04/01/2009 - 15:04h France: Quatre figures socialistes se détachent pour incarner l’alternative

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Ségolène Royal, Martine Aubry, Dominique Strauss-Khan e Bertrand Delanoë
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En portant à sa tête Martine Aubry, le Parti socialiste s’est doté d’une première secrétaire mais il n’a pas encore réglé la question de son incarnation dans l’opinion. En particulier dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012.

A travers les sondages, quatre dirigeants socialistes se dégagent nettement ; deux femmes (Martine Aubry, Ségolène Royal) et deux hommes (Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn). “Les unes et les autres fondent leur popularité sur des registres différents”, souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département Opinion de l’IFOP. “Rivales directes pour la direction du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal se situent dans l’action alors que le maire de Paris et “DSK” s’inscrivent plus en retrait, voire en recours.”

Malgré le climat délétère du congrès de Reims en novembre 2008, la nouvelle première secrétaire enregistre une forte hausse de sa popularité dans les sondages. En un mois, elle a gagné neuf points dans le baromètre Paris Match-IFOP publié dans l’hebdomadaire le 18 décembre, où elle atteint 66 % de bonnes opinions. Elle plafonnait à 20 % en juillet 2006. “Le pays a tellement besoin de se dire qu’il peut exister une alternative face au président de la République, que Martine Aubry ne peut que bénéficier d’un a priori positif”, souligne Stéphane Rozès, directeur général de l’Institut CSA.

Le positionnement “à gauche” de la maire de Lille est notamment confirmé par la bonne opinion dont elle bénéficie auprès de l’électorat communiste. “Martine Aubry s’inscrit dans une logique d’ascension ; elle dispose de six mois pour construire sa crédibilité”, estime Brice Teinturier, directeur du département stratégies d’opinion de TNS-Sofres.

“DÉFICIT DE CRÉDIBILITÉ”

La percée de la première secrétaire s’est opérée en partie au détriment de Mme Royal, dont la popularité globale a perdu du terrain. Mais elle semble avoir conservé ses positions dans l’électorat socialiste. Appréciée parmi les jeunes et les milieux modestes, impopulaire chez les cadres et les diplômés, la présidente de la région Poitou-Charentes présente des caractéristiques atypiques par rapport au PS. Selon M. Teinturier (Sofres), les chances futures de Mme Royal dépendent “de sa capacité à dépasser son statut d’ancienne candidate à l’élection présidentielle et à remédier à son déficit de crédibilité” face à Mme Aubry qui, ajoute-t-il, “s’est relancée grâce à sa réélection à Lille et son accession à la tête du PS”.

N’ayant pas su s’imposer lors du congrès de Reims, M. Delanoë a reculé dans les sondages mais il demeure la personnalité socialiste la plus appréciée. La popularité du maire de Paris apparaît socialement et géographiquement très homogène. “Pourtant, cette image consensuelle pose problème, car elle manque d’aspérités et de points de fixation”, juge M. Fourquet à l’IFOP. “En dépit de sa cote, qui reste forte, le maire de Paris aura du mal à rebondir”, considère, de son côté, M. Teinturier.

A l’écart des affres du congrès de Reims, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, conserve une très bonne image dans l’opinion. Diriger une institution phare dans la crise mondiale ne peut que renforcer une image de compétence en matière économique, acquise en tant que ministre des finances pendant une période de croissance.

Les spécialistes des études d’opinion comparent le statut politique de “DSK” à celui de Jacques Delors lorsqu’il présidait l’Union européenne, dans les années 1990. “La densité du soutien dont dispose Dominique Strauss-Kahn n’est pas aussi forte que s’il devait affronter les vicissitudes de la politique nationale. Que se passerait-il s’il revenait en France pour y jouer un rôle actif ?”, se demande toutefois M. Rozès.

M. Teinturier, quant à lui, observe que les principaux soutiens de “DSK” “se trouvent parmi des catégories - les personnes âgées, les sympathisants de droite, les cadres et professions libérales - qui ne votent pas le plus à gauche”…

Dans une élection présidentielle, résume M. Fourquet, “Martine Aubry et Ségolène Royal apparaissent comme des candidates de premier tour alors que Bertrand Delanoë et DSK semblent plus adaptés pour affronter un second tour”.
Jean-Michel Normand

28/11/2008 - 17:13h Ségolène, la madone des Escalator, par Christian Salmon

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par Christian Salmon* - Le MondeChaque homme politique emprunte ses signes à son époque, ses moyens de communication et même de locomotion. Il y a eu les grands marins, les cavaliers, les aviateurs. Bonaparte au pont d’Arcole faisait corps avec un cheval. Lénine et Trotski se déplaçaient dans un train blindé. George W. Bush descend d’un avion de chasse, un casque d’aviateur à la main. Churchill s’enfonce pour toujours dans une limousine noire. Quant à de Gaulle, son buste élancé semble surgir d’une tourelle de char. Ce sont des corps historiques, légendaires, qui se déplacent. Roosevelt sur son fauteuil roulant souligne l’héroïsme des temps de guerre. Kennedy descend les marches d’un avion de ligne, une jeune femme élégante à ses côtés… Gambetta avait atterri en ballon.

Ségolène Royal enrichit cette tradition : elle se déplace désormais en escalier mécanique. En 2007, elle donnait déjà l’impression de marcher sur les eaux, désormais elle glisse sur les tapis roulants. Les caméras l’assaillent habituellement. Mais, cette fois, Ségolène vint vers eux. Elle leur apparut un instant. De quoi nourrir la flamme. Et la foi. Ségolène Soubirous. La madone des Escalator. “Je ne crains rien, je trace ma route”, répète-t-elle à l’envi.

La crise du Parti socialiste n’a pas seulement mis à la torture les socialistes, elle a plongé la médiasphère dans une de ses crises d’excitation qui est la forme exacerbée que prend aujourd’hui le débat public dans ses moindres manifestations. Suspense du décompte dans la nuit électorale. Blogueurs en haleine. Guérilla de l’agenda. On s’y insulta abondamment, trompant la vacuité du débat par des empoignades de hooligans. Pendant que les membres de la commission de récolement s’échinaient à décompter les bulletins, Ségolène Royal faisait la tournée des studios, lançant sur les caciques de la Rue de Solférino ses oukases : la menace d’une crise de régime, le cauchemar d’un marathon judiciaire, voire la prise de la Bastille socialiste par les militants révoltés.

Du suspense, mais à quoi bon ? Rien ne sert de gagner dans les urnes, si votre image ne s’impose pas dans les esprits. Ce n’est plus ni la représentativité ni le poids électoral qui font la force, c’est la capacité à épouser les vagues médiatiques comme autant de plis narratifs, de rebonds, de surprises. Politique de la demande qui conduit les hommes politiques moins à proposer une offre politique qu’à stimuler, nourrir, exciter la demande d’intrigues.

On ne recompta pas seulement les bulletins, la médiasphère colporta ad nauseam la fable de la femme debout seule face aux éléphants, la jeune garde contre le vieux parti, la vieille querelle des anciens et des modernes, lieu commun et impasse de la pensée socialiste. Comme s’il fallait apprendre à se “modérer” alors qu’on a cru qu’il fallait se “moderniser”, disait avec humour Bruno Latour dans un tout autre contexte (Les Atmosphères de la politique, Les empêcheurs de penser en rond, 2006). Se modérer en démocratie, cela ne signifie pas seulement faire preuve de modération, ce n’est pas une question de morale mais de régie et même d’acoustique. Synchroniser les temps et les espaces du débat démocratique. Peter Sloterdijk ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme que la démocratie repose sur “la faculté d’écouter, d’attendre, de faire attendre, d’imposer l’attente”, de “suspendre” les événements et non de les précipiter. C’est-à-dire l’inverse de ce que fait le marketing politique, qui cherche à capter l’attention, faire rebondir l’intrigue.

Ségolène est une créature de l’ère numérique. Elle appartient à cette génération d’hommes politiques qui, de Blair à Bush en passant par Sarkozy, sont des stratèges de l’émotionnel, des guerriers de la tension narrative. Dépourvus des talents traditionnels de l’orateur et du tribun mais habiles à conjuguer simulation et focalisation, techniques du cadrage et maîtrise de l’agenda. Pour eux, l’occupation du temps médiatique est devenu aussi stratégique que l’aménagement et le contrôle du territoire.

La “guerre des roses” au Parti socialiste n’a donc pas opposé seulement deux candidates ni même deux lignes politiques, mais les lois de la “modération” démocratique et celles de la “modernisation” médiatique. Parions que, même défaite, Ségolène Royal y poursuivra sa tâche “réformatrice” : transformer la vie politique en un théâtre moral, et imposer comme éléments de langage la syntaxe de l’héroïsme et de la victimisation avec son “code de l’honneur”, ses “trahisons”, ses “haines”, ses “ruptures”, et pousser la logique du “timing” jusqu’à faire de sa défaite même une alliée.

Au soir de son échec électoral en 2007, elle avait aussitôt annoncé “d’autres victoires”… Fini le gagnant-gagnant de la présidentielle. Désormais, c’est le “qui perd gagne” qui lui sert de viatique électoral. Georges Frêche l’a bien compris : “Si Ségolène perd, c’est sa chance. Elle va rester tapie pendant deux ans… Et elle cueillera la poire dans deux ans toute mûre.” Lorsque chaque partenaire se retranche dans la recherche de son propre gain, sans considération des intérêts des autres partenaires, on aboutit à la maximisation des pertes de chacun. Dans la théorie des jeux, cette stratégie porte un nom : perdant-perdant.

