14/10/2009 - 17:05h ‘Le Monde’: Lula inventa universidade do século 21

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Daniela Fernandes – De Paris para a BBC Brasil

O ‘Le Monde’ elogia as iniciativas do governo Lula na área de educação

Na edição desta quarta-feira, o jornal francês Le Monde publica uma elogiosa reportagem sobre educação no Brasil nesta quarta-feira, na qual afirma que, com sua política para a área, o presidente Luiz Inácio Lula da Silva “inventa a universidade brasileira do século 21″.

Em um caderno especial sobre educação, o correspondente do jornal em São Paulo, Philippe Jacqué, afirma que o presidente Lula deu “um sopro de oxigênio ao ensino superior” e multiplicou, desde 2002, planos para dinamizar as universidades do país.

O Le Monde cita como exemplos a Universidade Federal do ABC, em São Paulo, criada em 2005, para “formar os engenheiros do futuro” e as inovações da Universidade Federal do ABC, “na zona operária onde Lula começou sua carreira”.

“O governo federal não economizou na Universidade ABC. Meio bilhão de euros foi injetado. Desde 2005, pelo menos 280 professores foram contratados, todos titulares de um doutorado”.

‘Reformulação total’

O Le Monde afirma também que a equipe jovem de professores, com idade média de 35 anos, corresponde ao desejo de reformular totalmente o modelo universitário brasileiro.

“Na Universidade ABC, não há departamentos de disciplinas, mas centros de pesquisas multidisciplinares para facilitar a cooperação”.

Outra inovação da Universidade ABC, segundo o diário francês, é a criação de 300 bolsas de iniciação à pesquisa por ano.

O jornal afirma ainda que o presidente Lula desenvolveu instrumentos para facilitar o acesso ao ensino universitário.

“Com apenas 4,9 milhões de universitários (16% dos brasileiros entre 18 e 24 anos), o país não soube até o momento democratizar o seu ensino superior”, escreve o Le Monde, afirmando que é a classe média alta, em grande maioria, que tem acesso às 200 instituições de ensino superior público e gratuito.

O jornal lembra que o sistema universitário brasileiro, “seletivo”, favorece alunos com maior poder aquisitivo, que são mais bem preparados porque puderam estudar nas melhores e mais caras escolas privadas.

17/09/2009 - 11:39h Lula teve ‘visão correta’ ao falar que crise era ‘marolinha’, diz ‘Le Monde’

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Segundo jornal, governo foi ‘preciso em estratégia concentrada no apoio do mercado interno’.

- O presidente Luiz Inácio Lula da Silva teve uma visão “bastante correta” ao dizer, no ano passado, que a crise no Brasil provocaria apenas uma “marolinha”, diz artigo publicado no jornal francês Le Monde nesta quinta-feira.

O diário argumenta que a recessão no Brasil durou apenas um semestre, citando o aumento de 1,9% do PIB no segundo trimestre de 2009, após queda nos dois trimestres imediatamente anteriores, além da recuperação da Bolsa de Valores de São Paulo e do real.

“A rápida recuperação do Brasil demonstra a precisão da estratégia adotada pelo governo e concentrada no apoio do mercado interno. As reduções de impostos a favor das indústrias de automóveis e de eletrodomésticos mantiveram as vendas nestes nestes dois setores cruciais”, afirma o jornal, lembrando ainda que a confiança do consumidor brasileiro jamais chegou a ser abalada.

No artigo, intitulado “A retomada do crescimento mundial se baseia nos Brics”, o Le Monde traça o panorama econômico dos países do grupo – Brasil, Rússia, Índia e China – um ano após a queda do banco Lehman Brothers, considerada o marco da atual crise financeira global.

Outros países

“É para os grandes países emergentes que se direciona hoje a esperança de que a fase de recuperação do nível de vida vai se acelerar. E que seus modelos de crescimento, até hoje essencialmente baseados nas exportações, vão progressivamente dar lugar a um novo modelo de desenvolvimento, garantindo mais importância à demanda interna”, diz o jornal.

Sobre a China, o Le Monde afirma que a previsão de crescimento de 8% para o PIB de 2009 deve ser atingida, mas ressalta que o modelo econômico do país favorece o investimento em detrimento do consumo.

O diário francês lembra que a Índia conseguiu manter um crescimento sustentado, principalmente nos setores de indústria e serviços.

Já a Rússia, tida como o país mais atingido dos Brics pela crise, também parece estar se recuperando, de acordo com o Le Monde, com um aumento do PIB nos últimos meses. BBC

 

 

 

Le rebond de la croissance mondiale repose sur les BRIC

16/09/2009 – LE MONDE

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, a célébré à sa manière le premier anniversaire de la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers en annonçant, mardi 15 septembre, que la récession économique était “très probablement terminée” aux Etats-Unis.

Le même jour, confirmant ses propos, le département du commerce américain a fait savoir que les ventes de détail avaient progressé de 2,7 % au mois d’août, leur plus forte hausse depuis janvier 2006. Si c’est le signe que le consommateur américain retrouve un peu d’appétit, les économistes sont aussi d’accord pour dire que la ménagère du Texas ne pourra plus jouer le rôle de moteur de croissance de l’économie mondiale, comme elle l’était depuis deux décennies. Le temps du désendettement et de l’épargne est venu pour les Américains. Ce n’est guère non plus sur la vieille Europe, engluée dans ses problèmes structurels de dettes publiques, de prélèvements obligatoires record et de retard technologique, que l’économie mondiale peut compter pour retrouver son dynamisme passé.

C’est vers les grands pays émergents, les fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) que l’espoir se porte aujourd’hui – l’espoir que la phase de rattrapage de leur niveau de vie vis-à-vis des pays occidentaux va se poursuivre, voire s’accélérer. Et que leurs modèles de croissance, jusqu’à présent essentiellement basés sur les exportations, qu’il s’agisse de T-shirts ou de matières premières, va progressivement céder la place à un nouveau mode de développement, faisant la part belle à la demande intérieure. Etat des lieux dans les économies des BRIC, un an après le séisme.

Chine. Avec des ventes de voitures en hausse de près de 30 % sur les huit premiers mois de l’année, une reprise soutenue des importations de matières premières et une Bourse en surchauffe, la Chine ne donne pas vraiment l’impression de souffrir de la crise mondiale. Le taux de croissance annuel de 8 % du PIB, l’objectif initial du gouvernement pour 2009, devrait être atteint, a récemment déclaré le Bureau national des statistiques.

La robustesse de la croissance chinoise s’explique par le méga-plan de relance de 4 trillions de yuans (400 milliards d’euros) sur deux ans annoncé fin 2008, source d’une frénésie d’investissement en infrastructures sans pareil dans l’histoire économique mondiale. Dans l’urgence, le gouvernement chinois a ordonné aux banques d’ouvrir toutes grandes les vannes du crédit. Et après un fort ralentissement en juillet, les crédits sont repartis en août.

