatro años, pero nosotros somos nuestra historia”.

Abundando sobre esta crisis de identidad socialista, Julien Dray, un hombre clave de la campaña de Royal, antiguo trotskista y amigo de la pareja Royal-Hollande hasta que se rompió, puso el dedo en la llaga sobre las causas de la derrota. “Constatamos que, si se hubiera acabado de votar a los 65 años, seríamos el partido mayoritario en Francia”. El peso decisivo del voto de los jubilados en la victoria de Sarkozy plantearía al PS una renovación imposible. “¿Cómo se construye la fragilidad?”, añadió. “Sarkozy crea el desorden, y se beneficia de ello apareciendo como el rey de la selva”, respondió.


17/06/2007 - 21:06h Ségolène Royal annonce sa séparation d’avec François Hollande

Ségolène Royal annonce qu’elle et son compagnon François Hollande se sont séparés, à une date qu’elle a refusé de préciser, dans un livre intitulé Les Coulisses d’une défaite, à paraître mercredi.

Dans cet ouvrage des éditions de L’Archipel, écrit par deux journalistes au service politique de l’AFP, Christine Courcol et Thierry Masure, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle demande qu’on ne présente plus François Hollande comme son “compagnon”. Car, dit-elle, “ce n’est plus le cas”. Elle ajoute : “J’ai demandé à François Hollande de quitter le domicile, de vivre son histoire sentimentale de son côté, désormais étalée dans les livres et les journaux, et je lui ai souhaité d’être heureux.” Ségolène Royal précise encore : “On est en bons termes, on se parle, il y a du respect mutuel.” Suite…

France 2 annonce la séparation de Ségolène Royal et François Hollande (Video)
LEMONDE.FR | 17.06.07

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15/06/2007 - 09:39h Second tour : les socialistes appellent au "sursaut"

AFP/FRANCOIS LO PRESTI

L’ex-candidate socialiste à l’élection présidentielle Ségolène Royale en meeting de soutien au député de la Somme Vincent Peillon, 14 juin 2007.

Défait au premier tour des élections législatives, le Parti socialiste lance des appels au “sursaut” pour le second tour, dimanche 17 juin. En campagne, ses principaux dirigeants en appellent aux électeurs de gauche qui se sont abstenus et, de manière plus polémique, à ceux du centre, afin de faire “respecter le pluralisme” à l’Assemblée nationale et d’“ériger un barrage au tsunami bleu”, selon l’expression employée par Ségolène Royal en déplacement, jeudi 14 juin, en Haute-Garonne et dans la Somme.

La création d’une TVA sociale envisagée par le gouvernement Fillon nourrit les argumentaires des candidats PS, qui additionnent cette mesure avec les franchises médicales et l’absence d’un coup de pouce sur le smic pour en faire le thème de “la facture de la droite”.

NOUVELLE ÈRE

Mais le résultat des législatives ne conditionne pas seulement la taille du groupe socialiste et l’influence du premier parti d’opposition dans le paysage politique. Il prépare aussi un inventaire de ses échecs et ouvre aussi une nouvelle ère. Dès le 17 juin au soir, le PS fera ses comptes pour solder ses contentieux internes. La “refondation” annoncée du parti s’accompagne d’une bataille serrée pour son leadership, dans laquelle l’ex-candidate à la présidentielle compte bien s’imposer.

Sans tarder, avant le conseil national du PS prévu samedi 22 juin, Ségolène Royal a l’intention de réunir ses partisans. La plupart de ceux qui se relaient depuis plusieurs jours pour l’accompagner dans ses déplacements, à l’image de David Assouline, la pressent de s’imposer le plus rapidement possible. “Elle ne veut pas dire prendre le parti, elle déteste ce mot”, soupire le sénateur de Paris. Mais la résistance autour du premier secrétaire, François Hollande, qui a réitéré son intention d’achever son bail comme prévu à l’automne 2008, s’organise.

“POUR SÉGOLÈNE MAIS PAS FORCÉMENT CONTRE FRANÇOIS”

Accueillant Mme Royal, jeudi 14 juin, venue soutenir des candidats à Toulouse, Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat, a mis le pied sur le frein. “Moi je suis tout pour Ségolène mais pas forcément contre François”, dit-il en aparté. “Elle n’a pas intérêt à passer en force mais plutôt à se présenter dans de bonnes conditions, François ne va pas lui savonner la planche”, ajoute-t-il, en évoquant avec une moue réprobatrice “le petit entourage” de l’ex-candidate à la présidentielle. Le même jour, à Lisieux (Calvados), Lionel Jospin déclarait : “Le premier secrétaire du parti socialiste a été désigné par un congrès donc il est là jusqu’au prochain congrès, pour moi c’est très simple.” Pour l’ancien premier ministre, il faut que le PS “prenne le temps de réfléchir, qu’il ne se précipite pas, qu’il mûrisse ses décisions, qu’il ne prenne pas de décisions hâtives”.

