04/01/2009 - 15:04h France: Quatre figures socialistes se détachent pour incarner l’alternative

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Ségolène Royal, Martine Aubry, Dominique Strauss-Khan e Bertrand Delanoë
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En portant à sa tête Martine Aubry, le Parti socialiste s’est doté d’une première secrétaire mais il n’a pas encore réglé la question de son incarnation dans l’opinion. En particulier dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012.

A travers les sondages, quatre dirigeants socialistes se dégagent nettement ; deux femmes (Martine Aubry, Ségolène Royal) et deux hommes (Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn). “Les unes et les autres fondent leur popularité sur des registres différents”, souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département Opinion de l’IFOP. “Rivales directes pour la direction du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal se situent dans l’action alors que le maire de Paris et “DSK” s’inscrivent plus en retrait, voire en recours.”

Malgré le climat délétère du congrès de Reims en novembre 2008, la nouvelle première secrétaire enregistre une forte hausse de sa popularité dans les sondages. En un mois, elle a gagné neuf points dans le baromètre Paris Match-IFOP publié dans l’hebdomadaire le 18 décembre, où elle atteint 66 % de bonnes opinions. Elle plafonnait à 20 % en juillet 2006. “Le pays a tellement besoin de se dire qu’il peut exister une alternative face au président de la République, que Martine Aubry ne peut que bénéficier d’un a priori positif”, souligne Stéphane Rozès, directeur général de l’Institut CSA.

Le positionnement “à gauche” de la maire de Lille est notamment confirmé par la bonne opinion dont elle bénéficie auprès de l’électorat communiste. “Martine Aubry s’inscrit dans une logique d’ascension ; elle dispose de six mois pour construire sa crédibilité”, estime Brice Teinturier, directeur du département stratégies d’opinion de TNS-Sofres.

“DÉFICIT DE CRÉDIBILITÉ”

La percée de la première secrétaire s’est opérée en partie au détriment de Mme Royal, dont la popularité globale a perdu du terrain. Mais elle semble avoir conservé ses positions dans l’électorat socialiste. Appréciée parmi les jeunes et les milieux modestes, impopulaire chez les cadres et les diplômés, la présidente de la région Poitou-Charentes présente des caractéristiques atypiques par rapport au PS. Selon M. Teinturier (Sofres), les chances futures de Mme Royal dépendent “de sa capacité à dépasser son statut d’ancienne candidate à l’élection présidentielle et à remédier à son déficit de crédibilité” face à Mme Aubry qui, ajoute-t-il, “s’est relancée grâce à sa réélection à Lille et son accession à la tête du PS”.

N’ayant pas su s’imposer lors du congrès de Reims, M. Delanoë a reculé dans les sondages mais il demeure la personnalité socialiste la plus appréciée. La popularité du maire de Paris apparaît socialement et géographiquement très homogène. “Pourtant, cette image consensuelle pose problème, car elle manque d’aspérités et de points de fixation”, juge M. Fourquet à l’IFOP. “En dépit de sa cote, qui reste forte, le maire de Paris aura du mal à rebondir”, considère, de son côté, M. Teinturier.

A l’écart des affres du congrès de Reims, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, conserve une très bonne image dans l’opinion. Diriger une institution phare dans la crise mondiale ne peut que renforcer une image de compétence en matière économique, acquise en tant que ministre des finances pendant une période de croissance.

Les spécialistes des études d’opinion comparent le statut politique de “DSK” à celui de Jacques Delors lorsqu’il présidait l’Union européenne, dans les années 1990. “La densité du soutien dont dispose Dominique Strauss-Kahn n’est pas aussi forte que s’il devait affronter les vicissitudes de la politique nationale. Que se passerait-il s’il revenait en France pour y jouer un rôle actif ?”, se demande toutefois M. Rozès.

M. Teinturier, quant à lui, observe que les principaux soutiens de “DSK” “se trouvent parmi des catégories – les personnes âgées, les sympathisants de droite, les cadres et professions libérales – qui ne votent pas le plus à gauche”…

Dans une élection présidentielle, résume M. Fourquet, “Martine Aubry et Ségolène Royal apparaissent comme des candidates de premier tour alors que Bertrand Delanoë et DSK semblent plus adaptés pour affronter un second tour”.
Jean-Michel Normand

28/11/2008 - 17:13h Ségolène, la madone des Escalator, par Christian Salmon

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par Christian Salmon* – Le MondeChaque homme politique emprunte ses signes à son époque, ses moyens de communication et même de locomotion. Il y a eu les grands marins, les cavaliers, les aviateurs. Bonaparte au pont d’Arcole faisait corps avec un cheval. Lénine et Trotski se déplaçaient dans un train blindé. George W. Bush descend d’un avion de chasse, un casque d’aviateur à la main. Churchill s’enfonce pour toujours dans une limousine noire. Quant à de Gaulle, son buste élancé semble surgir d’une tourelle de char. Ce sont des corps historiques, légendaires, qui se déplacent. Roosevelt sur son fauteuil roulant souligne l’héroïsme des temps de guerre. Kennedy descend les marches d’un avion de ligne, une jeune femme élégante à ses côtés… Gambetta avait atterri en ballon.

Ségolène Royal enrichit cette tradition : elle se déplace désormais en escalier mécanique. En 2007, elle donnait déjà l’impression de marcher sur les eaux, désormais elle glisse sur les tapis roulants. Les caméras l’assaillent habituellement. Mais, cette fois, Ségolène vint vers eux. Elle leur apparut un instant. De quoi nourrir la flamme. Et la foi. Ségolène Soubirous. La madone des Escalator. “Je ne crains rien, je trace ma route”, répète-t-elle à l’envi.

La crise du Parti socialiste n’a pas seulement mis à la torture les socialistes, elle a plongé la médiasphère dans une de ses crises d’excitation qui est la forme exacerbée que prend aujourd’hui le débat public dans ses moindres manifestations. Suspense du décompte dans la nuit électorale. Blogueurs en haleine. Guérilla de l’agenda. On s’y insulta abondamment, trompant la vacuité du débat par des empoignades de hooligans. Pendant que les membres de la commission de récolement s’échinaient à décompter les bulletins, Ségolène Royal faisait la tournée des studios, lançant sur les caciques de la Rue de Solférino ses oukases : la menace d’une crise de régime, le cauchemar d’un marathon judiciaire, voire la prise de la Bastille socialiste par les militants révoltés.

Du suspense, mais à quoi bon ? Rien ne sert de gagner dans les urnes, si votre image ne s’impose pas dans les esprits. Ce n’est plus ni la représentativité ni le poids électoral qui font la force, c’est la capacité à épouser les vagues médiatiques comme autant de plis narratifs, de rebonds, de surprises. Politique de la demande qui conduit les hommes politiques moins à proposer une offre politique qu’à stimuler, nourrir, exciter la demande d’intrigues.

On ne recompta pas seulement les bulletins, la médiasphère colporta ad nauseam la fable de la femme debout seule face aux éléphants, la jeune garde contre le vieux parti, la vieille querelle des anciens et des modernes, lieu commun et impasse de la pensée socialiste. Comme s’il fallait apprendre à se “modérer” alors qu’on a cru qu’il fallait se “moderniser”, disait avec humour Bruno Latour dans un tout autre contexte (Les Atmosphères de la politique, Les empêcheurs de penser en rond, 2006). Se modérer en démocratie, cela ne signifie pas seulement faire preuve de modération, ce n’est pas une question de morale mais de régie et même d’acoustique. Synchroniser les temps et les espaces du débat démocratique. Peter Sloterdijk ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme que la démocratie repose sur “la faculté d’écouter, d’attendre, de faire attendre, d’imposer l’attente”, de “suspendre” les événements et non de les précipiter. C’est-à-dire l’inverse de ce que fait le marketing politique, qui cherche à capter l’attention, faire rebondir l’intrigue.

Ségolène est une créature de l’ère numérique. Elle appartient à cette génération d’hommes politiques qui, de Blair à Bush en passant par Sarkozy, sont des stratèges de l’émotionnel, des guerriers de la tension narrative. Dépourvus des talents traditionnels de l’orateur et du tribun mais habiles à conjuguer simulation et focalisation, techniques du cadrage et maîtrise de l’agenda. Pour eux, l’occupation du temps médiatique est devenu aussi stratégique que l’aménagement et le contrôle du territoire.

La “guerre des roses” au Parti socialiste n’a donc pas opposé seulement deux candidates ni même deux lignes politiques, mais les lois de la “modération” démocratique et celles de la “modernisation” médiatique. Parions que, même défaite, Ségolène Royal y poursuivra sa tâche “réformatrice” : transformer la vie politique en un théâtre moral, et imposer comme éléments de langage la syntaxe de l’héroïsme et de la victimisation avec son “code de l’honneur”, ses “trahisons”, ses “haines”, ses “ruptures”, et pousser la logique du “timing” jusqu’à faire de sa défaite même une alliée.

Au soir de son échec électoral en 2007, elle avait aussitôt annoncé “d’autres victoires”… Fini le gagnant-gagnant de la présidentielle. Désormais, c’est le “qui perd gagne” qui lui sert de viatique électoral. Georges Frêche l’a bien compris : “Si Ségolène perd, c’est sa chance. Elle va rester tapie pendant deux ans… Et elle cueillera la poire dans deux ans toute mûre.” Lorsque chaque partenaire se retranche dans la recherche de son propre gain, sans considération des intérêts des autres partenaires, on aboutit à la maximisation des pertes de chacun. Dans la théorie des jeux, cette stratégie porte un nom : perdant-perdant.

Christian Salmon est écrivain.

25/11/2008 - 22:35h Martine Aubry est élue première secrétaire du Parti socialiste

Martine Aubry à Reims, le 15 novembre 2008.

Le Monde

Après quatre jours de confusion totale, le conseil national du Parti socialiste a validé, mardi 25 novembre, l’élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire. Avec 159 voix pour, 76 contre et deux abstentions, le rapport de la commission chargée de statuer sur les litiges entourant le scrutin de vendredi dernier a été entérinée. “Je veux dire à Ségolène qu’on va ensemble gagner pour les Français”, a déclaré la maire de Lille à la tribune du conseil national, quelques minutes après le vote des responsables du PS.

Avant de prononcer son discours, la maire de Lille était allée embrasser Ségolène Royal, assise, impassible, au premier rang du palais de la Mutualité.  Samedi, après une nuit électorale à rebondissements, Martine Aubry avait été déclarée gagnante avec 42 voix d’écart, suscitant de nombreuses contestations du camp de l’ancienne candidate à la présidentielle. Pour sa part, Ségolène Royal a appelée, mardi, à “l’unité” et au “rassemblement”. “Nous ferons en sorte d’être une force de transformation à l’intérieur du PS” et “nous allons continuer à nous investir dans le PS dont nous représentons la moitié des forces militantes”, a-t-elle ajouté après avoir rendu hommage à son équipe. “Chaque fois que la nouvelle direction prendra des décisions qui vont dans le sens de ce que nous avons défendu nous la soutiendrons. Chaque fois qu’elle n’ira pas dans ce sens nous essaierons de la convaincre”, a ajouté l’ex-candidate à la présidentielle.

