28/11/2008 - 17:13h Ségolène, la madone des Escalator, par Christian Salmon

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par Christian Salmon* – Le MondeChaque homme politique emprunte ses signes à son époque, ses moyens de communication et même de locomotion. Il y a eu les grands marins, les cavaliers, les aviateurs. Bonaparte au pont d’Arcole faisait corps avec un cheval. Lénine et Trotski se déplaçaient dans un train blindé. George W. Bush descend d’un avion de chasse, un casque d’aviateur à la main. Churchill s’enfonce pour toujours dans une limousine noire. Quant à de Gaulle, son buste élancé semble surgir d’une tourelle de char. Ce sont des corps historiques, légendaires, qui se déplacent. Roosevelt sur son fauteuil roulant souligne l’héroïsme des temps de guerre. Kennedy descend les marches d’un avion de ligne, une jeune femme élégante à ses côtés… Gambetta avait atterri en ballon.

Ségolène Royal enrichit cette tradition : elle se déplace désormais en escalier mécanique. En 2007, elle donnait déjà l’impression de marcher sur les eaux, désormais elle glisse sur les tapis roulants. Les caméras l’assaillent habituellement. Mais, cette fois, Ségolène vint vers eux. Elle leur apparut un instant. De quoi nourrir la flamme. Et la foi. Ségolène Soubirous. La madone des Escalator. “Je ne crains rien, je trace ma route”, répète-t-elle à l’envi.

La crise du Parti socialiste n’a pas seulement mis à la torture les socialistes, elle a plongé la médiasphère dans une de ses crises d’excitation qui est la forme exacerbée que prend aujourd’hui le débat public dans ses moindres manifestations. Suspense du décompte dans la nuit électorale. Blogueurs en haleine. Guérilla de l’agenda. On s’y insulta abondamment, trompant la vacuité du débat par des empoignades de hooligans. Pendant que les membres de la commission de récolement s’échinaient à décompter les bulletins, Ségolène Royal faisait la tournée des studios, lançant sur les caciques de la Rue de Solférino ses oukases : la menace d’une crise de régime, le cauchemar d’un marathon judiciaire, voire la prise de la Bastille socialiste par les militants révoltés.

Du suspense, mais à quoi bon ? Rien ne sert de gagner dans les urnes, si votre image ne s’impose pas dans les esprits. Ce n’est plus ni la représentativité ni le poids électoral qui font la force, c’est la capacité à épouser les vagues médiatiques comme autant de plis narratifs, de rebonds, de surprises. Politique de la demande qui conduit les hommes politiques moins à proposer une offre politique qu’à stimuler, nourrir, exciter la demande d’intrigues.

On ne recompta pas seulement les bulletins, la médiasphère colporta ad nauseam la fable de la femme debout seule face aux éléphants, la jeune garde contre le vieux parti, la vieille querelle des anciens et des modernes, lieu commun et impasse de la pensée socialiste. Comme s’il fallait apprendre à se “modérer” alors qu’on a cru qu’il fallait se “moderniser”, disait avec humour Bruno Latour dans un tout autre contexte (Les Atmosphères de la politique, Les empêcheurs de penser en rond, 2006). Se modérer en démocratie, cela ne signifie pas seulement faire preuve de modération, ce n’est pas une question de morale mais de régie et même d’acoustique. Synchroniser les temps et les espaces du débat démocratique. Peter Sloterdijk ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme que la démocratie repose sur “la faculté d’écouter, d’attendre, de faire attendre, d’imposer l’attente”, de “suspendre” les événements et non de les précipiter. C’est-à-dire l’inverse de ce que fait le marketing politique, qui cherche à capter l’attention, faire rebondir l’intrigue.

Ségolène est une créature de l’ère numérique. Elle appartient à cette génération d’hommes politiques qui, de Blair à Bush en passant par Sarkozy, sont des stratèges de l’émotionnel, des guerriers de la tension narrative. Dépourvus des talents traditionnels de l’orateur et du tribun mais habiles à conjuguer simulation et focalisation, techniques du cadrage et maîtrise de l’agenda. Pour eux, l’occupation du temps médiatique est devenu aussi stratégique que l’aménagement et le contrôle du territoire.

La “guerre des roses” au Parti socialiste n’a donc pas opposé seulement deux candidates ni même deux lignes politiques, mais les lois de la “modération” démocratique et celles de la “modernisation” médiatique. Parions que, même défaite, Ségolène Royal y poursuivra sa tâche “réformatrice” : transformer la vie politique en un théâtre moral, et imposer comme éléments de langage la syntaxe de l’héroïsme et de la victimisation avec son “code de l’honneur”, ses “trahisons”, ses “haines”, ses “ruptures”, et pousser la logique du “timing” jusqu’à faire de sa défaite même une alliée.

Au soir de son échec électoral en 2007, elle avait aussitôt annoncé “d’autres victoires”… Fini le gagnant-gagnant de la présidentielle. Désormais, c’est le “qui perd gagne” qui lui sert de viatique électoral. Georges Frêche l’a bien compris : “Si Ségolène perd, c’est sa chance. Elle va rester tapie pendant deux ans… Et elle cueillera la poire dans deux ans toute mûre.” Lorsque chaque partenaire se retranche dans la recherche de son propre gain, sans considération des intérêts des autres partenaires, on aboutit à la maximisation des pertes de chacun. Dans la théorie des jeux, cette stratégie porte un nom : perdant-perdant.

Christian Salmon est écrivain.

22/11/2008 - 16:36h Los resultados del recuento, según un comunicado del partido, dan una ventaja de sólo 42 votos a Martine Aubry frente a Ségolène Royal

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Noche de angustia en las elecciones de los socialistas franceses

François Hollande convoca el Consejo Nacional socialista para validar los resultados

EL PAÍS – AGENCIAS – París – 22/11/2008

Martine Aubry ha sido la ganadora de la presidencia del partido socialista francés por una apretada victoria de 42 votos sobre su competidora, la ex candidata presidencial Ségolène Royal, según ha explicado el propio partido en un comunicado hecho público a primera hora de hoy. De esta manera, Aubry se convierte en la primera mujer que dirigirá el principal partido de la izquierda francesa. Tras conocer el resultado, los seguidores de Royal han pedido una nueva votación.

El ajustado recuento de la segunda vuelta de las elecciones para elegir al nuevo líder de los socialistas franceses ha convertido la madrugada de este sábado en una noche de angustias en el seno del partido, sobre todo después de que los equipos de las dos candidatas en liza, Martine Aubry y Ségolène Royal, se lanzaran a reinvicar la victoria sin que nada estuviera confirmado.

Según los datos ofrecidos por la dirección del partido, Martine Aubry ha logrado el 50,02% de los votos de los militantes del partido, frente al 49,98% de su rival, lo que da a la primera una ventaja de sólo 42 votos. Ante este margen tan estrecho, François Hollande ha anunciado la convocatoria del Consejo Nacional del partido para validar los resultados de los comicios internos “a mitad de la próxima semana”, previsiblemente el miércoles. “Lo mejor para que el resultado sea lo más indiscutible posible es que sea ratificado por un Consejo Nacional”, ha señalado el dirigente socialista, quien ha adelantado que se analizarán todas las denuncias y los recursos posibles. Una vez se haya hecho ese análisis, ha añadido Hollande, se decidirá si se valida el resultado o se plantean otros procedimientos.

La nueva presidenta es la alcaldesa de Lille, en el norte de Francia, además de ser la hija de Jacques Delors, ministro de Finanzas y presidente de la Comisión Europea. Aubry estudió en la elitista École Nationale d’Administration (ENA), en la que suelen formarse los cuadros de mando de empresas e instituciones francesas, y ha sido ministra de Trabajo, durante la presidencia de Gobierno de Édith Cresson, y de Empleo y Solidaridad, junto a Lionel Jospin. Durante este periodo ella fue la encargada de diseñar y aprobar la jornada laboral de 35 horas en 2000, que Nicolás Sarkozy ha desmantelado prácticamente en los últimos 18 meses.

Una noche de muchas emociones

La noche fue larga y estuvo llena de tensión. Primero fue el entorno de Aubry el que, alrededor de la una de la madrugada, proclamó la victoria de la alcaldesa de Lille. La diputada Claude Bartolone aseguró entonces que esta candidata “no puede ser batida”, pues según sus cifras obtendría el 50,28 % de los votos, frente al 49,72 % de Ségolène Royal.

Como respuesta, el entorno de Ségolène Royal recordaba que el recuento seguía abierto y su brazo derecho, Manuel Valls, llegaba incluso a cuestionar los resultados de Aubry en la federación Norte, donde se daba casi seguro que la alcaldesa ganaría por mayoría. “No nos dejaremos robar la victoria”, advirtió Valls.

El pulso era tan reñido, que la dirección del partido tuvo que salir al paso y asegurar que no podía anunciar el resultado de un escrutinio “extremadamente reñido”, apelando a los partidarios de ambas candidatas a abstenerse de realizar “declaraciones apresuradas”.

Por si fuera poco, Ségolène Royal pedía poco después una nueva votación el miércoles próximo tras constatar “irregularidades” que pueden entrañar problemas a la hora del recuento y la verificación de las papeletas, algo que su adversaria, Martine Aubry, ha rechazado de pleno. “Un tercer escrutinio no tiene razón de ser”, ha dicho la alcaldesa de Lille.

Ségolène Royal y Martine Aubry se enfrentaban a la decisiva segunda vuelta de las votaciones internas del PS, cuyos afiliados estaban llamados ayer a elegir entre las dos mujeres a la que será su líder en sustitución de Francois Hollande, tras una primera vuelta celebrada el pasado jueves en la que ninguna de ellas consiguió mayoría suficiente para declararse ganadora.