Cette stratégie de relance aux stéroïdes, qui a permis d’amortir le choc sur l’emploi et d’éviter que n’explose le chaudron social, est aussi porteuse de déséquilibres : une partie de l’argent des banques s’est visiblement dirigée vers la spéculation (bourse, immobilier et matières premières), tandis que de futures mauvaises créances s’accumulent. Le modèle économique chinois, ont dénoncé plusieurs économistes chinois réunis vendredi 12 et samedi 13 septembre, au Davos chinois, à Dalian, penche un peu plus du mauvais côté, celui de l’investissement au détriment de la consommation.

Inde. Malgré la crise mondiale survenue il y a un an, la croissance indienne s’est poursuivie à un rythme soutenu. Elle a atteint 6,7 % sur l’année fiscale qui se termine au 31 mars 2009, et devrait descendre aux alentours de 6 % lors de l’exercice suivant. La mauvaise mousson de cet été, avec la moitié du pays touchée par la sécheresse, explique ce léger fléchissement. Hormis l’agriculture, tous les secteurs sont épargnés par la crise. La production industrielle a connu en juin sa meilleure performance en un an et demi. Et le secteur des services a maintenu son rythme de croissance de 6,3 % au premier trimestre 2009. L’Inde doit sa bonne performance à la robustesse de sa demande intérieure et à la résistance de son système financier, “peu connecté au reste du monde”, comme le note Rajiv Kumar, directeur du Conseil indien pour la recherche sur les relations économiques internationales (Icrier).

Dans un pays où seuls 15 % de l’économie dépendent des exportations, la demande intérieure a été peu affectée par la récession mondiale, surtout dans les zones rurales, qui constituent la moitié du revenu national. Grâce aux programmes sociaux et à la hausse des investissements publics dans les infrastructures, les campagnes ont, au contraire, vu leurs revenus augmenter. L’Etat en paie le prix fort, avec un déficit budgétaire représentant 6,8 % du PNB. Et l’agence de notation Standard & Poor’s a ramené de “stable” à “négatif” sa notation souveraine sur l’Inde. Le pays reste toutefois une destination attirante pour les investisseurs du monde entier, car il est perçu comme un relais de croissance idéal aux marchés saturés, et touchés par la crise, des pays développés.

Brésil. En prédisant avec ironie il y a un an que “le tsunami” de la crise provoquerait dans son pays une simple “vaguelette”, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, avait vu assez juste : la récession n’aura duré qu’un semestre.

Le produit intérieur brut a augmenté de 1,9 % au deuxième trimestre 2009, après avoir régressé pendant deux trimestres consécutifs : – 3,4 % (octobre-décembre 2008) et – 1 % (janvier-mars 2009).

Selon le ministre de l’économie, Guido Mantega, le géant sud-américain devrait, sur sa lancée, retrouver en 2010 sa vitesse de croisière d’avant la crise, autour de + 4,5 %.

Happé par la récession plus tard que la plupart des pays du monde, le Brésil en sort plus tôt, comme l’attestent deux autres indices : la bourse de Sao Paulo a retrouvé son très haut niveau d’il y a un an et la monnaie, le real, a reconquis toute sa vigueur face au dollar et à l’euro.

La rapide récupération du Brésil témoigne de la justesse de la stratégie adoptée par le gouvernement et axée sur le soutien du marché intérieur. Des réductions d’impôts en faveur de l’automobile et de l’électroménager ont maintenu les ventes dans ces deux secteurs industriels cruciaux.

La banque centrale a aidé les banques en difficulté, puisant dans ses grosses réserves – 200 milliards de dollars – pour irriguer le marché asséché. De grosses entreprises, comme le géant minier Vale, ont pris peur, en gelant leurs investissements, ce que le président Lula leur reproche aujourd’hui. Mais la confiance des consommateurs, elle, n’a guère été ébranlée : “L’économie a survécu grâce aux plus pauvres”, souligne Lula.

Russie. Bien plus touchée par la crise que les autres pays du BRIC (Brésil, Inde, Chine), la Russie connaît un semblant de reprise. Son PIB a augmenté, en glissement mensuel, de 0,4 % en juin et de 0,5 % en juillet.

Le ministre russe des finances, Alexeï Koudrine, se veut optimiste : le pays émergera “complètement” au troisième trimestre 2009. “Sur le long terme et pour de multiples raisons, la Russie restera dotée d’une solide croissance” qui lui permettra de se hisser “au sixième rang de l’économie mondiale”.

Après un essor économique sans précédent ces dix dernières années, la Fédération russe a subi la crise de plein fouet. Son PIB a chuté de 9,8 % au premier trimestre sur un an, et de 10,9 % au deuxième trimestre.

Cet atterrissage brutal s’explique par le modèle russe de croissance, axé sur les exportations de matières premières et le recours massif aux crédits étrangers. La crise a révélé l’échec des autorités à mettre en place des réformes structurelles au moment où l’Etat engrangeait les recettes de la vente du pétrole. Conscientes de ces faiblesses, les autorités russes ont plaidé ces derniers mois en faveur d’une diversification et d’une modernisation des infrastructures.

Ces bonnes résolutions risquent d’être vite oubliées. Le frémissement actuel de l’économie a une seule cause, la remontée des prix du pétrole, passés de 33 dollars en décembre 2008 à 70 dollars ces derniers mois. Quant au recours aux emprunts à l’étranger, il s’est tari, ce qui signe la fin de la consommation effrénée et des projets de développement. “Vingt années de tumultueux changements dans notre pays n’ont pas changé son humiliante dépendance aux matières premières. (…) A de rares exceptions près, nos entreprises ne créent pas les biens et la technologie nécessaires à la population”, a récemment souligné le président, Dmitri Medvedev.

Jean-Pierre Langellier (à Rio), Marie Jégo (à Moscou), Julien Bouissou (à New Delhi), et Brice Pedroletti (à Shanghaï)

23/04/2009 - 16:06h La dame de fer, les pieds dans l’argile, par Jean-Pierre Langellier

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Nom : Rousseff ; prénom : Dilma ; âge : 61 ans. Vous ne la connaissez pas ? Vous entendrez parler d’elle, et de plus en plus, d’ici à la fin de 2010, époque où se jouera l’élection présidentielle au Brésil.

Depuis quatre ans, elle détient le deuxième rôle politique national : chef de la “maison civile” du président Luiz Inacio Lula da Silva. Une sorte de premier ministre officieux. C’est une fonction harassante (”Un Paris-Dakar chaque jour”, dit-elle), mais discrète, loin des feux de la rampe qui éclairent Lula.

De ce relatif effacement, il faudrait presque parler au passé. Car Dilma, comme beaucoup de ses compatriotes l’appellent – évitons “Dilminha”, une familiarité qu’elle n’aime guère – est en train de devenir la star politique du Brésil.

Et cela, pour une raison majeure. Le président Lula, à qui la Constitution interdit de briguer un troisième mandat de quatre ans, l’a choisie comme dauphine. Sauf improbable coup de théâtre, elle sera la candidate en 2010 du Parti des travailleurs (PT), fondé par Lula en 1980 et au pouvoir grâce à lui depuis 2002. Imaginons que Dilma l’emporte : une femme, pour la première fois présidente, huit ans après l’élection d’un ouvrier. Ce serait un coup double symbolique et flatteur pour la démocratie brésilienne.