“DÉNI DE JUSTICE”

Malgré tout, dans son camp, des voix continuent de s’élever contre le dénouement du vote. Jean-Louis Bianco appelle à un nouveau scrutin : “Nous continuons à demander à la nouvelle direction d’accepter au moins la proposition de Robert Badinter qu’il y ait un nouveau vote dans les endroits où il y a un problème, si nous n’obtenons pas satisfaction, nous ferons un recours en justice”. Un autre fidèle de Mme Royal, Manuel Valls, va dans le même sens, assurant que “des tribunaux seront évidemment saisis” pour répondre au “déni de justice” que constitue, selon lui, l’élection de Martine Aubry.

De son côté, Jean-Noël Guérini, patron de l’importante fédération des Bouches-du-Rhône et partisan de Ségolène Royal, a affirmé qu’il “ne fera rien pour empêcher” Martine Aubry “de travailler”. M. Guérini qui, comme les autres partisans de Mme Royal, a voté contre le rapport de la commission a conclu : “Il y a une première secrétaire, une majorité et une opposition.”

“RETROUVER LA GAUCHE”

Dans un souci d’appaisement, Martine Aubry a lançé à l’adresse des militants ayant choisi l’ancienne candidate à l’Elysée : “Chacun connaît la ténacité et le talent du chef pour lequel ils ont voté.” Prenant les rênes du PS à la suite de François Hollande, qui quitte son poste après onze ans, Martine Aubry a précisé qu’elle présenterait son équipe de direction du PS lors d’un conseil national samedi 6 décembre. Signe qu’elle estimait sa victoire acquise de longue date, elle s’est tournée vers le premier secrétaire sortant pour lui dire, c’est “comme nous en avons parlé ce matin”.

Mais après une nomination dans la difficulté, Martine Aubry reconnaît que “les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu, de manière serrée ne [lui] donnent que des devoirs. Mon premier devoir, si elle l’accepte, est de rencontrer Ségolène et de lui dire moi, j’ai entendu comme toi ce que les militants veulent (…) nous voulons retrouver la gauche” a lancé Martine Aubry. “Je dis à la droite, riez encore quelques jours car dès la semaine prochaine le Parti socialiste est de retour dans la proposition.”

25/11/2008 - 20:45h Partido Socialista francês confirma vitória de Aubry

 

Avec 159 voix pour, 76 contre et deux abstentions, le rapport de la commission chargée de statuer sur les litiges entourant le scrutin de vendredi dernier a été entérinée.

AE-AP – Agencia Estado

PARIS – A ex-ministra do Trabalho da França Martine Aubry, que ajudou a aprovar a jornada semanal de trabalho do país com 35 horas, foi confirmada hoje como a líder do Partido Socialista Francês, após uma disputa acirrada com sua rival, a ex-candidata socialista à presidência da França, Ségolène Royal. As eleições ocorreram na sexta-feira e a apuração mostrou que Aubry venceu por apenas 42 votos de vantagem, em um total de 135 mil sufrágios. Os partidários de Royal disseram que houve irregularidades e pediram uma recontagem dos votos. Hoje, o partido anunciou que Aubry venceu por uma vantagem um pouco maior: 102 votos.

“Vamos nos unir em uma linha à esquerda, mas também ao redor de uma renovação que está próxima”, afirmou Aubry, após ser confirmada na chefia dos socialistas. A próxima eleição presidencial francesa ocorrerá em 2012, mas a disputa interna dá aos socialistas um novo fôlego para conquistar mais apoio junto ao eleitorado. Em 2009, os franceses elegerão seus representantes no Parlamento Europeu e, em 2010, o país terá eleições municipais.

21/11/2008 - 15:49h França: Dossier sobre as eleições internas do Partido Socialista

PS : Royal en pôle, mais face au ticket Aubry-Hamon

Les militants ont placé Ségolène Royal en tête du vote pour le Premier secrétaire, mais un second tour aura lieu ce vendredi.

Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon (Audrey Cerdan/Rue89).

Ségolène Royal a raté jeudi son train vers Paris, mais pas le premier tour de l’élection du premier secrétaire du PS. Mais le premier tour seulement, car il y en aura bien un second. La présidente de la région Poitou-Charentes n’obtient pas la majorité absolue face à Martine Aubry et Benoît Hamon.

Des résultats officiels, mais pas encore totalement définitifs, annoncés à 1h30 au siège du Parti socialiste par Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections. A noter, une participation plus forte de près de 7000 militants par rapport au vote du 6 novembre sur les motions. (Voir la vidéo)

  • Ségolène Royal: 42,45%
  • Martine Aubry: 34,73%
  • Benoît Hamon: 22,83%

C’est depuis la Maison de la région que Ségolène Royal commentera vendredi midi ce score. Et livrera sa réflexion avant le second tour qui l’opposera le soir-même à la maire de Lille, qui a reçu le soutien du député européen.“Nous sommes confrontés à un choix de culture”Les deux conceptions du parti distinguées depuis plusieurs semaines s’affronteront donc. Chaque camp insiste sur son point fort. Le “renouvellement” pour les partisans de Ségolène Royal. Idem, mais ce sera plus difficile à faire entendre, pour ceux de Martine Aubry et Benoît Hamon, qui savent qu’ils devront davantage miser sur “l’ancrage à gauche”.Benoît Hamon, l’homme le plus attendu de la soirée. Il appelle pourtant sans surprise à voter pour Martine Aubry, celle qui a déjà le soutien de Bertrand Delanoë, et avec qui il avait déjà réussi à s’accorder sur un texte commun, sans pour autant dégager un seul et même candidat. Aujourd’hui, le ralliement est aussi rapide que limpide:

“Je pense que nous sommes confrontés, comme il nous en arrive tous les dix ou vingt ans, à un choix qui est un choix de culture. (…) Moi, aujourd’hui, j’ai fait le choix, en toute transparence et en responsabilité, de demander aux 30 000 militants socialistes, dont je ne suis pas propriétaire mais qui m’ont fait confiance, de se reporter massivement vers le vote en faveur de Martine Aubry.” (Voir la vidéo)

30 000 militants qui le placent en position d’arbitre. Mais un arbitre qui a rapidement pris position et que l’on pourrait retrouver à un poste de premier secrétaire délégué si la maire de Lille l’emportait. Un poste pourtant récemment inventé par Ségolène Royal et d’ores et déjà distribué à Vincent Peillon en cas de victoire…“Les militants ne changent pas d’un jour sur le lendemain”De ce ralliement, Martine Aubry s’est dite aussitôt “heureuse”, depuis Lille. Et ses lieutenants y croient, Pascal Lamy en tête. Il est ce jeudi soir la voix de Martine Aubry à Solférino. 34,73% + 22,83% = 57,56%. L’optimisme est de mise:

“La voie du rassemblement est en marche et donc il y a toutes les raisons de penser que demain nous avons la capacité de gagner. Nous sommes ici dans un scrutin entre militants socialistes (…) qui ne changent pas d’un jour sur le lendemain.” (Voir la vidéo)

“Ce n’est pas l’arithmétique qui fait le vote”Soutien de Ségolène Royal, David Assouline rétorque: “Ce n’est pas l’arithmétique qui fait le vote.” Avant d’insister encore et encore sur la notion de “renouvellement”, accompagnée de tous ses synonymes. Sans oublier de faire un clin d’oeil aux militants ayant voté pour Benoît Hamon:

“Dans ce vote du premier tour, une fois de plus, on voit qu’une majorité de militants nette -et ça se voit aussi avec le score de Benoît Hamon- est pour un changement profond du Parti socialiste, pour un renouvellement, pour une refondation. (…) Nous sommes absolument confiants.” (Voir la vidéo)

Les royalistes le martèlent: au second tour non plus, “ce ne sera pas encore une arithmétique”. Ils en veulent pour preuve les résultats de ce premier tour dans la section du XVIIIe arrondissement de Paris. La section de Lionel Jospin et Bertrand Delanoë. Ségolène Royal l’a emporté avec 53,6% des suffrages, devant Martine Aubry (28%). Le 6 novembre, elle était loin derrière le maire de Paris (43% contre 26,5%).Les partisans des uns et des autres ne s’attardent toutefois pas à Solférino, et partent une question -irrésolue- en tête: les voix de Benoît Hamon se reporteront-elles en masse sur Martine Aubry ou Ségolène Royal parviendra-t-elle à en capter suffisamment pour convertir sa pôle position en victoire?Quelle que soit la réponse ce vendredi soir des militants socialistes, ils placeront une femme à la tête d’un parti qui ne sera toujours pas parvenu à se doter d’une majorité forte.


Alors que les militants socialistes s’exprimaient lors de ce premier tour, Rue89 vous proposait un dernier regard sur le vote pour le premier secrétaire du PS.
Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon (Audrey Cerdan/Rue89).
Derniers meetings

Banlieue parisienne, Paris et Bretagne. Telles étaient les dernières destinations mercredi soir des trois candidats en lice. Craignant les séquelles et les divisions durables à l’issue du scrutin, tous ont appelé au rassemblement:

  • Martine Aubry (à Aubervilliers): “Nous sommes dans le même parti, nous devons être unis et travailler ensemble.”
  • Ségolène Royal (à Paris): “Dès lundi, pas un socialiste ne doit manquer pour se battre contre la politique de Sarkozy.”
  • Benoît Hamon (à Brest): “J’ai essayé d’éviter de faire une campagne contre les autres dans une logique d’empêchement, je ne suis pas là pour empêcher Ségolène Royal ou Martine Aubry.”
Dernières vidéos

Ségolène Royal, Benoît Hamon et, dans une moindre mesure, Martine Aubry la jouent propagande lors de l’ultime journée de cette campagne interne. Chacun des trois candidats a dégainé sur son site un clip mêlant discours et musique. Discours du congrès de Reims pour les deux premiers, discours du dernier meeting pour la troisième. (Voir les vidéos)



Derniers textes

Trois jours avant le vote, Ségolène Royal, Benoît Hamon et Martine Aubry ont envoyé leur profession de foi aux militants. Si tous prônent un “renouvellement” du parti, avec un net virage à gauche, l’éventuelle alliance avec le MoDem fait toujours débat.

Benoît Hamon plus que les autres, puisque c’est son credo depuis l’annonce de sa candidature le 23 septembre, et que les autres empiètent aujourd’hui sur ses plates-bandes. “L’ancrage à gauche”, il le réclame à trois reprises dans sa profession de foi.

Martine Aubry aussi exige un “parti fermement ancré à gauche”. Précision et explication à l’appui de l’ancienne ministre de l’Emploi et de la Solidarité: un parti “ancré dans la gauche efficace, crédible”, parce que “face à une droite dure, il faut une gauche forte”.

Quant à Ségolène Royal, elle se pose également comme le meilleur recours pour ceux qui veulent plus de gauche. “Les Français nous attendent. La gauche nous attend”, écrit la présidente de la région Poitou-Charentes, sans en rajouter.

