01/05/2008 - 13:49h L’infidélité, obsession américaine, par Pascal Bruckner

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Pascal Bruckner - Le Monde

Quand le nouveau gouverneur démocrate de New York, David Patterson, un aveugle, succéda, il y a quelques semaines, à Eliot Spitzer, ex-incorruptible coupable d’avoir fréquenté des call-girls, que fit-il en premier ? Il convoqua les médias et avoua avoir trompé sa femme plusieurs fois avec des collègues de bureau.
Son épouse, à son tour, reconnut quelques incartades et jura que son mari et elle avaient surmonté ces épreuves. Stupeur du citoyen européen qui a encore en mémoire l’effarante affaire Lewinsky : au lieu d’afficher son programme politique, voilà un officiel qui fait repentance de peur que ses écarts ne soient un jour révélés en public. Bref, la première puissance mondiale, qui est en train de perdre la guerre en Irak et en Afghanistan, qui a réhabilité la torture et porté à sa tête deux fois de suite l’un des chefs d’Etat les plus incompétents de cette période, s’enflamme pour de misérables histoires de coucherie !
Que se passe-t-il pour que la presse entière, des journaux de caniveau jusqu’au très sérieux New York Times, s’empare de ce sujet privé et glose dessus à l’infini ? Souvenons-nous des déconvenues de l’ex-gouverneur démocrate Eliot Spitzer : pourfendeur de la corruption financière, champion de la lutte contre la prostitution, il fréquentait lui-même une ravissante brunette de 22 ans, Ashley Youmans, alias Kristen, dont il payait les services entre 1 000 et 5 000 dollars, en puisant, paraît-il, sur ses fonds de campagne électorale.
Là encore, rien que de très normal pour un vieil Européen rompu aux aléas de la nature humaine : tel le capitaine Haddock, présidant ivre mort une réunion contre l’alcoolisme, les pères la pudeur, aux Etats-Unis, ennemis du vice, du féminisme et de la liberté de moeurs, finissent invariablement entre les bras de prostituées, les narines bourrées de cocaïne, pris la main dans le sac. Tout moraliste finit par basculer un jour dans l’abîme qu’il dénonce : l’Eglise catholique elle-même, qui prône la chasteté et voue les homosexuels aux gémonies, ne couvre-t-elle pas de par le monde les agissements de milliers de prêtres pédophiles qui violent et abusent des enfants ?
Première leçon de la vieille Europe : se méfier a priori de tout discours vertueux. Eros se venge de ses censeurs et adresse un formidable pied de nez au puritanisme ambiant. Que penser encore de ces associations américaines de thérapie familiale, expliquant que “les réactions d’une épouse trahie ressemblent aux symptômes du stress post-traumatique des victimes d’événements traumatisants”, tels le 11 septembre 2001 ? Que dire de ces séminaires pour époux infidèles que l’on rééduque à la manière des dissidents de l’ex-empire soviétique ?
Pour un Européen, confondre un écart amoureux avec une catastrophe collective est une comparaison scandaleuse. On ne saurait que trop engager les Américains à prendre dans le Vieux Monde des leçons de civilisation : de ce côté-ci de l’Atlantique, comme en témoignent le cinéma, la littérature, le théâtre, tout le monde trompe et est trompé, et l’on survit très bien à l’inconstance de son conjoint. La vraie fidélité est autrement plus exigeante qu’une stricte abstinence physique, et si l’amour est fort, il surmontera ces épisodes.
Mieux encore : l’adultère, chez nous, est presque devenu un objet de vénération, la protestation de la créature opprimée contre la convention matrimoniale - de l’utopiste Charles Fourier, établissant, au début du XIXe siècle, une “Hiérarchie du cocuage” drolatique qui ridiculise tous les “cornus”, à Labiche, Feydeau, Guitry, qui font rire avec les malheurs des époux bafoués, les infractions au contrat de mariage constituent autant d’occasions de réjouissance.
Plus modernes encore, Sartre et Simone de Beauvoir n’avaient-ils pas distingué amours contingentes et amours nécessaires pour s’autoriser des aventures avec d’autres partenaires qu’ils s’échangeaient à l’occasion ? Sur le plan des moeurs, l’Europe est infiniment plus sage que le Nouveau Monde et sa hideuse obsession de la transparence. Même dans un mariage d’amour, la monogamie stricte est un idéal inhumain, et mieux vaut composer avec les faiblesses humaines que les contenir à tout prix, au prix de drames inutiles.
Bertrand Russell, en 1929, dans son essai sur Le Mariage et la Morale, préconisait une solution à la française : une grande tolérance vis-à-vis des passades adultères, pour l’homme comme pour la femme, pourvu qu’elles n’interférent en rien dans la vie du couple et ne gênent pas l’éducation des enfants. Bref, la quiétude conjugale s’accommode de petits arrangements entre conjoints qui sont la marque d’une société raffinée.
A y regarder de plus près, pourtant, l’épisode Spitzer-Kristen délivre d’autres enseignements. Que sanctionne-t-on chez l’ex-gouverneur de New York ? L’hypocrisie d’un homme qui jurait ses grands dieux de terrasser le trafic d’êtres humains et fréquentait The Emperor Club, réseau de prostituées de luxe dirigé par un proxénète notoire. C’est donc Tartuffe qui tombe, mais c’est la call-girl qui accède à une notoriété surprenante : la voilà soudain propulsée au sommet de la gloire, inondée d’offres de films, de photos de charme, de publicités pour produits de beauté, lingerie fine. Deux chansons qu’elle enregistre et vend sur un site musical lui rapportent 200 000 dollars en quelques jours.
Est-elle puritaine, la société qui punit le prêcheur et récompense la pécheresse, en fait une star instantanée, qui place le vice chez le représentant de l’ordre moral et la candeur chez une “pretty woman” du New Jersey ? On peut se demander si l’obsession de l’infidélité outre-Atlantique ne vient pas du caractère artificiel du contrat social américain, ce pacte inauguré en 1787 entre hommes de toutes conditions, races, origines, religions. Le mariage librement consenti et assorti du divorce possible est alors le miroir, le microcosme de ce serment fondateur de la nation.
Si l’on scrute les transgressions avec une telle minutie, c’est pour mieux vérifier la norme : se montrer déloyal dans l’amour conjugal, n’est-ce pas remettre en question cette alliance originelle qui soude tous les Américains ? Si la petite patrie qu’est la famille vacille sous les caprices des conjoints, qu’en sera-t-il de la grande, en cas de danger ? Là où l’Europe, composée de nations anciennes riches de leurs traditions, fait preuve d’une certaine désinvolture, les Etats-Unis manifestent rigidité et intransigeance : quand le plus fondamental de tous les liens, celui du couple, est mis à mal, c’est l’avenir même du pays qui peut basculer. Création récente, l’Amérique exorcise, à travers les infractions conjugales de ses responsables, sa propre fragilité. L’enjeu n’est que superficiellement moral : il est d’abord politique.
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Pascal Bruckner. Ecrivain