Lula n’a pas d’héritier naturel dans un parti qu’il domine de sa forte personnalité. Le choix de Dilma s’est peu à peu imposé à lui. C’est un pari judicieux. La future candidate baigne dans la politique depuis toujours, et de quelle manière ! Elle est la fille d’un avocat communiste d’origine bulgare. Cet intellectuel bon vivant lui transmet le goût de la lecture et des cigarettes. Elle va sur ses 15 ans quand il meurt.

Le coup d’Etat militaire de 1964 fait basculer cette lycéenne idéaliste et déterminée vers le militantisme radical. Elle rejoint une organisation qui prône la lutte armée, épouse un militant, dont elle divorcera assez vite, se lance dans des études d’économie et plonge dans la clandestinité après le durcissement de la dictature à la fin de 1968. Elle admire Jean-Paul Sartre, les maquisards vietnamiens et Fidel Castro. La rencontre avec un “vieux” communiste de 31 ans, Carlos Araujo, qui deviendra son second mari, l’engage un peu plus au combat.

Elle s’affuble de faux prénoms, dont sa fiche de police porte encore la trace : Luiza, Estella, Marina. Elle apprend à manier un fusil, à fabriquer des explosifs tout en prônant la primauté du travail politique, de la “lutte de masse” sur l’action militaire. Elle ne participe directement à aucune opération armée, mais est étroitement associée à la plus célèbre, le vol à Rio en juillet 1969 de 2,5 millions de dollars dans le coffre de la maîtresse d’un ancien gouverneur. Lorsque la police l’appréhende, en janvier 1970 à Sao Paulo, elle porte une arme sur elle.

“Vous ne pouvez pas imaginer la quantité de secrets qui peut sortir d’un être humain qu’on maltraite”, confiait-elle récemment. Songeait-elle à elle-même ? Les témoins d’alors se souviennent que, dès son arrestation, elle affronte avec courage vingt-deux jours de tortures. Elle ne sortira de prison que près de quatre ans plus tard : “J’ai eu assez de temps pour apprendre le tricot et le crochet.”

Sa jeunesse agitée n’inspire aucun regret à l’ex-guérillera : “Nous étions naïfs et généreux. Nous voulions sauver le monde.” Elle a, bien sûr, changé de vision et de méthodes : “J’ai appris l’importance de la démocratie. Mais je suis fière de ne pas avoir changé de camp.”

Elle aura une fille, Paula, divorcera à nouveau en 2000, et mènera, entre-temps, une brillante carrière politico-administrative, chargée notamment des mines et de l’énergie à Porto Alegre, la grande ville du Sud. Lula, dont elle rejoint le parti tardivement, lui offre le même poste au niveau fédéral avant de lui confier en 2005 la “maison civile”, où elle acquiert vite la réputation d’une “dame de fer”.

Ses atouts ? L’intelligence, la force de travail, les qualités de gestionnaire. Son handicap ? Elle n’a jamais connu l’épreuve des urnes. Sur le conseil et avec l’aide de Lula, son principal supporteur, Dilma Rousseff se fait donc connaître sur le terrain. Elle met “le pied dans l’argile”, comme on dit ici. Depuis plusieurs mois, elle est en formation préélectorale accélérée. Elle accompagne souvent le président dans ses activités officielles, partage les estrades avec lui, accorde des entretiens aux médias. Elle a droit à sa photo dans la presse, chaque jour ou presque. Plusieurs ténors du PT se sont mis à son service pour lui tisser un réseau national.

Malgré l’immense popularité de son principal supporteur, sa victoire en 2010 n’est pas garantie. Elle aura pour probable adversaire un homme de poids, José Serra, gouverneur de Sao Paulo et ex-rival malheureux de Lula en 2002.

Comme il se doit au Brésil, paradis de la chirurgie esthétique, Dilma a changé de visage. Quelques coups de bistouri appropriés ont rajeuni et adouci ses traits. Elle a perdu 10 kilos, adopté une coiffure plus moderne et plus rousse, remplacé ses lunettes de myope par des verres de contact. Elle soigne son maquillage, sourit plus souvent et utilise en public des mots plus simples.

Le “produit” Dilma sera bientôt prêt à vendre. Lula lui a laissé en héritage son vieux slogan de campagne, qu’on scande déjà dans les meetings du PT : “Brésil ! Urgent ! Dilma présidente !”

Courriel : langellier@lemonde.fr.

Jean-Pierre Langellier

16/03/2009 - 16:48h Reportagem do Le Monde: Au Brésil, sur les pas de Lula

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Nordeste (Brésil), envoyé spécial Jean-Pierre Langellier – Le Monde

C’est ici. Un banal arpent de sable où poussent des plants de manioc. Alentour, un ou deux champs de cactus nourrissent les chèvres. Quelques palmiers poussiéreux, sentinelles solitaires, veillent sur les bœufs. Au loin, des nuages sans pluie filent au ras des collines. Un décor de brousse, âpre et parcimonieux. C’est ici que se trouvait la maison de Lula. Une simple baraque de bois et d’argile, au sol de terre battue. Avec, pour tout mobilier, une table, un lit, un banc, trois tabourets et quatre ou cinq hamacs. Un jour, un cobra s’était glissé entre les tuiles du toit, semant la frayeur. Dans cette masure depuis longtemps disparue, Luiz Inacio Lula da Silva, futur président de la République du Brésil, a vécu jusqu’à l’âge de 7 ans. Avec sa mère et six de ses frères et sœurs.

Pour arriver jusque-là, on tourne le dos à Recife, la capitale du Pernambouc. Trois bonnes heures de route, cap à l’ouest. On s’enfonce dans le sertao, l’arrière-pays semi-aride du Nordeste, vaste comme deux fois la France. Puis on quitte la nationale, juste au coin d’une école, à l’entrée de Caetes. A l’époque de Lula, ce gros bourg s’appelait Vargem Comprida. Sur la piste qui court à travers les épineux, un cheval tire une charrette où trônent deux grosses citernes. Avec sa volaille et ses quatre vaches, le vieux Roseno, 87 ans, n’a jamais connu l’aisance. Mais il se souvient de la famille de Lula avec compassion : ” Ils étaient bien pauvres ! “

Pour en savoir plus, il faut aller chez Florencia, dont le mari, Antonio Sergio, est un cousin de Lula. Elle nous ouvre sa porte en souriant. Du fond de la pièce, parviennent des dialogues ponctués par une musique mielleuse : c’est l’heure de la novela ” Femmes passionnées “, le feuilleton télévisé de l’après-midi. Au mur, une photo de Lula et une image de saint Jean-Baptiste. La fille de Florencia, Margareth, nous rejoint. Elle travaille à l’école voisine et vient de rentrer de la ville, à moto. ” Lula est un héros, assure Florencia. Comment aurait-on pu imaginer qu’il deviendrait président ? Mais c’est sa mère qui a souffert le plus. “ Florencia a élevé huit enfants. Exactement comme la mère de Lula, Euridice Ferreira de Mello, surnommée Dona Lindu.