Christian Salmon est écrivain.

25/11/2008 - 22:35h Martine Aubry est élue première secrétaire du Parti socialiste

Martine Aubry à Reims, le 15 novembre 2008.

Le Monde

Après quatre jours de confusion totale, le conseil national du Parti socialiste a validé, mardi 25 novembre, l’élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire. Avec 159 voix pour, 76 contre et deux abstentions, le rapport de la commission chargée de statuer sur les litiges entourant le scrutin de vendredi dernier a été entérinée. “Je veux dire à Ségolène qu’on va ensemble gagner pour les Français”, a déclaré la maire de Lille à la tribune du conseil national, quelques minutes après le vote des responsables du PS.

Avant de prononcer son discours, la maire de Lille était allée embrasser Ségolène Royal, assise, impassible, au premier rang du palais de la Mutualité.  Samedi, après une nuit électorale à rebondissements, Martine Aubry avait été déclarée gagnante avec 42 voix d’écart, suscitant de nombreuses contestations du camp de l’ancienne candidate à la présidentielle. Pour sa part, Ségolène Royal a appelée, mardi, à “l’unité” et au “rassemblement”. “Nous ferons en sorte d’être une force de transformation à l’intérieur du PS” et “nous allons continuer à nous investir dans le PS dont nous représentons la moitié des forces militantes”, a-t-elle ajouté après avoir rendu hommage à son équipe. “Chaque fois que la nouvelle direction prendra des décisions qui vont dans le sens de ce que nous avons défendu nous la soutiendrons. Chaque fois qu’elle n’ira pas dans ce sens nous essaierons de la convaincre”, a ajouté l’ex-candidate à la présidentielle.

“DÉNI DE JUSTICE”

Malgré tout, dans son camp, des voix continuent de s’élever contre le dénouement du vote. Jean-Louis Bianco appelle à un nouveau scrutin : “Nous continuons à demander à la nouvelle direction d’accepter au moins la proposition de Robert Badinter qu’il y ait un nouveau vote dans les endroits où il y a un problème, si nous n’obtenons pas satisfaction, nous ferons un recours en justice”. Un autre fidèle de Mme Royal, Manuel Valls, va dans le même sens, assurant que “des tribunaux seront évidemment saisis” pour répondre au “déni de justice” que constitue, selon lui, l’élection de Martine Aubry.

De son côté, Jean-Noël Guérini, patron de l’importante fédération des Bouches-du-Rhône et partisan de Ségolène Royal, a affirmé qu’il “ne fera rien pour empêcher” Martine Aubry “de travailler”. M. Guérini qui, comme les autres partisans de Mme Royal, a voté contre le rapport de la commission a conclu : “Il y a une première secrétaire, une majorité et une opposition.”

“RETROUVER LA GAUCHE”

Dans un souci d’appaisement, Martine Aubry a lançé à l’adresse des militants ayant choisi l’ancienne candidate à l’Elysée : “Chacun connaît la ténacité et le talent du chef pour lequel ils ont voté.” Prenant les rênes du PS à la suite de François Hollande, qui quitte son poste après onze ans, Martine Aubry a précisé qu’elle présenterait son équipe de direction du PS lors d’un conseil national samedi 6 décembre. Signe qu’elle estimait sa victoire acquise de longue date, elle s’est tournée vers le premier secrétaire sortant pour lui dire, c’est “comme nous en avons parlé ce matin”.

Mais après une nomination dans la difficulté, Martine Aubry reconnaît que “les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu, de manière serrée ne [lui] donnent que des devoirs. Mon premier devoir, si elle l’accepte, est de rencontrer Ségolène et de lui dire moi, j’ai entendu comme toi ce que les militants veulent (…) nous voulons retrouver la gauche” a lancé Martine Aubry. “Je dis à la droite, riez encore quelques jours car dès la semaine prochaine le Parti socialiste est de retour dans la proposition.”

22/11/2008 - 16:36h Los resultados del recuento, según un comunicado del partido, dan una ventaja de sólo 42 votos a Martine Aubry frente a Ségolène Royal

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Noche de angustia en las elecciones de los socialistas franceses

François Hollande convoca el Consejo Nacional socialista para validar los resultados

EL PAÍS - AGENCIAS - París - 22/11/2008

Martine Aubry ha sido la ganadora de la presidencia del partido socialista francés por una apretada victoria de 42 votos sobre su competidora, la ex candidata presidencial Ségolène Royal, según ha explicado el propio partido en un comunicado hecho público a primera hora de hoy. De esta manera, Aubry se convierte en la primera mujer que dirigirá el principal partido de la izquierda francesa. Tras conocer el resultado, los seguidores de Royal han pedido una nueva votación.

El ajustado recuento de la segunda vuelta de las elecciones para elegir al nuevo líder de los socialistas franceses ha convertido la madrugada de este sábado en una noche de angustias en el seno del partido, sobre todo después de que los equipos de las dos candidatas en liza, Martine Aubry y Ségolène Royal, se lanzaran a reinvicar la victoria sin que nada estuviera confirmado.

Según los datos ofrecidos por la dirección del partido, Martine Aubry ha logrado el 50,02% de los votos de los militantes del partido, frente al 49,98% de su rival, lo que da a la primera una ventaja de sólo 42 votos. Ante este margen tan estrecho, François Hollande ha anunciado la convocatoria del Consejo Nacional del partido para validar los resultados de los comicios internos “a mitad de la próxima semana”, previsiblemente el miércoles. “Lo mejor para que el resultado sea lo más indiscutible posible es que sea ratificado por un Consejo Nacional”, ha señalado el dirigente socialista, quien ha adelantado que se analizarán todas las denuncias y los recursos posibles. Una vez se haya hecho ese análisis, ha añadido Hollande, se decidirá si se valida el resultado o se plantean otros procedimientos.

La nueva presidenta es la alcaldesa de Lille, en el norte de Francia, además de ser la hija de Jacques Delors, ministro de Finanzas y presidente de la Comisión Europea. Aubry estudió en la elitista École Nationale d’Administration (ENA), en la que suelen formarse los cuadros de mando de empresas e instituciones francesas, y ha sido ministra de Trabajo, durante la presidencia de Gobierno de Édith Cresson, y de Empleo y Solidaridad, junto a Lionel Jospin. Durante este periodo ella fue la encargada de diseñar y aprobar la jornada laboral de 35 horas en 2000, que Nicolás Sarkozy ha desmantelado prácticamente en los últimos 18 meses.

Una noche de muchas emociones

La noche fue larga y estuvo llena de tensión. Primero fue el entorno de Aubry el que, alrededor de la una de la madrugada, proclamó la victoria de la alcaldesa de Lille. La diputada Claude Bartolone aseguró entonces que esta candidata “no puede ser batida”, pues según sus cifras obtendría el 50,28 % de los votos, frente al 49,72 % de Ségolène Royal.

Como respuesta, el entorno de Ségolène Royal recordaba que el recuento seguía abierto y su brazo derecho, Manuel Valls, llegaba incluso a cuestionar los resultados de Aubry en la federación Norte, donde se daba casi seguro que la alcaldesa ganaría por mayoría. “No nos dejaremos robar la victoria”, advirtió Valls.

El pulso era tan reñido, que la dirección del partido tuvo que salir al paso y asegurar que no podía anunciar el resultado de un escrutinio “extremadamente reñido”, apelando a los partidarios de ambas candidatas a abstenerse de realizar “declaraciones apresuradas”.

Por si fuera poco, Ségolène Royal pedía poco después una nueva votación el miércoles próximo tras constatar “irregularidades” que pueden entrañar problemas a la hora del recuento y la verificación de las papeletas, algo que su adversaria, Martine Aubry, ha rechazado de pleno. “Un tercer escrutinio no tiene razón de ser”, ha dicho la alcaldesa de Lille.

Ségolène Royal y Martine Aubry se enfrentaban a la decisiva segunda vuelta de las votaciones internas del PS, cuyos afiliados estaban llamados ayer a elegir entre las dos mujeres a la que será su líder en sustitución de Francois Hollande, tras una primera vuelta celebrada el pasado jueves en la que ninguna de ellas consiguió mayoría suficiente para declararse ganadora.

En la primera ronda, las bases del partido colocaron en cabeza a Royal con un 42,51% de los votos, mientras que Aubry logró un 34,70% y el tercer rival en liza, el joven eurodiputado Benoît Hamon, fue desbancado de la segunda ronda al quedarse con un 22,79% de los sufragios de la militancia. Hamon pidió para Aubry el voto de sus partidarios en la segunda vuelta.

22/11/2008 - 15:59h França: Le face-à-face entre deux blocs égaux fait caler le PS

Il faut croire qu’avec le Parti socialiste, le pire est toujours à venir. Après deux semaines de rivalités, marquées par un premier vote sur les motions qui a scellé l’émiettement de ses composantes, puis par un congrès qui aura vu la froide désunion de ses leaders, le PS ne pouvait imaginer final plus exécrable. Une élection inaboutie, sur fond d’accusations de fraude. Vendredi, la tension née de l’infime écart – 42 voix, soit une marge de 0,04% – qui sépare Martine Aubry et Ségolène Royal a provoqué une sorte de naufrage démocratique.

