25/10/2008 - 16:15h La rue et la gauche se mobilisent contre Silvio Berlusconi

LE MONDE

Manifestation d'étudiants de l'université de La Sapienza à Rome, le 23 octobre 2008.
AFP/ANDREAS SOLARO Manifestation d’étudiants de l’université de La Sapienza à Rome, le 23 octobre 2008.

ROME CORRESPONDANT

Jusqu’à présent, il a fait ce qu’il voulait ou presque. Depuis son élection à la présidence du conseil italien, Silvio Berlusconi a imposé le rythme et les thèmes de la vie politique italienne sans avoir à craindre que quiconque ne le fasse choir du piédestal où il trône, fort d’une cote de popularité à 60 %. La rue ? Muette au point que le cinéaste Nanni Moretti a parlé de “disparition de l’opinion publique”. La crise ? Traversée sans dommages pour son image, donnant des conseils boursiers aux petits actionnaires (”Ne vendez pas”) et des assurances aux banques (”L’Etat garantira l’épargne”). La gauche ? Trop faible, trop divisée pour compter.

Aujourd’hui, la rue se réveille. Depuis plusieurs jours, des dizaines de milliers de professeurs, d’étudiants, de lycéens battent quotidiennement les pavés des grandes villes contre la réforme conduite par la ministre de l’instruction, Mariastella Gelmini. Elle prévoit des coupes budgétaires de plusieurs milliards d’euros et la suppression d’environ 140 000 postes dans les prochaines années. Les manifestations ont pris un tour plus violent, illustré par des heurts avec la police, notamment à Milan.

Le “Cavaliere” a menacé de faire intervenir la police pour évacuer les contestataires qui bloquent les lycées et universités. Mais ces déclarations martiales n’ont pas convaincu les étudiants de renoncer à leur action. Au contraire : “Non seulement la mobilisation continue, mais elle augmente. C’est désormais la société dans son ensemble qui se rend compte que le gouvernement met en danger le développement économique du pays”, affirme un communiqué de l’Union des étudiants italiens (UDU). Deux grèves sont annoncées : le 30 octobre dans les écoles et les lycées ; le 14 novembre dans les universités. Jeudi 23 octobre, M. Berlusconi a démenti tout projet de recours à la force, et Mme Gelmini s’est dite prête à recevoir les syndicats et les parents d’élèves. Une première tentative de dialogue ?

A cours d’argument et craignant que cette contestation ne finisse par agir comme un acide sur ses bons sondages, M. Berlusconi s’en est pris à ses cibles habituelles : médias et centre-gauche. Aux premiers, il reproche de “diffuser l’angoisse” et des fausses nouvelles ; au second, de chercher dans la rue une revanche à son échec dans les urnes lors des élections générales d’avril.

C’est une première. Après avoir moqué son principal adversaire, le président du conseil semble lui reconnaître un rôle d’opposant qu’il refusait jusqu’alors de lui accorder. Rendu inaudible et humilié par sa défaite au scrutin d’avril, le centre paraît retrouver une visibilité et une crédibilité que les sondages ne traduisent pas encore. Walter Veltroni, secrétaire général du Parti démocrate, après nombre tâtonnements, semble avoir trouvé la voie d’une opposition résolue qui n’hypothèque pas la possibilité d’un dialogue. Ayant retrouvé son rang de premier opposant au président du conseil, M. Veltroni doit en apporter la preuve chiffrée, en rassemblant un million de personnes – objectif ambitieux qu’il s’est lui même fixé -, samedi 25 octobre, à Rome, contre la politique de M. Berlusconi. Un chiffre que les capacités de mobilisation de l’appareil et un comptage généreux devraient lui permettre d’atteindre.

UNE PREMIÈRE

Pour en arriver là, M. Veltroni a dû faire violence à sa réputation d’homme indécis. Après avoir supporté sans trop broncher les critiques de son principal allié, Antonio Di Pietro, leader du parti de l’Italie des valeurs (IDV), qui lui contestait le leadership de l’opposition au nom d’une vision plus intransigeante de l’antiberlusconisme, l’ancien maire de Rome a rompu son alliance. Une manière de clarifier la ligne du parti et de l’ancrer résolument au centre gauche. “Collaborateur”, lui a lancé M. Di Pietro.

Le succès de ce rassemblement ne signifie pas forcément la fin des contestations pour M. Veltroni. Décrit dans les médias proches du pouvoir comme un homme hésitant et peu charismatique, le secrétaire général du PD doit compter sur une opposition interne active. Certains dans le parti, dont l’autre poids lourd Massimo D’Alema, n’hésitent pas à parier sur une cuisante défaite du PD aux élections européennes, entraînant du même coup le départ de son actuel secrétaire général.