UNE ÉPROUVANTE EXPÉDITION

Lorsque Lula naît le 27 octobre 1945, son père, Aristides, est très loin. Il a déjà migré vers Santos, le grand port de l’Etat de Sao Paulo, où il travaille comme docker. Son fils ne le reverra que cinq ans plus tard. ” Je n’ai pas eu d’enfance “, dira Lula. Il garde peu de bons souvenirs de ces temps de misère où il eut souvent faim. La première fois que sa mère lui sert du riz, c’est comme médicament, pour apaiser un mauvais mal de ventre. De temps à autre, la famille améliore l’ordinaire – haricots noirs et farine de manioc – en mangeant les oiseaux des champs que ses frères aînés chassent au lance-pierre. Sur la seule photo d’époque qu’on connaît de lui, Lula pose, à 3 ans, avec sa sœur Maria. Il porte des vêtements et des chaussures empruntés pour l’occasion.

Le sertao, disent les géographes, est le ” polygone de la sécheresse “. La saison des pluies y manque souvent ses rendez-vous ou les honore trop chichement. Les paysans tiennent bon en cultivant l’espérance à l’aide d’une formule rituelle : ” ça ira mieux demain, si Dieu le veut “ (” Se Deus quiser ! “). Jusqu’au moment où ils s’en vont vers les villes du littoral pour quelques mois, ou très loin du Nordeste, pour la vie.

Un beau jour de décembre 1952, lasse d’attendre la pluie et désireuse de retrouver son mari, Dona Lindu lance à ses enfants : ” Partons ! Quitte à mourir de faim, que ce soit à Sao Paulo ! “ Pour payer le voyage et la nourriture, elle a tout vendu : le lopin de terre, la jument, la montre, les gravures des saints et jusqu’aux photos de famille. Le départ a lieu à Garanhuns, la ville la plus proche, où le petit Luiz Inacio admire, pour la première fois, une bicyclette. Il n’avait jusqu’ici jamais quitté son village. Tout le monde s’entasse, avec une trentaine d’autres passagers, dans un pau de arara, une camionnette ouverte équipée de planches sans dossier en guise de sièges.

Cette éprouvante expédition s’achève treize jours plus tard à Santos, où Dona Lindu découvre que son mari a fondé un second foyer avec une cousine beaucoup plus jeune. Lula n’est pas tendre avec son père, mort indigent en 1978, gros travailleur mais infidèle et tyrannique : ” un puits d’ignorance “, ” un désastre “ qui ” aimait plus ses chiens que ses enfants “. A Dona Lindu, sa ” Mère Courage “, intrépide, généreuse et câline, il voue amour et gratitude infinis : ” Que serais-je devenu si elle ne nous avait pas arrachés à cette misère ? Un bon buveur d’eau-de-vie. Je serais mort depuis longtemps de cirrhose. “

LE SERTAO, ” TERRE EN TRANSE “

Lula est un fils déraciné du Nordeste. Il l’a quitté trop jeune et trop pauvre pour avoir hérité de son histoire et de sa culture. Il n’avait jamais ouvert ces petits livrets de poésie populaire – les folhetos de cordel – que leurs auteurs suspendent à une corde sur les marchés et qui transmettent la mémoire du sertao. Comme des millions d’enfants de migrants des années 1950, partis tenter leur chance vers les grandes villes du Sud, il se souvient surtout des privations et des souffrances subies par sa famille.

Le sertao a acquis ses lettres de noblesse grâce au livre d’Euclides da Cunha (1902) Os Sertoes (Hautes terres), qui relate la guerre menée contre les paysans pauvres de Canudos, révoltés dans un élan messianique et massacrés en 1897. Dans les années 1960, le cinéaste brésilien Glauber Rocha révèle au grand public l’univers de cette ” terre en transe “, rebelle et mystique, assoiffée de pluie et de justice. On retrouve dans ses films, lyriques et baroques, les personnages qui ont nourri les mythes du Nordeste : le coronel, grand propriétaire terrien, le cangaceiro, bandit de grand chemin ou le beato, prédicateur illuminé promis à une mort héroïque.

L’histoire du Pernambouc commence, loin du sertao, au bord de l’Atlantique, du côté d’Olinda puis de Recife, vers 1530. Elle se forge un peu plus tard avec le choix crucial et traumatisant de l’esclavage, dont les stigmates survivront à son abolition tardive par la ” loi dorée ” en 1888. En trois siècles de traite, sous l’empire de la monoculture coloniale – sucre puis café –, trois millions et demi de Noirs, venus de Guinée et d’Angola, arrivent au Brésil avec leurs coutumes, leurs croyances et leurs rythmes, et le transforment en un pays métis. Ils sont alors, selon un adage local, ” les pieds et les mains du Blanc “.

” C’est un passé qui joue sur nos nerfs “, notait Gilberto Freyre (1900-1987). Plus que tout autre, ce grand ethnologue, né à Recife, a étudié les rapports Noirs-Blancs au Brésil, notamment dans son chef-d’œuvre Maîtres et esclaves. Il a vécu un demi-siècle dans une maison patricienne de Recife que l’on visite religieusement entre des allées de livres. Sur son tombeau, au milieu d’un parc fleuri, est inscrite sa triple recette du bonheur : planter des arbres, faire des enfants, écrire des livres.

OLINDA, ” QUEL JOLI ENDROIT ! “

Lorsqu’il a débarqué en ” Nouvelle Lusitanie “ en 1537, au confluent des fleuves Beberibe et Capibaribe, le capitaine Duarte Coelho, dit la légende, s’est exclamé, admiratif : ” Oh ! Linda situaçao ! “ (” Oh ! Quel joli endroit ! “). Olinda était née. Première capitale du Pernambouc, elle s’effacera devant sa voisine Recife, pourvue d’un port naturel. Bien vu, capitaine ! Car avec ses huit collines – paraît-il –, ses rues pavées et ses églises blanches dans un écrin de palmiers, qui ont fait inscrire son centre historique au patrimoine de l’Unesco, Olinda, cinq siècles plus tard, continue de séduire.

Devant le couvent Sao Francisco, Severino se propose comme guide. Il est noir. Il a la quarantaine, un regard et des gestes doux. Il nous conduit vers son tableau préféré, une Cène au trait un peu naïf. L’artiste était africain et n’avait pas le droit de signer son œuvre. A la place de son nom, il a peint un chat. Près de là, Notre-Dame du Rosaire des Hommes Noirs était l’unique église ouverte aux esclaves et aux affranchis. Elle conserve ses statues de saints noirs. Lors du carnaval, on danse sur son parvis aux rythmes traditionnel du frevo ou du maracatu. Dans une rue d’Olinda, une plaque rappelle la ” résistance héroïque “ contre ” les envahisseurs criminels hollandais “, dont l’occupation (1630-1654) commença par l’incendie de la ville. Une seule église en réchappa : Saint-Jean-des-Militaires. A moitié désaffectée, elle a aujourd’hui un locataire permanent : Walter Freitas, peintre aquarelliste, botaniste et animalier. Il travaille et vit sous le clocher depuis treize ans, en compagnie de son chien. Comment a-t-il pu rester là si longtemps sans problème ? ” J’ai demandé à Dieu… et à quelques puissants. “

Véritable bijou baroque, Olinda - l'ancienne capitale du Nordeste brésilien - aime les fêtes. | D.R.
D.R. –
Véritable bijou baroque, Olinda – l’ancienne capitale du Nordeste brésilien – aime les fêtes.