Dernier pointage

Rue89 a interrogé, mercredi et jeudi, ses riverains pour savoir quel premier secrétaire ils préféraient pour le Parti socialiste. 2077 ont voté. Martine Aubry a été placée largement en tête, devant Ségolène Royal, puis Benoît Hamon.

Dernier vote

Les 233 000 adhérents socialistes, même si tous ne sont pas à jour de cotisations, ont déjà été appelés à voter le 6 novembre dans les quelque 3 200 sections en France. Il s’agissait cette fois d’un vote sur les motions. 130 486 militants se sont exprimés. Les résultats étaient les suivants:

  • Motion A (Bertrand Delanoë): 25,24%
  • Motion B (Pôle écologique): 2,59%
  • Motion C (Benoît Hamon): 18,52%
  • Motion D (Martine Aubry): 24,32%
  • Motion E (Ségolène Royal): 29,08%
  • Motion F (Utopia): 1,25%

Les résultats détaillés, fédération par fédération, permettent eux de savoir pour qui ont voté les onze plus grosses fédérations socialistes:

  • Quatre pour la motion E (Ségolène Royal): Bouches-du-Rhône (73,04%), Hérault (53,46%), Rhône (40,92%) et Essonne (34,93%).
  • Quatre pour la motion D (Martine Aubry): Nord (57,87%), Pas-de-Calais (48,52%), Seine-Maritime (66,62%) et Hauts-de-Seine (30,33%).
  • Trois pour la motion A (Bertrand Delanoë):
    Haute-Garonne (29,66%), Gironde (32,50%) et Paris (36,75%).
  • Zéro pour la motion C (Benoît Hamon).
  • Zéro pour la motion B (Pôle écologique).
  • Zéro pour la motion F (Utopia).

Pour rappel, Bertrand Delanoë a appelé “à voter massivement” en faveur de Martine Aubry (mais les tenants de sa motion n’ont pas tous fait de même, François Hollande en tête, qui est resté neutre). Le Pôle écologique a apporté son soutien à Ségolène Royal. Et le mouvement Utopia s’est rangé derrière Benoît Hamon.

20/11/2008 - 14:22h L’heure du choix pour les militants socialistes

Le Monde 

Les militants socialistes sont appelés, jeudi 20 novembre, à départager trois candidats au poste de premier secrétaire du PS – Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon -, dans un scrutin à fort suspense. C’est la première fois que trois postulants sont en lice depuis l’instauration du suffrage universel militant chez les socialistes, en 1995. Et l’incertitude est sans précédent, le congrès de Reims, qui a été celui de la désunion et des déchirements, ayant échoué à dégager une majorité autour d’un nom.Le vote se déroulera de 17 heures à 22 heures, les premier résultats ne devant pas être connus avant minuit ou une heure du matin vendredi. Ségolène Royal part d’une base de 29 %, score de sa motion au vote des militants le 6 novembre, Martine Aubry de 24,3 %, et Benoît Hamon de 18,52 %. Le report des voix de Bertrand Delanoë (25,24 %), qui s’est finalement rallié à Mme Aubry, et la participation, seront les deux inconnues majeures de ce vote qui se déroule avec, en toile de fond, la préparation d’une candidature socialiste pour l’Elysée, en 2012. Le premier secrétaire sortant, François Hollande, n’a pas pris position publiquement.

DERNIERS MEETINGS AVANT LE VOTE

Mercredi soir, les trois candidats ont tenu leur dernier meeting avant l’élection.

Ségolène Royal avait, pour sa part, rassemblé ses partisans à Paris. “Le moment est là, historique, et il faut comme le disait François Mitterrand, que nous ayions la force de rester nous-mêmes et aussi la force de changer. Voilà ce que je vous propose !”, a-t-elle lancé au gymnase Japy à Paris XIème, devant plus de 800 personnes -1 200 selon les organisateurs.”Oui ou non, voulons-nous écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire vibrante et populaire. Le voulez-vous ?. Voulez-vous bâtir ensemble le socialisme du XXIè siècle. Le voulez-vous?. Voulez-vous que notre parti s’ouvre à toutes les diversités et devienne meilleur que la société qu’il prétend transformer?”, a affirmé l’ex-candidate à l’Elysée, reprenant comme un leitmotiv interrogatif “le voulez-vous?”.

“Nous voulons renaître avec un parti puissant, un parti fort et des socialistes fiers de l’être”, a lancé la présidente de la région Poitou-Charentes, entourée de toute son équipe, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, Manuel Valls ou Julien Dray. Elle a demandé “un vote militant” pour “balayer les réticences et les refus” et “faire monter la certitude de la transformation”, évoquant cette “belle responsabilité de diriger”.Lançant un vibrant plaidoyer pour l’Education nationale et les enseignants que “la droite traite avec un tel mépris”, Mme Royal a jugé que “ce qui s’abat sur l’école est grave pour les élèves”. “Ils ont trouvé des milliards pour le système bancaire et ils saignent à blanc l’Education nationale”, a-t-elle fustigé.

L’ancienne ministre a trouvé des accents à la Zola, lançant : “J’accuse la droite au pouvoir de compromettre gravement l’avenir de l’Education nationale, j’accuse la droite au pouvoir d’en rabattre sur un investissement prioritaire, j’accuse la droite au pouvoir de paupériser l’Education nationale (…) , j’accuse la droite au pouvoir ne rien tenter contre l’échec scolaire”.”Le pays nous appelle depuis longtemps. Où êtes-vous les socialistes ? Eh bien nous sommes là ! Debout ! (…) Fiers de l’être et au service des Français. En avant ! “, a-t-elle conclu, soulevant une vive ovation.

Martine Aubry était, elle, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, mercredi soir, pour son dernier meeting avant l’élection. “Si nous gagnons nous gagnerons dans un large rassemblement” et “la première chose que je ferai, c’est tendre la main à Ségolène”, “pas un socialiste ne doit manquer pour se battre contre la politique de Nicolas Sarkozy”, a affirmé la maire de Lille, devant 250 militants et élus socialistes d’Ile-de-France et du Nord réunis au “Magic mirrors, salle de la Fraternité”, aux portes de Paris.

“Si demain les militants me choisissent, ce sera d’abord une équipe, l’équipe de tous les militants socialistes”, a-t-elle lancé. Elle s’est engagée en cas de victoire “à mettre en place des équipes renouvelées”, “capables de faire vivre des générations différentes, avec une totale mixité”. Elle a souhaité que son “premier chantier” soit celui “de la lutte contre toutes les discriminations”.

Mme Aubry a dit son “bonheur” d’être entourée de l’ancien premier ministre Laurent Fabius et de la députée de Seine-Saint-Denis, Elizabeth Guigou. Etaient également présents le président du Conseil général, Claude Bartolone, celui de la région IDF, Jean-Paul Huchon, et le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis.

Benoît Hamon s’est, lui, rendu dans sa ville natale, Brest, pour son dernier rendez-vous avec ses sympathisants avant l’éléction. “La dernière année, ça n’a jamais été aussi facile d’être de gauche et on n’a jamais été aussi nul”, a t-il lancé au siège de la fédération du Parti socialiste du Finistère où était rassemblée une centaine de personnes.

“Alors que la droite ne retient aucun de ses coups à l’égard des plus vulnérables, les socialistes se donnent plus de coups entre eux que de coups à la droite, cela me fait un peu mal”, a-t-il déclaré, avant de demander aux socialistes de “revenir à la maison” et aux “fondamentaux” de la gauche.

Pour illustrer son propos, il a ironisé sur les socialistes qui “sautent comme des cabris” devant certaines mesures du gouvernement comme le Revenu de solidarité active et a fustigé la stratégie d’alliance avec le centre qui mènerait selon lui le PS français à la même situation que son homologue italien qui n’est “ni de droite ni de gauche et se vide de ses valeurs”.

Défendant la “clarté de mes choix, de ma stratégie, de ma candidature” , il a également pourfendu les “logiques d’empêchement” dans lesquelles étaient enfermées selon lui ses deux concurrentes au poste de secrétaire. Se présentant comme “l’incarnation de l’ancrage à gauche et du renouvellement” du PS, il s’est toutefois défendu de vouloir un “renversement de générations”, mais s’est prononcé au contraire pour une “mixité générationnelle” au cas ou il serait élu premier secrétaire du PS.

19/11/2008 - 14:42h Ségolène Royal : “Mon rôle est d’organiser le changement et l’ouverture”

Ségolène Royal, le 18 novembre 2008, au Grand Journal de Canal+.
AFP/STEPHANE DE SAKUTIN
“D’abord, je symbolise le changement et même la rupture. Cela en dérange beaucoup alors que j’ai vingt-cinq ans de militantisme au sein du PS. Ensuite, j’incarne la légitimité que m’a donnée la campagne présidentielle. Enfin, j’ai un contact particulier avec le peuple. Cela fait ma force et intrigue certains”, explique la présidente de la région Poitou-Charentes.

 

A la veille du premier tour de l’élection du premier secrétaire du Parti socialiste, qui aura lieu jeudi 20 novembre, Ségolène Royal précise ses arguments dans la confrontation qui l’oppose à Martine Aubry et Benoît Hamon. Confirmant sa volonté de changer le fonctionnement du parti, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, qui estime qu’elle“symbolise la rupture”, évoque son “contact particulier avec le peuple” tout en affichant son souhait d’associer à la direction du parti des dirigeants issus d’autres motions. Elle entend, si elle l’emporte, organiser des conventions thématiques, en particulier sur les alliances, la crise financière et la protection sociale. 

La campagne se durcit. Jack Lang vous accuse de vouloir transformer le PS en un parti à l’américaine, une grosse machine électorale…

Arrêtons les anathèmes : voilà typiquement les méthodes du passé que je ne veux plus voir dans le nouveau parti ! Je n’ai jamais construit mon discours politique sur le rejet de ce qui se fait ailleurs, sur le repli sur soi, sur la peur du changement. François Mitterrand parlait de “la force d’être soi-même et celle de changer”. Nous avons l’obligation de changer.Aujourd’hui, le vrai risque, c’est l’immobilisme. Le PS est devant un choix crucial : se recroqueviller ou s’envoler, se refermer sur lui-même ou s’ouvrir au monde, s’étioler ou renaître, en prenant le risque de créer un parti joyeux, métissé, créatif, constructif. Soit on choisit encore la pyramide immuable, le sommet et la base, ceux qui savent et ceux qui exécutent, soit on joue le collectif, le rassemblement et une gestion plus horizontale du parti. 

Pourquoi les réactions à votre égard sont-elles si vives ? A entendre vos adversaires, c’est tout juste si vous appartenez à la famille socialiste.

J’ai trois explications à cette violence. D’abord, je symbolise le changement et même la rupture. Cela en dérange beaucoup, alors que j’ai vingt-cinq ans de militantisme au sein du PS. Ensuite, j’incarne la légitimité que m’a donnée la campagne présidentielle. Enfin, j’ai un contact particulier avec le peuple. Cela fait ma force et intrigue certains. 

