01/11/2008 - 18:52h Porno verde
Pour convaincre la commission européenne de voter pour des mesures contre la déforestation, Greenpeace vient de diffuser un film porno. Les acteurs sont très… verts ?
Un petit film X avec seulement des arbres ? Oui, c’est possible. Cet été, suite à une pétition lancée contre l’exploitation illégale du bois, Greenpeace a décidé de lancer en image sa déclaration d’amour aux arbres. Un réalisateur a donc filmé des chênes, des hêtres et des chataigniers, à fleur d’écorces, en faisant bouger leurs branches et se caresser les feuillages de la façon la plus suggestive possible… Quelques fentes bien placées sur des troncs, un rameau fourchu en gros plan et une bande-son faite de râles suffisent à mettre la forêt en feu. Regardez :
Sur Internet, certains écologistes rigolards protestent contre l’abus dont sont victimes les acteurs de cette vidéo porno. Les arbres ont-ils au moins signé un contrat pour ce tournage ? Signe des temps : les arbres ne sont pas les seuls objets de détournements érotiques. Sur le site Greendaily (qui donne chaque jour des nouvelles extrêmement catastrophiques de l’état du monde), on se permet régulièrement de publier des articles humoristiques sur «comment faire l’amour en respectant l’environnement».
Sous le titre «Soyez bio-obscène», Maggie Milstein suggère par exemple de faire l’amour sur des matelas bourrés de coton naturel (sans pesticides), d’utiliser des godes sans piles faits en verre ou des fouets aux lanières découpées dans du caoutchouc recyclé (ça existe). Elle conseille même de se lubrifier avec des gels bios… «Mais n’oubliez pas qu’avant tout, faire l’amour c’est la meilleure manière d’aimer la nature», conclut la journaliste.
Pour en revenir au problème de la déforestation, Greenpeace espère bien convaincre par le charme un maximum de gens à envoyer du courrier à Bruxelles. But du jeu : faire pression sur le Président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, afin qu’il interdise l’importation de bois d’origine douteuse. Une autre vidéo, beaucoup plus romantique celle-là, a d’ailleurs été envoyée à Bruxelles pour enfoncer le clou. Son message est clair, alors je le reproduis ici :
«Aujourd’hui, l’Europe achète ouvertement du bois illégalement coupé dans des forêts. Ce qui signifie que les bois que nous utilisons chaque jour, proviennent peut-être de coupes pratiquées dans la forêt amazonienne au Brésil ou au Congo. Des millions de gens sont menacés par la déforestation, sans compter les animaux. Les jaguars, les orang-outangs, les gorilles disparaissent. Et nous en sommes les complices involontaires. Un vote crucial est entre vos mains. Le climat change et nous allons léguer à nos enfants un monde sans forêts.»
Merci à Bernard Blanc, qui lutte pour nous tous.
Source les 400 culs
31/05/2008 - 20:41h Richard Kern aime les fleurs
Il était le maitre de l’underground new-yorkais. Il s’est reconverti dans le porno soft. Que reste-t-il de Richard Kern? Son oeuvre sort en DVD.

Ex-toxico nihiliste, maintenant photographe mondialement connu, Richard Kern a fait du cinéma comme on fait un doigt d’honneur. Dans les années 80, certaines projections sont attaquées par des gens de droite et des féministes. A l’époque, il filme ses copains qui jouent aux tueurs schizophrènes avec des flingues convertis en sextoys, hurlent des insanités et se roulent dans des bains de sang avec une rage aphrodisiaque… Quel contraste. Voilà Richard Kern de retour avec des vidéos de nymphettes qui lèchent gentiment leurs seins. Le pire, c’est que ça a du charme.
Son œuvre commence dans l’illumination… «Un après-midi de 1971, j’ai raté mes cours pour aller faire de l’auto-stop sur l’interstate 95. Une vieille bagnole s’est arrêtée, pleine de New-Yorkaises glam, revenant de Floride. Elles m’ont parlé de rock-stars avec qui elles avaient baisé. Elles avaient des pantalons moulants en vinyle, des shorts lacérés et des chaussures à plate-forme qui contenaient à peine leur extrème vitalité. Elles avaient à peine 18-19 ans et moi je suis resté avec la machoire décrochée.»
Richard Kern décide d’aller à NY. Avec son père – éditeur d’un magazine de province – il photographiait déjà les courses de voiture et les fêtes locales. A partir de 1979, il photographie tout ce qui se passe entre ses deux premiers appartements de NY. Le premier est un 6 pièces au 529 E.13th Street entre les Avenues A et B. Dans son immeuble, il y a trois dealers de drogue, deux galeries et quelques artistes désargentés comme lui. Richard Kern s’achète une caméra super 8 pour 5 dollars et se met à filmer ses amis lors de «performances» maison.
Ses films sont projetés sur les murs pendant de grandes «acid parties» dégénérées, sur des musiques style Cop shoot cop ou Sonic Youth : ça crache. On y retrouve la pin-up du Hate Punk (Lung Leg), l’icône du No Wave (Lydia Lunch) et les acteurs d’un cinéma auto-proclamé de la transgression… Dans Submit to Me (1985), les voilà qui se mettent en scène dans des parodies violentes de suicide ou de SM. Dans Fingered, Lydia Lunch se fait prendre par derrière sur un capot de voiture, un revolver entre les mains, hurlante. Dans You killed me first (1985), une sauvageonne troue de balles ses parents avec un plaisir non-dissimulé. Dans Thrust in me (1984), un Nosferatu punk - Nick Zedd - s’essuie les fesses avec des images du Christ puis pratique une fellation post-mortem sur le cadavre de sa petite copine qui flotte dans la baignoire. Etc.
Le «méchant voyeur» s’est transformé en époux heureux et en papa comblé. Il fait des photos de nu pour gagner sa vie, avec des modèles à son image : très démagogiquement excitantes. Un doigt dans la bouche (ou un gode vert fluo), elles se caressent et font minette en regardant la caméra gentiment… C’est presque mièvre. Pour donner du rythme il y a quand même la musique - géniale - de Thurston Moore (Sonic Youth). Rien que pour cette musique, contrastant avec ces images de jeunes filles en fleur qui font les cochonnes, ça vaut le coup. Un régal qui nous console presque d’entendre Richard Kern rejeter toute sa période de créativité : “Ca correspond à une période très noire de ma vie, où je ne m’aimais pas. Maintenant, je suis passé à autre chose. A quoi bon gacher ma vie en restant dépressif et agressif ?».
L’oeuvre intégrale est éditée en 4 DVD par Le Chat qui fume.
Promo pack : 30,97 euros (Hardcore extended + Extra action)
Hardcore Extended (2 DVD) : 19,99 euros
Extra Action (1 DVD) : 14,99 euros
Source Blog de Libération, les 400 culs