L’AUTRE HÉRAUT DES PAUVRES

Comme la majorité des gens du Nordeste, Severino aime Lula. Du haut d’une colline, on aperçoit au loin Recife, son port et ses tours modernes alignées sur le front de mer. Severino pointe le doigt sur les quartiers populaires d’Olinda, la cité V8 et celle de Rosario, où se détache un lotissement de maisonnettes neuves aux couleurs vives : ” Lula se préoccupe des plus pauvres. Il avait promis ces logements. Il les a inaugurés il y a un mois. “ Et puis, argument suprême : ” Il est le premier président à être entré dans les favelas. “ Severino vénère un autre héraut des pauvres : Dom Helder Camara (1909-1999), ancien archevêque d’Olinda et Recife. Pendant soixante ans, il fut le défenseur des faibles, le pourfendeur des injustices, la voix – forte et chaleureuse – des sans-voix. Figure de proue de la ” théologie de la libération “, mais apôtre de la non-violence, Dom Helder a fondé plus de 200 communautés ecclésiales de base, pour que les plus démunis refusent la résignation et cessent d’être, selon son mot, des ” hommes cactus “. Severino appartient à l’une d’elles depuis son enfance, ce qui l’a sauvé, assure-t-il, des naufrages de la rue.

Adversaire virulent de la dictature militaire (1964-1985), Dom Helder en dénonçait sans relâche les méfaits sur les ondes de Radio-Olinda. Celui que ses ennemis appelaient ” le petit évêque rouge ” repose dans la cathédrale d’Olinda. En regardant Severino se recueillir devant l’austère tombeau de marbre gris gravé d’une colombe, on songe à la célèbre phrase du défunt : ” Quand je donne de la nourriture aux pauvres, on m’appelle un saint. Quand je demande pourquoi ils ont faim, on m’appelle un communiste. “ Lula ne lésine pas pour aider sa terre natale à réduire ses handicaps, au point qu’on le soupçonne parfois de favoritisme. Le Nordeste accuse un net retard en matière d’éducation sur les quatre autres grandes régions du Brésil. Un habitant sur cinq est analphabète, six élèves sur dix quittent l’école à 14 ans ou avant.

RECIFE, ” LE VENT EN POUPE “

Le Nordeste bénéficie donc en priorité du plus grand programme au monde de transfert d’argent au profit des déshérités : la bolsa familia (” bourse famille “). Ce mécanisme fonctionne selon un principe simple. L’Etat verse une aide mensuelle aux familles ” pauvres ” et ” très pauvres “, à condition que leurs enfants, s’ils en ont, soient scolarisés et justifient d’un carnet de vaccination à jour. Le montant de cette allocation varie en fonction des revenus de la famille et du nombre d’enfants à charge. En tout, 46 millions de personnes, appartenant à 12 millions de familles, profitent de la ” bourse famille “, soit un Brésilien sur quatre. Ce remède ponctuel et partiel contre la misère permet aux pauvres du Nordeste de devenir consommateurs. Il élargit surtout l’accès à l’éducation. Le programme échappe à la corruption et au clientélisme, même si quelques petits malins en abusent parfois. Ainsi a-t-on appris récemment que Billy da Silva Rosa, 4 ans, bénéficiaire depuis six mois de la ” bourse famille “, n’était autre qu’un chat, inscrit par un resquilleur. ” Billy ” est devenu le plus célèbre matou du Brésil.
Dans son bureau, au cœur du vieux Recife, Fernando Bezerra Coelho affiche sa satisfaction : ” Le Pernambouc a le vent en poupe. ” Secrétaire au développement économique de l’Etat, il salue l’avènement d’une ” nouvelle ère de prospérité “. Membre du Parti des travailleurs, fondé par Lula, il ajoute volontiers que l’impulsion politique du président y est pour beaucoup. Exemple : Lula a choisi de relancer avec vigueur, au sud de Recife, le complexe portuaire, industriel et pétrolier de Suape. Sa décision, susurre-t-on, ferait des jaloux à Salvador, capitale de l’Etat voisin de Bahia et éternelle rivale de Recife. De manière plus générale, en choyant le Nordeste, Lula rembourse une dette. Il lui redonne un peu de la richesse que plusieurs millions de ses enfants ont, en le quittant, apportée au reste du pays.

La vie de Lula est un roman. Ce sera bientôt un film. Lula, fils du Brésil, de Fabio Barreto, racontera ses trente-cinq premières années. Le scénario s’inspire d’une biographie, plutôt flatteuse, écrite à partir d’entretiens réalisés il y a quinze ans avec le futur président et plusieurs de ses proches. L’actrice Gloria Pires est Dona Lindu. Rui Ricardo Diaz incarne Lula adulte. L’acteur a surtout travaillé sa voix pour obtenir le timbre rauque qui caractérise celle de Lula. Un jeune comédien fera revivre le petit Luiz Inacio, cireur de chaussures le dimanche ou vendeur de tapioca. Le film sortira dans les salles le 1er janvier 2010, au seuil d’une année d’élection présidentielle. Cette saga édifiante devrait procurer une bonne publicité au parti de Lula, même si le chef de l’Etat, après deux mandats, ne peut lui-même se représenter.

SAO BERNARDO, AVEC LES “CAMARADES”

Chaque fois qu’il le peut, Lula quitte Brasilia pour passer le week-end dans son appartement de Sao Bernardo do Campo, dans la grande banlieue sud de Sao Paulo. De sa fenêtre, dans une grande tour blanche, il peut presque contempler les principaux lieux de ses combats syndicaux, à deux pas de la zone industrielle où s’alignent, entre deux rocades, les usines de montage automobile. A l’église Matriz, il organisait des réunions. L’évêque y a dit des messes pour sa libération lorsqu’il était emprisonné au plus fort des grèves de 1980. Au stade de la Vila Euclides, rebaptisé depuis ” stade du 1er-Mai “, il s’adressait, barbe noire et bras levé, à quelques milliers de ” camarades “. Un jour de 1979, il y tient meeting sur une tribune de fortune et sans sono. Ses mots d’ordre, qu’on n’entend qu’au premier rang, sont transmis de bouche en bouche jusqu’au fond du terrain.