M. Berlusconi, qui connaît les ressorts humains et les arcanes de la politique italienne, le sait mieux que quiconque. La coalition des contestations – une première depuis son élection – peut encore se rompre sous la pression des divisions internes de ses opposants.
Philippe Ridet

10/04/2008 - 18:47h La contestation lycéenne contre les suppressions de postes prend de l’ampleur

AFP/BERTRAND GUAY
“On a atteint d’une certaine manière le point de non retour”, a expliqué le président de l’UNL, Florian Lecoultre.

Le Monde

Pour la cinquième fois en deux semaines, les lycéens se sont mobilisés, jeudi 10 avril, pour dénoncer les suppressions de postes dans l’éducation nationale. A Paris, de 30 000 à 40 000 manifestants, selon l’Union nationale lycéenne (UNL), étaient au départ du cortège reliant le jardin du Luxembourg à la station de métro Saint-François-Xavier, à proximité du ministère de l’éducation. La police avance le chiffre de 19 000 manifestants, soit deux fois plus que mardi.

En province, la mobilisation a aussi pris de l’ampleur. 5 500 lycéens et 400 fonctionnaires ont défilé dans la matinée à Grenoble, selon la préfecture de l’Isère. De légers incidents ont éclaté à la fin du défilé. A Lyon, un millier de lycéens ont défilé, soit le double de la manifestation de mardi. A Toulouse, les manifestants étaient 3 000 selon les organisateurs et 1 700 d’après la police, contre 400 il y a deux jours.

“ON A TOUS EU 16-20 ANS”

L’UNL et la Fédération indépendante lycéenne (FIDL) ont reçu le soutien d’une quinzaine d’organisations syndicales, d’enseignants, d’étudiants et de parents d’élèves. Dans un communiqué conjoint diffusé mercredi soir, ils ont réaffirmé leur “volonté commune de défendre le service public d’éducation aujourd’hui menacé”, notamment par les 11 200 suppressions de postes prévues cette année, dont environ 8 500 postes d’enseignants. Le secondaire devrait à lui seul perdre environ 8 800 postes.

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Pour le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, interrogé jeudi par Le Parisien, “le nombre de manifestants évolue dans des proportions raisonnables et reste très concentré sur l’Ile-de-France”. “Derrière l’écran parisien, moins de 2 % des lycées du pays sont bloqués”, assure-t-il. “On a tous eu 16-20 ans, tous pu être inquiets pour notre avenir. C’est naturel, inévitable même”, a ajouté le ministre. Un ton mâtiné de “paternalisme pour le moins poussiéreux”, accuse le Parti communiste dans un communiqué.
Selon le président de l’UNL, Florian Lecoultre, qui s’exprimait jeudi sur LCI, “en plus de cinq ans, on a accumulé 50 000 postes perdus”. “On a atteint d’une certaine manière le point de non-retour car à plus de trente-cinq par classe dans la plupart des établissements, c’est impossible d’étudier en terminale”, a ajouté le leader du syndicat lycéen.

Xavier Darcos justifie les réductions d’effectifs annoncées par les évolutions démographiques. Les effectifs du second degré ont baissé de 145 000 élèves en trois ans, et devraient encore reculer de 40 000 à la rentrée prochaine.

19/11/2007 - 15:05h Terça-feira de muita greve na França, em Paris "ça marche"

Une assemblée générale de cheminots à la gare de Caen, le 15 Novembre 2007. |AFP/MYCHELE DANIAU

Une assemblée générale de cheminots à la gare de Caen, le 15 Novembre 2007.

AFP/MYCHELE DANIAU

Terça-feira de greve na França. Até os jornais vão parar. Após seis dias de greve nos transportes, o movimento vai atingir os servidores públicos, incluindo os professores, além de convergir com greves e ocupações de universidades e escolas.

Em Paris muita caminhada e bicicleta, pouco transporte público.

Endurecimento da base grevista e também do governo que procura negociar sem perder a face.

Sindicatos mobilizados contra uma reforma que concerne uma pequena minoria, porem que sinaliza uma resistência preventiva ao programa anti-social da direita francesa.

As comparações com Thatcher e os mineiros, por vezes evocada na mídia, parecem exageradas. Nem Sarkozy tem a força da “Dama de ferro”, nem os sindicatos a capacidade de luta e de organização dos mineiros ingleses da época.