En la primera ronda, las bases del partido colocaron en cabeza a Royal con un 42,51% de los votos, mientras que Aubry logró un 34,70% y el tercer rival en liza, el joven eurodiputado Benoît Hamon, fue desbancado de la segunda ronda al quedarse con un 22,79% de los sufragios de la militancia. Hamon pidió para Aubry el voto de sus partidarios en la segunda vuelta.

22/11/2008 - 15:59h França: Le face-à-face entre deux blocs égaux fait caler le PS

Il faut croire qu’avec le Parti socialiste, le pire est toujours à venir. Après deux semaines de rivalités, marquées par un premier vote sur les motions qui a scellé l’émiettement de ses composantes, puis par un congrès qui aura vu la froide désunion de ses leaders, le PS ne pouvait imaginer final plus exécrable. Une élection inaboutie, sur fond d’accusations de fraude. Vendredi, la tension née de l’infime écart – 42 voix, soit une marge de 0,04% – qui sépare Martine Aubry et Ségolène Royal a provoqué une sorte de naufrage démocratique.

Il y a trois ans, le référendum sur le traité constitutionnel européen avait déjà mis aux prises deux camps au sein du PS. Ce nouveau scénario catastrophe menace d’aggraver encore la fracture entre les anti et les pro-Royal : le parti est coupé en deux blocs égaux. Ce dernier vote a aussi étalé au grand jour les rituels soupçons de pratiques frauduleuses, cette fois exacerbés.

Mme Royal progresse dans l’ensemble de 43% à 49% des voix, en captant une partie de l’électorat de Benoît Hamon. Selon ses partisans, elle enregistre cependant un gain bien moindre dans deux départements. Il s’agit de la fédération du Nord, la deuxième en importance dans le PS, qui soutient la maire de Lille. Et de celle de Seine-Maritime, l’une des dernières place fortes des amis de Laurent Fabius, très présents derrière Mme Aubry.

Devant de telles suspicions, les partisans de cette dernière rétorquent que les représentants locaux de Mme Royal ont signé les procès verbaux. Et contre-attaquent en évoquant des irrégularités commises dans les Bouches-du-Rhône ou dans l’Hérault, deux fédérations favorables à Mme Royal.

Sortir de l’impasse Le Parti socialiste tout entier paye son incapacité à faire cesser des pratiques – fausses cartes de membre, électeurs-fantômes, personnel municipal artificiellement encarté… – qui n’ont pas disparu malgré la création d’un fichier central des adhérents et son informatisation. Jusqu’alors, on s’accusait de vilaines pratiques mais, lors de la commission dite de récolement (où est réalisé l’ultime pointage des votes), chaque camp fermait les yeux sur les méthodes de l’adversaire. Au passage, il faut souhaiter que l’étroitesse de l’écart final fasse voler en éclat ce modus vivendi.

Les socialistes sont désormais face à une urgence : sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont fourvoyés. Parlement du parti, le conseil national, où les partisans de Mme Royal sont minoritaires, doit avaliser les résultats et permettre à la nouvelle première secrétaire de composer une majorité. Sa réunion, prévue le 29 novembre, a été avancée au mercredi 26 novembre. Dans cette perspective, Mme Royal exige que l’on organise un nouveau vote, quitte à désigner des observateurs extérieurs. Mme Aubry, en revanche, s’y oppose.

Pourtant, il faudra bien trouver une issue qui ne sacrifie pas l’autorité dont aura besoin la numéro un potentielle du PS. Et faire en sorte que la solution trouvée ne soit pas considérée comme une capitulation, voire une humiliation, par l’ancienne candidate à la présidence de la République.

François Hollande va devoir œuvrer pour trouver un compromis entre deux rivales dont l’une n’a jamais été avare de critiques à son égard et dont l’autre se trouve être son ancienne compagne. Voilà qui promet au premier secrétaire sortant une toute-fin de mandat particulièrement délicate. A moins que l’homme des synthèses – on le lui a assez reproché – parvienne à les convaincre de former une alliance pour diriger le Parti socialiste. Pour le PS, ce serait un sursaut inattendu.

Jean-Michel Normand – Le Monde

21/11/2008 - 15:25h Aubry est plus “crédible et compétente” que son adversaire, selon Delanoë

A disputa pela presidencia do Partido Socialista da França foi para um segundo turno, nenhum dos candidatos obteve a maioria absoluta.
Ségolène Royal, que foi a candidata derrotada contra Sarkozy, obteve 42,51% dos votos, Martine Aubry, filha de Delors e prefeita de Lille, foi para o segundo turno com 34,70. O candidato que se proclama mais a esquerda, com 22,79% fez um bom percentual e seus eleitores vão definir o resultado. O prefeito de Paris, Bertrand Delanoë desistiu de ser candidato e apoia Aubry. LF

LE MONDE

14 h 17 – Pour Razzy Hammadi, seule Martine Aubry “peut préserver l’unité du parti”

Razzy Hammadi, secrétaire national proche de Benoît Hamon, a déclaré qu’une victoire de Martine Aubry était “la condition sine qua non pour préserver l’unité du parti et entamer une rénovation” du PS. Pour ce proche de Benoît Hamon, “le renouvellement, ce n’est pas simplement le papier glacé, c’est d’abord un contenu“. “Etre soutenu par celui qui a été l’auteur d’un ouvrage intitulé : ‘il faut saborder le PS’, il y a mieux comme rénovation !”, a-t-il lancé. En novembre 2007, Georges Frêche avait fait paraître sous ce titre un livre d’entretiens.

13 h 40 – Delanoë : Aubry est plus “crédible et compétente” que son adversaire

“Martine est vraiment la candidate, le premier secrétaire qui peut le mieux” être “crédible et compétente sur la question sociale”, a déclaré le maire de Paris Bertrand Delanoë. Selon lui, la maire de Lille “aura plus facilement une majorité politique et ce sera important pour la solidarité du parti pendant trois ans”. A l’inverse, “Ségolène a du caractère, des qualités, mais elle personnaliserait trop les choses si elle gagnait, et elle tendrait un petit peu les rapports” au sein du parti, a-t-il indiqué.

13 h 25 – Royal “cueillera la poire dans deux ans toute mûre”, selon Georges Frêche

L’ex-socialiste et président divers-gauche de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, a estimé que Martine Aubry avait deux chances sur trois de l’emporter face à l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle.  Mais “si c’est Ségolène qui perd, c’est sa chance”, a-t-il déclaré. “Parce que si elle perd, (…) elle va rester tapie pendant deux ans hors des coups et des flèches pour préparer l’avenir. Et les autres, qui ont cinq présidentiables dans leurs rangs, se battront comme des chiens pendant deux ans”. Alors Ségolène Royal “cueillera la poire dans deux ans toute mûre”, en a conclu Georges Frêche.

13 h 00 – Aubry : “Si je gagne, je tendrai la main à Ségolène”
Pour Martine Aubry, le “renouvellement” aura lieu au PS quel que soit le résultat du vote des militants, l’élection d’une femme à la tête du parti constituant en soi “une révolution”.  Ce renouvellement aura lieu “aussi et peut-être surtout” par “la mixité que je m’engage à faire partout, par de nouveaux visages, par le renouvellement des générations”, a-t-elle ajouté. “Si je gagne, je tendrai la main à Ségolène, ce sera la première à qui je passerai un appel pour lui dire : nous ne sommes pas rassemblées sur la même ligne politique mais nous devons être unies pour les Français”, a-t-elle réaffirmé. “Si je perds, j’attendrai qu’elle me passe un coup de téléphone et moi, je travaillerai toujours pour mon parti”, a-t-elle assuré.

12 h 15 – Royal lance un appel aux partisans de Benoît Hamon
Ségolène Royal s’est présentée vendredi comme “la garantie de ce changement, de cet ancrage à gauche, mais aussi de l’ouverture sur toutes les idées neuves” à laquelle aspirent les militants, notamment “celles et ceux qui ont voté pour Benoît” Hamon. Elle a promis de s’ouvrir aux autres équipes et de les intégrer à la direction du parti.

Discours de Ségolène Royal – 20 11 2008
envoyé par lespoiragauche

11 h 55 – Derniers résultats
D’après les nouveaux chiffres communiqués vendredi par le parti, Ségolène Royal a obtenu jeudi 42,51% des voix au premier tour de l’élection du premier secrétaire du PS, devant Martine Aubry à 34,70% et Benoît Hamon à 22,79%. Ces résultats tiennent compte du vote de 230 442 électeurs sur 232 912 inscrits, moins ceux de la fédération de la Guadeloupe.

10 h 20 – Hamon craint un scrutin “serré”
“Arithmétiquement”, la maire de Lille devrait l’emporter mais le scrutin “s’annonce serré”, a déclaré Benoît Hamon sur LCI, évoquant “une très grand lassitude des militants”.

07 h 00 – Le courant Aubry conteste les résultats officiels
Christophe Borgel, mandataire national de la motion Aubry, a formellement contesté les nouveaux chiffres de la direction attribuant 43,10% des voix à Ségolène Royal, et 34,50% à Martine Aubry Des chiffres “différents de ceux donnés lors de l’annonce officielle des résultats une heure plus tôt”. “Il s’agit soit d’une erreur, soit d’une manipulation qui vise à essayer de montrer que le résultat de Ségolène Royal est plus haut qu’annoncé initialement et qu’elle a déjà gagné, avant même le second tour”. Les premiers résultats ne tenaient pas compte des votes en Nouvelle-Calédonie, à Wallis et Futuna, en Polynésie, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Guyane et Martinique, soit 260 bulletins, en se basant sur la participation au vote du 6 novembre. “Même en admettant que toutes ces voix soient allées à Ségolène Royal, cela représente un écart de 0,1 point par rapport à son résultat annoncé officiellement par la direction”, a argué M. Borgel.

03 h 35 – Manuel Valls y croit
Ce proche de Ségolène Royal estime le second tour “très, très gagnable”. “Plus de 11 000 voix d’avance nous séparent de Mme Aubry. L’arithmétique n’est absolument pas la dynamique dans une campagne électorale, quelle qu’elle soit”, a-t-il déclaré. Le député compte notamment sur une plus grande mobilisation des “militants qui ne sont pas venus voter lors de ce premier tour”.