Aujourd’hui, l’ancien métallo aime faire vibrer ses auditoires ouvriers du Nordeste en racontant une anecdote personnelle qui se passe en 1960. Il a 15 ans et termine son premier jour d’apprentissage dans une fabrique de vis, avec son bleu de travail presque immaculé. Comment sa mère, qui rêve de le voir devenir tourneur-mécanicien, pourrait-elle croire à son sérieux au vu de son vêtement trop propre ? Alors, il plonge les mains dans un bidon d’huile, les frotte un peu partout sur sa salopette et rentre à la maison plein d’orgueil.

Jean-Pierre Langellier – LE MONDE

05/11/2008 - 14:24h “America is black”, nos diz hoje a maior potência do planeta

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Editorial do jornal Le Monde

L’homme qu’il faut, par Eric Fottorino

http://medias.lemonde.fr/journalelectronique/vignettes/lettre/20081106/20081106home.jpgD’abord il faut écrire ces mots en toutes lettres. Les lire lentement à haute voix pour mesurer l’ampleur de la nouvelle, sa charge d’histoire et d’émotion : le peuple américain vient d’élire à la Maison Blanche un homme à la peau noire. Quelle intelligence, quelle maestria, quel sang-froid aussi a-t-il fallu à Barack Obama pour enlever un scrutin qui, rappelons-le, était tout sauf acquis, si l’on se reporte moins d’un an en arrière. Combien d’écueils évités, de pesanteurs et de préjugés vaincus, avant de donner par sa victoire un puissant signal d’optimisme à l’Amérique et au reste du monde. Obama a fait coïncider l’espoir avec le noir. Sans que jamais, et ce fut sa virtuosité, il apparaisse comme le candidat d’une communauté.

Mêlant sa jeunesse à la sagesse qui n’a pas d’âge, le sénateur de l’Illinois a su dépasser les fractures originelles d’une nation née dans l’esclavage et la ségrégation pour la rattacher à son idéal fondateur, le fameux “E pluribus unum” : faire un seul de plusieurs; considérer que la multitude des origines n’empêche pas le partage d’une aspiration commune.

Président postracial? Oui, et surtout légitime pour se faire entendre sur les deux berges de cette cicatrice mal refermée entre Noirs et Blancs, ce passé “qui n’est même pas passé” comme il l’a déclaré, citant Faulkner, dans son exceptionnel discours de Philadelphie, le 18 mars, où s’est imposée sa quête forcenée et pourtant si calme, si sûre, d’une “Union plus parfaite”.

Pour vaincre, il devait convaincre.

Barack Obama l’a fait en racontant une histoire “qui n’aurait été possible dans aucun autre pays du monde” ; son histoire métisse qui plonge ses racines en Afrique et en Asie. Un père Kényan (et non descendant d’esclave), une grand-mère paternelle vivant sur les bords du lac Victoria, une aïeule maternelle blanche, décédée la veille de son sacre, pleine d’amour et de préventions raciales, craignant les Noirs autant que l’ancien mentor d’Obama, le révérend Wright, pouvait fustiger les Blancs.

Le nouveau président a transcendé les tensions pour atteindre l’essentiel : placer dans une seule balance rancœurs noires et inquiétudes blanches, les unir dans un même dessein de justice. Il est ainsi le premier à s’affranchir d’une lourde et longue chaîne qui va des premiers esclaves bâtisseurs du Capitole au mouvement des droits civiques. De Martin Luther King à Malcolm X, de Rosa Parks (jadis verbalisée pour n’avoir pas cédé sa place à un Blanc dans un bus en Alabama), à Condy Rice ou à Colin Powell propulsés vers les sommets de l’Etat.

“Avant même d’être élu, Obama a fait plus pour la cause noire dans le monde que Martin Luther King”, a pu déclarer ces jours-ci en privé un chef d’Etat Africain. “Ce sera d’abord un président américain”, a jugé un autre. Parfait résumé de la scène qui va se jouer maintenant : les Etats-Unis ont en effet choisi un Américain qui défendra le leadership et les intérêts américains – jusqu’au protectionnisme –, et nul doute que des millions de Noirs se sentiront désormais plus américains qu’ils ne l’étaient avant, sans que des millions de Blancs s’en trouvent lésés.

“America is back”, avait claironné Ronald Reagan en 1980. “America is black”, nous dit aujourd’hui la plus grande puissance de la planète, une puissance meurtrie par ses guerres sans fin, par son image défaite, par la haine inouïe et insupportable qu’a pu susciter l’administration sortante, son repli sur soi, son manichéisme et ses réflexes anachroniques aux relents de guerre froide.

Après avoir par deux fois élu George W. Bush, dans un virage incroyable d’audace, de dynamisme et de foi en ses propres ressources, l’Amérique met ainsi un terme à sa révolution conservatrice faite de dérégulation et de loi sauvage du marché, achevée dans la crise des subprimes et l’écroulement du système financier. Grâce à son charisme et à sa lucidité, Obama s’impose ainsi comme l’homme du moment, l’homme du maintenant de l’Amérique, rejetant brutalement dans un hier sombre le président sortant et John McCain, qui prétendait lui succéder.

Voilà la chance de ce pays, et celle de ses partenaires. Celle aussi de ses ennemis, à commencer par l’islamisme armé qui s’est nourri d’une idéologie bushiste belliqueuse, de ses slogans répulsifs sur l’”axe du Mal”, de ses pratiques indignes d’une démocratie, de Guantanamo à Abou Ghraib. Après Bush enfermé dans ses certitudes démenties par la réalité, Obama offre au monde un autre visage, en même temps qu’à l’Amérique l’occasion tant espérée de se regarder en face, dans un respect retrouvé de soi, de ses valeurs et de ses institutions politiques.

“Obama va régénérer la marque Amérique comme Jean Paul II a relevé la marque papauté”, note avec esprit le commentateur Andrew Sullivan. De l’avis de Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy et excellent connaisseur des Etats-Unis, où il représenta longtemps la France, le nouveau président “ne porte pas une vision différente du monde. Il s’est construit seul et ne doit rien à personne”.

Ayant forgé lui-même ce qu’il est, son message et son programme, “il n’est pas marqué par une idéologie démocrate” qui viendrait se substituer à la précédente.

Le maître mot qui vient au sujet de Barack Obama, c’est son pragmatisme. Sans doute sera-t-il plus coopératif avec ses alliés, adepte du softpower, plus enclin à chercher le dialogue là où il a cessé, comme en Iran. “Mais son multilatéralisme n’ira pas très loin, prévient Hubert Védrine, l’ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement Jospin. Jamais il ne fera dépendre la politique des Etats Unis d’une réunion à l’ONU.” Entouré des équipes diplomatiques de Bill Clinton1 (1992-1996), Obama a inversé les rôles face à McCain. Il a paru mettre l’expérience de son côté. Et c’est son rival qui est devenu au fil des jours le candidat inquiétant, peu sûr de lui. Par son slogan “le changement crédible” (”change we can believe in”), le nouveau président a annoncé la couleur : il fera son possible, tout ce qui peut réussir pour réduire les injustices, éduquer, soigner, aider les gens à se loger, à trouver un emploi, dans une approche où l’Etat joue son rôle sans pour autant révoquer l’économie de marché.