Comment analysez-vous ce qui s’est passé au congrès de Reims ? 

Cela a été un jeu de poker menteur. En principe, le rassemblement se fait autour de la motion arrivée en tête. C’est la règle. Mais parce que c’était moi et une nouvelle génération, ils ont refusé de s’y plier. Ils ont fait de ce congrès une question de personnes. Quand j’ai contacté Martine Aubry et Bertrand Delanoë pour faire le rassemblement, ils m’ont dit que j’étais la candidate légitime, et ils ont commencé à discuter sur le texte. Nous avons eu un échange écrit, puis ils ont refusé tout débat complémentaire. Et dès l’ouverture de la commission des résolutions, ils ont déclaré ne plus avoir rien à nous dire. Il s’agissait d’un congrès d’obstruction à la motion arrivée en tête. 

Pourquoi avez-vous reculé sur la question de l’alliance avec le centre, en en appelant désormais à l’arbitrage des militants? 

Je n’ai pas reculé. Mon discours a été clair là-dessus. Pour faciliter un rapprochement avec Bertrand Delanoë, j’ai fait cette proposition de méthode. J’ai également tendu la main à Benoît Hamon, en lui proposant de prendre la responsabilité du forum chargé de réfléchir à cette question. Il a refusé. Sur le fond, je ne renie rien. Le parti doit s’ouvrir, mais après avoir rassemblé toute la gauche.Aux militants qui s’inquiètent, je rappelle que j’ai été capable de rassembler toute la gauche au premier tour de la présidentielle, et d’être présente au second, avec le soutien notamment d’Olivier Besancenot et d’Arlette Laguiller. 

Vous souhaitez être secondée par un premier secrétaire délégué. Quelles seront ses attributions? 

Contrairement à la réputation qu’on me fait, je délègue beaucoup, en particulier dans mes fonctions de présidente de région. Le premier secrétaire délégué pourra exercer tous les pouvoirs du premier secrétaire par délégation. Présider le bureau national, s’exprimer pour le parti, s’assurer du bon fonctionnement de l’appareil, en appui avec quelqu’un qui s’occupera des fédérations. 

Cela veut-il dire que vous ne présiderez pas toutes les semaines le bureau national si vous êtes élue? 

C’est déjà le cas. Lorsque le premier secrétaire est pris par d’autres obligations, notamment internationales, il délègue la présidence du bureau national. 

Avec qui souhaitez-vous diriger le parti? 

Je veux constituer une équipe ouverte aux autres motions, y compris celle de Benoît Hamon. J’espère convaincre des personnalités de talent comme Didier Migaud, Pierre Moscovici, Jean-Yves Le Drian, Marisol Touraine, Adeline Hazan, Alain Vidalies et d’autres encore. Je souhaite constituer une équipe solide qui assume pleinement ses responsabilités et se déploie largement. Mon rôle est d’organiser le changement, l’ouverture et la transmission. 

Quelles premières décisions envisagez-vous de prendresi vous l’emportez? 

Je contacte immédiatement les responsables socialistes européens. Puisque la France a la présidence de l’Union européenne jusqu’à la fin de l’année, et même si les délais sont très courts, nous organiserons un forum global avec les partis socialistes européens, le mouvement syndical, les ONG. Car la réflexion et les décisions sur la crise ont été confisquées par les pouvoirs institutionnels et les banques.Il faudra aussi réformer la gouvernance du parti : intégrer les nouvelles formes de militantisme, refonder notre outil Internet pour permettre le développement des débats interactifs, créer une sorte de Facebook socialiste et attirer ainsi de nouveaux publics, mobiliser les jeunes des quartiers populaires, baisser le prix des cotisations et déclencher un mouvement d’adhésion, créer enfin l’université populaire de la connaissance, avec des antennes régionales. Des conventions thématiques scanderont régulièrement la vie du parti, en attirant vers nous les intellectuels et les chercheurs. 

Sur quels thèmes? 

La crise financière, le modèle social français, l’avenir de la sécurité sociale et des retraites, la santé, la décentralisation et la place de l’Etat, le syndicalisme de masse…  

Quel type d’opposition préconisez-vous face à Nicolas Sarkozy? 

Une opposition constructive. Cela nécessite de bien identifier dans la politique de Nicolas Sarkozy ce qui marche et ce qui ne marche pas. Il a compris que, pour sortir de la crise, il fallait jouer à tous les niveaux : national, européen et mondial. Mais il n’a pas de politique économique, il détruit les services publics, qui sont notre patrimoine commun, il accorde aux entreprises des aides financières sans contrepartie. Il reste impuissant face à ses amis banquiers. Le pays a le sentiment aujourd’hui d’une profonde injustice et d’une grande inefficacité. 

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Jean-Michel Normand – LE MONDE

 

18/11/2008 - 17:28h França: briga divide os socialistas

Bertrand Delanoë appelle à voter “massivement” pour Martine Aubry

Martine Aubry et Bertrand Delanoë s'embrassent au dernier jour du 75e congrès du Parti socialiste à Reims, dimanche 16 novembre. | REUTERS/PASCAL ROSSIGNOL

REUTERS/PASCAL ROSSIGNOL – Martine Aubry et Bertrand Delanoë s’embrassent au dernier jour du 75e congrès du Parti socialiste à Reims, dimanche 16 novembre.

 Le Monde

Le maire de Paris a changé d’avis. Après avoir laissé entendre qu’il ne prendrait pas position dans la compétition engagée entre Martine Aubry et Ségolène Royal pour le poste de premier secrétaire, M. Delanoë a annoncé son soutien à la maire de Lille dans une lettre adressée aux militants socialistes, publiée lundi 17 novembre en fin de matinée.

“Au nom de mes convictions politiques, écrit-il, j’ai décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j’appelle à voter massivement en sa faveur.” Il évoque la mauvaise image “offerte aux Français” par le congrès de Reims, la “responsabilité immense” des socialistes et “l’enjeu décisif de ce scrutin, comme l’ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l’identité même du Parti socialiste”.

Dimanche matin, s’adressant aux délégués en clôture du congrès de Reims, il n’avait donné aucune consigne de vote pour le scrutin du 20 novembre. Mme Royal a réagi lundi soir sur France 3, en dénonçant des “dirigeants (qui) disent quelque chose et font le contraire” et un Parti socialiste “qui a perdu le sens du code de l’honneur”. Elle a aussi renvoyé dans le même camp du “vieux PS” ses deux rivaux désormais alliés : “On voit l’éternel retour à l’oeuvre, a-t-elle déclaré. Avec Martine Aubry, il y a Laurent Fabius, avec Bertrand Delanoë, il y a Lionel Jospin. C’est le retour de ceux qui ne veulent pas passer la main à une nouvelle génération.” Son analyse est relayée par le troisième finaliste, Benoît Hamon, qui juge que “la vieille logique du règlement de comptes l’emporte sur le renouvellement”.

Le changement de pied de M. Delanoë en a surpris plus d’un, mécontenté beaucoup et ravi d’autres, comme l’ancien ministre de Lionel Jospin, Jean Glavany, pour qui il s’agit “de faire passer le parti avant les ego et le jeu des personnes”.

A l’issue du congrès et après son échec à constituer une majorité, le maire de Paris avait donné l’impression de vouloir se tenir au-dessus de la mêlée afin, expliquait ses proches, de préserver ses chances pour des échéances politiques plus lointaines. Dimanche matin, lors d’une assemblée générale des partisans de sa motion, il avait une nouvelle fois souligné la responsabilité de Mme Aubry dans l’échec des négociations entre leurs deux courants et en avait conclu qu’il fallait laisser la liberté de vote aux militants. Ce qu’avait vivement approuvé une partie des participants. M. Delanoë s’était immédiatement appliqué la décision en se contentant d’une formule vague : “Je mets nos forces à la disposition du PS”, avait-il déclaré.

“INSTINCTS PROFONDS”

“Une fois extrait de la marmite du congrès, analyse un ami de François Hollande, Bertrand a laissé parler ses instincts profonds. Il a été pris de terreur à l’idée de laisser le parti à Ségolène Royal.” Contrairement à M. Delanoë, les partisans de M. Hollande souhaitent ménager Mme Royal et veulent se tenir à distance d’une candidate, Martine Aubry, soutenue par Laurent Fabius, son allié principal.

Ils s’en tiendront à la décision prise dimanche, explique Stéphane Le Foll, le directeur de cabinet du premier secrétaire. Pour le député de Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux, l’ancien ministre Michel Sapin ou encore Jean-Pierre Bel, président du groupe PS du Sénat, le maire de Paris a pris une “position personnelle” qui n’engage que lui.

Certains estiment même que l’attitude du maire de Paris pourrait le desservir. “Ne pas prendre position lui donnait de la dignité et lui réservait la possibilité de rebondir”, juge M. Sapin. Le strauss-kahnien Pierre Moscovici, allié tardif du maire de Paris, rappelle de son côté qu’il a “toujours été hostile au “Tout sauf Ségolène”", mais il refuse de prendre publiquement parti.

Le sauvetage de la fédération de Paris, où sa motion a fait un mauvais score (36,7 %) le 6 novembre, pourrait aussi expliquer le geste du maire de Paris. Il a en tout cas eu un effet immédiat. Mao Peninou, candidat de Mme Aubry au poste de “patron” de la fédération de Paris – dont l’élection aura lieu jeudi, en même temps que celle du premier secrétaire du PS – s’est retiré de la course lundi soir.
Christine Garin

18/11/2008 - 17:25h Guerra no socialismo francês

Delanoë soutient Aubry et lance un front anti-Royal

Delanoe en septembre 2008 à Cergy-Pontoise (Audrey Cerdan/Rue89).

Les trois avaient réussi à se mettre d’accord sur un texte commun durant la “nuit des longs couteaux” au congrès de Reims, mais pas sur le candidat pour le porter. Le maire de Paris s’était dit dimanche “triste et déçu” de ne pas être parvenu à trouver cet accord, il s’était refusé à toute consigne de vote, voulant “respecter la liberté de conscience de chaque militant”.

Pas de soutien donc à Martine Aubry, et encore moins à Benoît Hamon, les deux candidats qui affronteront Ségolène Royal lors du vote des militants pour le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste.

Revirement de situation lundi midi: dans une lettre adressée aux militants, Bertrand Delanoë appelle “à voter massivement” pour Martine Aubry:

“Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s’exprimer, par son vote, sur ce qui est l’enjeu décisif de ce scrutin, comme l’ont démontré les principaux discours prononcés à Reims: l’identité même du Parti socialiste.

“Au nom de mes convictions politiques, j’ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j’appelle à voter massivement en sa faveur.”

“Ce front existe, on le voit bien”

Même si François Hollande et Pierre Moscovici n’emboîtent pas le pas de Bertrand Delanoë, qui semble ici inspiré par Lionel Jospin, la maire de Lille s’est dite, le soir-même sur RTL, “heureuse” du soutien d’une “personnalité remarquable” du PS:

“Nous avons travaillé depuis longtemps et pendant ces trois jours à ce que notre ligne politique soit la même. Et si nous n’avons pas pu nous mettre d’accord avec Benoît Hamon sur un nom, nous savions que nous étions d’accord sur l’essentiel.”