02 h 30 – Aubry promet de “changer” le parti
“Heureuse”
du ralliement de Benoît Hamon, la maire de Lille a promis de “changer profondément le parti socialiste, de le renouveler dans sa composition, dans ses comportements, dans son attitude vis-à-vis de la société et de porter les valeurs de gauche”, si elle est élue vendredi.

02 h 00 – Hamon appelle à voter “massivement” pour Aubry au deuxième tour
Arrivé troisième lors du premier tour de l’élection du premier secrétaire du PS, Benoît Hamon a appelé dans la nuit de jeudi les militants socialistes ayant voté pour lui à apporter “massivement” leur voix à Martine Aubry. “Mon choix est dicté par ce que je crois être l’intérêt de la gauche” en pensant à “celles et ceux qui attendent de la gauche une alternative à la droite”, a déclaré l’eurodéputé. Il a recueilli 22,8% des voix en métropole soit 30 880 suffrages, derrière Ségolène Royal (43,1%) et Martine Aubry (34,5%).

20/11/2008 - 14:22h L’heure du choix pour les militants socialistes

Le Monde 

Les militants socialistes sont appelés, jeudi 20 novembre, à départager trois candidats au poste de premier secrétaire du PS – Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon -, dans un scrutin à fort suspense. C’est la première fois que trois postulants sont en lice depuis l’instauration du suffrage universel militant chez les socialistes, en 1995. Et l’incertitude est sans précédent, le congrès de Reims, qui a été celui de la désunion et des déchirements, ayant échoué à dégager une majorité autour d’un nom.Le vote se déroulera de 17 heures à 22 heures, les premier résultats ne devant pas être connus avant minuit ou une heure du matin vendredi. Ségolène Royal part d’une base de 29 %, score de sa motion au vote des militants le 6 novembre, Martine Aubry de 24,3 %, et Benoît Hamon de 18,52 %. Le report des voix de Bertrand Delanoë (25,24 %), qui s’est finalement rallié à Mme Aubry, et la participation, seront les deux inconnues majeures de ce vote qui se déroule avec, en toile de fond, la préparation d’une candidature socialiste pour l’Elysée, en 2012. Le premier secrétaire sortant, François Hollande, n’a pas pris position publiquement.

DERNIERS MEETINGS AVANT LE VOTE

Mercredi soir, les trois candidats ont tenu leur dernier meeting avant l’élection.

Ségolène Royal avait, pour sa part, rassemblé ses partisans à Paris. “Le moment est là, historique, et il faut comme le disait François Mitterrand, que nous ayions la force de rester nous-mêmes et aussi la force de changer. Voilà ce que je vous propose !”, a-t-elle lancé au gymnase Japy à Paris XIème, devant plus de 800 personnes -1 200 selon les organisateurs.”Oui ou non, voulons-nous écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire vibrante et populaire. Le voulez-vous ?. Voulez-vous bâtir ensemble le socialisme du XXIè siècle. Le voulez-vous?. Voulez-vous que notre parti s’ouvre à toutes les diversités et devienne meilleur que la société qu’il prétend transformer?”, a affirmé l’ex-candidate à l’Elysée, reprenant comme un leitmotiv interrogatif “le voulez-vous?”.

“Nous voulons renaître avec un parti puissant, un parti fort et des socialistes fiers de l’être”, a lancé la présidente de la région Poitou-Charentes, entourée de toute son équipe, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, Manuel Valls ou Julien Dray. Elle a demandé “un vote militant” pour “balayer les réticences et les refus” et “faire monter la certitude de la transformation”, évoquant cette “belle responsabilité de diriger”.Lançant un vibrant plaidoyer pour l’Education nationale et les enseignants que “la droite traite avec un tel mépris”, Mme Royal a jugé que “ce qui s’abat sur l’école est grave pour les élèves”. “Ils ont trouvé des milliards pour le système bancaire et ils saignent à blanc l’Education nationale”, a-t-elle fustigé.

L’ancienne ministre a trouvé des accents à la Zola, lançant : “J’accuse la droite au pouvoir de compromettre gravement l’avenir de l’Education nationale, j’accuse la droite au pouvoir d’en rabattre sur un investissement prioritaire, j’accuse la droite au pouvoir de paupériser l’Education nationale (…) , j’accuse la droite au pouvoir ne rien tenter contre l’échec scolaire”.”Le pays nous appelle depuis longtemps. Où êtes-vous les socialistes ? Eh bien nous sommes là ! Debout ! (…) Fiers de l’être et au service des Français. En avant ! “, a-t-elle conclu, soulevant une vive ovation.

Martine Aubry était, elle, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, mercredi soir, pour son dernier meeting avant l’élection. “Si nous gagnons nous gagnerons dans un large rassemblement” et “la première chose que je ferai, c’est tendre la main à Ségolène”, “pas un socialiste ne doit manquer pour se battre contre la politique de Nicolas Sarkozy”, a affirmé la maire de Lille, devant 250 militants et élus socialistes d’Ile-de-France et du Nord réunis au “Magic mirrors, salle de la Fraternité”, aux portes de Paris.

“Si demain les militants me choisissent, ce sera d’abord une équipe, l’équipe de tous les militants socialistes”, a-t-elle lancé. Elle s’est engagée en cas de victoire “à mettre en place des équipes renouvelées”, “capables de faire vivre des générations différentes, avec une totale mixité”. Elle a souhaité que son “premier chantier” soit celui “de la lutte contre toutes les discriminations”.

Mme Aubry a dit son “bonheur” d’être entourée de l’ancien premier ministre Laurent Fabius et de la députée de Seine-Saint-Denis, Elizabeth Guigou. Etaient également présents le président du Conseil général, Claude Bartolone, celui de la région IDF, Jean-Paul Huchon, et le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis.

Benoît Hamon s’est, lui, rendu dans sa ville natale, Brest, pour son dernier rendez-vous avec ses sympathisants avant l’éléction. “La dernière année, ça n’a jamais été aussi facile d’être de gauche et on n’a jamais été aussi nul”, a t-il lancé au siège de la fédération du Parti socialiste du Finistère où était rassemblée une centaine de personnes.

“Alors que la droite ne retient aucun de ses coups à l’égard des plus vulnérables, les socialistes se donnent plus de coups entre eux que de coups à la droite, cela me fait un peu mal”, a-t-il déclaré, avant de demander aux socialistes de “revenir à la maison” et aux “fondamentaux” de la gauche.

Pour illustrer son propos, il a ironisé sur les socialistes qui “sautent comme des cabris” devant certaines mesures du gouvernement comme le Revenu de solidarité active et a fustigé la stratégie d’alliance avec le centre qui mènerait selon lui le PS français à la même situation que son homologue italien qui n’est “ni de droite ni de gauche et se vide de ses valeurs”.

Défendant la “clarté de mes choix, de ma stratégie, de ma candidature” , il a également pourfendu les “logiques d’empêchement” dans lesquelles étaient enfermées selon lui ses deux concurrentes au poste de secrétaire. Se présentant comme “l’incarnation de l’ancrage à gauche et du renouvellement” du PS, il s’est toutefois défendu de vouloir un “renversement de générations”, mais s’est prononcé au contraire pour une “mixité générationnelle” au cas ou il serait élu premier secrétaire du PS.

14/11/2008 - 15:56h França: Congresso do Partido Socialista procura uma sínteses

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Ségolène Royal, Bertrand Delanoë e Martin Aubry, o trio em disputa pela liderança dos socialistas franceses

Cinq enjeux pour un congrès

Le Monde – Christine Garin et Jean Michel Normand

1. Peut-il se doter d’un leader ?

Depuis le retrait de Lionel Jospin, en 2002, le Parti socialiste (PS) ne parvient pas à se choisir un leader incontesté. François Hollande ne s’est jamais imposé dans l’opinion et Ségolène Royal a porté les espoirs de la gauche à l’élection présidentielle de 2007 sans entraîner tout le PS derrière elle. Cette crise de leadership (et son corollaire, la bataille des chefs) nuit à l’image que les socialistes donnent d’eux-mêmes. Et empêche le parti de s’inscrire dans le jeu des institutions de la Ve République qui ont installé l’élection présidentielle au centre de la vie politique.

Le mode de désignation du premier secrétaire – élu par l’ensemble des adhérents le 20 novembre – plaide pour des candidatures de personnalités emblématiques. Ségolène Royal, qui porte l’idée d’une modernisation du parti, dispose d’une aura dont les autres dirigeants socialistes sont privés. Elle bénéficie, en outre, de l’acquis de sa campagne présidentielle. Sa motion est arrivée en tête mais sa personnalité reste controversée. Elle est considérée par certains comme un élément extérieur au PS, ce qui rend plus ardue sa capacité à réaliser une synthèse.

Martine Aubry, qui symbolise une pratique et un discours plus traditionnels, peut, elle aussi, prétendre concourir. Tout comme Benoît Hamon, nouvelle figure de l’aile gauche. Mais il leur faudrait, pour être élus, parvenir à construire une alliance alternative sur un projet qui serait forcément en opposition avec la motion qui a été placée en tête par les militants.

Le ou la futur(e) premier(e) secrétaire ne portera pas forcément les couleurs du PS à l’élection présidentielle de 2012. Parmi les partisans de Mme Royal, mais aussi chez certains de ceux qui soutiennent Bertrand Delanoë ou Martine Aubry, l’idée d’organiser des “primaires ouvertes” aux sympathisants fait son chemin.

2. Peut-il avancer des idées neuves ?

Jusqu’à présent, le PS est apparu comme un parti en fin de cycle. Faute d’avoir su renouveler son logiciel, il s’est retrouvé distancé par une droite qui a refait synthèse derrière Nicolas Sarkozy. Néanmoins la réflexion a avancé sur plusieurs points.