Il y a trois ans, le référendum sur le traité constitutionnel européen avait déjà mis aux prises deux camps au sein du PS. Ce nouveau scénario catastrophe menace d’aggraver encore la fracture entre les anti et les pro-Royal : le parti est coupé en deux blocs égaux. Ce dernier vote a aussi étalé au grand jour les rituels soupçons de pratiques frauduleuses, cette fois exacerbés.

Mme Royal progresse dans l’ensemble de 43% à 49% des voix, en captant une partie de l’électorat de Benoît Hamon. Selon ses partisans, elle enregistre cependant un gain bien moindre dans deux départements. Il s’agit de la fédération du Nord, la deuxième en importance dans le PS, qui soutient la maire de Lille. Et de celle de Seine-Maritime, l’une des dernières place fortes des amis de Laurent Fabius, très présents derrière Mme Aubry.

Devant de telles suspicions, les partisans de cette dernière rétorquent que les représentants locaux de Mme Royal ont signé les procès verbaux. Et contre-attaquent en évoquant des irrégularités commises dans les Bouches-du-Rhône ou dans l’Hérault, deux fédérations favorables à Mme Royal.

Sortir de l’impasse Le Parti socialiste tout entier paye son incapacité à faire cesser des pratiques – fausses cartes de membre, électeurs-fantômes, personnel municipal artificiellement encarté… – qui n’ont pas disparu malgré la création d’un fichier central des adhérents et son informatisation. Jusqu’alors, on s’accusait de vilaines pratiques mais, lors de la commission dite de récolement (où est réalisé l’ultime pointage des votes), chaque camp fermait les yeux sur les méthodes de l’adversaire. Au passage, il faut souhaiter que l’étroitesse de l’écart final fasse voler en éclat ce modus vivendi.

Les socialistes sont désormais face à une urgence : sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont fourvoyés. Parlement du parti, le conseil national, où les partisans de Mme Royal sont minoritaires, doit avaliser les résultats et permettre à la nouvelle première secrétaire de composer une majorité. Sa réunion, prévue le 29 novembre, a été avancée au mercredi 26 novembre. Dans cette perspective, Mme Royal exige que l’on organise un nouveau vote, quitte à désigner des observateurs extérieurs. Mme Aubry, en revanche, s’y oppose.

Pourtant, il faudra bien trouver une issue qui ne sacrifie pas l’autorité dont aura besoin la numéro un potentielle du PS. Et faire en sorte que la solution trouvée ne soit pas considérée comme une capitulation, voire une humiliation, par l’ancienne candidate à la présidence de la République.

François Hollande va devoir œuvrer pour trouver un compromis entre deux rivales dont l’une n’a jamais été avare de critiques à son égard et dont l’autre se trouve être son ancienne compagne. Voilà qui promet au premier secrétaire sortant une toute-fin de mandat particulièrement délicate. A moins que l’homme des synthèses – on le lui a assez reproché – parvienne à les convaincre de former une alliance pour diriger le Parti socialiste. Pour le PS, ce serait un sursaut inattendu.

Jean-Michel Normand - Le Monde

21/11/2008 - 15:49h França: Dossier sobre as eleições internas do Partido Socialista

PS : Royal en pôle, mais face au ticket Aubry-Hamon

Les militants ont placé Ségolène Royal en tête du vote pour le Premier secrétaire, mais un second tour aura lieu ce vendredi.

Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon (Audrey Cerdan/Rue89).

Ségolène Royal a raté jeudi son train vers Paris, mais pas le premier tour de l’élection du premier secrétaire du PS. Mais le premier tour seulement, car il y en aura bien un second. La présidente de la région Poitou-Charentes n’obtient pas la majorité absolue face à Martine Aubry et Benoît Hamon.

Des résultats officiels, mais pas encore totalement définitifs, annoncés à 1h30 au siège du Parti socialiste par Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections. A noter, une participation plus forte de près de 7000 militants par rapport au vote du 6 novembre sur les motions. (Voir la vidéo)

  • Ségolène Royal: 42,45%
  • Martine Aubry: 34,73%
  • Benoît Hamon: 22,83%

C’est depuis la Maison de la région que Ségolène Royal commentera vendredi midi ce score. Et livrera sa réflexion avant le second tour qui l’opposera le soir-même à la maire de Lille, qui a reçu le soutien du député européen.“Nous sommes confrontés à un choix de culture”Les deux conceptions du parti distinguées depuis plusieurs semaines s’affronteront donc. Chaque camp insiste sur son point fort. Le “renouvellement” pour les partisans de Ségolène Royal. Idem, mais ce sera plus difficile à faire entendre, pour ceux de Martine Aubry et Benoît Hamon, qui savent qu’ils devront davantage miser sur “l’ancrage à gauche”.Benoît Hamon, l’homme le plus attendu de la soirée. Il appelle pourtant sans surprise à voter pour Martine Aubry, celle qui a déjà le soutien de Bertrand Delanoë, et avec qui il avait déjà réussi à s’accorder sur un texte commun, sans pour autant dégager un seul et même candidat. Aujourd’hui, le ralliement est aussi rapide que limpide:

“Je pense que nous sommes confrontés, comme il nous en arrive tous les dix ou vingt ans, à un choix qui est un choix de culture. (…) Moi, aujourd’hui, j’ai fait le choix, en toute transparence et en responsabilité, de demander aux 30 000 militants socialistes, dont je ne suis pas propriétaire mais qui m’ont fait confiance, de se reporter massivement vers le vote en faveur de Martine Aubry.” (Voir la vidéo)

30 000 militants qui le placent en position d’arbitre. Mais un arbitre qui a rapidement pris position et que l’on pourrait retrouver à un poste de premier secrétaire délégué si la maire de Lille l’emportait. Un poste pourtant récemment inventé par Ségolène Royal et d’ores et déjà distribué à Vincent Peillon en cas de victoire…“Les militants ne changent pas d’un jour sur le lendemain”De ce ralliement, Martine Aubry s’est dite aussitôt “heureuse”, depuis Lille. Et ses lieutenants y croient, Pascal Lamy en tête. Il est ce jeudi soir la voix de Martine Aubry à Solférino. 34,73% + 22,83% = 57,56%. L’optimisme est de mise:

“La voie du rassemblement est en marche et donc il y a toutes les raisons de penser que demain nous avons la capacité de gagner. Nous sommes ici dans un scrutin entre militants socialistes (…) qui ne changent pas d’un jour sur le lendemain.” (Voir la vidéo)

“Ce n’est pas l’arithmétique qui fait le vote”Soutien de Ségolène Royal, David Assouline rétorque: “Ce n’est pas l’arithmétique qui fait le vote.” Avant d’insister encore et encore sur la notion de “renouvellement”, accompagnée de tous ses synonymes. Sans oublier de faire un clin d’oeil aux militants ayant voté pour Benoît Hamon:

“Dans ce vote du premier tour, une fois de plus, on voit qu’une majorité de militants nette -et ça se voit aussi avec le score de Benoît Hamon- est pour un changement profond du Parti socialiste, pour un renouvellement, pour une refondation. (…) Nous sommes absolument confiants.” (Voir la vidéo)

Les royalistes le martèlent: au second tour non plus, “ce ne sera pas encore une arithmétique”. Ils en veulent pour preuve les résultats de ce premier tour dans la section du XVIIIe arrondissement de Paris. La section de Lionel Jospin et Bertrand Delanoë. Ségolène Royal l’a emporté avec 53,6% des suffrages, devant Martine Aubry (28%). Le 6 novembre, elle était loin derrière le maire de Paris (43% contre 26,5%).Les partisans des uns et des autres ne s’attardent toutefois pas à Solférino, et partent une question -irrésolue- en tête: les voix de Benoît Hamon se reporteront-elles en masse sur Martine Aubry ou Ségolène Royal parviendra-t-elle à en capter suffisamment pour convertir sa pôle position en victoire?Quelle que soit la réponse ce vendredi soir des militants socialistes, ils placeront une femme à la tête d’un parti qui ne sera toujours pas parvenu à se doter d’une majorité forte.


Alors que les militants socialistes s’exprimaient lors de ce premier tour, Rue89 vous proposait un dernier regard sur le vote pour le premier secrétaire du PS.
Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon (Audrey Cerdan/Rue89).
Derniers meetings

Banlieue parisienne, Paris et Bretagne. Telles étaient les dernières destinations mercredi soir des trois candidats en lice. Craignant les séquelles et les divisions durables à l’issue du scrutin, tous ont appelé au rassemblement:

  • Martine Aubry (à Aubervilliers): “Nous sommes dans le même parti, nous devons être unis et travailler ensemble.”
  • Ségolène Royal (à Paris): “Dès lundi, pas un socialiste ne doit manquer pour se battre contre la politique de Sarkozy.”
  • Benoît Hamon (à Brest): “J’ai essayé d’éviter de faire une campagne contre les autres dans une logique d’empêchement, je ne suis pas là pour empêcher Ségolène Royal ou Martine Aubry.”
Dernières vidéos

Ségolène Royal, Benoît Hamon et, dans une moindre mesure, Martine Aubry la jouent propagande lors de l’ultime journée de cette campagne interne. Chacun des trois candidats a dégainé sur son site un clip mêlant discours et musique. Discours du congrès de Reims pour les deux premiers, discours du dernier meeting pour la troisième. (Voir les vidéos)



Derniers textes

Trois jours avant le vote, Ségolène Royal, Benoît Hamon et Martine Aubry ont envoyé leur profession de foi aux militants. Si tous prônent un “renouvellement” du parti, avec un net virage à gauche, l’éventuelle alliance avec le MoDem fait toujours débat.