Un soutien qui, lorsqu’on additionne strictement les scores des deux tenants de motion lors du vote des militants du 6 novembre, placerait Martine Aubry (24,32% + 25,24% = 49,56%) devant Ségolène Royal (29,08%).

Interrogée vendredi sur France Inter, l’ex-candidate socialiste à la présidentielle a reconnu que “ça compliquait arithmétiquement” la donne. Et de dénoncer: “Ce front existe, on le voit bien.”

“Vieille logique du règlement de comptes”

Ce front anti-Royal, son lieutenant François Rebsamen l’avait déjà pointé du doigt, dès lundi après-midi. Il tenait toutefois à se montrer rassurant, au micro de BFM Radio:

“Je vois bien qu’il y a là une stratégie d’empêchement pour empêcher les socialistes de donner une majorité à celle qui est avec son équipe en capacité de porter un rassemblement dans le Parti socialiste. (…)

Mais jusqu’à présent les appels des grands élus n’ont pas été trop entendus. Je pense que les militants sont assez libres pour, en conscience, faire un choix par delà les consignes de vote qui peuvent être données.”

Et si, en cas de second tour qui se profile de plus en plus, Benoît Hamon (18,52%) faisait de même, la tâche serait plus ardue encore pour Ségolène Royal. Mais rien n’est moins sûr, pour l’heure. Devant la presse, le député européen a jugé lundi soir “décevant” cet appel. Ajoutant:

“La vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement.”

14/11/2008 - 16:28h França: Presidente do FMI e candidato socialista em 2012?

Il reste une trace de DSK au congrès du Parti socialiste

Une carte postale de Dominique Strauss-Kahn vendue à Reims (Julien Martin/Rue89)

(De Reims) Il est loin de Reims et il en est heureux, puisque c’est son choix. Alors que ses camarades socialistes se préparent à vivre trois jours à couteaux tirés, Dominique Strauss-Kahn, assiste au sommet du G20 à Washington, en sa qualité de président du FMI. Certainement en pensant que ça a quand même plus d’allure d’essayer de trouver un accord pour sortir de la crise financière, que de tenter de relever un parti en miette.

La résidait son pari il y a plus d’un an, en se faisant élire à la tête du Fonds monétaire international: reculer pour mieux gagner en 2012. Se mettre au-dessus des joutes socialistes pour réapparaître en homme providentiel à l’approche de la prochaine présidentielle, si le PS n’a toujours pas réussi à renaître de ses cendres.

Le meilleur candidat du Parti socialiste en 2012

Une partie du pari est d’ores et déjà gagnée. Face à un PS morcelé qui a toutes les peines du monde à dégager une majorité claire, DSK apparaît , selon un récent sondage du JDD, comme le meilleur candidat du Parti socialiste en 2012, selon les Français (34% des personnes interrogées) comme pour les sympathisants socialistes (30%).

Et il s’est bien gardé de toute intervention dans les débats qui agitent le parti depuis plusieurs mois. Aucune déclaration officielle sur le sujet. Tout juste a-t-il invité à dîner Martine Aubry dans son riad de Marrakech le 15 août dernier. Mais rien de notable n’a filtré de la rencontre.

Un courant éclaté sitôt son départ acté

Il est en revanche une autre partie du pari beaucoup plus ardue à remporter. Se remettre d’abord de sa médiatique aventure avec son ex-collègue du FMI, même si le retentissement en France a été moindre qu’aux Etats-Unis. Mais surtout retrouver ses troupes socialistes en cas de retour aux affaires du parti.

Son courant a en effet éclaté sitôt son départ acté pour la capitale américaine. Il avait pourtant pris soin de poser des balises et de nommer des gardiens de la maison strauss-kahnienne. A Pierre Moscovici les clés d’une fondation en devenir sur la mondialisation, à Jean-Christophe Cambadélis celles de son club de réflexion “Socialisme et démocratie”, à Jean-Marie Le Guen celles du mini-groupe à l’Assemblée nationale.

Les ambitions mêlées ne font cependant jamais bon ménage, et “Mosco” et “Camba” se déchirent. Après une tentative de cavalier seul qui a fait long feu, le premier se rallie tête basse à la motion de Bertrand Delanoë, suivi par Jean-Marie Le Guen. Quand le second ajoute encore de la diversité à l’hétéroclite attelage que mène Martine Aubry.

Tout en bas du présentoir à cartes postales à Reims

Les strauss-kahniens à l’Assemblée nationale ne sont pas plus audibles que le reste du Parti socialiste, ladite fondation n’en est toujours qu’au stade de projet, et “Socialisme et démocratie” a été fondu avec le club de réflexion d’Arnaud Montebourg, “Rénover maintenant”. Dire que le même Arnaud Montebourg faisait, il y a trois ans encore, partie des “gauchistes” du Nouveau Parti socialiste…

De là où il est, même avec une bonne paire de jumelles, DSK ne doit plus reconnaître ses petits. Des petits qui, pour le reconnaître, devront eux regarder à la loupe tout en bas du présentoir à cartes postales vendues à Reims. Un ancien portrait non daté de leur mentor, en noir et blanc, au milieu d’autres archives photographiques. Il reste tout de même une trace de Dominique Strauss-Kahn au congrès du Parti socialiste.

07/05/2008 - 22:43h Prefeito de Paris entra na disputa pela liderança do PS contra Ségolène Royal

Bertrand Delanoë s’engage à son tour dans la course à la succession de François Hollande

Le maire de Paris Bertrand Delanoë à l'université d'été de La Rochelle, le 1er septembre.
AFP/PIERRE ANDRIEU

Le PS a besoin d’un “véritable leader” qui “ne soit pas un simple point d’équilibre interne”, qui “ait l’expérience et le sens du travail collectif” et qui “aime le Parti socialiste”, écrivent les signataires du texte.

Christine Garin et Jean-Michel Normand – Le Monde

Un mois tout juste après le lancement de la “consultation participative” de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë s’engage à son tour dans la course pour le congrès socialiste de novembre. Les amis du maire de Paris ont publié, mardi 6 mai, un texte destiné à servir de base à une contribution puis à une motion soumise au vote des adhérents.

Ce texte de onze feuillets “pour un grand congrès socialiste” est de facture très classique. Un quasi contre-pied à la méthode de Mme Royal. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle est taclée dès la troisième page. Après un long survol de ” l’Etat de la France” – sans “modèle”, sans “repères” et “en quête d’un nouvel espoir” -, une autre démarche est proposée. ” Le rôle d’un parti, insiste-t-il, est (de) débattre avec le pays bien avant les élections. Car la démocratie participative, pour être authentique et réellement féconde, doit se nourrir d’une mise en débat des projets et non de simples questions.”

Sur la nécessité de renouer avec une “ambition” pour la formation, sur l’environnement – “un enjeu vital” -, sur le travail comme sur les retraites, sur l’Europe ou encore la nécessité d’une “grande réforme de la fiscalité locale”, le document défend des orientations qui font largement consensus au sein du PS, hormis dans son aile la plus à gauche.

Le chapitre consacré à “la reconstruction du PS” conduit implicitement à l’hypothèse d’une candidature de Bertrand Delanoë – jamais nommé – au poste de premier secrétaire. Là encore, Mme Royal, dont le nom n’apparaît pas non plus, en prend pour son grade.

Les signataires veulent retrouver “le goût et la pratique du travail collectif” alors que, estiment-ils, “ce sont malheureusement les initiatives d’extériorisation et de contournement des lieux de débats et de décision collective qui se sont développés, particulièrement pendant et après l’élection présidentielle”. S’agissant des alliances, le congrès devra – “cette fois” – trancher sur le fond. Foin des cafouillages improvisés de l’entre-deux tours de la présidentielle : les lignes doivent bouger “mais pour susciter un élan identifié, à gauche”.

Reste la question “du leadership” et donc de la succession de François Hollande à la tête du PS. L’hypothèse d’un “premier secrétaire de transition et d’attente”, évoquée par les tenants du “ni Bertrand ni Ségolène”, est écartée : c’est non. Ce serait “la stagnation assurée et le gel de la rénovation”. Le PS a besoin d’un “véritable leader” qui “ne soit pas un simple point d’équilibre interne”, qui “ait l’expérience et le sens du travail collectif” et qui “aime le Parti socialiste”. Qui mieux que M. Delanoë, au PS depuis trente-six ans, qui en a gravi et occupé tous les échelons, correspond à ce portrait ?

Outre la volonté de faire valoir les “différences politiques non négligeables” qui séparent sa démarche de celle engagée par Mme Royal, M. Delanoë entend démontrer qu’il peut rassembler au-delà de son fief parisien et des “jospinistes” historiques, sa famille d’origine. La liste des 93 signataires compte 17 élus de la capitale mais aussi quelques premiers secrétaires fédéraux de province. On note la présence du strauss-kahnien Michel Destot, maire de Grenoble, mais aussi du maire de Strasbourg, Roland Ries, qui avait soutenu Mme Royal. La moisson n’est pas négligeable mais elle n’élargit pas fondamentalement la sphère d’influence de M. Delanoë au sein du parti. Alors que les rapports de force internes sont difficilement lisibles, la plupart des responsables de fédération issus de la majorité constituée autour de M. Hollande au congrès du Mans hésitent visiblement à s’engager dès maintenant.

D’ici au congrès, les partisans du maire de Paris vont tenter de convaincre d’autres signataires, en faisant notamment pression sur le courant strauss-kahnien – composé de nombreux anciens jospiniens et rocardiens – engagé dans une tentative de rapprochement avec les fabiusiens. M. Delanoë compte rester sur le pont. Il publiera le 22 mai un livre d’entretiens, avant de rassembler ses partisans, le 24 mai à Paris.

16/03/2008 - 17:29h “Rééquilibrage” contre “carton rouge”

Par La rédaction du Post

A droite et à gauche, on n’a pas la même analyse des résultats du 2e tour.

François Fillon et Ségolène Royal
François Fillon et Ségolène Royal
REUTERS/© Jean-Marc Loos / Reuters / PIERRE ALAIN/epa/Corbis/PIERRE ALAIN

François Hollande, PS
“Le constat, c’est que la gauche est majoritaire en voix et elle sera majoritaire en nombre de villes”, dit François Hollande, sur TF1.

“La conclusion, pour le président: il avait lui-même dit qu’il entendrait le message des Francais. La conclusion du président doit être de corriger la politique qu’il a conduite”, dit-il encore.

“Le premier remaniement qu’il devrait faire, c’est le remaniement de lui même.”

François Fillon, UMP:
Le Premier ministre François Fillon a affirmé dimanche sur France 2 qu’il était “malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales”, après le second tour des municipales et des cantonales, en appelant à ne pas “instrumentaliser” le vote des Français.

“Nous n’esquiverons pas les difficultés. Nous respecterons nos engagements”, ajoute-t-il, après avoir reconnu que “même s’il est diffus et éparpillé, il se dégage un message”, citant notamment le “fort taux d’abstention”.