A surpresa é o relativo vigor da contestação ao presidente recentemente eleito com votação majoritária expressiva. A agitação de Sarkozy parece ter exacerbado a irritação de uma boa parte da população, incluso de uma parte da própria direita, descontente com as bajulações empolgadas a Bush e a presença de ministros oriundos da esquerda.

Nicolas Sarkozy ataca em vários front ao mesmo tempo e dá palpite em permanência, ofuscando o primeiro ministro e aparecendo em primeira linha. O desgaste pode ser mais rápido. A menos que seu calculo seja a de provocar uma radicalização para recolher os frutos mais na frente, nas eleições municipais previstas em poucos meses.

LF

Les AG de cheminots reconduisent la grève et cherchent l’unité avec les fonctionnaires

Le Monde

Cheminots et fonctionnaires se retrouveront finalement dans une journée de grève commune, mardi 20 novembre. Au sixième jour du conflit, l’ensemble des assemblées générales qui se sont tenues à la RATP, lundi, ont en effet toutes reconduites la grève pour 24 heures, ainsi que les premières assemblées générales qui ont eu lieu à la SNCF.

“Les AG qui se sont tenues lundi matin étaient plus massives que celles de vendredi. Elles ont duré plus longtemps du fait des annonces de ce week-end et ont toutes reconduit la grève pour 24 heures à quelque 96 % des participants”
, a déclaré Eric Falempin, secrétaire général de FO cheminots. Le taux de grévistes à la SNCF était en légère baisse lundi, selon le direction, à 26,2 % contre 32,2 % vendredi.

A la RATP, selon la CGT, si certaines assemblées ont envisagé de suspendre le mouvement pendant les négociations qui doivent commencer mercredi matin, la plupart voulait, mardi, “une convergence des luttes” avec la journée de grève des fonctionnaires. Le 20 novembre a en effet été choisi par les fédérations de fonctionnaires depuis le 22 octobre pour organiser une journée d’action pour “les salaires, l’emploi et le service public”. Ces derniers revendiquent notamment l’ouverture de négociations sur leur pouvoir d’achat.

LE MÉLANGE “FACILITE LA TÂCHE” DU GOUVERNEMENT

Les deux mouvements de lutte vont donc converger mardi, le secrétaire général de la CGT cheminots ayant même indiqué qu’une délégation de cheminots participera à la manifestation des fonctionnaires “dans le respect des positions des uns et des autres”. “Nous n’avons aucun intérêt à brouiller leur message, ni à casser leur unité syndicale et cela doit se faire en parfait accord entre les syndicats de cheminots et de fonctionnaires”, a estimé Didier Le Reste. Mais ce mélange a été déploré lundi, sur RTL, par le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, pour qui les syndicats les plus radicaux entendent, par là,“faire un mouvement politique”.

Quand on politise un mouvement social, on “facilite la tâche” du gouvernement, a-t-il estimé. “Quand on mélange tout, on a face à nous un gouvernement qui choisit de répondre à ce qui l’intéresse, or pour nous, demain, le sujet qui nous intéresse, le gros problème des Français, c’est le pouvoir d’achat, (…) et on donne l’occasion au gouvernement de ne pas en parler”, a-t-il expliqué car “il est plus facile pour le gouvernement d’avoir ce mouvement globalisant et politique que de répondre demain concrètement aux problèmes des fonctionnaires”. La jonction aura donc lieu, mais sans la CFDT qui, comme annoncé dès le 22 octobre, a retiré son préavis de grève à la SNCF pour ne pas mélanger les mouvements.

NÉGOCIER “LE PLUS VITE POSSIBLE”

Le secrétaire général de la CFDT a demandé que les négociations entre la direction de la SNCF et les syndicats commencent au plus vite.“Aujourd’hui, on est dans une situation assez étonnante : on fait une grève pour attendre une négociation qui a lieu dans deux jours”, s’est étonné M. Chérèque. “On gêne de plus en plus les usagers (…) alors qu’on pourrait hâter le pas, négocier dès ce matin”, affirme le syndicaliste, soulignant qu’“à EDF les négociations sont ouvertes depuis vendredi, à la RATP elles sont ouvertes depuis la semaine dernière, y compris avec les syndicats qui sont en grève.”

Le secrétaire général de FO cheminots, Eric Falempin, et le secrétaire fédéral de SUD-Rail, Christian Mahieux, se sont également dits prêts à débuter des négociations avant mercredi.“Si la direction de la SNCF et le gouvernement veulent avancer cette réunion, les cheminots sont prêts. Nous souhaitons évidemment que les discussions commencent le plus vite possible”, a déclaré M.Mahieux sur LCI.