Inspiré des pays sociaux-démocrates d’Europe du Nord, le concept d’un “Etat préventif”, capable de s’attaquer en amont aux inégalités sociales (notamment en matière d’éducation et de santé), est évoqué. Alors que l’allergie à l’impôt se développe, il permet de dépasser la question de l’Etat-providence. L’idée du donnant-donnant fait son chemin : le PS suggère de n’accorder que sous conditions (conclusion d’un accord salarial, actions de reclassement, entreprises exportatrices) les allégements de charges dont bénéficient les entreprises.

Ségolène Royal va plus loin et demande que les entreprises bénéficiaires qui délocalisent remboursent les aides publiques qu’elles ont pu recevoir. Le thème du développement durable est mieux pris en compte que par le passé. En revanche, la réflexion du PS sur des sujets comme la protection sociale, l’immigration, les nouvelles technologies mérite d’être approfondie.

3. Peut-il retrouver un discours européen?

Il est loin le temps où les échanges entre Lionel Jospin, tenant du “réformisme de gauche”, et Tony Blair ou Gerhard Schröder, artisans du social-libéralisme, dominaient les débats au sein d’une social-démocratie européenne en plein renouveau. Presque partout, la gauche a quitté le pouvoir et le PS ne joue plus qu’un rôle secondaire au sein du Parti des socialistes européens (PSE), en raison principalement des profondes divisions nées du référendum constitutionnel de 2005.

Dans cette période économique troublée, sa faible audience internationale est d’autant plus curieuse que deux de ses proches occupent des fonctions importantes : Dominique Strauss-Kahn au Fonds monétaire international (FMI) et Pascal Lamy à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). A priori, les élections européennes de juin 2009 s’annoncent délicates pour le PS, qui avait réalisé, en 2004, un score élevé (28,9 %). Face à la crise économique, le PS va bâtir sa campagne autour d’une plate-forme commune avec le PSE. Le message sera centré sur la nécessité d’instaurer une puissance publique européenne et des instruments de régulation efficaces de la sphère financière.

4. Peut-il se rénover?

Vieux, usé, fatigué : ces qualificatifs, adressés par Lionel Jospin à Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 2002, pourraient parfaitement s’appliquer aujourd’hui au PS, au moins dans la perception qu’en ont l’opinion et de nombreux adhérents. La rénovation du parti sera un enjeu central du congrès, avec une ligne de partage entre la motion de Bertrand Delanoë et celle de Ségolène Royal. Martine Aubry reste, elle, dans une réserve prudente sur la question. Forte du mouvement d’adhésion – large mais éphémère – qu’elle avait suscité avant les primaires socialistes à l’automne 2006, Mme Royal défend l’idée d’un “parti de masse”. Une orientation qui vise à “ringardiser” ceux qu’elle appelle les tenants du “vieux parti”, à commencer par le maire de Paris qui reste arc-bouté sur le principe d’un “parti de militants” dans la tradition jospinienne.

L’ancienne candidate à l’élection présidentielle veut changer, pour sa part, la nature du parti et repousser ses limites. Le PS façonné par François Mitterrand est un parti d’élus et une machine électorale qui a n’a jamais dépassé 220 000 adhérents. C’est le parti “d’une avant-garde”, selon l’expression de Lionel Jospin, pas un parti de masse. Mme Royal souhaite modifier tout cela. Elle plaide pour “un grand parti, démocratique, populaire et de mobilisation sociale”, avec des responsabilités “décentralisées aux fédérations”, et qui développe “de nouvelles formes de militantisme” en direction des salariés et de la société civile. Pour recruter de nouveaux adhérents, elle envisage, en outre, un montant de cotisation symbolique.

La question des primaires reste à régler même si Mme Royal l’a mise, provisoirement, au “Frigidaire”. L’ancienne candidate n’a jamais caché qu’elle entendait poursuivre dans la voie ouverte en 2006, même si elle n’a jamais précisé ses intentions – primaires ouvertes aux autres partis de gauche ou aux seuls sympathisants socialistes -, les fameux “adhérents à 20 euros revisités” ? M. Delanoë est, pour sa part, hostile à tout dispositif de désignation du candidat à l’élection présidentielle qui déborderait le cadre strict des “militants” dûment estampillés.

5. Peut-il faire alliance avec le centre?

Son nom est rarement prononcé mais l’ombre du président du MoDem, François Bayrou, plane sur le congrès. Faux procès ou vrai clivage ? La question des alliances avec le centre a pesé lourd dans la campagne du congrès de Reims. Bertrand Delanoë qui a pu sans difficulté, pour sa réélection à la Mairie de Paris en mars, se passer d’une alliance avec le MoDem, en a fait un sujet de divergence affiché avec Ségolène Royal. Cette dernière avait, en vain, tendu la main à François Bayrou entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Par ailleurs, les élections municipales ont été l’occasion d’alliances locales avec le MoDem, à Lyon, Dijon, Lille, Grenoble ou Marseille. Elles ont concerné des élus signataires de la motion de M. Delanoë comme de celle de Mme Aubry, ainsi que Mme Aubry elle-même. En septembre, le bras droit de Mme Royal, le député européen Vincent Peillon, avait déclaré à Libération : “Si l’on veut battre la droite de Sarkozy, il faudra bien entrer dans un débat sincère avec les centristes qui pourrait déboucher à terme sur un contrat de gouvernement.”

Depuis, Mme Royal s’efforce de désamorcer ce débat. Dans le document de travail “ouvert” qu’elle a remis aux tenants des autres motions, lundi 10 novembre, elle souligne qu’il faut “fédérer la gauche”. “La stratégie des socialistes a toujours consisté d’abord à rassembler la gauche, toute la gauche, autour d’un contrat de gouvernement, stipule le texte (…). C’est à partir de cette stratégie que les socialistes ont vocation à s’adresser seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite.”

Christine Garin et Jean Michel Normand

13/11/2008 - 19:00h Efeito “Obama” nos prêmios literários franceses?

por Suzanne Lehn

“The Obama effect,” the new set phrase for change French-style, from economics to sports to nearly every area of life, is shaking up the literary as well as the political communities. Whatever the agenda displayed by those concerned, diversity – meant as the contrary of discrimination in jobs, society, politics, etc… – seems, if not to be moving quickly, then at least to have sped up recently.Take the world of literary prizes, the season of which is at its height every November, after the yearly – and plentiful – start of the literary calendar. It is often caricatured as a combat area for a few market-leader publishing houses. On the same day, Nov. 10th, to everybody’s approval, the prestigious Goncourt Prize was awarded to Afghan writer Atiq Rahimi (Fr) for his first French-written novel , «Syngué Sabour» («Stone of Patience»), while the Renaudot Prize went to veteran Guinean novelist Tierno Monénembo for his book «Roi de Kahel».

Le grand journal, the “daily of French-speaking people in Mexico”, comments :

Est-ce un effet Obama ? Les prix Goncourt et Renaudot ont été attribués à des auteurs marqués par la diversité de leurs origines et de leur culture. Ils couronnent un Franco-Afghan et un Guinéen. Tous deux s’expriment en exil sur la guerre et l’oppression.
Pour Bertrand Visage, éditeur de Monénembo aux éditions du Seuil, « la littérature a précédé l’effet Obama. En effet, depuis dix ans, les jurés Renaudot ont joué la carte de la diversité et couronné trois auteurs d’origine africaine, Amadou Kourouma en 2000 et Alain Mabanckou en 2006. De leur côté, les Goncourt ont souvent ouvert la porte à des auteurs d’origine étrangère comme Andréï Makine et Jonathan Littell […]

Is it an Obama effect ? The Goncourt and Renaudot prizes have been awarded to writers characterized by the diversity of their origins and culture. They reward a French-Afghan and a Guinean. Both express themselves in exile on war and oppression.
For Bertrand Visage, Monénembo’s publisher at Editions du Seuil, «literature was ahead of the Obama effect. The Renaudot board has indeed played for ten years the diversity card and awarded three African native writers, Amadou Kourouma in 2000 and Alain Mabanckou in 2006. For their part, the Goncourt [board] often opened the door to writers from foreign origins, as Andréï Makine and Jonathan Littell […]

Destin de l’Afrique analyzing the book, the context, and the author’s biography, wonders :

Faut-il y voir une reconnaissance (tardive) de la créativité des plumes ‘noires’ ou s’agit-il un simple effet Obama, comme s’est interrogé un critique français ?

[…] Does that show a (belated) acknowledgement of the creativity of «black» pens, or is it only a matter of Obama effect, as a french literary critic was wondering ? […]
Chantal Serrière voices her enthusiasm in her blog, Ecritures du Monde, at Le Monde :

Un vent plus léger venu d’ailleurs souffle sur les prix littéraires, cuvée 2008. Soudain, on respire mieux. L’écriture se partage donc! D’un continent à l’autre! D’aucuns parleront d’effet Obama. Comme s’il s’agissait d’un phénomène de mode. Peut-être. Peut-être aussi s’avérait-il imposible de ne pas reconnaître enfin qu’on écrit en français, quelles que soient les origines de l’auteur, à Paris et même hors de l’hexagone. Bravo au jury du Renaudot pour ce choix!

A lighter breeze from abroad is blowing on the literary prizes, 2008 vintage. All of a sudden, you breathe again ! So writing can be shared ! From a continent to another ! Some will speak of an Obama effect. Maybe. Maybe it was also impossible not to at last acknowledge that [people] write in French, whatever the origins of the author, in Paris and even outside of the Hexagon. Congratulations to the Renaudot jury for their pick!
More about Atiq Rahimi here.

President Sarkozy was not outdone, and appointed a Cameroon-native prefect: in Fred-lille’s words :

Nouveau préfet des Alpes-de-Haute-Provence, Pierre N’Gahane est le dernier en date des hauts fonctionnaires issus de la diversité et promus par le président.