Obama est un “possibiliste”. S’il est juste de le comparer à John Kennedy, (”un réaliste brillamment déguisé en romantique”), il faut ajouter aussitôt qu’il est l’homme de son époque, le mieux en phase assurément pour plonger l’Amérique dans le bain multipolaire de ce XXIe siècle.

Sur chaque dossier ou presque, hormis l’idée directrice consistant à s’affranchir au plus vite de l’héritage Bush, Barack Obama s’en est tenu à de grandes orientations, comptant sur ses facultés de compréhension rapide pour prendre les décisions appropriées.

Porté au pouvoir sans doctrine véritablement établie, le voilà chargé du rêve américain, ouvert et souriant, préférant le calme au drame, la raison à l’excès. Il est l’homme qu’il faut. A lui d’inscrire ce moment dans la marche du temps.
Eric Fottorino

10/06/2008 - 10:02h Fed deveria se inspirar no BC do Brasil, diz ‘Le Monde’

AFP/JOSHUA ROBERTS Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, mardi 11 décembre.
Le taux de croissance brésilien devrait dépasser 4 % cette année.
Ben Bernanke, le directeur de la Fed,
devrait s’inspirer de la politique monétaire brésilienne.
Le Monde

 

 

 

 

Para jornal francês, política de juros altos adotada pelo Banco Central brasileiro saneou a economia do País

BBC Brasil

PARIS – O presidente do Federal Reserve (Banco Central norte-americano), Ben Bernanke, deveria inspirar-se na política monetária brasileira, afirma um artigo publicado nesta terça-feira, 10, no jornal francês Le Monde. O jornal destaca o recente aumento da taxa de juros de 11,75% para 12,25% imposto pelo Banco Central brasileiro e opina que a “política de juros altos saneou a economia brasileira”.

“A taxa de poupança no Brasil é o dobro da dos Estados Unidos, o déficit da balança de pagamentos é moderado, os brasileiros consomem menos do que os americanos e economizam mais. A taxa de crescimento do país deverá ultrapassar os 4% este ano”, afirma o diário. “Ben Bernanke, presidente do Fed, deveria se inspirar na política monetária brasileira.”


Remédio brasileiro

Segundo o Le Monde, a alta taxa de juros no Brasil serviu durante muito tempo para bancar investimentos em uma economia de riscos. “Hoje já não é mais o caso”, diz. “A dívida externa do Brasil é inferior a 50% de seu Produto Interno Bruto, as contas correntes estão perto do equilíbrio e o déficit público é baixo, mesmo que os juros altos aumentem a dívida do governo”.

O jornal diz que o Brasil não está mais na lista dos países de risco desde que a agência de avaliação de risco Standard & Poor’s concedeu o grau de investimento. “Os Estados Unidos estampam um grande déficit em sua balança de pagamentos e está com a moeda fraca. A taxa de poupança é baixa, às vezes negativa; o governo está mergulhado em déficits mesmo mantendo o crescimento do país”, diz.

“Uma política monetária à brasileira poderia remediar esses problemas”, conclui o Le Monde. BBC Brasil.

LE MONDE


M. Bernanke devrait s’inspirer de la Banque centrale du Brésil

Le Brésil a augmenté le 4 juin son taux d’intérêt à court terme, le Selic, de 11,75 % à 12,25 %. L’inflation, elle, devrait atteindre 5,1 % en 2008. Cette politique de taux d’intérêt réels élevés a assaini l’économie : le taux d’épargne brésilien est le double de son homologue américain, le déficit de la balance des paiements est modéré, les Brésiliens consomment moins et épargnent plus. Le taux de croissance devrait dépasser 4 % cette année. Ben Bernanke, le directeur de la Fed, devrait s’inspirer de la politique monétaire brésilienne.

Le niveau élevé des taux à court terme brésiliens a longtemps été censé rémunérer l’investissement dans une économie à risques. Ce n’est plus le cas, puisque les forts taux d’intérêt ont permis depuis 2002 de stabiliser à la fois la balance commerciale et l’économie. La dette extérieure du Brésil est inférieure à 50 % du produit intérieur brut, les comptes courants sont proches de l’équilibre et le déficit public est faible, même si des taux d’intérêt élevés accroissent la charge de la dette de l’Etat. L’agence de notation Standard & Poor’s a relevé la note accordée à la dette souveraine du Brésil, qui ne fait désormais plus partie des pays à risque. Les bons du Trésor brésiliens sont rémunérés moins d’un point de pourcentage de plus que leurs homologues américains.

Un taux Selic à 12,25 % équivaut à un taux au jour le jour américain de 10,25 %, quand le niveau actuel de celui-ci est de 2 %. Les Etats-Unis affichent un déficit excessif de la balance des paiements et le dollar est faible. Le taux d’épargne américain est faible, voire négatif ; le gouvernement est drogué aux déficits, même quand la croissance est soutenue. Une politique monétaire à la brésilienne pourrait remédier à ces problèmes.

05/11/2007 - 13:27h 17 % des Brésiliens sont sortis de l’extrême pauvreté

En 1992, près de 36 % de la population du Brésil survivait avec moins de 2 dollars par jour. Quinze ans plus tard, cette proportion a été ramenée à 19 % des 183 millions de Brésiliens. Dans un dossier d’une vingtaine de pages consacré à la croissance des inégalités dans le monde, et notamment en Asie, l’hebdomadaire américain Newsweek décerne un satisfecit au Brésil. Le pays de Lula recueille les fruits d’une politique lancée au début des années 1990 qui a permis de scolariser 97 % des enfants. S’il reste l’une des sociétés où l’écart entre riches et pauvres est le plus grand, le Brésil est aussi l’une des seules, avec le Mexique et le Chili, où cet écart se réduit. Le coefficient de Gini (où 1 correspond à l’inégalité maximale et 0 à l’égalité parfaite) y a été réduit de 5 % entre 2001 et 2006, passant de 0,59 à 0,56.

Le Monde

19/10/2007 - 12:59h Un dossier sur les retraites fait par Le Monde

  Les conditions de départ à la retraite Des régimes déficitaires Des régimes en mal de cotisants Un nouveau contexte
  Un conducteur de train attend des informations en gare de Strasbourg. | AFP/OLIVIER MORIN

AFP/OLIVIER MORIN

Un conducteur de train attend des informations en gare de Strasbourg.

Qui en bénéficie?

Les régimes spéciaux concernent en France 1,6 million de personnes, dont 500 000 cotisants et 1,1 million de retraités. La SNCF, la RATP et EDF-GDF représentent 360 000 actifs et 500 000 pensionnés.

Il existe au total une quinzaine de régimes spéciaux, tels que ceux des marins, des cultes et congrégations, des clercs et employés de notaire, de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, de l’Assemblée nationale et du Sénat, du Port autonome de Bordeaux, des personnels de l’Opéra national de Paris ou de la Comédie-Française.

Combien coûtent-ils ?