Xavier Bertrand, UMP
“Ce n’est pas le match retour de la présidentielle. (…) Ce sont toujours des élections locales”, répond Xavier Bertrand, le ministre.

“Nous payons le prix des divisions” (de la droite), dit-il encore, citant le cas de Reims. “C’est un rééquilibrage par rapport à 2001″, minimise-t-il.

“Les Français veulent plus de réformes”, croit encore Xavier Bertrand.

François Bayrou, MoDem
Le président du MoDem a affirmé dimanche que les bons résultats de la gauche montraient qu’il y avait en France “une instabilité politique”, un “mouvement de balancier”, qui nécessitait de “construire un centre fort”. Parce que, entre la présidentielle et aujourd’hui, le PS n’a “rien changé”.

Hervé Morin, du Nouveau Centre, rallié à Sarkozy: “Le centre ne peut pas être nulle part.” “Il faut un centre qui participe à l’effort de changement du pays.”

30/12/2007 - 00:55h Royal et Clinton, jumelles en politique?

La socialiste française et la démocrate américaine ont des parcours étonnamment proches, mais des méthodes différentes.

Ségolène Royal et Hillary Clinton (Daniel Joubert, John Gress/Reuters).

Une femme en tête des primaires de son parti, une candidate qui provoque des réactions épidermiques, admirée ou haïe… “Ca nous rappelle quelqu’un”, nous ont déjà écrit certains d’entre vous à propos des chances d’Hillary Clinton de se faire élire à la maison Blanche.

“Ségolène” et “Hillary”, deux femmes devenues des prénoms en politique ont certainement des points communs. Toutes deux sont très polarisantes, Madame Clinton au delà de tout ce que l’on peut imaginer. Selon des chiffres de l’institut de sondage Zogby, 50% des Américains affirment qu’ils ne voteraient “jamais” pour Hillary Clinton. Un autre sondage USA Today lui donne 51% d’opinions favorable et 48% de défavorables: autrement dit, tout le monde ou presque a un avis sur elle.

Hillary Clinton comme Ségolène Royal ont provoqué des interrogations sur le fonctionnement de leur couple (encore que, notait Salon en novembre 2006 “contrairement à la version américaine, dans ce couple, c’est la femme qui a le charisme”). Toutes deux ont été traitées d’ambitieuses (comme si les hommes candidats se présentaient aux élections par abnégation).

(mais…)

05/12/2007 - 17:27h Ségolène Royal, une femme politique pas comme les hommes

 

Rue89

Il y a quelque chose d’incongru à lire aujourd’hui le livre de Ségolène Royal, “Ma plus belle histoire, c’est vous” (Grasset). A-t-elle délibérément choisi ce titre en référence aux dix ans de la mort de la chanteuse Barbara? Voulait-elle montrer qu’elle aussi était une femme qui avait souffert? (mais…)

05/12/2007 - 17:23h Ségolène Royal, une femme politique pas comme les hommes

'Ma plus belle histoire, c'est vous' (Grasset)

Il y a quelque chose d’incongru à lire aujourd’hui le livre de Ségolène Royal, “Ma plus belle histoire, c’est vous” (Grasset). A-t-elle délibérément choisi ce titre en référence aux dix ans de la mort de la chanteuse Barbara? Voulait-elle montrer qu’elle aussi était une femme qui avait souffert?

Au-delà du titre, l’ex-candidate adepte de Barbara quelques piques et pleurs. Une force aussi. Cette façon de diriger son public d’une voix qui mélange ordres et protection (rappelons-nous Barbara ordonnant à son public d’applaudir l’auteur d’un texte qu’elle venait d’adapter en live lors de son concert au Châtelet, en 1993). Etrangement, c’est en écoutant Barbara qu’on lira le plus opportunément le livre.

La force

Mais fi de tout angélisme. Fi du fait que, in fine, ce livre ne contient pas de révélations dignes de ce nom, autres que le refus de François Bayrou d’honorer ce rendez-vous que Ségolène Royal prétend avoir reçu de lui. Ce que la candidate tente de montrer ici, c’est bien une force. Une force de femme/candidate.

Elle a “hésité longuement à parler” d’un autre François. Hollande, évidemment. Et puis elle se lance. Deux pages très intimes. Trop intimes d’ailleurs pour être écrites entièrement à la première personne.

La vie politique -”Pendant la campagne, la candidate se disait: demain c’est le bon jour, il va basculer vers moi. (…) Et ce jour n’est jamais venu.”- se mêle à la vie privée -”une humiliation secrète, une douleur parfois aiguë”.

L’humeur est également aux règlements de compte: “Quand François Hollande récemment a parlé de revenir, je lui ai dit que ce n’était pas une bonne idée.” Mais elle ne peut clore ce chapitre, comme tous les points du livre, sans parler d’espoir, de 2012… et de sa condition de femme:

“Oui, pour gagner la prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d’un compagnon amoureux, à fond avec la candidate.”

En attendant, contrairement à ce qu’elle dit ici, contrairement à ce qu’a écrit Claude Bartolone dans “Une élection imperdable” (L’Archipel), il apparaît clairement qu’elle ne pouvait pas gagner cette élection. L’appareil du PS était contre elle. DSK et Laurent Fabius étaient contre elle, ou au mieux levaient les yeux au ciel durant les meetings (”Et pourtant je ne lévite pas”, ironise-t-elle). Lionel Jospin aura été lui “un procureur impitoyable”.

Elle pense aussi avoir été rejetée “comme on rejette la différence: moi et mes lectures, Anselm Grün et la poésie, Jack Kerouac. Moi et mon goût des paradoxes”.

Face à la machine de guerre UMP, Ségolène Royal ne pouvait pas non plus gagner:

“D’une certaine manière, Sarkozy a tout mis sur la table. J’ai incarné la nouveauté, mais il a incarné la force.”

Et pourtant, elle sait faire la guerre. Et elle en a, de la force. Ce livre le montre. Ségolène Royal sait faire la guerre parce que Ségolène Royal est une mitterrandienne. C’est pourquoi, et c’est là tout le but de son ouvrage, elle sait qu’elle reviendra. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand après 1965, saura-t-elle mieux faire la guerre. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand, parviendra-t-elle à achever l’implosion du PS pour mieux le reconstruire.

L’humour

“J’étais sorcière, tu me voulais câline.” Cette simple phrase de la chanteuse défunte semble désigner la Ségolène Royal qui se lance dans les primaires socialistes en 2006. Pas d’information capitale donc, mais une analyse de l’intérieur de la campagne qui recèle quelque indication sur l’appareil d’un parti.

“Ma plus belle histoire, c’est vous” est un plat livré avec sa sauce piquante. Evénement inattendu, incroyable: Ségolène Royal a de l’humour. Un humour pincé, mais qui contient sa dose de sagesse. Une autodérision qui semble avoir généré cet ouvrage. Une sagesse qu’elle semble avoir acquise en déviant les frappes des éléphants du PS. Quand Michel Rocard vient exiger, sûr de son fait, qu’elle se désiste en sa faveur, elle amortit:

“Je me suis inventé, dans ces circonstances, un regard d’ethnologue. Je me mets en situation d’observation, comme si j’étais face à une tribu étrange, ou en voie de disparition, et donc passionnante à observer.”

L’identification

“Depuis le 6 mai 2007, j’y ai souvent repensé, je me suis souvent interrogée: être une femme dans cette élection majeure, est-ce que ça a pesé?” Ségolène Royal est une femme et s’interroge tout le long de son livre-bilan. Rien n’y échappe. Aucun fait de campagne n’est éclairé à un moment ou à un autre par le prisme de la féminité. Derrière chaque coup bas, un soupçon de machisme. A tort ou à raison? La réponse est laissée à l’appréciation des (é)lecteurs.

L’ex-candidate socialiste à la présidentielle y consacre même la totalité de l’une des cinq parties de l’ouvrage. Au titre évocateur: “L’autre moitié du ciel: candidate mais femme.” Encore une histoire de titre. Après celui du livre, celui qui recense les attaques sur son sexe chante également et parle de lui-même: “Etre une femme candidate, c’est pas si facile…”

Ces attaques, elle les a retenues et les retiendra longtemps. Elle ne résiste pas à les rappeler, à les donner en pâture aux lecteurs. Elle les appelle de simples “écarts de langage” pour mieux souligner leur gravité:

“Qui va garder les enfants?”
“Et pan dans le popotin, comme la mère Merkel”
La présidentielle “n’est pas un concours de beauté”…
… ou “une question de mensurations”

Elle revient sans cesse à la charge: “Je le maintiens: le fait d’être une femme, ça a compté.” Ça compte en tout cas pour elle. Elle a consacré à ces femmes une part majeure de sa campagne, elle leur réserve moult développements de son livre. Aux “caissières assujetties à des horaires irréguliers et à une amplitude journalière qui excède leur temps de travail faiblement rémunéré”. A toutes les “travailleuses pauvres”: “Sur 8,4 millions de salariés qui n’atteignent pas le smic, 80% sont des femmes.”

Aussi politiques soient-ils, les faits de campagne deviennent sexués. Quand Michel Rocard déboule dans son bureau, elle ne peut s’empêcher de penser:

“L’ancien Premier ministre aurait-il fait la même incroyable démarche face à un candidat homme?”

Quand elle se fait éconduire par le président du MoDem, elle écrit:

“Au dernier moment, François Bayrou refuse de me recevoir. Comme un amoureux qui craint la panne.”

On est, nous aussi, en droit de s’interroger: quelles n’auraient pas été les réactions féministes, si un homme avait couché noir sur blanc: “Comme une amoureuse qui craint un manque de libido”?

L’objectif

“Dis, quand reviendras-tu?”, chantait la dame en noir. L’ex-candidate, elle, le sait. Du moins, elle le veut. L’objectif est clair. Il n’a jamais été secret: 2012.

C’est la seconde partie du livre, très intéressante. Celle où elle sort de son personnage. Pour invoquer une véritable politique à visage féminin. Une politique où les femmes n’oublient pas les femmes (Miss Thatcher en prend alors pour son grade, elle qui les avait oubliées). Une politique à la Olympe de Gouges, à la Michelle Bachelet, à la Maria Teresa de la Vega (numéro deux du gouvernement Zapatero), à la Tarja Halonen (présidente finlandaise). Une politique où “le jour se lève encore”.

Par ses vues, par son humour (citer le poète Henri Michaux pour excuser et cautionner le coup de la “bravitude”), par ses références littéraires, l’ex-candidate montre un aplomb peu vu dans la campagne.

Ce livre a quelque chose d’incongru: auto-centré et altruiste, auto-ironique et snob. On ne sait toujours pas exactement où Ségolène Royal se situe politiquement, mais on sait qu’elle veut avoir une vision du futur politique. Ce qui est sûr, quoiqu’on pense de son auteur, c’est qu’il ne s’agit pas d’un objet de luxe, qu’elle a souffert pour l’écrire, qu’elle tenait à l’écrire.

