16/05/2008 - 14:58h A longa marcha contra a discriminação

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Bacon – Duas figuras

Les Fifties et l’homosexualité

“ce fléau qu’est l’homosexualité, fléau contre lequel nous avons le devoir de protéger nos enfants”

Paul Mirguet, député, juillet 1960

(mais…)

21/04/2008 - 18:38h França: “Déclaration de principes” du PS: enfin du nouveau?

Jean Jaures falando em Prè Saint-Gervais
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C’est la feuille de route du Parti socialiste. Débattue pendant de longs mois au sein de la commission présidée par Alain Bergounioux, elle sera soumise au vote de la convention nationale le 14 juin prochain; avant d’être entérinée au congrès de novembre. Au menu: fini les références révolutionnaires, vive “l’économie de marché régulée” d’un “parti réformiste” qui défend le “socialisme démocratique”.

En un siècle, cinq déclarations de principes pour marquer les grandes évolutions

En un siècle, les socialistes ont élaboré à cinq reprises (1905, 1946, 1969, 1990 et 2008) une “déclaration de principes”, sorte de vade-mecum idéologique qui trace les grandes perspectives pour les années à venir. S’il est vrai que la politique est une histoire d’hommes et d’idées, alors celles du PS se trouvent ici. Mieux: si l’on considère l’adage d’Antonio Gramsci toujours vrai -la victoire idéologique précède la victoire politique-, ce texte est censé être la première pierre d’une rénovation attendue par beaucoup.

Outre le préambule, il se découpe en trois parties: nos finalités fondamentales, nos objectifs pour le XXIe siècle, notre parti socialiste, elles-mêmes divisées en 21 articles.


Fin de la référence révolutionnaire

Alors que le PS a toujours inscrit dans ses références la “révolution”, il abandonne ici la notion, en dehors d’une allusion, dans le préambule, aux principes fondateurs de la Révolution française. Même s’il s’agit de “bâtir un monde nouveau et meilleur”, l’héritage du PS est désormais strictement balisée par le cheminement suivant:

“Il revendique le souvenir de la Commune, l’héritage de la République et de son œuvre démocratique, des grandes conquêtes sociales du Front populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé.”

Bref, une histoire de gauche complètement intégrée à celle des cinq républiques françaises. A cet égard, la première partie du document est très nettement articulée autour des valeurs consensuelles de la République, revisitées dans une hiérarchie “progressiste” rappelée au début de l’article 2:

“L’égalité est au cœur de notre idéal. Cette quête n’a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature.”

La fraternité disparaît donc au profit d’une humanité universelle.


Le socialisme démocratique, c’est quoi?

Pour reconstruire une histoire idéologique du PS, sa narration, les penseurs socialistes ont renouvelé le genre en détournant des concepts anciens. Au centre de ce lifting, la notion de “socialisme démocratique” revue et corrigée. Là encore, l’idée est détaillée dans le préambule:

“Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l’action, un avenir pour l’humanité. Sa nature est ‘d’aller à l’idéal et de comprendre le réel’, d’inventer le futur et de travailler dans le présent, d’assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine.”

En somme, le “socialisme démocratique” serait le “story telling” du PS, son récit en cours de tournage. Avec un contenu, immédiatement fourni dans le premier article du texte, qui mérite à lui seul d’être intégralement cité:

“Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète.”

Personne et planète: binôme indispensable de toute plate-forme de pensées contemporaines.


L’écologie au cœur de la démarche d’émancipation de l’Homme

Est-ce là l’aspect le plus novateur de cette déclaration d’intentions? En tout cas, les rédacteurs n’ont pas lésiné sur les références appuyées au “deep thinking” du monde: sans respect de la nature, l’homme n’est plus rien.Préambule:

“Bâtir un monde nouveau et meilleur, obéissant à la dignité de l’homme et assurant la sauvegarde de la planète, est la tâche première des socialistes…”

Article 3:

“Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles.”

Article 4:

“Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète.”

Article 6:

“Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux.”

Article 7:

“Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production.”

Alors, fini le productivisme? La foi dans le progrès et la technologie? Pas tout à fait, si l’on lit attentivement cette dernière phrase de l’article 7 où “manière” et “contenu” de la production voisinent avec “quantité des richesses produites”. Mais le PS se met à la page (article 4) avec les “nano- et biotechnologies”, “l’ingéniérie génétique”, le “principe de précaution”… Une alliance avec les Verts serait-elle dans les cartons?


Vers une social-démocratie à la française?

Du “parti révolutionnaire” (historique) au “parti de la transformation sociale” (1990), voici le Parti socialiste devenu en 2008 un “parti réformiste”, comme l’indique l’article 13:

“Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’histoire.”

Ou encore le dépassement de la contradiction initiale du capitalisme, article 7:

“Les socialistes refusent une société duale où certains tireraient leurs revenus de l’emploi et d’autres seraient enfermés dans l’assistance.”

Le courant strauss-kahnien semble donc avoir définitivement imprimé sa marque dans la définition du rapport à l’économie, avec le tracé d’une social-démocratie à la française. Même si les compromis accordés aux Fabiusiens truffent le texte:

Article 6:

“Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier.”