20/04/2008 - 17:26h Os analistas independentes, “cavalo de Tróia do Pentágono”

‘New York Times’ desvela en un reportaje que el Pentágono usa a analistas de cadenas de Televisión para transmitir sus puntos de vista

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EFE / ELPAIS.com - Washington / Madrid

El Pentágono ha utilizado desde 2003 a decenas de “analistas militares” para generar una cobertura positiva de la lucha antiterrorista en los medios de comunicación, según un reportaje de investigación del The New York Times.

En un artículo de primera plana, el diario señala que, en su campaña de persuasión, el Pentágono ha infiltrado en la radio y televisión a militares jubilados, que por su experiencia tienen vasta “autoridad” para opinar sobre asuntos de defensa y seguridad nacional tras los atentados de 2001.

Tras realizar entrevistas y un análisis de archivos oficiales (el rotativo asegura haber analizado más de 8.000 páginas) , el diario afirma que el Gobierno del presidente George W. Bush “ha utilizado su control del acceso y la información para transformar a los analistas en una especie de caballo de Troya en los medios, un instrumento para moldear la cobertura mediática de la lucha antiterrorista”.

Sin embargo, detrás de la apariencia de objetividad, lo que el Departamento de Defensa ha querido con estos métodos es “generar cobertura noticiosa favorable a la gestión del Gobierno en tiempos de guerra”, agrega el rotativo.