Benoît Hamon plus que les autres, puisque c’est son credo depuis l’annonce de sa candidature le 23 septembre, et que les autres empiètent aujourd’hui sur ses plates-bandes. “L’ancrage à gauche”, il le réclame à trois reprises dans sa profession de foi.

Martine Aubry aussi exige un “parti fermement ancré à gauche”. Précision et explication à l’appui de l’ancienne ministre de l’Emploi et de la Solidarité: un parti “ancré dans la gauche efficace, crédible”, parce que “face à une droite dure, il faut une gauche forte”.

Quant à Ségolène Royal, elle se pose également comme le meilleur recours pour ceux qui veulent plus de gauche. “Les Français nous attendent. La gauche nous attend”, écrit la présidente de la région Poitou-Charentes, sans en rajouter.

Dernier pointage

Rue89 a interrogé, mercredi et jeudi, ses riverains pour savoir quel premier secrétaire ils préféraient pour le Parti socialiste. 2077 ont voté. Martine Aubry a été placée largement en tête, devant Ségolène Royal, puis Benoît Hamon.

Dernier vote

Les 233 000 adhérents socialistes, même si tous ne sont pas à jour de cotisations, ont déjà été appelés à voter le 6 novembre dans les quelque 3 200 sections en France. Il s’agissait cette fois d’un vote sur les motions. 130 486 militants se sont exprimés. Les résultats étaient les suivants:

  • Motion A (Bertrand Delanoë): 25,24%
  • Motion B (Pôle écologique): 2,59%
  • Motion C (Benoît Hamon): 18,52%
  • Motion D (Martine Aubry): 24,32%
  • Motion E (Ségolène Royal): 29,08%
  • Motion F (Utopia): 1,25%

Les résultats détaillés, fédération par fédération, permettent eux de savoir pour qui ont voté les onze plus grosses fédérations socialistes:

  • Quatre pour la motion E (Ségolène Royal): Bouches-du-Rhône (73,04%), Hérault (53,46%), Rhône (40,92%) et Essonne (34,93%).
  • Quatre pour la motion D (Martine Aubry): Nord (57,87%), Pas-de-Calais (48,52%), Seine-Maritime (66,62%) et Hauts-de-Seine (30,33%).
  • Trois pour la motion A (Bertrand Delanoë):
    Haute-Garonne (29,66%), Gironde (32,50%) et Paris (36,75%).
  • Zéro pour la motion C (Benoît Hamon).
  • Zéro pour la motion B (Pôle écologique).
  • Zéro pour la motion F (Utopia).

Pour rappel, Bertrand Delanoë a appelé “à voter massivement” en faveur de Martine Aubry (mais les tenants de sa motion n’ont pas tous fait de même, François Hollande en tête, qui est resté neutre). Le Pôle écologique a apporté son soutien à Ségolène Royal. Et le mouvement Utopia s’est rangé derrière Benoît Hamon.

21/11/2008 - 15:25h Aubry est plus “crédible et compétente” que son adversaire, selon Delanoë

A disputa pela presidencia do Partido Socialista da França foi para um segundo turno, nenhum dos candidatos obteve a maioria absoluta.
Ségolène Royal, que foi a candidata derrotada contra Sarkozy, obteve 42,51% dos votos, Martine Aubry, filha de Delors e prefeita de Lille, foi para o segundo turno com 34,70. O candidato que se proclama mais a esquerda, com 22,79% fez um bom percentual e seus eleitores vão definir o resultado. O prefeito de Paris, Bertrand Delanoë desistiu de ser candidato e apoia Aubry. LF

LE MONDE

14 h 17 - Pour Razzy Hammadi, seule Martine Aubry “peut préserver l’unité du parti”

Razzy Hammadi, secrétaire national proche de Benoît Hamon, a déclaré qu’une victoire de Martine Aubry était “la condition sine qua non pour préserver l’unité du parti et entamer une rénovation” du PS. Pour ce proche de Benoît Hamon, “le renouvellement, ce n’est pas simplement le papier glacé, c’est d’abord un contenu“. “Etre soutenu par celui qui a été l’auteur d’un ouvrage intitulé : ‘il faut saborder le PS’, il y a mieux comme rénovation !”, a-t-il lancé. En novembre 2007, Georges Frêche avait fait paraître sous ce titre un livre d’entretiens.

13 h 40 - Delanoë : Aubry est plus “crédible et compétente” que son adversaire

“Martine est vraiment la candidate, le premier secrétaire qui peut le mieux” être “crédible et compétente sur la question sociale”, a déclaré le maire de Paris Bertrand Delanoë. Selon lui, la maire de Lille “aura plus facilement une majorité politique et ce sera important pour la solidarité du parti pendant trois ans”. A l’inverse, “Ségolène a du caractère, des qualités, mais elle personnaliserait trop les choses si elle gagnait, et elle tendrait un petit peu les rapports” au sein du parti, a-t-il indiqué.

13 h 25 - Royal “cueillera la poire dans deux ans toute mûre”, selon Georges Frêche

L’ex-socialiste et président divers-gauche de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, a estimé que Martine Aubry avait deux chances sur trois de l’emporter face à l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle.  Mais “si c’est Ségolène qui perd, c’est sa chance”, a-t-il déclaré. “Parce que si elle perd, (…) elle va rester tapie pendant deux ans hors des coups et des flèches pour préparer l’avenir. Et les autres, qui ont cinq présidentiables dans leurs rangs, se battront comme des chiens pendant deux ans”. Alors Ségolène Royal “cueillera la poire dans deux ans toute mûre”, en a conclu Georges Frêche.

13 h 00 - Aubry : “Si je gagne, je tendrai la main à Ségolène”
Pour Martine Aubry, le “renouvellement” aura lieu au PS quel que soit le résultat du vote des militants, l’élection d’une femme à la tête du parti constituant en soi “une révolution”.  Ce renouvellement aura lieu “aussi et peut-être surtout” par “la mixité que je m’engage à faire partout, par de nouveaux visages, par le renouvellement des générations”, a-t-elle ajouté. “Si je gagne, je tendrai la main à Ségolène, ce sera la première à qui je passerai un appel pour lui dire : nous ne sommes pas rassemblées sur la même ligne politique mais nous devons être unies pour les Français”, a-t-elle réaffirmé. “Si je perds, j’attendrai qu’elle me passe un coup de téléphone et moi, je travaillerai toujours pour mon parti”, a-t-elle assuré.

12 h 15 - Royal lance un appel aux partisans de Benoît Hamon
Ségolène Royal s’est présentée vendredi comme “la garantie de ce changement, de cet ancrage à gauche, mais aussi de l’ouverture sur toutes les idées neuves” à laquelle aspirent les militants, notamment “celles et ceux qui ont voté pour Benoît” Hamon. Elle a promis de s’ouvrir aux autres équipes et de les intégrer à la direction du parti.

Discours de Ségolène Royal - 20 11 2008
envoyé par lespoiragauche

11 h 55 - Derniers résultats
D’après les nouveaux chiffres communiqués vendredi par le parti, Ségolène Royal a obtenu jeudi 42,51% des voix au premier tour de l’élection du premier secrétaire du PS, devant Martine Aubry à 34,70% et Benoît Hamon à 22,79%. Ces résultats tiennent compte du vote de 230 442 électeurs sur 232 912 inscrits, moins ceux de la fédération de la Guadeloupe.

10 h 20 - Hamon craint un scrutin “serré”
“Arithmétiquement”, la maire de Lille devrait l’emporter mais le scrutin “s’annonce serré”, a déclaré Benoît Hamon sur LCI, évoquant “une très grand lassitude des militants”.

07 h 00 - Le courant Aubry conteste les résultats officiels
Christophe Borgel, mandataire national de la motion Aubry, a formellement contesté les nouveaux chiffres de la direction attribuant 43,10% des voix à Ségolène Royal, et 34,50% à Martine Aubry Des chiffres “différents de ceux donnés lors de l’annonce officielle des résultats une heure plus tôt”. “Il s’agit soit d’une erreur, soit d’une manipulation qui vise à essayer de montrer que le résultat de Ségolène Royal est plus haut qu’annoncé initialement et qu’elle a déjà gagné, avant même le second tour”. Les premiers résultats ne tenaient pas compte des votes en Nouvelle-Calédonie, à Wallis et Futuna, en Polynésie, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Guyane et Martinique, soit 260 bulletins, en se basant sur la participation au vote du 6 novembre. “Même en admettant que toutes ces voix soient allées à Ségolène Royal, cela représente un écart de 0,1 point par rapport à son résultat annoncé officiellement par la direction”, a argué M. Borgel.

03 h 35 - Manuel Valls y croit
Ce proche de Ségolène Royal estime le second tour “très, très gagnable”. “Plus de 11 000 voix d’avance nous séparent de Mme Aubry. L’arithmétique n’est absolument pas la dynamique dans une campagne électorale, quelle qu’elle soit”, a-t-il déclaré. Le député compte notamment sur une plus grande mobilisation des “militants qui ne sont pas venus voter lors de ce premier tour”.

02 h 30 - Aubry promet de “changer” le parti
“Heureuse”
du ralliement de Benoît Hamon, la maire de Lille a promis de “changer profondément le parti socialiste, de le renouveler dans sa composition, dans ses comportements, dans son attitude vis-à-vis de la société et de porter les valeurs de gauche”, si elle est élue vendredi.