Aucune phrase ne semble mieux définir l’ex-candidate que ces paroles de… Barbara:

“Pour qui comment et pourquoi? Contre qui comment et pourquoi? S’il faut absolument qu’on soit pour quelqu’un ou quelque chose…”

Hubert Artus et Julien Martin

“Ma plus belle histoire, c’est vous” de Ségolène Royal, Grasset, 335 pages, 19,50 euros.

05/12/2007 - 16:22h Les histoires d’amour finissent mal en générale…



François Hollande reproche à Ségolène Royal d’”imputer aux autres une responsabilité” dans la défaite de mai

Le Monde

François Hollande, invité mercredi 5 décembre à commenter le livre de Ségolène Royal, a estimé qu’il “ne sert à rien de vouloir imputer aux autres une responsabilité” dans la défaite à l’élection présidentielle. “Il faut regarder, selon le rôle et la place qu’on a occupés, ce qu’on aurait pu faire de mieux”, a ajouté le premier secrétaire du PS devant l’Association des journalistes parlementaires, tout en estimant que ‘”s’il y a une leçon à tirer pour l’avenir, c’est ce devoir de cohérence idéologique, programmatique et de cohésion humaine et personnelle”. (mais…)

05/12/2007 - 16:13h Les histoires d’amour finissent mal en générale…


François Hollande reproche à Ségolène Royal d’”imputer aux autres une responsabilité” dans la défaite de mai

Le Monde

François Hollande, invité mercredi 5 décembre à commenter le livre de Ségolène Royal, a estimé qu’il “ne sert à rien de vouloir imputer aux autres une responsabilité” dans la défaite à l’élection présidentielle. “Il faut regarder, selon le rôle et la place qu’on a occupés, ce qu’on aurait pu faire de mieux”, a ajouté le premier secrétaire du PS devant l’Association des journalistes parlementaires, tout en estimant que ‘”s’il y a une leçon à tirer pour l’avenir, c’est ce devoir de cohérence idéologique, programmatique et de cohésion humaine et personnelle”.

Le député-maire de Tulle a aussi critiqué l’initiative, qui a tourné court, de la candidate du PS de rencontrer François Bayrou chez lui entre les deux tours de l’élection présidentielle.“On n’improvise pas une stratégie d’alliance dans une élection, on la prépare et on la construit avant, a-t-il lancé. François Bayrou, et c’est encore vrai aujourd’hui, n’est pas dans la démarche de vouloir négocier un contrat (…), il s’inscrit dans une démarche présidentielle, c’est un concurrent, ce n’est pas un partenaire.”

“LE PS NE FAIT PAS LA MENDICITÉ”

Selon M. Hollande, “nos alliés doivent d’abord être ceux qui partagent notre projet et s’il faut s’ouvrir, ça ne peut se faire que dans la clarté”. “Les socialistes doivent être eux-mêmes (…) sûrs de leur ligne, le réformisme assumé.” “Du côté de la radicalité, l’extrême gauche, Besancenot [LCR] ne veut pas travailler avec nous. C’est bien son droit (…). Je constate que Bayrou ne veut pas travailler avec le PS. C’est bien son droit (…), j’en prends acte”, a-t-il ajouté, alors que son ancienne compagne avait appelé, ces derniers jours, à“prendre ce qu’il y a de plus utile dans chaque courant”, citant les leaders de la LCR et du MoDem et la possibilité de “coalitions”. François Hollande a lui martelé que “le PS ne doit pas être en position de quémandeur, il ne fait pas la mendicité”.

A-t-il appris quelque chose dans le livre de l’ex-candidate sorti mardi ?“On apprend toujours quelque chose dans les livres, c’est pour ça que les bibliothèques sont bien garnies”, a-t-il répondu.

28/09/2007 - 14:42h Lionel Jospin égal à lui-même, par Patrick Jarreau

Marta Suplicy e Lionel Jospin em casa, maio 2004

A-t-il décidé d’accompagner la campagne du gouvernement pour l’emploi des “seniors”, voire pour l’allongement de la durée de cotisation nécessaire avant de liquider sa retraite ? A 70 ans, le pas alerte et l’esprit clair, Lionel Jospin vient expliquer aux socialistes ce qui leur arrive et à la moitié des Français comment ils ont perdu l’élection présidentielle. C’est un événement.

Chez les socialistes, pour qui l’analyse est aussi importante que l’action, il ne manque pas d’intelligences affûtées. Les réflexions d’un Laurent Fabius, d’un Dominique Strauss-Kahn, d’un Jean-Christophe Cambadélis, d’un François Hollande sont toujours, ou presque toujours, éclairantes et instructives. Aucun pourtant n’atteint la précision, la concision, l’efficacité de l’ancien premier secrétaire. Affaire de goût ? Peut-être, mais pas seulement. Il y va d’une juste appréciation des composantes d’une situation politique. Dans celle que connaît aujourd’hui la gauche et, au-delà, le pays, le livre de Lionel Jospin, intitulé L’Impasse (Flammarion, 142 p., 12 €), pèse.

Ce n’était pas gagné d’avance. Il ne suffit pas de s’appeler Lionel Jospin pour produire un ouvrage qui touche juste et qui aide ses lecteurs à s’orienter. La question est alors de savoir pourquoi il y réussit mieux que d’autres. Et l’on retrouve cette donnée mystérieuse qui fait qu’un responsable politique ne peut dire ce qu’il dit que parce qu’il est là où il est. Sa situation singulière ne limite ni l’authenticité ni la portée de son propos. Elle en est au contraire la condition. Parce qu’il adhère à la position où lui-même et l’histoire l’ont mis, il peut proposer une analyse qui n’est pas seulement ni d’abord un discours de justification.

L’ancien premier ministre revient donc, invariablement, à l’échec – son échec – de 2002 quand il cherche à expliquer celui de 2007. Mais, loin de produire une répétition lassante des reproches qu’il adressa alors à ses alliés, aux socialistes et finalement aux électeurs, il trouve dans ce retour la source d’un renouveau : au lieu de renier ce qu’elle avait fait au gouvernement pendant cinq ans, la gauche aurait dû s’en prévaloir pour démontrer la nullité du bilan de la droite ; les bases d’un socialisme d’aujourd’hui se trouvent dans ce que les socialistes ont accompli de 1997 à 2002. Tout aussi invariablement, le point aveugle de cette démonstration reste la responsabilité personnelle de l’auteur dans la dévalorisation de son action au pouvoir.

S’agit-il d’un règlement de comptes avec Ségolène Royal ? La réponse est oui et non. Même s’il peint, au total, un portrait implacable de la candidate à l’élection présidentielle, ce n’est pas la personne qui est en cause. Lionel Jospin a avec elle un différend politique, et plus encore un différend sur la politique. Les pages consacrées à la campagne électorale explicitent cette opposition davantage qu’elles ne s’attardent sur la conduite ou le caractère de celle qui portait les couleurs du PS.

Le livre est bien plus cruel pour François Hollande, que Lionel Jospin avait choisi, en 1997, pour lui succéder à la tête du parti et qui l’a dirigé pendant dix ans sans parvenir à s’imposer comme un vrai dirigeant. “Le premier dirigeant d’un parti prépondérant dans un régime présidentiel devait, au bout de dix ans, devenir le candidat de son parti – sauf s’il n’était pas devenu vraiment son leader, comme ce fut le cas”, résume l’ancien “leader”, à la page 118, comme s’il avait hésité longtemps avant de formuler ce constat accablant pour tous les socialistes et pour lui-même.

C’est au fond cette défaillance qui a ouvert l’espace du livre publié aujourd’hui. C’est elle, aussi, qui amène à se demander si Lionel Jospin entend se borner à constater l’absence de leadership au PS, et donc à gauche, ou s’il se propose d’y pourvoir, et dans ce cas comment.

Patrick Jarreau – Le Monde

22/09/2007 - 23:33h "L’impasse" : la défaite vue par Lionel Jospin 2

 Fin août 2006, Lionel Jospin à l'université d'été du PS à La Rochelle. | REUTERS/DANIEL JOUBERT

REUTERS/DANIEL JOUBERT

Fin août 2006, Lionel Jospin à l’université d’été du PS à La Rochelle.

La raison fondamentale de l’échec de Ségolène Royal réside en elle-même. Il tient à sa personnalité. Il était inscrit dans son style de campagne comme dans ses choix politiques. La présidente de Poitou-Charentes n’était pas le successeur de François Mitterrand, comme on l’a dit parfois en invoquant l’intensité de leur ambition respective et comme elle-même l’a suggéré. (…) La campagne de la candidate socialiste a fondamentalement souffert d’une carence de politique, dont on peut donner plusieurs signes.

Le temps laissé à la séquence dite de “campagne participative” a été trop long, retardant le moment des propositions et laissant un vide occupé presque entièrement par le candidat UMP. Ce temps de latence était d’autant plus préjudiciable que la phase de démocratie participative était loin de constituer un authentique mouvement de fond. Les réunions auxquelles participait Ségolène Royal elle-même étaient tout sauf spontanées : intervenants choisis, questions préparées à l’avance et connues, comme à Illkirch ou à Valenciennes.

Quant à l’oratrice, elle ne répondait pas aux questions, mais lisait une intervention. De cette mise en scène surgissait l’impression curieuse de questions sans réponses, puis d’une réponse étrangère aux questions. Sans doute les élus et les responsables socialistes ont-ils tenu de nombreuses rencontres participatives dans tout le pays. Mais la vérité oblige à dire qu’elles ne différaient guère des classiques réunions-débats et que les synthèses faites ensuite, difficiles à classer, n’ont finalement pas inspiré le pacte présidentiel. Dans le même temps, nous l’avons vu, Ségolène Royal construisait son projet et sa stratégie politiques sur des écarts insolites par rapport aux fondamentaux de la gauche. Faire un écart peut se révéler fécond. Mais on ne peut progresser d’écart en écart sans risquer le sautillement intellectuel et la perte de sens.

Ségolène Royal a fondé toute sa campagne – et c’était une première dans l’histoire des candidatures socialistes – non pas sur des grands thèmes politiques, mais sur elle-même et la relation particulière qu’elle était censée entretenir avec les Français. Tout a été conçu, méthodiquement, à partir de sondages et d’études qualitatives, pour entretenir ce qu’il faut bien appeler un mythe. Le soin, pour le moins inédit, mis à donner un sens symbolique à son apparence, à se vêtir de blanc, cette proximité proclamée et cette inaccessibilité organisée semblaient conçus pour provoquer ferveur et dévotion et non pas pour obtenir une adhésion réfléchie. A la fin de la campagne, on entendit même d’improbables formules religieuses (“aimons-nous les uns les autres”).

De même, à partir d’intuitions plutôt justes sur l’ordre, l’autorité, la valeur travail, des slogans revenaient sans cesse (“ordre juste”, “gagnant-gagnant”, “désirs d’avenir”, “politique par la preuve”, etc.), comme si le martèlement des formules pouvait remplacer les analyses et les démonstrations. A la fin, ces expressions employées jusqu’à l’usure donnaient l’impression de masquer un vide de propositions ou de véritables arguments. Ainsi de “l’ordre juste”.