La campaña, en marcha desde poco antes de la invasión de Irak en 2003, “ha intentado explotar las alianzas ideológicas y militares, además de una potente dinámica financiera: la mayoría de los analistas tienen vínculos con contratistas militares con intereses en las mismas políticas de guerra que debían evaluar” en los programas de televisión, según el diario.

Estos asesores se presentaban ante los medios de comunicación como analistas independientes.-”No estoy aquí representando a la administración”, repetía Jeffrey D. McCausland, analista militar de la CBS.

Eso, según sugiere el diario, sin duda resta credibilidad a las evaluaciones que puedan ofrecer estos analistas, muchos de los cuales han tenido acceso privilegiado a informes de inteligencia secretos o el Pentágono les ha costeado viajes a Irak.

“Estas relaciones de negocios casi nunca se divulgan a los televidentes y algunas veces ni a las propias cadenas de televisión”, continua el New York Times.

Además, muchos de estos supuestos “analistas objetivos” tienen vínculos con las más influyentes empresas de defensa en el país y representan a más de 150 contratistas militares, ya sea en calidad de consultores, ejecutivos, o miembros de sus juntas directivas, según la información del diario.

En declaraciones al New York Times, un portavoz del Pentágono, Bryan Whitman, defendió la relación con estos analistas con el argumento de que ellos sólo han dado información puntual sobre la guerra.

19/04/2008 - 05:30h MAIO 68 - Contestação mundial

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JOSEP RAMONEDA - El País

La efervescencia revolucionaria de 1968 terminó con diferentes derrotas, pero dejó la prevalencia de la cultura de la sospecha y la autonomía del individuo. Cuarenta años después de aquella revuelta civil protagonizada por los jóvenes, el reto de la sociedad global es recuperar las actitudes que permitan enfrentarse a las nuevas formas de autoritarismo.

1 La efervescencia revolucionaria

El 68 fue en diversos lugares del mundo un año de efervescencia revolucionaria. La expresión es de Claude Lefort y me parece que define mucho mejor la realidad de los hechos que la palabra revolución. Ni en Berkeley, ni en Tokio, ni en Roma, ni en Berlín, ni en París, ni en Varsovia, ni en México, por citar los principales escenarios de aquella movida, estuvo en juego el poder político ni su ocupación entraba realmente en las expectativas de quienes llenaban las calles con sus protestas. La única excepción fue Praga, pero no se trataba de un proyecto revolucionario sino de un proceso de cambio desde el poder. Y fue la contrarrevolución ?la ocupación del país por los tanques del Pacto de Varsovia, dirigida desde el Kremlin la que echó a los que pretendían que el socialismo evolucionara hacia formas democráticas, en sintonía con los ciudadanos.

A lo sumo podría hablarse de revolución cultural, como hizo Fernand Braudel, en la medida en que los tres ámbitos principales de la cultura ?la familia, los media y la enseñanza sufrieron una sacudida que les cambiaría profundamente. La gran movida fue breve y en la mayoría de los lugares se impuso el retorno al orden, la reacción restauradora. De forma brutal en Polonia y en Checoslovaquia, de forma democrática en Occidente: basta recordar que en junio el general De Gaulle arrasó en las urnas y en noviembre, Nixon gana las elecciones en Estados Unidos. La revuelta por tanto se saldó con un fracaso. Pero se había puesto en marcha un proceso, lento pero imparable, de cambio de costumbres y modos de vida, cuyos efectos políticos y legales se fueron concretando lentamente. Hoy todavía se está dando cuerpo jurídico (en España en la pasada legislatura, por ejemplo) a derechos y libertades que tienen su origen en aquel impulso. El año 1968 fue el inicio de la transición liberal que culminaría en el año 1989 con la caída de los regímenes de tipo soviético. Después vino la revolución conservadora que ha hecho de la supuesta herencia de mayo el enemigo a batir. Con la cristalización de una nueva hegemonía autoritaria se cierra, a los cuarenta años de su inicio, el paradigma que entonces se abrió.