Ou encore, Article 8:

“Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’Etat social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité.”

Réformiste donc, mais aussi et dans l’ordre parti “républicain”, “laïque”, “décentralisateur”, “européen”, “internationaliste”, “populaire”, “démocratique” et enfin, “des cultures de la gauche”. Ultime concession faite aux différents courants de la rue de Solférino?


Qui incarnera le mieux les valeurs déclinées: Ségolène, François, Bertrand…?

Au petit jeu des devinettes qui vont agiter les militants socialistes dans les prochains mois, il est intéressant de relever les différentes valeurs décrites dans la déclaration, comme si ses rédacteurs avaient voulu dessiner le pourtour d’un discours que le prochain premier secrétaire devra incarner. Au menu, d’abord la paix dans le monde, article 9:

“Lutter pour la paix, la sécurité collective et le codéveloppement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence.”

La France, “pays ouvert”, luttant en faveur des “droits de l’homme” et contre “toutes les discriminations”. “Pluralisme et indépendance de l’information dans les médias”, laïcité comme “une condition de notre vivre ensemble” et défense des “grands principes de la Justice”, le PS “met la culture au centre de ses valeurs”. Proposition audacieuse… qui se rapproche beaucoup du programme présidentiel du PS auquel la candidate ne croyait pas tant que ça.

Dernier point: le fair-play auquel chaque prétendant devra s’astreindre, article 20:

“Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux.”

Vraiment à tous les niveaux?…

20/08/2007 - 20:04h Não é só no Brasil: "La presse a mauvais presse" diz o jornal Libération

Droit d’intervention

Par Laurent JoffrinLibération (France)

Les médias sont dans la tourmente. Une révolution technologique d’une rapidité inouïe les secoue pendant que leurs anciens équilibres économiques vacillent. Mais ils sont aussi et surtout bousculés par ceux-là même dont ils dépendent : les citoyens-lecteurs, qui exigent d’eux des changements radicaux. La vraie crise des médias est là, dans le rapport journalistes-citoyens. On le voit dans les enquêtes d’opinion, dans les pages courrier des journaux et surtout sur les sites d’information en ligne. C’est le cinquième «changement d’ère» détaillé cet été par Libération. Il n’est guère agréable pour notre profession. Mais l’épreuve est aussi salutaire. Constatation élémentaire, valable depuis au moins dix ans : dans l’opinion, la presse a mauvaise presse. Chaque année, le journal La Croix étudie avec la Sofres la confiance accordée aux médias. Le résultat n’a rien de rassurant : le nombre de ceux qui se défient des journalistes dépasse régulièrement les 40 %. Souvent, il est majoritaire. Certes la radio tire son épingle du jeu. Certes Internet a gagné un début de crédit face aux médias «officiels». Mais ce sont piètres consolations. Que dirait-on d’une industrie dont 40 % des consommateurs se défient ? Où en serait la construction automobile si plus d’un tiers des conducteurs jugeaient leur véhicule dangereux ? Et les laboratoires pharmaceutiques, si les patients ne croyaient pas dans les médicaments ? C’est pourtant le score constant obtenu depuis dix ans par l’industrie de l’information. Certains pensent que le salut viendra d’Internet. Il est vrai, qu’outre ses immenses capacités techniques, le réseau renverse le rapport entre producteur et consommateur d’information. Il offre une liberté de choix inédite et permet à tout un chacun de se faire journaliste. Le «citizen-journalism» y fleurit donc. Offre-t-il pour autant une solution à la crise de confiance qui frappe l’information mondiale ? Ce n’est pas sûr. «Le socialisme ne marchera pas, disait Oscar Wilde, il prend trop de soirées.» Comme souvent chez le prisonnier-poète de Reading, la boutade est profonde. La construction d’une société nouvelle exige une mobilisation totale des citoyens. Rare défi. Ainsi en va-t-il du «journalisme citoyen». L’écriture de l’information, petite ou grande, demande discipline, savoir-faire et longues journées. Tout citoyen est capable de le faire : il doit toutefois s’y consacrer entièrement, à l’image d’un professionnel. Faute de quoi, comme le montre notre enquête, la rumeur et la fausse nouvelle viennent infester la «contre-information» bien plus vite qu’elles ne se manifestent dans le «journalisme officiel». Ainsi la première complétera le deuxième. Il ne le remplacera pas. Non, le journalisme se sauvera d’abord lui-même. Dans les efforts pour préserver ou conquérir l’indépendance face aux pouvoirs, bien sûr. Mais surtout dans l’établissement d’un lien nouveau avec les lecteurs, les auditeurs et les spectateurs. Un lien où l’humilité et la rigueur des journalistes deviennent la règle et le droit d’intervention des lecteurs la coutume. Un lien égalitaire, où ceux qui émettent l’information ne sont plus en surplomb par rapport à ceux qui la reçoivent. A cette condition seulement, les citoyens se réconcilieront avec leurs médias. Et les médias survivront.

Enviado por Carlos