The new prefect in the Alpes de Haute Provence [department], Pierre N’Gahane is the latest high-ranking civil servant stemming from diversity and upgraded by the President.
Asked whether this appointment was aroused by the Obama effect, Minister of the Interior Michèle Alliot-Marie answered: “It means no more than acknowledging the qualities of a man who already exercised prefect duties.” [he was not yet a head of department, but was in charge of promoting equality of opportunities in nearby Bouches du Rhône department]

Political parties are all taking their stand in this new competition, claiming they did not just wait for Obama to jump on the scene to give minorities the visibility they deserve. This kind of competition led lowblogging to make fun of the current French Socialist Party’s leadership warfare:

Bertrand Delanoë et Martine Aubry n’ont cessé de le répéter au micro des journalistes ces trois derniers jours : la France aurait tout à gagner à suivre la voie ouverte par les Américains qui ont accordé leurs voix à Barack Obama. Pour trancher avec une classe politique française assez monochrome, Bertrand Delanoë et Martine Aubry auront tout loisir de mettre en accord leurs vœux pieux avec leurs actes en votant pour Ségolène Royal au Congrès de Reims. Née à Dakar en 1953, Ségolène Royal deviendrait ainsi la première Africaine de l’histoire à accéder au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. His-to-ri-que ! His-to-ri-que ! His-to-ri-que !

Bertrand Delanoë and Martine Aubry constantly said it again in front of the jounalists’ mikes during the three last days : It would be France’s best advantage to follow the road which was opened by the US people who gave their votes to Barack Obama. To contrast sharply with a rather monochromatic political class, Bertrand Delanoë and Martine Aubry will have all the leisure to put their pious hopes in harmony with their action by voting for Ségolène Royal at the Reims Party’s Conference. Born in Dakar in 1953, Ségolène Royal would become this way the first African woman in history stepping to the position of First Secretary of the Socialist Party. His-to-ric! His-to-ric! His-to-ric!

And finally, let’s speak hope, with the CRAN (Fr) (Conseil représentatif des associations noires de France), an organization federating French black associations, according to YannDarc:

FIERE de ses métissages (sic), la France, pays des Lumières et patrie des droits de l’homme, aura-t-elle un jour son Barack Obama au sommet du pouvoir ? Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) reçu hier à l’Elysée par le chef de cabinet de Nicolas Sarlozy pour demander que les élections européennes et régionales en 2009 et 2010 ne soient pas des scrutins « monocolores » , y croit.

PROUD of her mixed origins (sic), will France, country of Enlightment and motherland of Human Rights, have some day its own Barack Obama on the top of power? Patrick Lozes, President of CRAN, who was met yesterday by the head of Nicolas Sarkozy’s private staff to ask for 2009 European and Regional elections not being monochrome polls, believes so.
[…]

Un Manifeste pour l’égalité réelle, initié par Yazid Sabeg, enfant d’immigré devenu industriel, signé par des responsables politiques de droite comme de gauche et soutenu par Carla Bruni-Sarkozy, propose, depuis ce week-end, de lancer un « Grenelle de la diversité ». Et vite, histoire de surfer sur la victoire d’Obama qui a suscité de l’espoir auprès de millions de citoyens bien décidés à saisir l’occasion de se montrer enfin.

A Manifesto for a real equality, started by Yazid Sabeg, a son of an immigrant turned manufacturer, signed by political right as awell as left wing officials, and supported by Carla Bruni-Sarkozy, has suggested since this week-end to launch a «Grenelle for diversity.» And quickly so, just to surf on Obama’s victory, which aroused hope among millions of citizens who are quite determined to seize the opportunity of asserting themselves.

Well, let’s hope this «Grenelle of diversity» (as a reference to the Grenelle agreements which put an end to the May 1968 upheavals) will be luckier than the current «Grenelle of environment», a great package of good resolutions in danger of getting mired in the global economic crisis.

21/04/2008 - 18:38h França: “Déclaration de principes” du PS: enfin du nouveau?

Jean Jaures falando em Prè Saint-Gervais
http://img355.imageshack.us/img355/3264/jauresmeetingpresaintgeuk6.jpg

C’est la feuille de route du Parti socialiste. Débattue pendant de longs mois au sein de la commission présidée par Alain Bergounioux, elle sera soumise au vote de la convention nationale le 14 juin prochain; avant d’être entérinée au congrès de novembre. Au menu: fini les références révolutionnaires, vive “l’économie de marché régulée” d’un “parti réformiste” qui défend le “socialisme démocratique”.

En un siècle, cinq déclarations de principes pour marquer les grandes évolutions

En un siècle, les socialistes ont élaboré à cinq reprises (1905, 1946, 1969, 1990 et 2008) une “déclaration de principes”, sorte de vade-mecum idéologique qui trace les grandes perspectives pour les années à venir. S’il est vrai que la politique est une histoire d’hommes et d’idées, alors celles du PS se trouvent ici. Mieux: si l’on considère l’adage d’Antonio Gramsci toujours vrai -la victoire idéologique précède la victoire politique-, ce texte est censé être la première pierre d’une rénovation attendue par beaucoup.

Outre le préambule, il se découpe en trois parties: nos finalités fondamentales, nos objectifs pour le XXIe siècle, notre parti socialiste, elles-mêmes divisées en 21 articles.


Fin de la référence révolutionnaire

Alors que le PS a toujours inscrit dans ses références la “révolution”, il abandonne ici la notion, en dehors d’une allusion, dans le préambule, aux principes fondateurs de la Révolution française. Même s’il s’agit de “bâtir un monde nouveau et meilleur”, l’héritage du PS est désormais strictement balisée par le cheminement suivant:

“Il revendique le souvenir de la Commune, l’héritage de la République et de son œuvre démocratique, des grandes conquêtes sociales du Front populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé.”

Bref, une histoire de gauche complètement intégrée à celle des cinq républiques françaises. A cet égard, la première partie du document est très nettement articulée autour des valeurs consensuelles de la République, revisitées dans une hiérarchie “progressiste” rappelée au début de l’article 2:

“L’égalité est au cœur de notre idéal. Cette quête n’a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature.”

La fraternité disparaît donc au profit d’une humanité universelle.


Le socialisme démocratique, c’est quoi?

Pour reconstruire une histoire idéologique du PS, sa narration, les penseurs socialistes ont renouvelé le genre en détournant des concepts anciens. Au centre de ce lifting, la notion de “socialisme démocratique” revue et corrigée. Là encore, l’idée est détaillée dans le préambule:

“Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l’action, un avenir pour l’humanité. Sa nature est ‘d’aller à l’idéal et de comprendre le réel’, d’inventer le futur et de travailler dans le présent, d’assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine.”

En somme, le “socialisme démocratique” serait le “story telling” du PS, son récit en cours de tournage. Avec un contenu, immédiatement fourni dans le premier article du texte, qui mérite à lui seul d’être intégralement cité:

“Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète.”

Personne et planète: binôme indispensable de toute plate-forme de pensées contemporaines.


L’écologie au cœur de la démarche d’émancipation de l’Homme

Est-ce là l’aspect le plus novateur de cette déclaration d’intentions? En tout cas, les rédacteurs n’ont pas lésiné sur les références appuyées au “deep thinking” du monde: sans respect de la nature, l’homme n’est plus rien.Préambule:

“Bâtir un monde nouveau et meilleur, obéissant à la dignité de l’homme et assurant la sauvegarde de la planète, est la tâche première des socialistes…”

Article 3:

“Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles.”

Article 4:

“Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète.”

Article 6:

“Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux.”

Article 7:

“Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production.”

Alors, fini le productivisme? La foi dans le progrès et la technologie? Pas tout à fait, si l’on lit attentivement cette dernière phrase de l’article 7 où “manière” et “contenu” de la production voisinent avec “quantité des richesses produites”. Mais le PS se met à la page (article 4) avec les “nano- et biotechnologies”, “l’ingéniérie génétique”, le “principe de précaution”… Une alliance avec les Verts serait-elle dans les cartons?


Vers une social-démocratie à la française?

Du “parti révolutionnaire” (historique) au “parti de la transformation sociale” (1990), voici le Parti socialiste devenu en 2008 un “parti réformiste”, comme l’indique l’article 13:

“Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’histoire.”

Ou encore le dépassement de la contradiction initiale du capitalisme, article 7:

“Les socialistes refusent une société duale où certains tireraient leurs revenus de l’emploi et d’autres seraient enfermés dans l’assistance.”

Le courant strauss-kahnien semble donc avoir définitivement imprimé sa marque dans la définition du rapport à l’économie, avec le tracé d’une social-démocratie à la française. Même si les compromis accordés aux Fabiusiens truffent le texte:

Article 6:

“Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier.”

Ou encore, Article 8:

“Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’Etat social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité.”

Réformiste donc, mais aussi et dans l’ordre parti “républicain”, “laïque”, “décentralisateur”, “européen”, “internationaliste”, “populaire”, “démocratique” et enfin, “des cultures de la gauche”. Ultime concession faite aux différents courants de la rue de Solférino?


Qui incarnera le mieux les valeurs déclinées: Ségolène, François, Bertrand…?

Au petit jeu des devinettes qui vont agiter les militants socialistes dans les prochains mois, il est intéressant de relever les différentes valeurs décrites dans la déclaration, comme si ses rédacteurs avaient voulu dessiner le pourtour d’un discours que le prochain premier secrétaire devra incarner. Au menu, d’abord la paix dans le monde, article 9:

“Lutter pour la paix, la sécurité collective et le codéveloppement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence.”

La France, “pays ouvert”, luttant en faveur des “droits de l’homme” et contre “toutes les discriminations”. “Pluralisme et indépendance de l’information dans les médias”, laïcité comme “une condition de notre vivre ensemble” et défense des “grands principes de la Justice”, le PS “met la culture au centre de ses valeurs”. Proposition audacieuse… qui se rapproche beaucoup du programme présidentiel du PS auquel la candidate ne croyait pas tant que ça.