2 La dimensión universal

Aquella efervescencia revolucionaria mundial tenía obviamente peculiaridades específicas en cada lugar. En plena guerra fría, con el mundo dividido en dos bloques, la gran contestación se enfrentaba a dos formas de poder, el imperialismo americano y el imperialismo soviético. De modo que distintas eran las formas de opresión contra las que se movilizaban unos y otros y distintas eran las condiciones en que la agitación se producía. El periodista polaco Adam Michnick, en una entrevista en Le Monde, lo explicaba así: Los eslóganes que se gritaban en La Sorbona o en Berlín oeste estaban dirigidos contra el capitalismo, la sociedad de consumo, la democracia burguesa y también contra Estados Unidos y la guerra de Vietnam. Para nosotros era una lucha por la libertad en la cultura, en las ciencias, en la memoria histórica, por la democracia parlamentaria y, en fin, especialmente visible en Checoslovaquia, contra el imperialismo soviético, no el americano.

Muchas de aquellas movidas tuvieron su origen en el mundo universitario. Así fue en Berlín, donde desde el año anterior se habían producido múltiples acciones estudiantiles por la reforma de la Universidad, contra la gran coalición que gobernaba Alemania y contra la guerra de Vietnam. Un grave incidente, la muerte de Benno Ohnesorg a tiros de un policía, durante una manifestación, el 2 de junio de 1967, radicalizó el proceso. Los estudiantes lanzaron una dura campaña contra los medios de comunicación del grupo Springer a los que acusaron de manipular los hechos: la prensa entraba en el campo de visión de los contestatarios. Un año más tarde, en abril de 1968, el principal líder del movimiento, Rudi Dutschke, sufrió un atentado perpetrado por un joven ultraderechista, Josef Bachman.

En México, también fueron los estudiantes con voluntad de liberalizar el mundo universitario los que protagonizaron las movilizaciones que acabarían trágicamente el 2 de octubre del 68 con la matanza de la plaza de Tlatelolco, en vigilias de los Juegos Olímpicos. Nunca se ha sabido el número de personas que murieron allí, cuando un Batallón Olimpia progubernamental empezó a disparar contra la multitud. También en Estados Unidos, los estudiantes del campus de Berkeley tuvieron un protagonismo destacado en una movida de carácter contracultural. Pero la guerra de Vietnam y la cuestión de los derechos civiles desbordaron en mucho el ámbito universitario. En 1964, bajo la presidencia de Lyndon Jonson, se aprobó la Civil Rights Act, que reconocía a los negros los derechos de los que estaban desposeídos. Fueron años en que las organizaciones proderechos civiles adquirieron mucha fuerza en la lucha por los derechos de las minorías. Pero el 4 de abril de 1968, Martin Luther King fue asesinado por James Earl Ray en Memphis, un atentado que nunca ha quedado plenamente esclarecido. El 17 de octubre, en los Juegos Olímpicos de México, los atletas americanos Tommie Smith y John Carlos, medallas de oro y bronce en doscientos metros lisos, al subir al podio levantaron el puño con un guante negro, mientras sonaba el himno americano para manifestar su pertinencia al Black Power.

Por supuesto, en París fue la Universidad, Nanterre, concretamente, el motor de la movida por cuestiones que tenían que ver con la liberalización de las costumbres. Las primeras protestas fueron contra la separación de sexos en las habitaciones de la residencia de estudiantes. El 22 de marzo la ocupación de la Universidad acabó con una acción disciplinaria contra algunos líderes estudiantiles. Ante un tribunal universitario, según ha relatado Alain Touraine, que ejerció de defensor, se dio este diálogo entre el presidente y Daniel Cohn-Bendit:

¿Estaba usted el 22 de marzo en la Facultad?

No, no estaba en la Facultad.

¿Dónde estaba entonces?

En mi casa.

¿Y que hacía usted en su casa a las tres de la tarde?

Hacía el amor, señor presidente, algo que a usted seguramente no le ha ocurrido nunca.

Después el movimiento iría creciendo, ocupó La Sorbona, se hizo fuerte en las calles y callejuelas del Barrio Latino, consiguió la alianza con los trabajadores que dio lugar a una huelga general sorpresa y a la gran manifestación del 13 de mayo.