02 h 00 - Hamon appelle à voter “massivement” pour Aubry au deuxième tour
Arrivé troisième lors du premier tour de l’élection du premier secrétaire du PS, Benoît Hamon a appelé dans la nuit de jeudi les militants socialistes ayant voté pour lui à apporter “massivement” leur voix à Martine Aubry. “Mon choix est dicté par ce que je crois être l’intérêt de la gauche” en pensant à “celles et ceux qui attendent de la gauche une alternative à la droite”, a déclaré l’eurodéputé. Il a recueilli 22,8% des voix en métropole soit 30 880 suffrages, derrière Ségolène Royal (43,1%) et Martine Aubry (34,5%).

20/11/2008 - 14:22h L’heure du choix pour les militants socialistes

Le Monde 

Les militants socialistes sont appelés, jeudi 20 novembre, à départager trois candidats au poste de premier secrétaire du PS - Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon -, dans un scrutin à fort suspense. C’est la première fois que trois postulants sont en lice depuis l’instauration du suffrage universel militant chez les socialistes, en 1995. Et l’incertitude est sans précédent, le congrès de Reims, qui a été celui de la désunion et des déchirements, ayant échoué à dégager une majorité autour d’un nom.Le vote se déroulera de 17 heures à 22 heures, les premier résultats ne devant pas être connus avant minuit ou une heure du matin vendredi. Ségolène Royal part d’une base de 29 %, score de sa motion au vote des militants le 6 novembre, Martine Aubry de 24,3 %, et Benoît Hamon de 18,52 %. Le report des voix de Bertrand Delanoë (25,24 %), qui s’est finalement rallié à Mme Aubry, et la participation, seront les deux inconnues majeures de ce vote qui se déroule avec, en toile de fond, la préparation d’une candidature socialiste pour l’Elysée, en 2012. Le premier secrétaire sortant, François Hollande, n’a pas pris position publiquement.

DERNIERS MEETINGS AVANT LE VOTE

Mercredi soir, les trois candidats ont tenu leur dernier meeting avant l’élection.

Ségolène Royal avait, pour sa part, rassemblé ses partisans à Paris. “Le moment est là, historique, et il faut comme le disait François Mitterrand, que nous ayions la force de rester nous-mêmes et aussi la force de changer. Voilà ce que je vous propose !”, a-t-elle lancé au gymnase Japy à Paris XIème, devant plus de 800 personnes -1 200 selon les organisateurs.”Oui ou non, voulons-nous écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire vibrante et populaire. Le voulez-vous ?. Voulez-vous bâtir ensemble le socialisme du XXIè siècle. Le voulez-vous?. Voulez-vous que notre parti s’ouvre à toutes les diversités et devienne meilleur que la société qu’il prétend transformer?”, a affirmé l’ex-candidate à l’Elysée, reprenant comme un leitmotiv interrogatif “le voulez-vous?”.

“Nous voulons renaître avec un parti puissant, un parti fort et des socialistes fiers de l’être”, a lancé la présidente de la région Poitou-Charentes, entourée de toute son équipe, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, Manuel Valls ou Julien Dray. Elle a demandé “un vote militant” pour “balayer les réticences et les refus” et “faire monter la certitude de la transformation”, évoquant cette “belle responsabilité de diriger”.Lançant un vibrant plaidoyer pour l’Education nationale et les enseignants que “la droite traite avec un tel mépris”, Mme Royal a jugé que “ce qui s’abat sur l’école est grave pour les élèves”. “Ils ont trouvé des milliards pour le système bancaire et ils saignent à blanc l’Education nationale”, a-t-elle fustigé.

L’ancienne ministre a trouvé des accents à la Zola, lançant : “J’accuse la droite au pouvoir de compromettre gravement l’avenir de l’Education nationale, j’accuse la droite au pouvoir d’en rabattre sur un investissement prioritaire, j’accuse la droite au pouvoir de paupériser l’Education nationale (…) , j’accuse la droite au pouvoir ne rien tenter contre l’échec scolaire”.”Le pays nous appelle depuis longtemps. Où êtes-vous les socialistes ? Eh bien nous sommes là ! Debout ! (…) Fiers de l’être et au service des Français. En avant ! “, a-t-elle conclu, soulevant une vive ovation.

Martine Aubry était, elle, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, mercredi soir, pour son dernier meeting avant l’élection. “Si nous gagnons nous gagnerons dans un large rassemblement” et “la première chose que je ferai, c’est tendre la main à Ségolène”, “pas un socialiste ne doit manquer pour se battre contre la politique de Nicolas Sarkozy”, a affirmé la maire de Lille, devant 250 militants et élus socialistes d’Ile-de-France et du Nord réunis au “Magic mirrors, salle de la Fraternité”, aux portes de Paris.

“Si demain les militants me choisissent, ce sera d’abord une équipe, l’équipe de tous les militants socialistes”, a-t-elle lancé. Elle s’est engagée en cas de victoire “à mettre en place des équipes renouvelées”, “capables de faire vivre des générations différentes, avec une totale mixité”. Elle a souhaité que son “premier chantier” soit celui “de la lutte contre toutes les discriminations”.

Mme Aubry a dit son “bonheur” d’être entourée de l’ancien premier ministre Laurent Fabius et de la députée de Seine-Saint-Denis, Elizabeth Guigou. Etaient également présents le président du Conseil général, Claude Bartolone, celui de la région IDF, Jean-Paul Huchon, et le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis.

Benoît Hamon s’est, lui, rendu dans sa ville natale, Brest, pour son dernier rendez-vous avec ses sympathisants avant l’éléction. “La dernière année, ça n’a jamais été aussi facile d’être de gauche et on n’a jamais été aussi nul”, a t-il lancé au siège de la fédération du Parti socialiste du Finistère où était rassemblée une centaine de personnes.

“Alors que la droite ne retient aucun de ses coups à l’égard des plus vulnérables, les socialistes se donnent plus de coups entre eux que de coups à la droite, cela me fait un peu mal”, a-t-il déclaré, avant de demander aux socialistes de “revenir à la maison” et aux “fondamentaux” de la gauche.

Pour illustrer son propos, il a ironisé sur les socialistes qui “sautent comme des cabris” devant certaines mesures du gouvernement comme le Revenu de solidarité active et a fustigé la stratégie d’alliance avec le centre qui mènerait selon lui le PS français à la même situation que son homologue italien qui n’est “ni de droite ni de gauche et se vide de ses valeurs”.

Défendant la “clarté de mes choix, de ma stratégie, de ma candidature” , il a également pourfendu les “logiques d’empêchement” dans lesquelles étaient enfermées selon lui ses deux concurrentes au poste de secrétaire. Se présentant comme “l’incarnation de l’ancrage à gauche et du renouvellement” du PS, il s’est toutefois défendu de vouloir un “renversement de générations”, mais s’est prononcé au contraire pour une “mixité générationnelle” au cas ou il serait élu premier secrétaire du PS.

19/11/2008 - 14:42h Ségolène Royal : “Mon rôle est d’organiser le changement et l’ouverture”

Ségolène Royal, le 18 novembre 2008, au Grand Journal de Canal+.
AFP/STEPHANE DE SAKUTIN
“D’abord, je symbolise le changement et même la rupture. Cela en dérange beaucoup alors que j’ai vingt-cinq ans de militantisme au sein du PS. Ensuite, j’incarne la légitimité que m’a donnée la campagne présidentielle. Enfin, j’ai un contact particulier avec le peuple. Cela fait ma force et intrigue certains”, explique la présidente de la région Poitou-Charentes.

 

A la veille du premier tour de l’élection du premier secrétaire du Parti socialiste, qui aura lieu jeudi 20 novembre, Ségolène Royal précise ses arguments dans la confrontation qui l’oppose à Martine Aubry et Benoît Hamon. Confirmant sa volonté de changer le fonctionnement du parti, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, qui estime qu’elle“symbolise la rupture”, évoque son “contact particulier avec le peuple” tout en affichant son souhait d’associer à la direction du parti des dirigeants issus d’autres motions. Elle entend, si elle l’emporte, organiser des conventions thématiques, en particulier sur les alliances, la crise financière et la protection sociale. 

La campagne se durcit. Jack Lang vous accuse de vouloir transformer le PS en un parti à l’américaine, une grosse machine électorale…

Arrêtons les anathèmes : voilà typiquement les méthodes du passé que je ne veux plus voir dans le nouveau parti ! Je n’ai jamais construit mon discours politique sur le rejet de ce qui se fait ailleurs, sur le repli sur soi, sur la peur du changement. François Mitterrand parlait de “la force d’être soi-même et celle de changer”. Nous avons l’obligation de changer.Aujourd’hui, le vrai risque, c’est l’immobilisme. Le PS est devant un choix crucial : se recroqueviller ou s’envoler, se refermer sur lui-même ou s’ouvrir au monde, s’étioler ou renaître, en prenant le risque de créer un parti joyeux, métissé, créatif, constructif. Soit on choisit encore la pyramide immuable, le sommet et la base, ceux qui savent et ceux qui exécutent, soit on joue le collectif, le rassemblement et une gestion plus horizontale du parti. 

Pourquoi les réactions à votre égard sont-elles si vives ? A entendre vos adversaires, c’est tout juste si vous appartenez à la famille socialiste.

J’ai trois explications à cette violence. D’abord, je symbolise le changement et même la rupture. Cela en dérange beaucoup, alors que j’ai vingt-cinq ans de militantisme au sein du PS. Ensuite, j’incarne la légitimité que m’a donnée la campagne présidentielle. Enfin, j’ai un contact particulier avec le peuple. Cela fait ma force et intrigue certains. 