Deux jours plus tôt, Jean-Marc Ayrault, pourtant membre de l’équipe présidentielle de MmeRoyal, semblait lui aussi exprimer dans le Parisien des réservesen préconisant “un mouvement maîtrisé qui nous conduise à un congrès après les municipales, comme prévu (…) Ensuite, à Ségolène de faire ses preuves”.

Mais d’autres, pour des raisons divergentes parfois, ont intérêt à accélérer le mouvement, comme Manuel Valls, député candidat à sa propre succession dans l’Essonne, qui se fait le représentant d’une “nouvelle génération” et réclame la mise en place d’une “direction collégiale”.

Pressé par ses amis jospiniens, Bertrand Delanoë, entend bien lui aussi se placer aux avant-postes de la bataille. Le maire de Paris a fait savoir qu’il n’excluait pas de présenter une motion pour le congrès. Tout comme Dominique Strauss-Kahn qui s’était déclaré “disponible” dès le 6 mai au soir, Laurent Fabius, adoptant pour l’heure la position du grand “sage”, a bien l’intention de peser.

Pour Mme Royal, c’est “l’ambiance des primaires qui recommence”. Elle rêve de rénover le PS, pas seulement ses bases idéologiques, mais aussi ses statuts, en le transformant en “parti de masse” et en supprimant la composition de sa direction à la proportionnelle des courants qui “tue” le parti. Jeudi soir, soutenant Vincent Peillon dans la Somme, elle lançait aux militants ce message : “J’ai besoin de lui pour continuer la tâche que j’ai commencé et rassembler les socialistes.”

Isabelle Mandraud pour Le Monde

12/06/2007 - 14:15h PS : halte au feu !

Editorial do Le Monde

C’est un réflexe pavlovien au Parti socialiste : au lendemain d’une défaite, la zizanie interne repart de plus belle. Le 6 mai, à peine la défaite de Ségolène Royal était-elle annoncée que Dominique Strauss-Kahn dressait un réquisitoire implacable sur la responsabilité de François Hollande. Rebelote le 10 juin. Au soir d’une vague bleue qui a sonné le PS – même s’il s’en sort mieux en voix qu’en 1993 et en 2002 -, les divergences au sommet du parti, illustrées par deux discours fort différents de M. Hollande et de Mme Royal, resurgissaient. Manuel Valls, maire d’Evry et député de l’Essonne, qui brûle de mettre ses talents au service de la rénovation du PS, exprimait aussitôt son ras-le-bol de voir son parti tourner “autour de la vie d’un couple”.

 

Lundi 11 juin, ledit couple Hollande-Royal a interprété des scènes de vaudeville. En début de matinée, l’ex-candidate à l’élection présidentielle a annoncé qu’elle allait laisser un message sur le portable de François Bayrou : “Nous devons joindre nos forces, il faut travailler au cas par cas.” Alors que seule une poignée de candidats du MoDem restent en lice au second tour, et que dans une trentaine de circonscriptions l’électorat centriste est en position d’arbitre entre la droite et la gauche, Mme Royal a récidivé dans sa stratégie de rapprochement avec M. Bayrou, déjà tentée sans grand résultat après le 22 avril. Son offre a depuis fait l’objet d’une fin de non-recevoir de M. Bayrou.

Le mauvais Feydau s’est poursuivi le 11 juin. Devant la presse, M. Hollande a manié une ironie mordante pour prendre ses distances avec la stratégie de Mme Royal – “Chacun peut appeler qui il veut, nous sommes dans une démocratie téléphonique” – tout en invitant les électeurs socialistes, en absence d’un candidat de gauche au second tour, à “favoriser le pluralisme”, et donc à voter éventuellement pour le candidat du MoDem. Sur France 2, lundi soir, Mme Royal semblait faire un peu marche arrière. Il y a bien au sommet du PS deux stratégies discordantes pour le second tour : Mme Royal, qui pense à l’étape suivante de la rénovation, joue la carte de l’alliance avec le centre. M. Hollande, qui veut d’abord limiter les dégâts électoraux le 17 juin, privilégie les appels aux abstentionnistes, notamment à ceux qui avaient voté socialiste le 6 mai.

Ces deux stratégies illustrent cette dyarchie de fait qui s’est installée à la tête du PS, avec un premier secrétaire à la légitimité affaiblie par l’annonce de son départ et une candidate virtuelle à la direction du parti à la légitimité réelle aux yeux des militants, mais contestée par les éléphants. Il en résulte un spectacle désolant d’une scène socialiste en désordre, en quête de doctrine, de stratégie et de leadersphip. Le PS ne peut pas attendre son congrès de novembre 2008 pour engager son indispensable reconstruction.