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Incluso en Polonia, el origen de las movilizaciones estuvo en los estudiantes y los intelectuales. Fue la suspensión de la representación teatral de una obra de Adam Mickiewicz, el más reconocido de los autores polacos, en el Teatro Nacional de Varsovia, la que desencadenó un movimiento contra la dictadura comunista que fue liquidado en tres semanas con una fuerte represión.

Pero con todas sus peculiaridades y diferencias, había un doble factor común a casi todas estas contestaciones, que es el que permite hablar de una gran contestación liberal: la crítica al autoritarismo y el antisovietismo. Y una doble novedad: el protagonismo de los jóvenes y el carácter civil alejado de las estructuras de poder de la revuelta.

3 El nuevo sujeto político

Por primera vez, los jóvenes, en diversos lugares del mundo asumían el papel de sujetos del cambio social. Sin duda, tiene ello que ver con el bienestar de los años de posguerra, con la demografía que consolidaba la juventud como un periodo singularizado de la vida y con la extensión social de la enseñanza superior. Casi todas las movidas del 68 tienen en las universidades su punto de partida. Casi todas ellas eran la reacción frente a formas cristalizadas de autoritarismo.

Hay cierta tradición filosófica que explica la sociedad como un compuesto de tres partes: el ámbito familiar (la vida privada); el espacio intermedio en que los individuos tejen relaciones e intercambian mercancías e ideas (lo que se acostumbra a denominar como sociedad civil) y el ámbito del poder político (el espacio público por antonomasia). La contestación del 68 fue un intento, desde este espacio civil intermedio, de romper la presión asfixiante de un espacio familiar y un espacio político claramente retardatarios, que empezaban a ser un obstáculo para el desarrollo de las sociedades modernas. Estados Unidos y Europa vivían momentos de expansión económica. Una generación de jóvenes se encontraba ante la posibilidad de pensar en algo más que los problemas de subsistencia, pero chocaba con una cultura y unas costumbres muy rígidas a derecha e izquierda (la moral de la cultura comunista, incluso en Europa occidental, no era menos restrictiva que la moral de la cultura conservadora). Las universidades crecían y se masificaban y el choque entre los estudiantes y el viejo orden académico era inevitable. La sociedad cambiaba pero el mundo familiar y el mundo político se regían por normas cada vez más obsoletas. Los estudiantes buscaban crear espacios libres donde romper los esquemas de la moral dominante. El Barrio Latino parisino se convertía así en una metáfora topológica: un lugar común en el que cada cual pudiera actuar con plena autonomía. La contestación terminó mal en todas partes, pero la liberalización de las costumbres, la desjerarquización de las relaciones sociales y la consolidación de los movimientos en defensa de los derechos civiles no dejaron de hacer camino desde aquel momento.

Es verdad que en las movidas europeas había un importante componente anticapitalista en el discurso y una empanada ideológica en la que coincidían los acentos libertarios con diversas familias de extrema izquierda, desde el trotskismo hasta el maoísmo, con discursos situacionistas y con muchas dosis de espontaneísmo crítico. Pero el principal elemento común era el antiautoritarismo, en todos los ámbitos: familiar, social y político. Lo que se traducía en una desconfianza en las instituciones, empezando por el Estado. Naturalmente, en los países comunistas el antiautoritarismo apuntaba directamente a los regímenes de tipo soviético y el marco de la contestación era la respuesta desesperada a la opresión totalitaria. Pero en Europa occidental, donde la revolución, como dijo Raymond Aron, tenía algo de quermés, el antisovietismo acompañaba al discurso anticapitalista, especialmente en aquellos países en que los partidos comunistas eran muy fuertes como Italia y Francia y se les consideraba parte del mismo establishment retardatario contra el que iban las movilizaciones. En ambos países, los partidos comunistas jugaron un papel fundamental en la restauración del orden.

4 Las derrotas

La contestación terminó mal en todas partes. Si de una revolución convencional se hubiese tratado, habría que decir que la derrota fue total y absoluta. Puesto que distintas eran las circunstancias, distintas fueron las derrotas y sus consecuencias.