Comment analysez-vous ce qui s’est passé au congrès de Reims ? 

Cela a été un jeu de poker menteur. En principe, le rassemblement se fait autour de la motion arrivée en tête. C’est la règle. Mais parce que c’était moi et une nouvelle génération, ils ont refusé de s’y plier. Ils ont fait de ce congrès une question de personnes. Quand j’ai contacté Martine Aubry et Bertrand Delanoë pour faire le rassemblement, ils m’ont dit que j’étais la candidate légitime, et ils ont commencé à discuter sur le texte. Nous avons eu un échange écrit, puis ils ont refusé tout débat complémentaire. Et dès l’ouverture de la commission des résolutions, ils ont déclaré ne plus avoir rien à nous dire. Il s’agissait d’un congrès d’obstruction à la motion arrivée en tête. 

Pourquoi avez-vous reculé sur la question de l’alliance avec le centre, en en appelant désormais à l’arbitrage des militants? 

Je n’ai pas reculé. Mon discours a été clair là-dessus. Pour faciliter un rapprochement avec Bertrand Delanoë, j’ai fait cette proposition de méthode. J’ai également tendu la main à Benoît Hamon, en lui proposant de prendre la responsabilité du forum chargé de réfléchir à cette question. Il a refusé. Sur le fond, je ne renie rien. Le parti doit s’ouvrir, mais après avoir rassemblé toute la gauche.Aux militants qui s’inquiètent, je rappelle que j’ai été capable de rassembler toute la gauche au premier tour de la présidentielle, et d’être présente au second, avec le soutien notamment d’Olivier Besancenot et d’Arlette Laguiller. 

Vous souhaitez être secondée par un premier secrétaire délégué. Quelles seront ses attributions? 

Contrairement à la réputation qu’on me fait, je délègue beaucoup, en particulier dans mes fonctions de présidente de région. Le premier secrétaire délégué pourra exercer tous les pouvoirs du premier secrétaire par délégation. Présider le bureau national, s’exprimer pour le parti, s’assurer du bon fonctionnement de l’appareil, en appui avec quelqu’un qui s’occupera des fédérations. 

Cela veut-il dire que vous ne présiderez pas toutes les semaines le bureau national si vous êtes élue? 

C’est déjà le cas. Lorsque le premier secrétaire est pris par d’autres obligations, notamment internationales, il délègue la présidence du bureau national. 

Avec qui souhaitez-vous diriger le parti? 

Je veux constituer une équipe ouverte aux autres motions, y compris celle de Benoît Hamon. J’espère convaincre des personnalités de talent comme Didier Migaud, Pierre Moscovici, Jean-Yves Le Drian, Marisol Touraine, Adeline Hazan, Alain Vidalies et d’autres encore. Je souhaite constituer une équipe solide qui assume pleinement ses responsabilités et se déploie largement. Mon rôle est d’organiser le changement, l’ouverture et la transmission. 

Quelles premières décisions envisagez-vous de prendresi vous l’emportez? 

Je contacte immédiatement les responsables socialistes européens. Puisque la France a la présidence de l’Union européenne jusqu’à la fin de l’année, et même si les délais sont très courts, nous organiserons un forum global avec les partis socialistes européens, le mouvement syndical, les ONG. Car la réflexion et les décisions sur la crise ont été confisquées par les pouvoirs institutionnels et les banques.Il faudra aussi réformer la gouvernance du parti : intégrer les nouvelles formes de militantisme, refonder notre outil Internet pour permettre le développement des débats interactifs, créer une sorte de Facebook socialiste et attirer ainsi de nouveaux publics, mobiliser les jeunes des quartiers populaires, baisser le prix des cotisations et déclencher un mouvement d’adhésion, créer enfin l’université populaire de la connaissance, avec des antennes régionales. Des conventions thématiques scanderont régulièrement la vie du parti, en attirant vers nous les intellectuels et les chercheurs. 

Sur quels thèmes? 

La crise financière, le modèle social français, l’avenir de la sécurité sociale et des retraites, la santé, la décentralisation et la place de l’Etat, le syndicalisme de masse…  

Quel type d’opposition préconisez-vous face à Nicolas Sarkozy? 

Une opposition constructive. Cela nécessite de bien identifier dans la politique de Nicolas Sarkozy ce qui marche et ce qui ne marche pas. Il a compris que, pour sortir de la crise, il fallait jouer à tous les niveaux : national, européen et mondial. Mais il n’a pas de politique économique, il détruit les services publics, qui sont notre patrimoine commun, il accorde aux entreprises des aides financières sans contrepartie. Il reste impuissant face à ses amis banquiers. Le pays a le sentiment aujourd’hui d’une profonde injustice et d’une grande inefficacité. 

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Jean-Michel Normand - LE MONDE

 

18/11/2008 - 17:28h França: briga divide os socialistas

Bertrand Delanoë appelle à voter “massivement” pour Martine Aubry

Martine Aubry et Bertrand Delanoë s'embrassent au dernier jour du 75e congrès du Parti socialiste à Reims, dimanche 16 novembre. | REUTERS/PASCAL ROSSIGNOL

REUTERS/PASCAL ROSSIGNOL - Martine Aubry et Bertrand Delanoë s’embrassent au dernier jour du 75e congrès du Parti socialiste à Reims, dimanche 16 novembre.

 Le Monde

Le maire de Paris a changé d’avis. Après avoir laissé entendre qu’il ne prendrait pas position dans la compétition engagée entre Martine Aubry et Ségolène Royal pour le poste de premier secrétaire, M. Delanoë a annoncé son soutien à la maire de Lille dans une lettre adressée aux militants socialistes, publiée lundi 17 novembre en fin de matinée.

“Au nom de mes convictions politiques, écrit-il, j’ai décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j’appelle à voter massivement en sa faveur.” Il évoque la mauvaise image “offerte aux Français” par le congrès de Reims, la “responsabilité immense” des socialistes et “l’enjeu décisif de ce scrutin, comme l’ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l’identité même du Parti socialiste”.

Dimanche matin, s’adressant aux délégués en clôture du congrès de Reims, il n’avait donné aucune consigne de vote pour le scrutin du 20 novembre. Mme Royal a réagi lundi soir sur France 3, en dénonçant des “dirigeants (qui) disent quelque chose et font le contraire” et un Parti socialiste “qui a perdu le sens du code de l’honneur”. Elle a aussi renvoyé dans le même camp du “vieux PS” ses deux rivaux désormais alliés : “On voit l’éternel retour à l’oeuvre, a-t-elle déclaré. Avec Martine Aubry, il y a Laurent Fabius, avec Bertrand Delanoë, il y a Lionel Jospin. C’est le retour de ceux qui ne veulent pas passer la main à une nouvelle génération.” Son analyse est relayée par le troisième finaliste, Benoît Hamon, qui juge que “la vieille logique du règlement de comptes l’emporte sur le renouvellement”.

Le changement de pied de M. Delanoë en a surpris plus d’un, mécontenté beaucoup et ravi d’autres, comme l’ancien ministre de Lionel Jospin, Jean Glavany, pour qui il s’agit “de faire passer le parti avant les ego et le jeu des personnes”.

A l’issue du congrès et après son échec à constituer une majorité, le maire de Paris avait donné l’impression de vouloir se tenir au-dessus de la mêlée afin, expliquait ses proches, de préserver ses chances pour des échéances politiques plus lointaines. Dimanche matin, lors d’une assemblée générale des partisans de sa motion, il avait une nouvelle fois souligné la responsabilité de Mme Aubry dans l’échec des négociations entre leurs deux courants et en avait conclu qu’il fallait laisser la liberté de vote aux militants. Ce qu’avait vivement approuvé une partie des participants. M. Delanoë s’était immédiatement appliqué la décision en se contentant d’une formule vague : “Je mets nos forces à la disposition du PS”, avait-il déclaré.

“INSTINCTS PROFONDS”

“Une fois extrait de la marmite du congrès, analyse un ami de François Hollande, Bertrand a laissé parler ses instincts profonds. Il a été pris de terreur à l’idée de laisser le parti à Ségolène Royal.” Contrairement à M. Delanoë, les partisans de M. Hollande souhaitent ménager Mme Royal et veulent se tenir à distance d’une candidate, Martine Aubry, soutenue par Laurent Fabius, son allié principal.

Ils s’en tiendront à la décision prise dimanche, explique Stéphane Le Foll, le directeur de cabinet du premier secrétaire. Pour le député de Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux, l’ancien ministre Michel Sapin ou encore Jean-Pierre Bel, président du groupe PS du Sénat, le maire de Paris a pris une “position personnelle” qui n’engage que lui.

Certains estiment même que l’attitude du maire de Paris pourrait le desservir. “Ne pas prendre position lui donnait de la dignité et lui réservait la possibilité de rebondir”, juge M. Sapin. Le strauss-kahnien Pierre Moscovici, allié tardif du maire de Paris, rappelle de son côté qu’il a “toujours été hostile au “Tout sauf Ségolène”", mais il refuse de prendre publiquement parti.

Le sauvetage de la fédération de Paris, où sa motion a fait un mauvais score (36,7 %) le 6 novembre, pourrait aussi expliquer le geste du maire de Paris. Il a en tout cas eu un effet immédiat. Mao Peninou, candidat de Mme Aubry au poste de “patron” de la fédération de Paris - dont l’élection aura lieu jeudi, en même temps que celle du premier secrétaire du PS - s’est retiré de la course lundi soir.
Christine Garin

18/11/2008 - 17:25h Guerra no socialismo francês

Delanoë soutient Aubry et lance un front anti-Royal

Delanoe en septembre 2008 à Cergy-Pontoise (Audrey Cerdan/Rue89).