Dernier point: le fair-play auquel chaque prétendant devra s’astreindre, article 20:

“Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux.”

Vraiment à tous les niveaux?…

20/04/2008 - 19:59h Maioria dos franceses consideram primeiro ano de Sarkozy um fracasso

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Um ano atrás, a mídia considerava que Sarkozy era uma revolução

da Efe, em Paris

Seis em cada dez franceses consideram que o primeiro ano na presidência de Nicolas Sarkozy foi “um fracasso”, diz uma pesquisa do instituto Viavoice que será publicada nesta segunda-feira (21) no jornal “Libération”.

Após liderar o primeiro turno das eleições presidenciais de 22 de abril de 2007 diante de Ségolène Royal, Sarkozy foi eleito com mais de 53% dos votos em 6 de maio de 2007 e assumiu o cargo dez dias depois.

Segundo a pesquisa, 59% dos entrevistados afirmam que o primeiro ano do presidente conservador foi “um fracasso”. Ao mesmo tempo, 20% disseram considerar o primeiro ano de Sarkozy “um sucesso”.

Já 19% dizem acreditar que não foi nem um fracasso nem um sucesso, e 2% não se pronunciaram.

Outra pesquisa, da Ifop, publicada neste domingo pelo “Journal du Dimanche”, indica que para 79% dos pesquisados a ação de Sarkozy e de seu governo desde sua eleição “não permitiu” melhorar a situação da França e dos franceses.

Na pesquisa da Ifop, a popularidade do presidente caiu um ponto percentual em abril, para 36%, enquanto na da Viavoice está em 38% (dois pontos percentuais a menos).

31/03/2008 - 13:30h França: Delanoë, melhor líder para a esquerda?

Par La rédaction du Post

Le maire de Paris devance Ségolène Royal dans les sondages.

Selon un sondage LH2 réalisé pour Libération,  Bertrand Delanoë tire profit de sa réélection à la mairie de Paris, en terme de popularité.

Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.
Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.

Dans ce baromètre, le maire de Paris devance Ségolène Royal sur deux questions clés. Pour les sondés, il serait le meilleur leader de la gauche (avec 15 %) et le meilleur candidat au poste de premier secrétaire du parti (avec 21 %). Sur ces deux points, la présidente de la région Poitou-Charentes recueille respectivement 14 % et 19 % des sondages.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Concrètement, cela signifie que Bertrand Delanoë monte en puissance dans la course au leadership socialiste. Désormais incontournable, il se trouve au coude à coude avec Ségolène Royal, qui jusqu’à maintenant, disposait d’une certaine avance sur lui dans les sondages.

Conclusion :
Le prochain congrès du PS, qui se tiendra du 7 au 9 novembre, est déjà dans toutes les têtes. Même si la plupart des socialistes appellent à l’unité et à la réforme du parti, en évitant de s’engager dans une guerre fratricide entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, la bataille entre ces deux poids-lourds est belle et bien lancée.

09/03/2008 - 23:17h França: não foi um tsunami, mas a onda rosa é bem forte

Le résultat des municipales en un coup d’œil

Pierre Haski (Rue89)

sarko20071.jpg

défaite de la droite et de Sarkozy au premier tour de municipales

Vous vous réveillez lundi matin sans avoir écouté les infos, et vous voulez avoir une vision rapide et synthétique du premier tour des élections municipales? Rue89 a pensé à vous.

Un premier tour marqué par une vague rose bien réelle, sensible dans la plupart des grandes villes à commencer par Paris et Lyon, un désaveu du gouvernement qui s’accompagne toutefois d’une bonne résistance individuelle de certaines personnalités de droite, comme Alain Juppé à Bordeaux (la seule grande ville qui reste solidement ancrée à droite ce dimanche soir), et de certains membres du gouvernement, comme Laurent Wauquiez et Luc Chatel qui font de belles prises à la gauche.

S’y ajoute un MoDem placé de manière ambiguë en position d’arbitre dans plusieurs villes, et qui devra se prononcer plus clairement dans les prochains jours, et enfin une extrême gauche vigoureuse dans plusieurs villes. Etat des lieux.

(mais…)

09/03/2008 - 18:01h Sarkozy é reprovado no primeiro teste

sarko_agricola.jpgReali junior, correspondente do jornal O Estado de São Paulo e fino conhecedor da política francesa resumiu a situação as vésperas do primeiro turno das eleições municipais na França: Sarkozy, entre o desastre e a derrota.

O que indica a boca-de-urna deste domingo é uma derrota da direita, porem aparentemente não um desastre. O próximo domingo acontece o segundo turno nas cidades que não elegeram uma chapa majoritária já no primeiro, ele poderá mostrar a amplidão desta derrota e se acabará sendo um desastre ou uma derrota municipal. O Partido Socialista sai vencedor deste primeiro round, com 47% contra 40% a UMP, o partido de Sarkozy e várias cidades passaram das mãos da direita para a esquerda. É o caso de Tourcoing, antes governada pela direita. Em outras cidades os socialistas podem ganhar no segundo turno. As contas definitivas ficam para a próxima semana, mas a derrota da direita é o fato maior deste primeiro teste eleitoral de Sarkozy. LF

09/03/2008 - 08:27h Sarkozy, entre o desastre e a derrota

Eleição municipal reflete situação delicada da direita francesa, cuja maior esperança é a popularidade de Fillon

Reali Júnior – O Estado de São Paulo

François Fillon, Primeiro-Ministro é a esperança perante o desabamento da popularidade de Sarkozy

sarko_fillon.jpg

Dez meses após a nítida vitória de Nicolas Sarkozy, a direita francesa encontra-se numa situação delicada. No dia das eleições municipais, ela é levada a optar entre a derrota ou o desastre, segundo revelam de forma quase unânime os institutos de pesquisas de opinião.

Trata-se de uma derrota prevista, porém de conseqüências ainda desconhecidas, por ser uma eleição municipal com aspectos nacionais. A relação de forças atual favorece os socialistas, com 44% das intenções de votos, enquanto os conservadores têm 41%.

O próprio Sarkozy, para reduzir os efeitos de uma derrota, decidiu antecipar algumas das decisões previamente anunciadas, como desmentir que prepara um rigoroso plano econômico. Ele afirma também que acelerará seu programa de reformas para o país e promete levá-lo até o fim, seja qual for o resultado da votação municipal.

Esse é o primeiro teste eleitoral de Sarkozy, cuja popularidade está fortemente abalada não apenas por ele não ter cumprido suas principais promessas eleitorais, mas também por seu comportamento político e privado – com um casamento com a cantora Carla Bruni apenas três meses após divorciar-se de Cécilia. Esses episódios prejudicaram a imagem de Sarkozy e contribuíram para a inversão de posição em relação a seu premiê, François Fillon, que tem 55% de popularidade, enquanto o presidente não ultrapassa os 38%.

(mais…)

05/10/2007 - 18:24h Les "Caricavatars" débarquent sur le Post

Vous connaissiez les guignols de l’info, voici les marionnettes virtuelles de Hugo! Un nouveau talent rejoint la galaxie des “serial posteurs” du Post.

Depuis le lancement du site, Hugo promène ses “Caricavatars” sur le Post.fr. Hyper corrosives, ses caricatures virtuelles l’ont déjà placé parmi les posteurs les plus visités du site.  |Hugo

 

Hugo

Caricaturiste aussi doué avec le crayon qu’avec la modélisation 3D, Hugo a l’idée un jour de s’essayer au “dessin de presse” en 3 dimensions. Un dessin “qui bouge”, mélange des guignols de Canal+ et de Plantu, qu’il installe sur la plateforme de réalité virtuelle Second Life en 2006.
Sa première marionnette: Bill Clinton.

Ségo en bikini sur Second Life
Il lui trouve rapidement une copine : Ségolène Royal. Affublée d’un bikini (un clin d’oeil à la couverture de Closer), le personnage fait un joli petit buzz au démarrage de la campagne présidentielle, et vaut même à son créateur quelques clins d’oeil dans la presse en ligne.

Sarkoléon et ses copains
Depuis, Hugo a créé des dizaines de nouvelles marionnettes virtuelles (on les appelle “avatars sur Second Life, d’où le nom de “Caricavatars”) qu’il anime pour recréer des caricatures en 3D sur Second Life, avec lesquelles les internautes peuvent interagir.

Pour la petite histoire, les photos des caricatures de Sarkozy et Royal ont même été publiées dans Playboy Magazine (version francaise) !

Aujourd’hui, les “Caricavatars” débarquent en vidéo. Et c’est sur le Post. Des petits bijoux corrosifs à consommer sans modération.

Bienvenue au Post, Hugo!

Par La rédaction du Post

02/09/2007 - 21:07h El diván del socialismo francés

Royal y Hollande, que han evitado aparecer juntos, protagonizan la universidad de verano de La Rochelle, que discute el futuro del PS

J. M. MARTÍ FONT - La Rochelle – 02/09/2007 El País

La universidad de verano del Partido Socialista francés (PS), en el puerto atlántico de La Rochelle, ha batido este año todos los récords de asistencia. La derrota electoral de la pasada primavera ha convertido la cita en un gran diván de psicoanalista. “¿Quiénes somos, de dónde venimos y adónde vamos?”, se preguntan los militantes. ¿Dónde está la izquierda? era precisamente el título de una de las sesiones de debate de ayer en la que participaron, entre otros, Arnaud Montebourg, Julien Dray, Michel Rocard y Bertrand Delanoë, dispuestos a proporcionar respuestas de prêt-à-porter.

Los protagonistas de este psicodrama, sin embargo, no son otros que Ségolène Royal y François Hollande, la pareja rota en lo sentimental y en lo político, presentes en todo momento, pero que han conseguido no cruzarse ni una sola vez durante el fin de semana, al menos en público.