Les régimes spéciaux représentent 6 % du montant total des pensions versées chaque année.
Ils sont pour la plupart déficitaires. L’Etat (et non le régime général) doit débourser près de 5 milliards d’euros par an pour les équilibrer. En l’absence de subventions publiques ou de taxes affectées, des taux de cotisations employeurs élevés permettent l’équilibre de ces régimes.

Quel est leur origine ?

Les régimes spéciaux ont été créés pour compenser la pénibilité ou la dangerosité de certains métiers. Ils permettent également de s’adapter aux spécificités de certaines professions.

Le régime spécial de retraite des personnels de l’Opéra national de Paris a été créé en 1698 par Louis XIV. Celui des marins du commerce et de la pêche, en 1709. D’autres ont été mis en place au XIXe siècle : celui de la Banque de France (1806), de la Comédie-Française (1812), des fonctionnaires civils (1853), des chemins de fer (1855) ou des mines (1894).

Lors de la création du régime général de sécurité sociale en 1945, les bénéficiaires de ces régimes choisissent de les conserver car ils sont plus avantageux et davantage adaptés à la spécificité de leur métier. L’ordonnance du 4 octobre 1945 pose le principe du maintien d’un certain nombre de régimes spéciaux, dont la liste figure au décret du 8 juin 1946.

27/09/2007 - 19:39h Big Pictures, Blog de Corine Lesnes

Corine Lesnes est correspondante du “Monde” aux Etats-Unis depuis août 2002.

Swastika-shaped

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La marine américaine va dépenser 600.000 dollars pour camoufler ce qui ressemble à une swastika.
La configuration est invisible de la terre, sauf à s’asseoir derrière son ordinateur et à focaliser Google Earth sur le toit des baraquements de la base de Coronado, en Californie.
Mais depuis deux ans, la chose dérange un animateur de radio du Missouri.
Les architectes vont mettre des fleurs et des panneaux solaires.

Partition irakienne: l’embryon

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L’idée de partition de l’Irak ne cesse de gagner du chemin.
Aujourd’hui, 75 Sénateurs ont voté un texte recommandant la création de trois régions semi-autonomes en Irak (le plan Gelb-Biden: Plan for Iraq).
C’est la première fois qu’une idée rassemble autant de démocrates et de républicains (et aussi bien Krauthammer que David Brooks).

07/06/2007 - 17:38h Artigo do Presidente Lula no jornal Le Monde de França

G8, les pays émergents doivent être entendus, par Luiz Inacio Lula da Silva

La tenue d’un nouveau sommet élargi du G8 à Heiligendamm offre une nouvelle occasion aux dirigeants d’Afrique du Sud, du Brésil, de la Chine, de l’Inde et du Mexique d’approfondir le dialogue avec les principales puissances industrielles, entamé à Evian en 2003, sur les questions prioritaires de l’agenda international.

Ces rencontres prennent de plus en plus d’importance, notamment du fait qu’elles introduisent de nouvelles perspectives dans les débats du G8. Je suis convaincu que le changement climatique, le développement durable, les sources nouvelles et renouvelables d’énergie et le financement pour le développement sont des thèmes sur lesquels les principaux pays émergents devront être davantage écoutés. En effet, non seulement les populations de nos pays sont concernées, mais nos pays ont la capacité de formuler et de mettre en oeuvre des propositions innovantes pour répondre à ces multiples défis.

La transformation des biocarburants en commodities internationales est un exemple de la façon dont nous joignons nos efforts pour trouver des réponses coordonnées. La diffusion de l’usage de l’éthanol et du biodiesel aide à démocratiser l’accès à l’énergie en diminuant la dépendance mondiale à l’égard des réserves d’hydrocarbures. En même temps, elle contribue à réduire les émissions de gaz polluants et les effets du changement climatique qui nous affectent tous.

L’essor des biocarburants est très important pour les pays en voie de développement. Grâce à leur immense potentiel de création d’emplois et de revenus, ils offrent une véritable possibilité de développement durable, en particulier pour les pays qui dépendent de l’exportation de quelques matières premières. En même temps, l’éthanol et le biodiesel ouvrent d’importantes perspectives de développement, surtout pour les industries biochimiques. Ce sont des alternatives économiques, sociales et technologiques qui s’offrent aux pays économiquement pauvres, mais riches en soleil et en terres arables.

Les critiques selon lesquelles les biocarburants peuvent affecter la sécurité alimentaire ou aggraver les changements climatiques se fondent sur un postulat erroné. Si les pays adoptent des cultures adaptées à leurs réalités et à leurs besoins, les biocarburants peuvent aller de pair avec la sécurité alimentaire et la préservation de l’environnement. Un système de contrôle public rigoureux, s’appuyant sur des accords multilatéraux, préservera l’environnement et des conditions décentes de travail. L’équilibre entre la petite propriété familiale et les grandes plantations peut aussi être garanti, comme le prévoit la législation brésilienne. C’est une expérience que nous partageons avec nos voisins de l’Amérique latine et des Caraïbes et avec nos frères africains.

Pour atteindre les objectifs de développements du Millénaire, il sera aussi nécessaire de multiplier des mécanismes financiers innovants capables d’assurer les ressources nécessaires à la transformation des conditions de vie de millions de personnes marginalisées. La contribution de solidarité internationale sur les billets d’avion est un petit exemple de ce qui peut être fait, comme cela a été établi lors de la création de la Centrale internationale pour l’achat de médicaments (Unitaid).

Ce sommet élargi nous offre l’occasion de formuler des stratégies intégrées mondialement pour faire face aux grandes menaces planétaires. Il n’y aura pas de développement durable, d’harmonie environnementale ni de sécurité pérenne si nous ne parvenons pas à éliminer la faim et l’extrême inégalité sociale. C’est pour cela que les négociations commerciales multilatérales doivent avancer. Nous avons besoin d’un véritable cycle du développement au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Avec des résultats qui apportent aux pays les plus nécessiteux les bénéfices, maintes fois promis mais jamais pleinement concrétisés, de la libéralisation des échanges.

La meilleure preuve de notre capacité à forger une bonne gouvernance vraiment globale réside sans doute dans le partage des responsabilités et des frais liés aux changements qui ne peuvent plus être remis. Ces responsabilités, bien que distinctes, sont copartagées. Quand nous parlons de réchauffement climatique ou de négociations commerciales multilatérales, nous ne pouvons traiter sur le même plan des pays ayant des capacités et des responsabilités aussi inégales. Ainsi, la légitime protection de la propriété intellectuelle, qui se trouve à l’ordre du jour du G8, ne saurait écarter l’impératif éthique de garantir des médicaments de première nécessité à des prix abordables.

Le Brésil a conscience de ses obligations, et il est engagé dans tous ces projets. C’est pour cette raison que nous sommes persuadés que le dialogue élargi du G8 restera indispensable à la consolidation d’un agenda commun des intérêts et des défis auxquels toute la planète est confrontée. La constitution d’un forum permanent entre les pays en voie de développement et les pays développés pour traiter des questions essentielles du monde d’aujourd’hui aidera à rendre la globalisation moins asymétrique et plus solidaire.

Luiz Inacio Lula da Silva est président du Brésil. Versão portuguesa