Les trois avaient réussi à se mettre d’accord sur un texte commun durant la “nuit des longs couteaux” au congrès de Reims, mais pas sur le candidat pour le porter. Le maire de Paris s’était dit dimanche “triste et déçu” de ne pas être parvenu à trouver cet accord, il s’était refusé à toute consigne de vote, voulant “respecter la liberté de conscience de chaque militant”.

Pas de soutien donc à Martine Aubry, et encore moins à Benoît Hamon, les deux candidats qui affronteront Ségolène Royal lors du vote des militants pour le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste.

Revirement de situation lundi midi: dans une lettre adressée aux militants, Bertrand Delanoë appelle “à voter massivement” pour Martine Aubry:

“Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s’exprimer, par son vote, sur ce qui est l’enjeu décisif de ce scrutin, comme l’ont démontré les principaux discours prononcés à Reims: l’identité même du Parti socialiste.

“Au nom de mes convictions politiques, j’ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j’appelle à voter massivement en sa faveur.”

“Ce front existe, on le voit bien”

Même si François Hollande et Pierre Moscovici n’emboîtent pas le pas de Bertrand Delanoë, qui semble ici inspiré par Lionel Jospin, la maire de Lille s’est dite, le soir-même sur RTL, “heureuse” du soutien d’une “personnalité remarquable” du PS:

“Nous avons travaillé depuis longtemps et pendant ces trois jours à ce que notre ligne politique soit la même. Et si nous n’avons pas pu nous mettre d’accord avec Benoît Hamon sur un nom, nous savions que nous étions d’accord sur l’essentiel.”

Un soutien qui, lorsqu’on additionne strictement les scores des deux tenants de motion lors du vote des militants du 6 novembre, placerait Martine Aubry (24,32% + 25,24% = 49,56%) devant Ségolène Royal (29,08%).

Interrogée vendredi sur France Inter, l’ex-candidate socialiste à la présidentielle a reconnu que “ça compliquait arithmétiquement” la donne. Et de dénoncer: “Ce front existe, on le voit bien.”

“Vieille logique du règlement de comptes”

Ce front anti-Royal, son lieutenant François Rebsamen l’avait déjà pointé du doigt, dès lundi après-midi. Il tenait toutefois à se montrer rassurant, au micro de BFM Radio:

“Je vois bien qu’il y a là une stratégie d’empêchement pour empêcher les socialistes de donner une majorité à celle qui est avec son équipe en capacité de porter un rassemblement dans le Parti socialiste. (…)

Mais jusqu’à présent les appels des grands élus n’ont pas été trop entendus. Je pense que les militants sont assez libres pour, en conscience, faire un choix par delà les consignes de vote qui peuvent être données.”

Et si, en cas de second tour qui se profile de plus en plus, Benoît Hamon (18,52%) faisait de même, la tâche serait plus ardue encore pour Ségolène Royal. Mais rien n’est moins sûr, pour l’heure. Devant la presse, le député européen a jugé lundi soir “décevant” cet appel. Ajoutant:

“La vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement.”

14/11/2008 - 16:28h França: Presidente do FMI e candidato socialista em 2012?

Il reste une trace de DSK au congrès du Parti socialiste

Une carte postale de Dominique Strauss-Kahn vendue à Reims (Julien Martin/Rue89)

(De Reims) Il est loin de Reims et il en est heureux, puisque c’est son choix. Alors que ses camarades socialistes se préparent à vivre trois jours à couteaux tirés, Dominique Strauss-Kahn, assiste au sommet du G20 à Washington, en sa qualité de président du FMI. Certainement en pensant que ça a quand même plus d’allure d’essayer de trouver un accord pour sortir de la crise financière, que de tenter de relever un parti en miette.

La résidait son pari il y a plus d’un an, en se faisant élire à la tête du Fonds monétaire international: reculer pour mieux gagner en 2012. Se mettre au-dessus des joutes socialistes pour réapparaître en homme providentiel à l’approche de la prochaine présidentielle, si le PS n’a toujours pas réussi à renaître de ses cendres.

Le meilleur candidat du Parti socialiste en 2012

Une partie du pari est d’ores et déjà gagnée. Face à un PS morcelé qui a toutes les peines du monde à dégager une majorité claire, DSK apparaît , selon un récent sondage du JDD, comme le meilleur candidat du Parti socialiste en 2012, selon les Français (34% des personnes interrogées) comme pour les sympathisants socialistes (30%).

Et il s’est bien gardé de toute intervention dans les débats qui agitent le parti depuis plusieurs mois. Aucune déclaration officielle sur le sujet. Tout juste a-t-il invité à dîner Martine Aubry dans son riad de Marrakech le 15 août dernier. Mais rien de notable n’a filtré de la rencontre.

Un courant éclaté sitôt son départ acté

Il est en revanche une autre partie du pari beaucoup plus ardue à remporter. Se remettre d’abord de sa médiatique aventure avec son ex-collègue du FMI, même si le retentissement en France a été moindre qu’aux Etats-Unis. Mais surtout retrouver ses troupes socialistes en cas de retour aux affaires du parti.

Son courant a en effet éclaté sitôt son départ acté pour la capitale américaine. Il avait pourtant pris soin de poser des balises et de nommer des gardiens de la maison strauss-kahnienne. A Pierre Moscovici les clés d’une fondation en devenir sur la mondialisation, à Jean-Christophe Cambadélis celles de son club de réflexion “Socialisme et démocratie”, à Jean-Marie Le Guen celles du mini-groupe à l’Assemblée nationale.

Les ambitions mêlées ne font cependant jamais bon ménage, et “Mosco” et “Camba” se déchirent. Après une tentative de cavalier seul qui a fait long feu, le premier se rallie tête basse à la motion de Bertrand Delanoë, suivi par Jean-Marie Le Guen. Quand le second ajoute encore de la diversité à l’hétéroclite attelage que mène Martine Aubry.

Tout en bas du présentoir à cartes postales à Reims

Les strauss-kahniens à l’Assemblée nationale ne sont pas plus audibles que le reste du Parti socialiste, ladite fondation n’en est toujours qu’au stade de projet, et “Socialisme et démocratie” a été fondu avec le club de réflexion d’Arnaud Montebourg, “Rénover maintenant”. Dire que le même Arnaud Montebourg faisait, il y a trois ans encore, partie des “gauchistes” du Nouveau Parti socialiste…

De là où il est, même avec une bonne paire de jumelles, DSK ne doit plus reconnaître ses petits. Des petits qui, pour le reconnaître, devront eux regarder à la loupe tout en bas du présentoir à cartes postales vendues à Reims. Un ancien portrait non daté de leur mentor, en noir et blanc, au milieu d’autres archives photographiques. Il reste tout de même une trace de Dominique Strauss-Kahn au congrès du Parti socialiste.

14/11/2008 - 15:56h França: Congresso do Partido Socialista procura uma sínteses

http://referentiel.nouvelobs.com/file/526439.jpghttp://www.lejdd.fr/images/200825/54027aubry.jpg
Ségolène Royal, Bertrand Delanoë e Martin Aubry, o trio em disputa pela liderança dos socialistas franceses

Cinq enjeux pour un congrès

Le Monde - Christine Garin et Jean Michel Normand

1. Peut-il se doter d’un leader ?

Depuis le retrait de Lionel Jospin, en 2002, le Parti socialiste (PS) ne parvient pas à se choisir un leader incontesté. François Hollande ne s’est jamais imposé dans l’opinion et Ségolène Royal a porté les espoirs de la gauche à l’élection présidentielle de 2007 sans entraîner tout le PS derrière elle. Cette crise de leadership (et son corollaire, la bataille des chefs) nuit à l’image que les socialistes donnent d’eux-mêmes. Et empêche le parti de s’inscrire dans le jeu des institutions de la Ve République qui ont installé l’élection présidentielle au centre de la vie politique.

Le mode de désignation du premier secrétaire - élu par l’ensemble des adhérents le 20 novembre - plaide pour des candidatures de personnalités emblématiques. Ségolène Royal, qui porte l’idée d’une modernisation du parti, dispose d’une aura dont les autres dirigeants socialistes sont privés. Elle bénéficie, en outre, de l’acquis de sa campagne présidentielle. Sa motion est arrivée en tête mais sa personnalité reste controversée. Elle est considérée par certains comme un élément extérieur au PS, ce qui rend plus ardue sa capacité à réaliser une synthèse.

Martine Aubry, qui symbolise une pratique et un discours plus traditionnels, peut, elle aussi, prétendre concourir. Tout comme Benoît Hamon, nouvelle figure de l’aile gauche. Mais il leur faudrait, pour être élus, parvenir à construire une alliance alternative sur un projet qui serait forcément en opposition avec la motion qui a été placée en tête par les militants.

Le ou la futur(e) premier(e) secrétaire ne portera pas forcément les couleurs du PS à l’élection présidentielle de 2012. Parmi les partisans de Mme Royal, mais aussi chez certains de ceux qui soutiennent Bertrand Delanoë ou Martine Aubry, l’idée d’organiser des “primaires ouvertes” aux sympathisants fait son chemin.

2. Peut-il avancer des idées neuves ?

Jusqu’à présent, le PS est apparu comme un parti en fin de cycle. Faute d’avoir su renouveler son logiciel, il s’est retrouvé distancé par une droite qui a refait synthèse derrière Nicolas Sarkozy. Néanmoins la réflexion a avancé sur plusieurs points.