Los dos repiten el mismo mensaje a las bases: la necesidad de “trabajar juntos”. El pasado jueves, incluso cenaron en el mismo restaurante del puerto: ella, en un reservado del primer piso con los presidentes de regiones; él, en la planta baja con un grupo de periodistas. Pero se cuenta que sus respectivos equipos están en constante comunicación pactando recorridos, avisando de los movimientos de sus jefes, no sea que en una de éstas, por simple casualidad, sus pasos se encuentren para regocijo de las cámaras.

Ella se deja ver más que él. Sus entradas y salidas del centro de convenciones son espectaculares. Bella, elegante, recién maquillada, segura de sí misma, vistiendo conjuntos que revelan la meticulosidad de cada elección, se deja envolver por el remolino de las cámaras. Sus declaraciones son vagas, carentes de densidad. La ex candidata se limita a defenderse con desdén de los muchos ataques que recibe estos días a través de varios libros.

Él, por el contrario, prefiere el contacto directo, los foros de debate, especialmente con los jóvenes. Bronceado, Hollande se quita las gafas una y otra vez, dando pábulo a quienes aseguran que ha decidido ponerse lentillas. Armado con su habitual sentido del humor y su agilidad intelectual, deja claro en todo momento que hay que contar con él para el futuro. “Estaré listo en 2010″, la fecha en la que se elegirá al candidato socialista para las presidenciales de 2012.

Los secundarios, por su parte, se colocan para salir en la foto. El ex primer ministro Rocard, que ha aceptado el puesto que le ha ofrecido el presidente Nicolas Sarkozy en la comisión para la reforma de la educación, ha sido el único de todos los socialistas que ha aceptado colaborar con el inquilino del Elíseo en dar la cara frente a la militancia. Recuperado de un accidente vascular, fue recibido con división de opiniones, pero los pitos y abucheos acabaron apagados por un largo aplauso. “Ya basta de este debate sobre cambiar el nombre del partido”, dijo; “la derecha lo cambia cada tres o cuatro años, pero nosotros somos nuestra historia”.

Abundando sobre esta crisis de identidad socialista, Julien Dray, un hombre clave de la campaña de Royal, antiguo trotskista y amigo de la pareja Royal-Hollande hasta que se rompió, puso el dedo en la llaga sobre las causas de la derrota. “Constatamos que, si se hubiera acabado de votar a los 65 años, seríamos el partido mayoritario en Francia”. El peso decisivo del voto de los jubilados en la victoria de Sarkozy plantearía al PS una renovación imposible. “¿Cómo se construye la fragilidad?”, añadió. “Sarkozy crea el desorden, y se beneficia de ello apareciendo como el rey de la selva”, respondió.


17/06/2007 - 21:06h Ségolène Royal annonce sa séparation d’avec François Hollande

Ségolène Royal annonce qu’elle et son compagnon François Hollande se sont séparés, à une date qu’elle a refusé de préciser, dans un livre intitulé Les Coulisses d’une défaite, à paraître mercredi.

Dans cet ouvrage des éditions de L’Archipel, écrit par deux journalistes au service politique de l’AFP, Christine Courcol et Thierry Masure, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle demande qu’on ne présente plus François Hollande comme son “compagnon”. Car, dit-elle, “ce n’est plus le cas”. Elle ajoute : “J’ai demandé à François Hollande de quitter le domicile, de vivre son histoire sentimentale de son côté, désormais étalée dans les livres et les journaux, et je lui ai souhaité d’être heureux.” Ségolène Royal précise encore : “On est en bons termes, on se parle, il y a du respect mutuel.” Suite…

France 2 annonce la séparation de Ségolène Royal et François Hollande (Video)
LEMONDE.FR | 17.06.07

© Le Monde.fr

15/06/2007 - 09:39h Second tour : les socialistes appellent au "sursaut"

AFP/FRANCOIS LO PRESTI

L’ex-candidate socialiste à l’élection présidentielle Ségolène Royale en meeting de soutien au député de la Somme Vincent Peillon, 14 juin 2007.

Défait au premier tour des élections législatives, le Parti socialiste lance des appels au “sursaut” pour le second tour, dimanche 17 juin. En campagne, ses principaux dirigeants en appellent aux électeurs de gauche qui se sont abstenus et, de manière plus polémique, à ceux du centre, afin de faire “respecter le pluralisme” à l’Assemblée nationale et d’“ériger un barrage au tsunami bleu”, selon l’expression employée par Ségolène Royal en déplacement, jeudi 14 juin, en Haute-Garonne et dans la Somme.

La création d’une TVA sociale envisagée par le gouvernement Fillon nourrit les argumentaires des candidats PS, qui additionnent cette mesure avec les franchises médicales et l’absence d’un coup de pouce sur le smic pour en faire le thème de “la facture de la droite”.

NOUVELLE ÈRE

Mais le résultat des législatives ne conditionne pas seulement la taille du groupe socialiste et l’influence du premier parti d’opposition dans le paysage politique. Il prépare aussi un inventaire de ses échecs et ouvre aussi une nouvelle ère. Dès le 17 juin au soir, le PS fera ses comptes pour solder ses contentieux internes. La “refondation” annoncée du parti s’accompagne d’une bataille serrée pour son leadership, dans laquelle l’ex-candidate à la présidentielle compte bien s’imposer.

Sans tarder, avant le conseil national du PS prévu samedi 22 juin, Ségolène Royal a l’intention de réunir ses partisans. La plupart de ceux qui se relaient depuis plusieurs jours pour l’accompagner dans ses déplacements, à l’image de David Assouline, la pressent de s’imposer le plus rapidement possible. “Elle ne veut pas dire prendre le parti, elle déteste ce mot”, soupire le sénateur de Paris. Mais la résistance autour du premier secrétaire, François Hollande, qui a réitéré son intention d’achever son bail comme prévu à l’automne 2008, s’organise.

“POUR SÉGOLÈNE MAIS PAS FORCÉMENT CONTRE FRANÇOIS”

Accueillant Mme Royal, jeudi 14 juin, venue soutenir des candidats à Toulouse, Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat, a mis le pied sur le frein. “Moi je suis tout pour Ségolène mais pas forcément contre François”, dit-il en aparté. “Elle n’a pas intérêt à passer en force mais plutôt à se présenter dans de bonnes conditions, François ne va pas lui savonner la planche”, ajoute-t-il, en évoquant avec une moue réprobatrice “le petit entourage” de l’ex-candidate à la présidentielle. Le même jour, à Lisieux (Calvados), Lionel Jospin déclarait : “Le premier secrétaire du parti socialiste a été désigné par un congrès donc il est là jusqu’au prochain congrès, pour moi c’est très simple.” Pour l’ancien premier ministre, il faut que le PS “prenne le temps de réfléchir, qu’il ne se précipite pas, qu’il mûrisse ses décisions, qu’il ne prenne pas de décisions hâtives”.

Deux jours plus tôt, Jean-Marc Ayrault, pourtant membre de l’équipe présidentielle de MmeRoyal, semblait lui aussi exprimer dans le Parisien des réservesen préconisant “un mouvement maîtrisé qui nous conduise à un congrès après les municipales, comme prévu (…) Ensuite, à Ségolène de faire ses preuves”.

Mais d’autres, pour des raisons divergentes parfois, ont intérêt à accélérer le mouvement, comme Manuel Valls, député candidat à sa propre succession dans l’Essonne, qui se fait le représentant d’une “nouvelle génération” et réclame la mise en place d’une “direction collégiale”.

Pressé par ses amis jospiniens, Bertrand Delanoë, entend bien lui aussi se placer aux avant-postes de la bataille. Le maire de Paris a fait savoir qu’il n’excluait pas de présenter une motion pour le congrès. Tout comme Dominique Strauss-Kahn qui s’était déclaré “disponible” dès le 6 mai au soir, Laurent Fabius, adoptant pour l’heure la position du grand “sage”, a bien l’intention de peser.

Pour Mme Royal, c’est “l’ambiance des primaires qui recommence”. Elle rêve de rénover le PS, pas seulement ses bases idéologiques, mais aussi ses statuts, en le transformant en “parti de masse” et en supprimant la composition de sa direction à la proportionnelle des courants qui “tue” le parti. Jeudi soir, soutenant Vincent Peillon dans la Somme, elle lançait aux militants ce message : “J’ai besoin de lui pour continuer la tâche que j’ai commencé et rassembler les socialistes.”

Isabelle Mandraud pour Le Monde

12/06/2007 - 14:15h PS : halte au feu !

Editorial do Le Monde

C’est un réflexe pavlovien au Parti socialiste : au lendemain d’une défaite, la zizanie interne repart de plus belle. Le 6 mai, à peine la défaite de Ségolène Royal était-elle annoncée que Dominique Strauss-Kahn dressait un réquisitoire implacable sur la responsabilité de François Hollande. Rebelote le 10 juin. Au soir d’une vague bleue qui a sonné le PS – même s’il s’en sort mieux en voix qu’en 1993 et en 2002 -, les divergences au sommet du parti, illustrées par deux discours fort différents de M. Hollande et de Mme Royal, resurgissaient. Manuel Valls, maire d’Evry et député de l’Essonne, qui brûle de mettre ses talents au service de la rénovation du PS, exprimait aussitôt son ras-le-bol de voir son parti tourner “autour de la vie d’un couple”.

 

Lundi 11 juin, ledit couple Hollande-Royal a interprété des scènes de vaudeville. En début de matinée, l’ex-candidate à l’élection présidentielle a annoncé qu’elle allait laisser un message sur le portable de François Bayrou : “Nous devons joindre nos forces, il faut travailler au cas par cas.” Alors que seule une poignée de candidats du MoDem restent en lice au second tour, et que dans une trentaine de circonscriptions l’électorat centriste est en position d’arbitre entre la droite et la gauche, Mme Royal a récidivé dans sa stratégie de rapprochement avec M. Bayrou, déjà tentée sans grand résultat après le 22 avril. Son offre a depuis fait l’objet d’une fin de non-recevoir de M. Bayrou.