En los países del Este se impuso la represión. Pero en Varsovia, aunque el movimiento fue desmantelado en sólo tres semanas, aquellas movilizaciones están en el inicio de lo que después sería el sindicalismo cristiano tan decisivo en la caída del régimen comunista. En Checoslovaquia, el retroceso fue extraordinario. La sustitución de Dubcek por el colaboracionista Husak un año después de la entrada de los tanques impuso una brutal normalización que hundió al país en una especie de purgatorio. Pero Checoslovaquia era realmente diferente de los demás porque allí sí que lo que estaba en juego era el poder, el intento de transformar el socialismo iniciado por un grupo de dirigentes comunistas.

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En Estados Unidos, la tensión se desplazó a la guerra de Vietnam. 1968 fue el año de la matanza de My Lai. La tremenda herida, todavía hoy no suturada, del desastre de Vietnam marcó un par de generaciones americanas. La movilización universitaria perdió fuerza y los movimientos de derechos civiles también. La victoria electoral de Nixon cerró las esperanzas de una década que había empezado con el optimismo kennedyano. Los setenta fueron años muy amargos en Norteamérica.

Los acuerdos entre el Gobierno y los sindicatos dinamitaron Mayo del 68 en Francia al sacar a los trabajadores de la movida. La derecha ganó arrolladoramente las elecciones, después de una masiva manifestación de apelación al orden en cuya primera fila resulta todavía hoy llamativa la presencia de un rebelde convertido al gaullismo como André Malraux. De Gaulle, herido de muerte, se fue un año más tarde. Y con él quizás el símbolo más imponente de la vieja cultura social y política. Una parte de los jóvenes de Mayo alimentó a los partidos de extrema izquierda, que todavía hoy tienen presencia electoral en Francia. Algunos grupúsculos desaparecieron pronto, como los encuadrados en el delirio maoísta, pero nos dejaron la imagen de Sartre inculpado por vender La Cause du Peuple y una frase memorable del general De Gaulle: ?No se puede condenar a Voltaire?. Otros buscaron la ruptura con la sociedad en el mundo rural, donde todavía quedan restos de las comunas de la época. La violencia política no cuajó. Action Directe, el grupúsculo terrorista más importante, tuvo vida efímera. La mayoría se incorporó paulatinamente a la normalidad democrática.

Donde el día después resultó más doloroso fue en Alemania y, especialmente, en Italia. En Alemania, la Baader-Meinhoff puso el terrorismo en escena, aunque fue un fenómeno limitado a un número pequeño de personas. Italia viviría la experiencia de los años de plomo, en que la violencia de extrema izquierda y de extrema derecha hizo estragos en una espiral que degradó profundamente la vida civil y alcanzó las tripas del Estado italiano, ya por sí muy corrupto.

La matanza de la plaza de las Tres Culturas de México fue en cierto modo el anuncio de una enorme contracción autoritaria en América Latina.

5 Las herencias

La gran contestación del 68 fue una sorpresa. Había una cierta sensación de estancamiento, de inmovilismo, en la Europa de las treinta gloriosas, un balneario protegido por el paraguas nuclear de la guerra fría. De maneras distintas, Daniel Bell y Herbert Marcuse habían advertido sobre la capacidad del sistema de integrar sus contradicciones. El desenlace de la efervescencia revolucionaria del 68 confirmó sus hipótesis. El sistema fue perfectamente capaz de asumir, trillar y triturar aquella negatividad que por unos meses alimentó el sueño del gran cambio. Y el proceso de liberalización que se puso entonces en marcha siguió caminos a veces contradictorios y, a menudo, lejanos de aquel impulso inicial. El discurso del 68 tenía mucho de libertario y de crítico con el Estado, más tarde la crítica del Estado, en manos de los liberales conservadores que pusieron en marcha la revolución de los ochenta y noventa ésta sí que concernía directamente a la conquista del poder se convirtió en desprestigio y debilitación del Estado en lo económico y en despliegue del control social en lo político.