La justice, dans la société, ne saurait être conçue comme un état statique et se recherche dans une dynamique. L’“ordre juste” est une formule fermée sur elle-même avec une inquiétante prétention à répondre à tout. C’est un concept simplifiant et illusoire, car il semble vouloir créer une société figée. Comment oser contester un ordre juste ? Cette formule étouffante ne tient pas compte de la complexité et des contradictions du réel.

Je sais qu’il est de bon ton, au nom des techniques politiques dites “de triangulation”, de venir sur le terrain du concurrent pour capter une partie de son identité et de ses électeurs. Mais faut-il se laisser fasciner par l’idéologie de l’adversaire ? Nous avons seulement le devoir d’affronter la réalité, en l’espèce celle de l’insécurité – qui, elle, n’est pas de droite ou de gauche – pour y faire face avec nos valeurs, nos méthodes et nos mots.

Voir les autres chapitres publiée par le Monde

Des improvisations hasardeuses

Tout se joue sur la crédibilité

Nicolas Sarkozy, seul en scène

La confusion des pouvoirs

L’alliance au centre est prématurée

22/09/2007 - 21:06h "L’impasse" : la défaite vue par Lionel Jospin

Lionel Jospin, le 21 avril 2002, après l'annonce des résultats du premier tour à la présidentielle. | AFP/JACK GUEZ

AFP/JACK GUEZ

Lionel Jospin, le 21 avril 2002, après l’annonce
des résultats du premier tour à la présidentielle.

Silencieux durant la campagne présidentielle, Lionel Jospin sort de sa réserve. Dans “L’impasse”, il livre un cinglant diagnostic de la défaite de mai 2007. En exclusivité, “Le Monde 2″ publie de larges extraits de cet essai à paraître le 24 septembre.

La crise électorale de 2002 résulte avant tout de l’écroulement de la construction politique de la gauche plurielle, faite à la fois de synthèses et d’alliances. Cette construction avait son sens et son efficacité. A partir du moment où ses composantes ne la défendaient plus et dénigraient son action, elle perdait sa force d’attraction auprès des Français et celui qui l’incarnait se trouvait affaibli pour aller plus loin.

Quant à la conduite de la campagne de 2002, je n’écarte évidemment pas ma propre responsabilité. Je l’ai d’ailleurs assumée. L’erreur la plus grave est sans doute d’avoir sous-estimé l’effet de la dispersion de la gauche au premier tour. Peut-être avais-je du mal à comprendre le cynisme, finalement suicidaire, de ministres de gauche qui, après avoir gouverné des années à mes côtés, se sont retournés contre moi au premier tour.

D’autre part, j’ai mal pris la mesure des effets de cinq ans de cohabitation. En politique étrangère, la France avait parlé d’une seule voix. En politique intérieure, le président s’était exonéré de toute responsabilité effective, tirant bénéfice des réussites de notre action et m’attaquant à la moindre difficulté. J’ai aussi surestimé le bénéfice du bilan de mon gouvernement. Bilan solide si on le compare à celui de la droite en 2007, mais forcément contrasté. En tout cas le désastre était là. (…)

Une nouvelle candidature de ma part n’aurait été concevable que si un consensus s’était opéré. Je devinais que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn avaient peu de chances de s’imposer face à Ségolène Royal, très déterminée et propulsée d’emblée par les sondages et les médias, mais leur maintien dans la course excluait ma propre présence.

D’ailleurs, pour avoir la possibilité de l’emporter dans le vote des adhérents – dont le nombre avait été habilement grossi par une campagne d’adhésion au prix modique de 20 euros –, il aurait fallu mener une critique démystificatrice du personnage de Ségolène Royal et de sa conception de la politique. Une telle démarche n’aurait pas été sans risque dans le climat interne tendu de l’époque. Au bout du compte, le caractère académique des débats organisés entre les trois candidats déclarés n’a pas permis que la vérité de chacun apparaisse, ni que soient pensées les lignes de force d’une campagne victorieuse. (…)

17/09/2007 - 15:59h France: Le subtil passage de témoin de Lionel Jospin à Bertrand Delanoë


Il était venu disserter sur le thème “les socialistes et la mondialisation”. Mais devant ses fidèles, à la tribune de la salle des Cordeliers, dimanche 16 septembre, Lionel Jospin a abordé un sujet plus délicat encore : les socialistes et le congrès de 2008.

“Le PS a grand besoin d’être au clair dans son rapport au monde, à la réalité française et à lui-même”, a professé Lionel Jospin, excluant l’idée d’un “congrès transitoire”. “Il ne serait pas sage de le concevoir comme tel, car c’est maintenant que le Parti socialiste a des difficultés, et c’est maintenant qu’il doit y répondre“, a insisté l’ancien premier ministre.

Il s’agit d’une pierre lancée dans le jardin de François Hollande. Celui-ci suggère que son successeur assure une transition et s’efface devant le ou la candidate socialiste pour 2012.

Pour M. Jospin, ce n’est qu’un début. Le 24 septembre, il publiera chez Flammarion un ouvrage au titre éloquent (L’Impasse) dans lequel il s’en prend de manière véhémente au premier secrétaire et, plus encore, à Ségolène Royal, “candidate qui était la moins capable de gagner”. M. Jospin relègue cette dernière au rang de “figure seconde de la vie politique”, considérant qu’elle “n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques” pour prendre la tête du PS.

Ce retour de Lionel Jospin devant les siens avait aussi des allures de passage de témoin à Bertrand Delanoë. Porté par les sondages, le maire de Paris fait figure de candidat possible à la succession de l’actuel premier secrétaire.

“NOUS N’AVONS PAS DE LEADER”

Une évidence que les jospinistes se sont efforcés d’atténuer. “Bertrand Delanoë est l’un de ceux qui, demain, peut s’imposer mais à la condition qu’ait été définie une ligne majoritaire dans le parti”, insistait Daniel Vaillant, député de Paris et fidèle de Lionel Jospin. “Nous n’avons pas de leader : nous sommes un collectif qui souhaite proposer des débats de fond”, renchérissait Annick Lepetit, elle aussi députée de Paris, en marge des discussions.

Evoquer la question du leadership aurait gâché cette journée destinée à marquer la volonté d’un courant d’explorer les terrains de convergence avec d’autres sensibilités, elles aussi en quête d’alliances. Nombre de dirigeants strauss-kahniens, fabiusiens, mais aussi “hollandais” ou rénovateurs et quelques partisans de Ségolène Royal étaient présents dans la salle des Cordeliers, archicomble.

Invité à tirer les conclusions de cette studieuse journée, Bertrand Delanoë a rendu hommage à son mentor mais choisi d’adresser des piques moins acérées contre l’actuel patron du PS et l’ancienne candidate. “La confusion idéologique et le fait de faire plaisir à tout le monde, on a déjà essayé ; ça n’a pas marché”, a-t-il dit.

Jean-Michel Normand pour Le Monde

17/09/2007 - 15:53h France: Ségolène Royal: «Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font»

L’ancienne candidate socialiste a emprunté à la parole biblique pour répliquer à Lionel Jospin qu’elle accuse de «racisme».


Par
Ludovic Blecher

Comme Jésus sur la croix. «Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font», a répliqué lundi Ségolène Royal à ses détracteurs du Parti socialiste, y compris Lionel Jospin, qui a mis en doute les «qualités humaines» et les «capacités politiques» de l’ex-candidate socialiste à la présidentielle. Empruntant à la parole biblique, la candidate malheureuse à la présidentielle a lancé depuis Québec où elle effectue un voyage officiel: «Au fond ce qui me vient à l’esprit c’est peut-être cette parole de la Bible “pardonnez-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font”. Donc, je pardonne à tous ceux qui m’agressent parce que d’abord je pense qu’ils me font moins de mal à moi qu’aux socialistes, qu’à toute la gauche».

Ségolène Royal entamait lundi une visite de quatre jours au Québec, son premier grand déplacement à l’étranger depuis sa défaite à la présidentielle. Mais elle a été rejointe par la polémique en France née de la parution dans Libération d’extraits d’un livre à paraître de Lionel Jospin dans lequel il critique vivement l’ancienne prétendante à l’Elysée.Dans ce livre, Lionel Jospin affirme que Ségolène Royal n’avait pas «les qualités humaines» ni «les capacités politiques» pour diriger le Parti socialiste lors de la prochaine présidentielle. «Je crois aussi malheureusement qu’il y a, et peut-être est-ce aussi inconscient, dans toutes ces attaques, du sexisme et à le voir à ce point aussi fort, j’en suis moi-même surprise, je pense qu’il s’apparente au racisme», a réplique Ségolène Royal. Et d’ironiser: «J’ai l’impression en lisant tous ces ouvrages que si j’étais Jeanne d’Arc, j’aurais déjà été brûlée vive. Heureusement que nous sommes à cette époque».

17/09/2007 - 15:48h «Le livre de Lionel Jospin vise à éliminer Ségolène Royal»


Pour le directeur de Libération Laurent Joffrin, la charge contre l’ex-candidate socialiste à la présidentielle que s’apprête à publier Lionel Jospin a pour objectif de «promouvoir Bertrand Delanoë» à la tête du parti.
Libération

17/09/2007 - 15:38h France: Le PS aligne Jospin

Hollande, Montebourg, Ayrault ont déploré la charge anti-Royal de l’ancien Premier ministre, estimant que l’échec de mai était collectif. Libération a publié des extraits de son livre l’Impasse, où il dénonce les insuffisances réelles de l’ex-candidate.

Par REUTERS, AFP
LIBERATION.FR : lundi 17 septembre 2007

Les vives attaques de Lionel Jospin contre l’illusion Ségolène Royal ont semé le trouble lundi chez les socialistes. Le premier d’entre eux, François hollande, a appelé à en finir avec les règlements de compte. Le débat sur la campagne peut avoir lieu, toujours. Mais je pense que les socialistes doivent regarder vers l’avenir pour tirer toutes les leçons de ce qui n’a pas marché. Cela ne se réduit pas à des questions de personnes, a déclaré le premier secrétaire du PS à son arrivée à la Maison de la Chimie, à Paris, où les socialistes tiennent leur journée parlementaire.

Dans son livre L’impasse, dont nous avons publié des extraits, Lionel Jospin estime que la candidate socialiste défaite à la présidentielle n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et espérer gagner la prochaine présidentielle.

Pour François Hollande, l’échec face à Nicolas Sarkozy, troisième défaite présidentielle socialiste consécutive, est collectif. Si nous n’avons pas été compris des Français, c’est parce que nous n’avons pas été suffisamment précis, concrets, rectifie l’ancien compagnon de Ségolène Royal. Nous n’avons pas saisi ce qui était attendu de nous, nous n’avons pas été suffisamment convaincants les uns et les autres. Et de tenter d’apaiser le climat : Je suis déterminé avec tous les socialistes dans un esprit d’unité à faire en sorte que nous ne passions pas toujours notre temps tournés vers le passé.