Le mauvais Feydau s’est poursuivi le 11 juin. Devant la presse, M. Hollande a manié une ironie mordante pour prendre ses distances avec la stratégie de Mme Royal – “Chacun peut appeler qui il veut, nous sommes dans une démocratie téléphonique” – tout en invitant les électeurs socialistes, en absence d’un candidat de gauche au second tour, à “favoriser le pluralisme”, et donc à voter éventuellement pour le candidat du MoDem. Sur France 2, lundi soir, Mme Royal semblait faire un peu marche arrière. Il y a bien au sommet du PS deux stratégies discordantes pour le second tour : Mme Royal, qui pense à l’étape suivante de la rénovation, joue la carte de l’alliance avec le centre. M. Hollande, qui veut d’abord limiter les dégâts électoraux le 17 juin, privilégie les appels aux abstentionnistes, notamment à ceux qui avaient voté socialiste le 6 mai.

Ces deux stratégies illustrent cette dyarchie de fait qui s’est installée à la tête du PS, avec un premier secrétaire à la légitimité affaiblie par l’annonce de son départ et une candidate virtuelle à la direction du parti à la légitimité réelle aux yeux des militants, mais contestée par les éléphants. Il en résulte un spectacle désolant d’une scène socialiste en désordre, en quête de doctrine, de stratégie et de leadersphip. Le PS ne peut pas attendre son congrès de novembre 2008 pour engager son indispensable reconstruction.

08/06/2007 - 16:52h Les raisons d’une défaite

Journal Le Monde

L’indiscutable défaite de Ségolène Royal

Depuis le 6 mai au soir, on ne sait plus très bien s’il faut considérer le score de Ségolène Royal comme une défaite prometteuse, une quasi-victoire ou un échec sans appel. Le passage aux élections législatives comme les enjeux internes au Parti socialiste ont différé voire empêché d’apporter des réponses à une question pourtant fondamentale. A leur façon et avec leurs limites, les données de sondages recueillies par le Cevipof tout au long de la campagne et au lendemain de l’élection fournissent des données précieuses pour comprendre le vote des Français et apprécier la signification du résultat de Mme Royal.

L’examen de la sociologie du vote permet de constater que Mme Royal réussit à dominer Nicolas Sarkozy dans trois catégories qui jouent un rôle-clef dans la fédération de son électorat : les jeunes, les diplômés et les minorités. Parmi les électeurs de moins de 25 ans, elle recueille 63 % des suffrages exprimés, seize points de plus que Jospin au second tour de 1995, mieux même que Mitterrand en 1988. Parmi les électeurs ayant au moins le baccalauréat comme diplôme, elle atteint 56 % des voix. Ce soutien des diplômés est le vecteur du vote en sa faveur des professions intermédiaires (58 %), des salariés du public (56 %) et de sa bonne tenue dans les grandes villes, où leur poids est important (elle obtient en moyenne 49,7 % dans les communes comptant plus de 50 000 inscrits).

Plus spectaculaire encore est le soutien massif des minorités à Ségolène Royal. Parmi les Français qui déclarent avoir un parent étranger, le vote en sa faveur est de 56 %, parmi ceux qui n’ont qu’un grand- parent étranger, il tombe à 52 %, et parmi les Français sans ascendance étrangère (qui représentent les trois quarts de la population), il n’est plus que de 45 %.

Mais les données du Cevipof permettent d’être plus précis encore. Parmi les électeurs ayant une origine étrangère provenant des autres pays européens, le score de Mme Royal est de 48 %, et parmi ceux qui ont une origine étrangère provenant d’un pays africain, il monte à 76 % contre 24 % seulement à Nicolas Sarkozy. Ces indications se trouvent confirmées par les données électorales que l’on relève dans beaucoup de communes ou de cantons de Seine-Saint-Denis ou du Val-de-Marne. Il faut prendre conscience que, dans l’isoloir, deux France se sont opposées. Du côté des catholiques pratiquants, Nicolas Sarkozy a recueilli 77 % des suffrages exprimés et sa rivale 23 % ; du côté des musulmans, Ségolène Royal atteint… 94 % des suffrages exprimés et son adversaire 6 %.

Le 6 mai, Ségolène Royal a ainsi fédéré le vote des “insiders” (les diplômés, les habitants des grandes villes, les salariés du public) et des exclus (les minorités et les jeunes, qu’on peut d’une certaine façon y classer). Il est frappant de constater que, selon la facilité avec laquelle on déclare s’en sortir sur le plan financier, la candidate socialiste ne l’emporte que dans les deux catégories extrêmes : les personnes qui s’en sortent très difficilement, comme il est classique pour la représentante de la gauche (mais à seulement 51 %), et aussi celles qui déclarent vivre “très facilement”, comme cela est moins attendu (plus nettement, à 54 %). Sachant que l’essentiel des Français vit “difficilement” ou au mieux “facilement”, l’alliage des “insiders” et des exclus s’est révélé minoritaire. Suite…

01/06/2007 - 11:45h Ségolène Royal se pose en leader de l’opposition et rêve de créer un grand "parti de masse"

AP/CLAUDE PARIS Ségolène Royal, présidente socialiste de Poitou-Charentes, en visite à Marseille, vendredi 1er juin 2007.

do jornal Le Monde

Pas à pas, Ségolène Royal regrimpe la montagne. L’ex-candidate socialiste fait son “devoir” en s’impliquant dans la campagne législative, mais elle prépare aussi sa stratégie pour s’imposer à la tête du Parti socialiste. “La politique, c’est un cheminement”, dit-elle.

En trois étapes, jeudi 31 mai, Mme Royal est d’abord allée soutenir ses candidats : Najat Vallaud-Belkacem et Pierre-Alain Muet, à Lyon, dans le Rhône, respectivement sa porte-parole et son conseiller durant la campagne présidentielle ; Pascal Terrasse à Privas, en Ardèche, là où commença sa conquête de l’investiture du PS ; et enfin Jean-Louis Bianco, son codirecteur de campagne, à Digne-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Des fidèles indispensables, demain, pour représenter ses idées à l’Assemblée, et la soutenir dans le parti, en complément de “plein” de cadres locaux qu’elle dit avoir repéré dans les fédérations. “J’ai besoin d’être en appui sur des parlementaires nombreux pour continuer le travail”, explique-t-elle sous le préau d’une école élémentaire de Privas, devant quelques centaines de personnes. Privas, là “où tout est parti”, le 8 mars 2006, a-t-elle rappelé, et “où tout recommence”…

UN PS “SANS FRONTIÈRE”

A l’ensemble des candidats, Mme Royal assigne des “missions”, se comportant en leader de l’opposition. “En tout cas, c’est comme ça que les militants me voient”, confie-t-elle, confortée sur ce point par les sondages. “Voilà quatre missions que je donne à l’opposition”, expose-t-elle à Digne : “Etre vigilant, surveiller, proposer, protéger. Pour chaque proposition de la droite, il appartiendra à la gauche d’opposer un contre-projet pour que les Français ouvrent les yeux et qu’ils comprennent qu’il y a une alternative.” Aux électeurs et sympathisants, elle donne pour consigne de “continuer à venir sur Désirs d’avenir”, son site Internet, et d’”adhérer au PS”. “Le risque, commente Mme Royal en aparté, c’est que les nouveaux adhérents s’en aillent et que le parti se replie sur lui-même.” Elle imagine une suite : “Créer un parti de masse, sinon ce sera toujours une machine à désigner les candidats.” Un parti fondé sur de “nouvelles convergences”, qui s’appuierait notamment sur les électeurs des cités qui ont voté massivement pour elle : “Il faut que la citoyenneté née pendant la campagne puisse conforter le Parti socialiste. Une époque nouvelle s’ouvre, des stratégies nouvelles sont à inventer.

“BAYROU “AURAIT EU MATIGNON”

Ah ! si François Bayrou avait répondu à ses appels entre les deux tours de la présidentielle… “Il aurait dû fusionner, il aurait eu Matignon, affirme Mme Royal en petit comité. Je ne sais pas comment le PS aurait réagi mais l’opinion aurait suivi, les Français auraient adhéré, c’est la rénovation qu’ils voulaient… A un moment, l’histoire passe, il faut la capter. Il a manqué d’audace.”
Depuis le 6 mai, l’ancien candidat centriste n’a plus donné signe de vie. Mais, à l’avenir, rien n’est exclu puisque Mme Royal revendique un PS ouvert, “sans frontière”. “Localement”, avec le MoDem, “il va se passer des choses pour les municipales”, pronostique l’ex-candidate. Cette ouverture-là fera partie du travail de rénovation auquel devront s’atteler les socialistes après les législatives avec, chez Mme Royal, le dessein de recourir de nouveau à la méthode des débats participatifs. Dans ce cadre, elle compte réfléchir sur le succès du slogan de Nicolas Sarkozy “travailler plus pour gagner plus” comparé à la recette “traditionnelle” de l’augmentation du smic à 1 500 euros.

Pour affronter le président élu, “qui veut incarner à lui seul la droite et la gauche (…), le patronat et le syndicat – tout le monde est caressé”, elle dresse la liste des “batailles” à mener : contre le bouclier fiscal qui bénéficiera “seulement à 15 000 contribuables” et contre la réduction des droits de succession aux “20 000 plus gros patrimoines” alors que les franchises médicales, “ça, c’est pour tout le monde” ; contre l’augmentation des heures supplémentaires qu’elle compare à “la légalisation du travail au noir” et qui, “en l’absence de cotisations, ne seront pas prises en compte pour la retraite”.

A la “vague bleue annoncée avec le relais du pouvoir médiatico-financier et le pouvoir sondagier”, Mme Royal oppose “une vague blanche”, comme sa couleur fétiche de campagne, “sans référence historique bien entendu”, et même “une vague de toutes les couleurs”.

Isabelle Mandraud