La amalgama ideológica era tal que se hace difícil establecer los referentes ideológicos de aquellas movidas. Las apelaciones al marxismo, al trotskismo y al leninismo eran abundantes. Pero fue significativo el énfasis en la relación entre sexo, psicología y política que llevó a nombres como Freud o Reich. También el situacionismo tuvo su voz. Y en América cuajó la vía contraculturalista que acompaña a la cultura hippy. Herbert Marcuse por sus análisis de la relación entre economía, tecnología, cultura y subjetividad y por su crítica al marxismo ortodoxo fue considerado uno de los referentes. Raymond Aron habla de Les heritiers, de Pierre Bourdieu, como libro de cabecera de la movida francesa. También de la noción de grupo de fusión de la Crítica de la razón dialéctica, de Sartre. En cualquier caso, los filósofos de la sospecha, el trío Marx-Freud-Nietzsche, articularon, especialmente en Francia, buena parte del pensamiento de la época.

Aquella experiencia marcó a la generación de los que el año 1968 rondábamos la veintena. Por un lado, pesó sobre nosotros lo digo así, porque es mi generación el habernos autoungido como la generación moderna por excelencia. Ha costado entender que el tiempo pasa para todos y que la patente de modernidad no tiene dueño. Por otra parte, la pulsión antiautoritaria probablemente la mejor herencia de aquellos años también generó monstruos. He dicho, a veces, que fuimos mucho mejores hijos en la medida en que supimos plantar cara a nuestros padres, que padres, en la medida en que no hemos osado plantar cara a nuestros hijos. Con nuestra actitud y la potencia integradora de las contradicciones que el capitalismo tiene, les hemos dejado sin espacio para la transgresión. Otros perdedores, víctimas de cierta frivolidad que acompañó a la contestación, de los que nunca se habla, son la generación de la droga, los que pensaron que la fiesta continuaba en la heroína y lo pagaron con la vida.

El paradigma que se abrió hace cuarenta años con la contestación de las formas de autoridad dominantes, a uno y otro lado de la guerra fría, se ha agotado. La transición liberal culminó con el hundimiento de los sistemas de tipo soviético y con la fantasía de que el triunfo de la democracia liberal significaba el fin de la historia. Después vino la restauración conservadora que se estrelló en la guerra contra Irak tras imponer el discurso de la seguridad como forma del autoritarismo en la sociedad de la información. Como ha escrito Fred Halliday, la invasión norteamericana de Irak en 2003 supuso para los ideales y para la legalidad de la intervención humanitaria lo mismo que supuso la invasión de Hungría en 1956 y de Checoslovaquia en 1968 para el comunismo internacional?. Un ciclo se cierra.

Para mí, lo mejor de la herencia del 68 es la cultura de la sospecha, la actitud que consiste en poner siempre en cuestión cualquier enunciado que se nos ponga por delante y no dar nunca por definitivas las ideas recibidas; y el acento libertario, la autonomía del individuo frente a todas las promesas comunitaristas, culturales o religiosas. Cuarenta años después estas dos actitudes se echan de menos a la hora romper las nuevas formas de autoritarismo basadas en el triángulo que forman la seguridad como ideología, la competitividad como principio de vida y el sálvese quien pueda como destino.

04/11/2007 - 10:10h Botero Sees the World’s True Heavies at Abu Ghraib

In a series of paintings and drawings, artist Fernando Botero reflects on the 2004 prisoner abuse scandal at Iraq's Abu Ghraib prison.
In a series of paintings and drawings,
artist Fernando Botero reflects on the 2004
prisoner abuse scandal at Iraq’s Abu Ghraib prison.

 

By Erica Jong

Special to The Washington Post
Sunday, November 4, 2007

When we think about the Colombian artist Fernando Botero, most of us visualize his roly-poly people flaunting their fat, their fashionable headgear, their cigarettes and cigarette holders, their excess. I never thought of these as political images until I saw Botero’s Abu Ghraib series in which hooded men dangle, upside down, and hideous dogs claw and growl at manacled prisoners arranged into pyramids and bleeding on each other.

Held by their hair, their hands, their manacles, the prisoners seldom come face-to-face with their torturers. They are beaten by hands outside the picture frame, urinated on by men whose faces rarely appear. A bound prisoner wears red panties and a bra — obviously against his will. The torture is anonymous and masked. Even the prisoners are masked so the torturers cannot be identified. But Botero knows who they are. They are the same fat people whose antics he has previously appeared to delight in.