Inspiré des pays sociaux-démocrates d’Europe du Nord, le concept d’un “Etat préventif”, capable de s’attaquer en amont aux inégalités sociales (notamment en matière d’éducation et de santé), est évoqué. Alors que l’allergie à l’impôt se développe, il permet de dépasser la question de l’Etat-providence. L’idée du donnant-donnant fait son chemin : le PS suggère de n’accorder que sous conditions (conclusion d’un accord salarial, actions de reclassement, entreprises exportatrices) les allégements de charges dont bénéficient les entreprises.

Ségolène Royal va plus loin et demande que les entreprises bénéficiaires qui délocalisent remboursent les aides publiques qu’elles ont pu recevoir. Le thème du développement durable est mieux pris en compte que par le passé. En revanche, la réflexion du PS sur des sujets comme la protection sociale, l’immigration, les nouvelles technologies mérite d’être approfondie.

3. Peut-il retrouver un discours européen?

Il est loin le temps où les échanges entre Lionel Jospin, tenant du “réformisme de gauche”, et Tony Blair ou Gerhard Schröder, artisans du social-libéralisme, dominaient les débats au sein d’une social-démocratie européenne en plein renouveau. Presque partout, la gauche a quitté le pouvoir et le PS ne joue plus qu’un rôle secondaire au sein du Parti des socialistes européens (PSE), en raison principalement des profondes divisions nées du référendum constitutionnel de 2005.

Dans cette période économique troublée, sa faible audience internationale est d’autant plus curieuse que deux de ses proches occupent des fonctions importantes : Dominique Strauss-Kahn au Fonds monétaire international (FMI) et Pascal Lamy à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). A priori, les élections européennes de juin 2009 s’annoncent délicates pour le PS, qui avait réalisé, en 2004, un score élevé (28,9 %). Face à la crise économique, le PS va bâtir sa campagne autour d’une plate-forme commune avec le PSE. Le message sera centré sur la nécessité d’instaurer une puissance publique européenne et des instruments de régulation efficaces de la sphère financière.

4. Peut-il se rénover?

Vieux, usé, fatigué : ces qualificatifs, adressés par Lionel Jospin à Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 2002, pourraient parfaitement s’appliquer aujourd’hui au PS, au moins dans la perception qu’en ont l’opinion et de nombreux adhérents. La rénovation du parti sera un enjeu central du congrès, avec une ligne de partage entre la motion de Bertrand Delanoë et celle de Ségolène Royal. Martine Aubry reste, elle, dans une réserve prudente sur la question. Forte du mouvement d’adhésion - large mais éphémère - qu’elle avait suscité avant les primaires socialistes à l’automne 2006, Mme Royal défend l’idée d’un “parti de masse”. Une orientation qui vise à “ringardiser” ceux qu’elle appelle les tenants du “vieux parti”, à commencer par le maire de Paris qui reste arc-bouté sur le principe d’un “parti de militants” dans la tradition jospinienne.

L’ancienne candidate à l’élection présidentielle veut changer, pour sa part, la nature du parti et repousser ses limites. Le PS façonné par François Mitterrand est un parti d’élus et une machine électorale qui a n’a jamais dépassé 220 000 adhérents. C’est le parti “d’une avant-garde”, selon l’expression de Lionel Jospin, pas un parti de masse. Mme Royal souhaite modifier tout cela. Elle plaide pour “un grand parti, démocratique, populaire et de mobilisation sociale”, avec des responsabilités “décentralisées aux fédérations”, et qui développe “de nouvelles formes de militantisme” en direction des salariés et de la société civile. Pour recruter de nouveaux adhérents, elle envisage, en outre, un montant de cotisation symbolique.

La question des primaires reste à régler même si Mme Royal l’a mise, provisoirement, au “Frigidaire”. L’ancienne candidate n’a jamais caché qu’elle entendait poursuivre dans la voie ouverte en 2006, même si elle n’a jamais précisé ses intentions - primaires ouvertes aux autres partis de gauche ou aux seuls sympathisants socialistes -, les fameux “adhérents à 20 euros revisités” ? M. Delanoë est, pour sa part, hostile à tout dispositif de désignation du candidat à l’élection présidentielle qui déborderait le cadre strict des “militants” dûment estampillés.

5. Peut-il faire alliance avec le centre?

Son nom est rarement prononcé mais l’ombre du président du MoDem, François Bayrou, plane sur le congrès. Faux procès ou vrai clivage ? La question des alliances avec le centre a pesé lourd dans la campagne du congrès de Reims. Bertrand Delanoë qui a pu sans difficulté, pour sa réélection à la Mairie de Paris en mars, se passer d’une alliance avec le MoDem, en a fait un sujet de divergence affiché avec Ségolène Royal. Cette dernière avait, en vain, tendu la main à François Bayrou entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Par ailleurs, les élections municipales ont été l’occasion d’alliances locales avec le MoDem, à Lyon, Dijon, Lille, Grenoble ou Marseille. Elles ont concerné des élus signataires de la motion de M. Delanoë comme de celle de Mme Aubry, ainsi que Mme Aubry elle-même. En septembre, le bras droit de Mme Royal, le député européen Vincent Peillon, avait déclaré à Libération : “Si l’on veut battre la droite de Sarkozy, il faudra bien entrer dans un débat sincère avec les centristes qui pourrait déboucher à terme sur un contrat de gouvernement.”

Depuis, Mme Royal s’efforce de désamorcer ce débat. Dans le document de travail “ouvert” qu’elle a remis aux tenants des autres motions, lundi 10 novembre, elle souligne qu’il faut “fédérer la gauche”. “La stratégie des socialistes a toujours consisté d’abord à rassembler la gauche, toute la gauche, autour d’un contrat de gouvernement, stipule le texte (…). C’est à partir de cette stratégie que les socialistes ont vocation à s’adresser seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite.”

Christine Garin et Jean Michel Normand

21/04/2008 - 19:00h França: A six mois de son congrès, le Parti socialiste a établi une nouvelle base idéologique

 

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Jean-Michel Normand - Le Monde

Pas d’envolées lyriques mais des phrases courtes, dans lesquelles chaque mot a été soigneusement pesé. La commission présidée par Alain Bergounioux, secrétaire national aux études du Parti socialiste, a mis au point une nouvelle déclaration de principes qui remplacera celle de 1990. Six mois avant le congrès de novembre, ce groupe de travail, où toutes les sensibilités étaient représentées, avait pour mission de de jeter les bases idéologiques de la rénovation du PS. Largement consensuel – ce qui suggère que le parti est, sur le fond, moins divisé qu’il y paraît –, ce document est le fruit d’un grand accord politique. Il sera soumis au vote lors de la convention nationale du 14 juin, après avoir été validé par les fédérations, qui ne devraient apporter que des retouches limitées.

Le préambule du projet de déclaration de principes souligne que “la nature du socialisme démocratique” est “d’aller à l’idéal et de comprendre le réel (…), d’assumer les tensions et les contradictions qui (…) font la vie humaine”. L’article 1 rappelle l’objectif de parvenir à “l’émancipation complète de la personne humaine”, mais pose sans attendre le principe de “la sauvegarde de la planète”. Cette sensibilité environnementale se confirme à travers la reconnaissance d’un “modèle de développement durable” et l’affirmation du principe de précaution. “Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché” – l’expression est inspirée par les partisans de Laurent Fabius –, poursuit le texte qui, legs strauss-kahnien, insiste sur l’obligation de favoriser un “secteur privé dynamique”.

LE CONCEPT D’ETAT SOCIAL

“Parti décentralisateur”, le PS est partisan d’une “économie de marché régulée par la puissance publique ainsi que par les partenaires sociaux”. Il insiste sur la “qualité de l’emploi”, qui suppose “une rémunération juste ainsi qu’une promotion professionnelle et sociale”. Cette déclaration de principes emprunte aux sociaux-démocrates allemands le concept “d’Etat social”, ce qui la conduit à évoquer, mais avec d’infinies précautions, la réforme de l’Etat-providence. La formule utilisée n’aurait pas été récusée par Jacques Delors : “La régulation (…) est un des rôles majeurs de l’Etat pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale”. Le texte établit l’obligation “de garantir pour tous la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle”. La démocratie participative chère à Ségolène Royal est évoquée parmi les moyens qui permettent de promouvoir “la délibération et la décision collectives”.

Dans la lignée des travaux de leurs “forums de la rénovation”, les socialistes refusent de considérer “la nation comme une juxtaposition de communautés”. Ils la définissent “comme un contrat entre citoyens libres et responsables”, non sans préciser l’obligation de veiller “à ce que chacun accomplisse aussi ses devoirs vis-à-vis de la collectivité”.

Assez peu disert sur la mondialisation, le document revendique, par ailleurs, “un ordre international juste et respecté”. L’article 17, affirmant que “le Parti socialiste est un parti européen” qui “revendique le choix historique de l’Union européenne”, est le seul à ne pas avoir fait l’unanimité au sein de la commission puisque Jean-Luc Mélenchon, qui représente une partie de la gauche du PS, s’est abstenu. L’histoire se répète : en 1990, c’est déjà la question européenne qui avait été à l’origine du seul vote contre, de la part du courant de Jean-Pierre Chevènement.

LA FIN DES “RAPPORT DE CLASSE”

Sur un plan plus doctrinal, le projet de d