As a result of this astonishing series of drawings and paintings, we know he was not celebrating these people, only waiting for an opportunity to show their true nature. They are cannibals who feed off their brothers. They deal in the anguish of human flesh.

Fernando Botero, whose Abu Ghraib pictures will be on view at American University starting this week, read about the torturers of Abu Ghraib in the New Yorker, and made his own record of the horrors. He did not invent anything that was not described, but because he is an artist, we feel the terror of the tortured rather than the gloating of the torturers — so present in the photographs they took of themselves at play in the blood of others.

Botero calls art “a permanent accusation,” but his Abu Ghraib series seems to me more than an accusation. Rather, it constitutes a complete revision of whatever we have previously thought of Botero’s work. (He refuses to sell these works because he doesn’t want to profit from the pain of others. He plans to donate them to museums.)

What is this need people have to abuse each other, then boast about it? What is this need to make others powerless before them, to see them bleed and scream and beg for mercy? Psychologists theorize that torturers are repeating their infantile impotence by inflicting it on others. That seems glib to me. Empathy is a rare human quality, but it is essential to our humanity.

But American torture is different from other tortures because of the high opinion we have of our country and ourselves. Torture is something others do. We are above that. We are reasonable people governed by a great Enlightenment document we call The Constitution. We help, not hurt people all over the world. It is the incongruity of our image of ourselves versus the reality of our behavior that stings most.

Botero’s Abu Ghraib series has been shown before, but never in Washington. It is a moment: The people who got us into Abu Ghraib can contemplate what went on there.

I dare them to look at these images and be unmoved.

The series’s entry into the visual world has not been easy. In the Bay Area, they were shown not in a museum, but in a library at the University of California at Berkeley. Still 15,000 people saw them.

Susan Sontag wrote that the Abu Ghraib photographs showed “the reigning admiration for unapologetic brutality.” Is this true?

I doubt it. I think that most of the people who see these Botero images will be as horrified as I am. Complicity in torture is invisible to most people. They do not know what they can do to prevent it — hence their passivity.

Botero, inspired by Picasso’s “Guernica,” broke through his passivity by making these works. Many people have contrasted them with his supposedly “happy” fat people. I don’t think Botero’s fat people are happy at all. I think they are also political — the haves fattening on the invisible have-nots.

“The whole world and myself were very shocked that the Americans were torturing prisoners in the same prison as the tyrant they came to remove,” Botero said to the San Francisco Chronicle. “The United States presents itself as a defender of human rights and of course as an artist I was very shocked with this and angry. The more I read, the more I was motivated. . . . I think Seymour Hersh’s article was the first one I read. I was on a plane and I took a pencil and paper and started drawing. Then I got to my studio and continued with oil paintings. I studied all the material I could. It didn’t make sense to copy, I was just trying to visualize what was really happening there.”

What will be our reaction to his visualization? Will we continue in passivity? Will we deny that such horrors still take place? Or will Botero’s art have the power to change us?

We might also ask what power art can have in general. Did Goya stop cruelty in his time, or Picasso in his? No. But the role of the artist in raising our consciousness and bearing witness is essential. The artist makes us open our eyes to our own cruelty, our own passivity, our own indifference.

For that alone, his witnessing matters.

I am looking at another recent work by Botero in which a roly-poly woman is stuffing her face with an apple as if she were a Christmas pig. Before the Abu Ghraib series I would have shrugged off this image. Now I see all Botero’s work as a record of the brutality of the haves against the have-nots. I would be surprised if the Abu Ghraib series of images did not completely change our view of Botero as an artist.

Novelist, poet and nonfiction writer Erica Jong wrote a catalogue essay for the Milan exhibition of Botero’s Abu Ghraib pictures and has a Botero sculpture of Eve with a snake and an apple in her apartment in New York. Her most recent book is “Seducing the Demon: Writing for My Life.”

If you go: “Fernando Botero: Abu Ghraib” opens Tuesday at the American University Museum at the Katzen Arts Center, at the intersection of Massachusetts and Nebraska avenues NW. Through Dec. 30. Open Tuesday-Sunday 11 a.m.-4 p.m. Free. 202-885-1300.